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Les musardises de Parisianne

Marie-Victoire Nantet, Camille et Paul Claudel, Lignes de partage

11 Février 2021, 12:30pm

Publié par Parisianne

Marie-Victoire Nantet, Camille et Paul Claudel, Lignes de partage

La parole n'est qu'un bruit et les livres ne sont que du papier.

Paul Claudel, Tête d'or

Aucune citation pour ce livre riche et dense qui réjouira tous les passionnés des Claudel. 

Ne vous fiez pas à ma photo, ce n'est pas un livre sur Camille, mais bien une étude très intéressante et documentée sur Camille ET Paul, leur vie mais surtout leur œuvre. 

Marie-Victoire Nantet est la petite-fille de Paul Claudel, et dans cette très intéressante étude, elle établit un parallèle entre l'œuvre des deux artistes, la façon dont ils se sont nourris l'un de l'autre, leurs chemins parallèles et pourtant si proches.

Je reconnais avoir une connaissance très succincte de l'œuvre de Paul, et avoir même un certain a priori, très probablement lié à mes nombreuses lectures sur Camille et notamment ma lecture de sa correspondance dans laquelle elle n'a de cesse d'appeler son frère à son secours, en vain.

J'ai été toutefois très sensible au questionnement de l'auteur dans son étude à propos justement de la notoriété soudaine de Camille ces dernières années, au détriment de Paul. N'avons-nous pas été influencés par le cinéma qui nous a montré une artiste malmenée par la vie, nous incitant à en oublier presque qu'elle était tout de même malade.

Je ne cherche pas d'excuse à personne et reste une fidèle et entière admiratrice des sculptures de Camille. Mais je me dis que peut-être j'ai été un peu trop sévère ! Je ne suis pas certaine pour autant que je reviendrais de si tôt aux ouvrages de Paul, sa littérature me semble un peu hermétique ! mais cela n'engage que moi !

Marie-Victoire Nantet, Camille et Paul Claudel, Lignes de partage

Je ne suis pas triste ! L'oiseau chante et je chanterai aussi ! Qu'il chante et je chanterai aussi !
Et ma voix s'élèvera comme la force de la flûte.
Plus haut, plus fort ! emplissant la ville et la nuit.

Paul Claudel, Tête d'or

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Maurice Bedel, 60° latitude nord

10 Février 2021, 17:49pm

Publié par Parisianne

Maurice Bedel, 60° latitude nord

Un Goncourt pour commencer ! Logique, non !

Celui-ci, Maurice Bedel, 60° latitude nord a obtenu le prix en 1927, comme vous pouvez le voir sur le bandeau, que j'ai eu l'heureuse surprise de trouver au hasard de la lecture. Vous savez, ces vieux livres au papier épais et à la coupe inégale (souvent coupés à la main par de précédents lecteurs) ne peuvent être feuilletés rapidement comme on le fait aisément avec les livres d'aujourd'hui. Donc quand des papiers sont glissés dedans, on ne les trouve que lorsqu'on arrive là où ils ont été glissés. Ce livre-là m'a réservé quelques jolies surprises. Je vous laisse voir en images.

Maurice Bedel, 60° latitude nord
Maurice Bedel, 60° latitude nord
Maurice Bedel, 60° latitude nord
Maurice Bedel, 60° latitude nord

- Dites-moi Jérôme, le « Bœuf sur le toit » est-il tout à fait sec ?
- Mon Dieu... oui et non. C’est un endroit encore assez humide.
- C’est bon. Nous dirigerons sur ce point quelques-uns de nos propagandistes de la « Ligue d’abstinence ». Êtes-vous abstinent Jérôme ?
- Heu...
- Non ? Vous le deviendrez. A ce propos, j’ai retranché de notre pièce les nombreuses allusions aux boissons fermentées qui s’y trouvaient.
- Comment, il est question de spiritueux dans « Littérature » ?
- Pardon, pardon... Quand Florian dit à Clarisse : « Je bois avec ivresse à la coupe des plaisirs », n’est-ce pas une allusion ? Quand Clarisse se grise de grand air, quand...
- Mais...
- Ces idées-là, la femme d’un Ministre d’Etat ne peut pas les laisser passer à la scène.

