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Les musardises de Parisianne

Carte postale : bonjour Paris

7 Juillet 2020, 15:34pm

Publié par Parisianne

Carte postale : bonjour Paris

Panorama citadin depuis le Musée d’Orsay.

La ville ne connaît pas encore son frémissement habituel mais elle revient doucement à la vie sous un ciel d’été.

C’est le moment de venir dans les musées, ce n’est pas la bousculade ! Alors n’hésitez pas, les œuvres se languissent de vous et n’attendent qu’une chose : s’exposer aux regards admiratifs !

Amitiés ParisiAnne 

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André Pieyre de Mandiargues, La Marge - Goncourt 1967

1 Juillet 2020, 17:27pm

Publié par Parisianne

Une belle une bonne journée s’achève
Une journée descend vers la nuit
Comme un vieillard blanc qui a peur
Et de l’autre côté des eaux douces
Par-dessus les tours brunes de Chillon
Maintenant fleurissent les montagnes roses
En ventres en seins en chairs arrondies
Pincées d’un dernier soleil fragile.

Extrait de L'Age de la craie, Mélancolie 1961

André Pieyre de Mandiargues, né en 1909 et mort en 1991 à Paris, est un poète, romancier et dramaturge. Il est proche des surréalistes sans pour autant faire partie du groupe, c'est un homme moderne qui vit avec son époque "tout en étant imprégné de l'érotisme du XVIIIe siècle et du romantisme fantastique allemand", peut-on lire dans Goncourt, cent ans de littérature sous la direction de Dominique-Antoine Grisoni.

Vous trouverez au long de cet article son poème Mélancolie.

Les lions les glaives les vierges drapées
D’un petit ciel bas de printemps
Brillent au froid repos vermeil du lac
A peine ému par un soupçon de bise
Qui hâte aussi le plaisant roulis des femmes
Ombrelles déjà voiles peints écharpes claires
Souliers de toile et bavardages légers
Entre les peupliers siffleurs de la berge.

Mélancolie 1961

Dès 1934, il publie ses premiers poème, l'Age de la craie, qui sera suivi de plusieurs autres, notamment des poèmes en prose réunis dans un recueil Dans les années sordides.

Il alterne poèmes, récits, romans et pièces de théâtre ainsi que des traductions et des essais sur l'art.

Son roman La Motocyclette rencontrera un certain succès mais c'est avec La Marge qu'il obtiendra en 1967 le prix Goncourt.

J'ai la chance d'avoir La Marge dans ma petite collection grâce à eMmA que je remercie.

Alors la pâle mélancolie
Chienne aveugle errant aux catacombes
Ouvre sur toi son œil de chaux éteinte
La mélancolie aux bras de plomb fondu
Au sein de plumes et d’écailles caduques
Jette son flot dans l’antre de ton crâne vide
Qu’elle emplit comme un grand navire de fer
Sombrant au terme d’un trop sûr voyage.

Mélancolie 1961

André Pieyre de Mandiargues, La Marge - Goncourt 1967

Le 17 juin 1967, les lecteurs de la Gazette de Lausanne peuvent lire sous la plume de Henri-Charles Tauxe 

"Lire un texte de Mandiargues est un plaisir peu commun, comme ouvrir un fruit rare à la saveur déroutante et riche. [...] Une écriture se développe; ample et rigoureuse, prodigue et tenue, d'un classicisme où souffle continuellement un vent de surréalisme."

Pourtant, en novembre 1967, alors que Roland Dorgelès est président du jury, à la proclamation du prix, Hervé Bazin, qui siège au 9e couvert, n'hésite pas à faire polémique : "Nous venons de couronner un écrivain, déjà célèbre, pour le plus faible de ses livres".

Le plus simple est donc de se faire un avis soi-même ! Je n'ai malheureusement encore rien lu d'autre que La Marge, je m'y emploierai dès que possible.

Toutefois, pour celui-là, je vous disais en évoquant Force ennemie, que la lecture m'avait semblé difficile.

Quand de nouveau il se regarde dans le miroir, il n'a pas de peine à se reconnaître, malgré sa défiance, et même il se trouverait rajeuni par rapport à la précédente image. Depuis vingt-quatre heures, environ, qu'il est arrivé à Barcelone, il a parcouru pourtant un incalculable chemin sur l'espace où sa vie a licence de se déployer et de s'exercer, quoiqu'il se soit mis en sécurité provisoire dans une transparente bulle et qu'il ait posé une transparente tour sur la lettre où le sort de tout ce qu'il aime est écrit.

Sigismond se rend à Barcelone pour raisons professionnelles, laissant derrière lui son épouse et leur fils. Il y a une forme de tension dans ce départ et le narrateur ne cesse de réclamer en pensée une lettre de son épouse qui le rappellerait à elle, lui donnerait des nouvelles de leur univers.

