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Les musardises de Parisianne

Yann Queffélec, Les Noces Barbares

15 Février 2021, 19:41pm

Publié par Parisianne

Yann Queffélec, Les Noces Barbares

Depuis sept ans qu'il vivait au bord de la mer, Ludovic ne l'avait jamais vue. Il l'entendait. Mais au grenier la lucarne donnait sur la cour, sur le fournil, et là-bas sur des pins monotones que les brouillards matinaux calfeutraient. Rugissement, murmure, le bruit se poursuivait jour et nuit, si fort par mauvais temps que même les ronflements du boulanger s'effaçaient. L'enfant serait bien allé voir ; mais la porte était fermée à clé.

Du noir, beaucoup de noir dans ce livre terriblement beau et pourtant si violent qui a valu à son auteur le Prix Goncourt 1985.

Le rapport à la maternité après un viol est un sujet difficile à traiter. Ce roman n'est pas à mettre entre toutes les mains mais il est vraiment puissant.

Je n'avais jamais lu de roman de Yann Queffélec avant celui-ci et je me dis que j'ai  une lacune à combler, il me faut en découvrir d'autres, son écriture est très belle.

Si vous avez des conseils, je suis preneuse !

 

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Le pouvoir des fleurs façon jardin d'intérieur !

15 Février 2021, 10:00am

Publié par Parisianne

Le pouvoir des fleurs façon jardin d'intérieur !

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Le pouvoir des fleurs, passionnément !

14 Février 2021, 20:00pm

Publié par Parisianne

Le pouvoir des fleurs, passionnément !

Et puisque c'est aujourd'hui la Saint Valentin, dressons la table !

Le pouvoir des fleurs, passionnément !

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Madeline Miller, Circé

14 Février 2021, 15:21pm

Publié par Parisianne

Dans la salle des banquets, les dieux étaient toujours occupés à boire, à rire et à s’asseoir sur les genoux de leurs congénères. Je les observai. [...] Je n’étais rien qu’une simple pierre. Un enfant-nymphe de plus parmi des milliers et des milliers d’autres. [...]
Je découvris une nouvelle pensée dans ma tête [...] : bien que toute ma vie n’ait été qu’opacité et profondeurs, je ne faisais pas partie de cette eau sombre. J’étais simplement une créature vivant à l’intérieur.

Madeline Miller, Circé

... dans une existence solitaire, il existe des moments rares où une autre âme plonge tout près de la vôtre; comme les étoiles qui s'approchent de la terre une fois par an.

C'est à mon amie Isabelle que je dois d'avoir lu ce livre et je me suis régalée ! Quel bonheur de se replonger dans la mythologie et de suivre les aventures des dieux et déesses, de retrouver Ulysse et ses compagnons, Icare, Médée etc. et d'appréhender avec un autre regard les rapports de Télémaque et Pénélope avec Circé et Télégonos. 

Un véritable régal de lecture !

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Aki Shimazaki, Suzuran

13 Février 2021, 19:39pm

Publié par Parisianne

Aki Shimazaki, Suzuran

Ma fille me poursuit en observant les herbes sauvages qui poussent chaque côté du sentier. Elle s’arrête et regarde un papillon blanc voltiger de fleur en fleur puis s’envoler vers le ciel. Elle chante le Chôchô : « Papillon, papillon, pose-toi sur une feuille de colza. Si tu te lasses de cette feuille, pose-toi sur un cerisier...

Comme des envies de couleurs, de douceur et de beauté. C'est ce court roman à la lecture rapide et facile qui m'a incitée à me pencher sur l’art de l’ikebana, autrement dit  « art de faire vivre les fleurs ».

"Suzuran" signifie "muguet", si joli brin que nous attendons tous avec impatience.

Il est ici plutôt question des vases ikebana en céramique que de l'art floral en lui-même. J'ai d'ailleurs appris qu'il existait un certain nombre de vases ikebana très beaux et qui s'apparentent parfois davantage à ces coupes qu'à des vases tels que nous l'entendons.

Le roman, ouvre un nouveau cycle, et comme tous ceux de cette auteure québécoise d'origine japonaise est d'une grande poésie. Je vous invite à la découverte.


 

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Erik Orsenna, Briser en nous la mer gelée

13 Février 2021, 12:12pm

Publié par Parisianne

Erik Orsenna, Briser en nous la mer gelée

Passer ses journées au milieu des livres […] ça frustre, à la longue. On aimerait savoir s’ils changent un peu la vie des gens qui les lisent. A quoi servent les livres au fond ? Vous sauriez répondre ?