La citation ci-dessus vous donne tout à fait le ton de ce roman très amusant qui raconte le séjour en Norvège d'un jeune auteur dramatique français, invité à séjourner à Christiana (ancien nom d'Oslo) où l'une de ses pièces doit être montée. Jeune esprit romantique et plein de clichés sur la Norvège, le jeune homme tombe inévitablement amoureux d'une jeune et jolie norvégienne qui va lui permettre de découvrir la réalité du tempérament norvégien. C'est drôle, caricatural et d'une lecture agréable.

Maurice Bedel, 60° latitude nord

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Revenir...

10 Février 2021, 17:17pm

Publié par Parisianne

Revenir...

Chers tous,

je vous ai longtemps abandonnés une fois encore ! Je n'ai même pas pris le temps de venir vous adresser des vœux. La situation actuelle, qui nous impacte tous d'une manière ou d'une autre, m'a fait négliger cette tradition de début d'année, cela n'empêche aucunement les pensées amicales et chaleureuses, et j'espère sincèrement que vous êtes tous en forme et vos proches aussi.

Le printemps arrive, d'accord il prend son temps, mais tout de même, nous allons dans le bon sens. Alors la lumière me fera sortir de ma tanière et revenir vers vous !

Je ne fais pas de promesses, mon mouvement perpétuel ne m'incite pas à me poser souvent devant mon ordinateur, et la plateforme Overblog n'est pas simple pour les nomades.

Toutefois, je vais essayer de partager avec vous mes dernières découvertes en matière de lecture, et mes plaisirs fleuris. Je n'ai guère le temps de faire de longs commentaires de lecture pour le moment. Ne soyez donc pas surpris de ne voir passer que des images et des citations dans un premier temps au moins. Je m'amuse à partager avec un groupe sympathique sur Facebook, Un café, Un livre, Une ville. Ce sont donc les mêmes images et quelques citations que vous retrouverez ici.

Le besoin d'échapper à la grisaille ambiante m'a fait me pencher sur l'art floral japonais, autrement appelé ikebana. Je n'ai aucune prétention en la matière mais je savoure ces petits moments de recherche autour des fleurs qui m'apportent couleur et évasion. Ce sera donc aussi une occasion de vous offrir, à ma façon, quelques fleurs !

Faites bien attention à vous !

Amitiés

Anne

 

 

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Proust, Du côté de chez Swann

4 Octobre 2020, 19:41pm

Publié par Parisianne

Proust, Du côté de chez Swann

Un petit coup au carreau, comme si quelque chose l'avait heurté, suivi d'une ample chute légère comme de grains de sable qu'on eût laissé tomber d'une fenêtre au-dessus, puis la chute s'étendant, se réglant, adoptant un rythme, devenant fluide, sonore, musicale, innombrable, universelle : c'était la pluie.

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Marcel Proust, Du côté de chez Swann

28 Septembre 2020, 20:15pm

Publié par Parisianne

Marcel Proust, Du côté de chez Swann

Ces deux photos montrent l'évolution d'un même lieu. La première photo est issue du fond Albert Khan, Archives de la planète, un projet documentaire initié par le banquier et philanthrope avec pour objectif de filmer et photographier le monde. Les dernière inventions des frères Lumière, l'autochrome (photos couleurs) et le cinématographe nous offrent de voir Paris entre 1910 et 1937. C'est à la Cité de l'Architecture et c'est à la fois intéressant et émouvant, d'autant plus que les parisiens d'un certain âge n'hésitent pas à commenter, et cela contribue à rendre cette exposition vivante.

Mais mon titre fait référence à Marcel Proust, simplement parce que la citation qui suit s'est immédiatement imposée à mon esprit en association avec la confrontation de ces deux photos. La seconde ayant été prise par mes soins dans le XVe arrondissement.

 

 

« Le souvenir d’une certaine image n’est que le regret d’un certain instant ; et les maisons, les routes, les avenues, sont fugitives hélas, comme les années. »

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Marcel Proust, Du côté de chez Swann

27 Septembre 2020, 20:00pm

Publié par Parisianne

Marcel Proust, Du côté de chez Swann



« [...] je la voyais atteindre à cet or inaltérable et fixe des beaux jours, sur lequel l’ombre découpée de l’appui ouvragé de la balustrade se détachait en noir comme une végétation capricieuse [...] »

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Michel Déon, Les Poneys sauvages

20 Septembre 2020, 14:54pm

Publié par Parisianne

Gallimard, Michel Déon Les Poneys sauvages, 1970

Gallimard, Michel Déon Les Poneys sauvages, 1970

Ma bibliothèque regorge de livres plus ou moins vieux et de provenances diverses, souvenirs de famille, présents ou achats chez des bouquinistes ou en brocante.

Je me suis décidée dernièrement à regrouper la collection Blanche de Gallimard que j'aime beaucoup en raison de son élégante sobriété. Et pour la fête des mères, mes garçons m'ont offert un lot déniché chez un antiquaire, je l'avais repéré en passant, attirée par les noms d'auteurs, beaucoup ayant eu le prix Goncourt, et quelques autres. Cette variété m'a offert de belles découvertes pendant l'été. 

Les Poneys sauvages de Michel Déon en font partie. J'étais persuadée d'avoir partagé avec vous ma lecture du célèbre Taxi mauve, l'an dernier, il n'en est rien ! Je vous invite donc simplement à le lire ou le relire, et éventuellement à regarder le superbe film avec l'inoubliable Philippe Noiret, l'énigmatique Charlotte Rampling et bien sûr Peter Ustinov et Fred Astaire même si le film est un peu loin du livre à mon goût.

Les Poneys sauvages est un roman d'un tout autre genre même si certains paysages sont familiers

Heureusement, il y avait eu les réveils dans l'auberge de Miss Rose Huntington, à Calgate, et les poneys sauvages broutant l'herbe humide de rosée dans la clairière, un monde pur et préserver qui lavait les corps et les cœurs...

Il s'agit là d'une traversée de notre histoire depuis l'avant deuxième guerre mondiale jusqu'aux années 70, vue par cinq jeunes gens qui se sont connus à Cambridge, trois britanniques et deux français, dont le narrateur qui est un témoin un peu extérieur et écrit leur histoire.

Michel Déon, Les Poneys sauvages

Entre récit et correspondances, la vie tumultueuse des quatre principaux protagonistes et de leur professeur retiré dans sa campagne anglaise se déroule sous nos yeux. Nous traversons ainsi la Seconde Guerre Mondiale, mais aussi la guerre froide, la guerre d'Algérie dans le portrait d'une société en pleine mutation portée par ses contradictions et ses renoncements.

Qu’avez-vous besoin de vous promener partout dans le monde pour vous assurer de ce que vous savez déjà depuis toujours : que les hommes sont bêtes et méchants, et que c’est pour cela que Dieu (que les Dieux aient Son âme !) n’a pas voulu qu’ils fussent immortels.

Les personnages sont très forts, chacun dans un genre particulier, l'amitié tient un rôle essentiel malgré des convictions parfois très différentes.

Le style d'une grande fluidité rend la lecture agréable et le récit reste par certains côtés très actuel. 

Partout dans le monde, il devenait de plus en plus difficile d'exprimer une vérité qui ne cadrât avec aucune politique. Il était possible que la vérité ne servît plus à rien, sinon à fausser des rapports de force, autre vérité profonde dont, un jour, sortirait un nouvel équilibre, une nouvelle paix qui n'auraient rien à voir avec notre conception abstraite de la Justice et nos ridicules amours-propres.

Et pour finir une dernière citation. Toute ressemblance...

Un roman de 1970 !

L'homme n'est pas de taille à lutter. La civilisation l'a rendu plus grand, plus fort, moins laid, mais aussi plus vulnérable aux épidémies d'origine inconnue. Il peut se battre contre un lion, un tigre, contre son semblable, mais quand un virus l'attaque, il a la fièvre, les jambes molles, le cœur chancelant et il se couche. Son courage ne lui sert plus à rien.

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Soyons sérieux...