Il a fait bien froid ces jours-ci, il me semblait donc indispensable de briser la glace ! Pourtant, la magie Orsenna n'a pas opéré et j'ai remisé gants et chapeau en me disant que peut-être j'y reviendrai pendant l'été pour me rafraîchir !

Bien sûr, il y a de jolies choses, comme la citation que je vous mets ci-dessus. Cela n'a pas suffit à me donner envie de poursuivre pour connaître l'aboutissement de cette drôle d'histoire d'amour.

Avez-vous lu ce dernier livre d'Erik Orsenna ? Vous l'avez aimé ? 

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Natsu Miyashita, Une forêt de laine et d'acier

12 Février 2021, 19:00pm

Publié par Parisianne

Natsu Miyashita, Une forêt de laine et d'acier

Le spectacle de la beauté continuait de m’impressionner. Je demeurais interdit devant les arbres, la montagne, le passage des saisons. C’était, je le savais à présent, ce que l’on appelait la beauté. J’en éprouvais un sentiment de libération. J’étais devenu capable d’identifier à tout moment ce qu’il convenait de qualifier de « beau ». [...] Il me semblait porter en moi un coffre à trésor, dont il me suffisait de soulever le couvercle. [...]
Si le piano était capable, miraculeusement, de faire ressortir la beauté tapie dans l’ombre pour me la rendre audible, alors j’acceptais volontiers de m’en faire le serviteur.

Un roman japonais ! Vous verrez qu'il y a en beaucoup dans mes lectures de ces derniers mois. Ce n'est pas une nouveauté mais il est vrai que j'en ai lu plus qu'à l'accoutumée. Celui-ci est superbe sur un jeune accordeur de piano. Beaucoup de poésie toujours, un rapport très particulier à la nature et un attachement à la famille sont parmi les thèmes les plus fréquents. 

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Ilse Beunen, L'ikebana pas à pas

11 Février 2021, 18:55pm

Publié par Parisianne

Ilse Beunen, L'ikebana pas à pas

C'est à travers un roman de Aki Shimazaki, Suzuran, que j'ai découvert l'art ikebana, et après quelques recherches sur le sujet, j'ai eu très envie de me pencher sérieusement sur le sujet. 

Voici un de mes premiers travaux pratiques avec les petits moyens du bord, c’est-à-dire un plat en guise de vase ikebana, branches et feuilles empruntées au voisinage et anémone chipée au bouquet acheté au marché !
Que les puristes, s’il y en a ici, ne s’offusquent pas de mes balbutiements irréfléchis.

 

Ikebana en japonais se compose des kanjis « ikeru » pour vivre, et « hana » pour fleur, et signifie littéralement « fleur vivante ». Ikebana est l’art de faire vivre les fleurs, et par extension les végétaux, à travers une manière réfléchie de les disposer.

Ilse Beunen, L'Ikebana pas à pas

L'ikebana est né de l'offrande de fleur dans le bouddhisme. On pose devant une image ou une statue trois éléments : une bougie, un bâton d'encens et une fleur.

C'est au cours de l'ère Muromachi (XIV-XVIe siècles) que sont posées les fondements de l'art et de la culture. On y trouve :

  • l'art du jardin
  • la cérémonie du thé
  • le théâtre Nô
  • le bouddhisme zen
  • l'ikebana

Ensuite, au fil des époques naîtront différents styles ikebana, enseignés par différentes écoles, la plus ancienne étant l'école Ikenobo.

Dans l'ensemble, les règles sont strictes et formelles. Je n'ai aucune formation autre que ma curiosité, je n'ai donc pas la prétention de faire du véritable ikebana, mais je m'en inspire et ce qui m'intéresse dans cet art si délicat, c'est la recherche d'équilibre et surtout l'épure très éloignée de mes habituels bouquets champêtres. Un autre regard sur le jardin.

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Marie-Victoire Nantet, Camille et Paul Claudel, Lignes de partage

11 Février 2021, 12:30pm

Publié par Parisianne

Marie-Victoire Nantet, Camille et Paul Claudel, Lignes de partage

La parole n'est qu'un bruit et les livres ne sont que du papier.