19 Septembre 2020, 18:46pm

Publié par Parisianne

Une fois n'est pas coutume, je voulais vous parler d'un sujet qui m'inquiète. 

Je ne vous donnerai pas une énième théorie sur le virus qui nous (pré)occupe depuis quelques mois, si vous manquez d'avis sur la question, allumez la télé ou foncez sur les réseaux sociaux, vous y trouverez de très nombreux et éminents spécialistes, je leur laisse volontiers la place.

Ce qui m'inquiète est d'un autre ordre, plus esthétique, vous qui passez ici ne pouvez pas ignorer que je suis assez attentive à la beauté, que je vais même jusqu'à la considérer comme le meilleur remède à tous les maux, surtout ceux d'aujourd'hui.

A moins de vivre sur une île déserte (ce qui ne serait pas pour me déplaire, je l'avoue), personne ne peut avoir échappé au dernier ornement à la mode (j'avais écrit "fashion" mais par respect pour notre belle langue, je reviens à "mode").

Je veux parler du masque bien sûr. Ceux qui vivent dans les grandes villes en ont fait leur parure quotidienne, ceux qui ont la chance de demeurer dans des lieux moins fréquentés le laissent accroché à leurs clés pour ne pas l'oublier en sortant faire leurs courses, mais personne ne peut s'en passer.

Il n'est pas permis de dire que ça nous empêche de respirer, les soignants en portent depuis toujours et ils respirent encore - j'en profite pour leur dire tout mon respect dans la tourmente actuelle. Il est préférable de ne pas dire trop fort que vous jugez ce masque indispensable, ou totalement inutile, de toute façon, personne n'est jamais d'accord.

Donc, on en parle du matin au soir, entre deux, dix, cent, etc. nouveaux contaminés, et quelques morts, paix à leur âme ; on déplore l'absence de sourires, même si nous avons appris à lire dans les regards, ce qui n'est finalement pas une mauvaise chose, non ? Il faut le mettre convenablement, l'enlever convenablement, ne jamais le toucher... que celui qui n'a jamais remis son masque en place parce qu'il a de la buée plein les lunettes me jette la première pierre... 

Bref, ces masques nous occupent beaucoup. Mais il est un sujet dont on ne parle pas, un sujet grave qu'aucun média n'a abordé (et pourtant ils en disent des choses), un drame que seuls les sourires féminins peuvent comprendre, pardon messieurs.

Soyons sérieux...

Je veux parler bien sûr de la lipstick dépression... voilà qu'un anglicisme me reprend mais vous reconnaîtrez que ça percute plus que la dépression du rouge à lèvres...

Que sont nos rouge à lèvres devenus depuis que les masques ont pris possession de nos sourires ? Oubliés au fond de notre sac à main dans lequel ils auront coulé pendant les fortes chaleurs de l'été ? Enfermé dans le placard de la salle de bain ou négligemment posé sur la coiffeuse de la chambre entre deux colliers et trois paires de boucles d'oreilles ? Imaginez leur état d'anxiété. Déjà qu'avec les composants toxiques qui les composent ils étaient certainement un peu inquiets, ils doivent fondre de désespoir.

Alors mesdames, sortez chez vous vos rouge à lèvres et souriez des yeux à l'extérieur !

Soyons sérieux...

Mais c'est un masque pour les yeux ?

Bien sûr ! Non qu'il faille fermer les yeux sur une situation sérieuse mais pour garder le sourire !

Faites attention à vous avec bon sens, sûrement la chose la plus utile aujourd'hui !

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Marcel Proust, Du côté de chez Swann

19 Septembre 2020, 05:00am

Publié par Parisianne

Marcel Proust, Du côté de chez Swann

et la demeure que j’avais rebâtie dans les ténèbres était allée rejoindre les demeures entrevues dans le tourbillon du réveil, mise en fuite par ce pâle signe qu’avait tracé au-dessus des rideaux le doigt levé du jour.

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Marcel Proust, Du côté de chez Swann

18 Septembre 2020, 16:32pm

Publié par Parisianne

Marcel Proust, Du côté de chez Swann

Tâchez de garder toujours un morceau de ciel au-dessus de votre vie...

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