Paul Claudel, Tête d'or

Aucune citation pour ce livre riche et dense qui réjouira tous les passionnés des Claudel. 

Ne vous fiez pas à ma photo, ce n'est pas un livre sur Camille, mais bien une étude très intéressante et documentée sur Camille ET Paul, leur vie mais surtout leur œuvre. 

Marie-Victoire Nantet est la petite-fille de Paul Claudel, et dans cette très intéressante étude, elle établit un parallèle entre l'œuvre des deux artistes, la façon dont ils se sont nourris l'un de l'autre, leurs chemins parallèles et pourtant si proches.

Je reconnais avoir une connaissance très succincte de l'œuvre de Paul, et avoir même un certain a priori, très probablement lié à mes nombreuses lectures sur Camille et notamment ma lecture de sa correspondance dans laquelle elle n'a de cesse d'appeler son frère à son secours, en vain.

J'ai été toutefois très sensible au questionnement de l'auteur dans son étude à propos justement de la notoriété soudaine de Camille ces dernières années, au détriment de Paul. N'avons-nous pas été influencés par le cinéma qui nous a montré une artiste malmenée par la vie, nous incitant à en oublier presque qu'elle était tout de même malade.

Je ne cherche pas d'excuse à personne et reste une fidèle et entière admiratrice des sculptures de Camille. Mais je me dis que peut-être j'ai été un peu trop sévère ! Je ne suis pas certaine pour autant que je reviendrais de si tôt aux ouvrages de Paul, sa littérature me semble un peu hermétique ! mais cela n'engage que moi !

Marie-Victoire Nantet, Camille et Paul Claudel, Lignes de partage

Je ne suis pas triste ! L'oiseau chante et je chanterai aussi ! Qu'il chante et je chanterai aussi !
Et ma voix s'élèvera comme la force de la flûte.
Plus haut, plus fort ! emplissant la ville et la nuit.

Paul Claudel, Tête d'or

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Maurice Bedel, 60° latitude nord

10 Février 2021, 17:49pm

Publié par Parisianne

Maurice Bedel, 60° latitude nord

Un Goncourt pour commencer ! Logique, non !

Celui-ci, Maurice Bedel, 60° latitude nord a obtenu le prix en 1927, comme vous pouvez le voir sur le bandeau, que j'ai eu l'heureuse surprise de trouver au hasard de la lecture. Vous savez, ces vieux livres au papier épais et à la coupe inégale (souvent coupés à la main par de précédents lecteurs) ne peuvent être feuilletés rapidement comme on le fait aisément avec les livres d'aujourd'hui. Donc quand des papiers sont glissés dedans, on ne les trouve que lorsqu'on arrive là où ils ont été glissés. Ce livre-là m'a réservé quelques jolies surprises. Je vous laisse voir en images.

Maurice Bedel, 60° latitude nord
Maurice Bedel, 60° latitude nord
Maurice Bedel, 60° latitude nord
Maurice Bedel, 60° latitude nord

- Dites-moi Jérôme, le « Bœuf sur le toit » est-il tout à fait sec ?
- Mon Dieu... oui et non. C’est un endroit encore assez humide.
- C’est bon. Nous dirigerons sur ce point quelques-uns de nos propagandistes de la « Ligue d’abstinence ». Êtes-vous abstinent Jérôme ?
- Heu...
- Non ? Vous le deviendrez. A ce propos, j’ai retranché de notre pièce les nombreuses allusions aux boissons fermentées qui s’y trouvaient.
- Comment, il est question de spiritueux dans « Littérature » ?
- Pardon, pardon... Quand Florian dit à Clarisse : « Je bois avec ivresse à la coupe des plaisirs », n’est-ce pas une allusion ? Quand Clarisse se grise de grand air, quand...
- Mais...
- Ces idées-là, la femme d’un Ministre d’Etat ne peut pas les laisser passer à la scène.

La citation ci-dessus vous donne tout à fait le ton de ce roman très amusant qui raconte le séjour en Norvège d'un jeune auteur dramatique français, invité à séjourner à Christiana (ancien nom d'Oslo) où l'une de ses pièces doit être montée. Jeune esprit romantique et plein de clichés sur la Norvège, le jeune homme tombe inévitablement amoureux d'une jeune et jolie norvégienne qui va lui permettre de découvrir la réalité du tempérament norvégien. C'est drôle, caricatural et d'une lecture agréable.

Maurice Bedel, 60° latitude nord

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