Un courrier l'attend effectivement à Barcelone, non pas de la main de Sergine sa jeune épouse mais de Féline, la bonne d'enfant. Surpris, à l'ouverture de la lettre, par un instinct inexplicable, Sigismond ne commence pas par le début et lit "Elle a couru à la tour des vents. Elle a monté la spirale. Elle s'est jetée du haut. Elle a expiré tout de suite."

Sa lecture s'arrêtera là, et le roman démarrera comme une errance qui conduira le malheureux dans les bas-fonds de Barcelone.

Jusqu'où ne s'est-il égaré dans la grande ville que le soleil partage entre l'ombre et la plus intolérable blancheur pendant le jour, tandis que la nuit l'éclaire de lumières rouges pour la pauvre comédie jouée en tous lieux par les putes aux beaux yeux peintes et par les marins du mystérieux Altaïr ? Jusqu'où ne va-t-il pas s'égarer encore dans cette ville où il voit comme une figure immense qui serait celle de son père, le pédé Gédéon ?

Voilà Sigismond propulsé dans un drame intérieur, en marge de sa vie. De quartiers sombres en bars interlopes, il fréquente les putains et se laisse glisser dans une nuit hallucinée, n'osant lorsqu'il regagne son hôtel, reprendre la lecture de la lettre tragique pour en connaître toute la sordide teneur. Il laisse cette dernière posée sur une table, couverte d'une tour de verre qui semble la protéger comme une bulle qui la recouvrirait tout entière.

Le texte est violent, cru parfois, mais l'écriture n'en est pas moins élégante, ce qui rend le texte âpre, c'est surtout le sujet. L'errance de Sigismond est pesante, la chute n'en sera que plus brutale.

Crevée donc est la bulle ; explosée. De la paroi qui fut solide, élastique et douce, aucun lambeau ne demeure, et la chambre d'hôtel ouverte à tous les vents de particules et à toutes les tempêtes magnétiques ruées dans le glacial espace où les astres sévissent. Altaïr ! L'hôtel Tibidabo a rejoint le point d'origine des inquiétants émissaires qui se sont multipliés en tous lieux de la ville. Sigismond plane avec lui dans un malheur cosmique. Il ne ressent aucun étonnement, à la réflexion, car il sait sans avoir une connaissance exacte des faits il avait appréhendé le malheur dans sa totalité irrémédiable, et il se trouve grand d'avoir été capable de le placer pendant deux jours sur une voie de garage avant qu'il fît irruption dans sa conscience à l'heure de son choix.

Voilà encore un Goncourt qui ne fera pas l'unanimité bien que n'ayant pas eu de concurrents sérieux cette année là. Elise ou la vraie vie, de Claire Etcherelli, qui avait retenu l'attention de quelques jurés est laissé au Femina. Mais oui, il y a certains accords entre les différents prix !

Faut-il ou non lire La Marge ? uniquement si vous avez un moral de fer ! 

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"Un jour j'ai vu le soleil se coucher quarante trois fois !"

29 Juin 2020, 21:18pm

Publié par Parisianne

L'essentiel est invisible pour les yeux...

"Un jour j'ai vu le soleil se coucher quarante trois fois !"

Vous le savez, aujourd'hui, Antoine de Saint-Exupéry aurait 120 ans, il en avait 44 quand il a disparu avec son avion, le 31 juillet 1944.

Son oeuvre fait partie de notre univers littéraire. Pour moi, le Petit Prince fait partie de mon univers intime, il m'a accompagnée à de nombreuses reprises dans des moments clés. 

Plusieurs exemplaires du livre sont glissés dans les diverses bibliothèques de la maison, celui de ma maman, édition 1945 - alors qu'elle n'était encore qu'un bébé - le mien en format poche aux pages de garde signées par un groupe d’aumônerie, nous avions 15 ans et venions de passer une semaine incroyable à Chausey, et quelques autres dans des collections plus ou moins prestigieuses ou agrémentées.

Isabelle a écrit sur son blog un très bel article. Il y avait un Petit Prince entre nous depuis quelques semaines, je n'ai pas pris le temps de le mettre en ligne alors voici ma façon de lui dire que nos échanges sont précieux. 

Les enfants seuls savent ce qu'ils cherchent, fit le petit prince. Ils perdent du temps pour une poupée de chiffons, et elle devient très importante, et si on la leur enlève, ils pleurents.

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John-Antoine Nau, Force ennemie - Goncourt 1903

29 Juin 2020, 09:46am

Publié par Parisianne

John-Antoine Nau, Force ennemie - Goncourt 1903

Je prie les amis inconnus qui voudront bien me, ou plutôt nous, lire de ne pas réclamer d'urgence, mon internement à Sainte-Anne ou dans tout autre asile. [...]
Force ennemie est en réalité l'oeuvre d'un aliéné à demi-lucide que j'ai pu souvent et longuement visiter et qui me chargea, peu de temps avant sa mort, de publier sa prose après l'avoir revue.
Or, mes retouches ne portent que sur des détails. Le fond demeure parfaitement insane malgré une apparence de suite dans les idées. C'est peut-être, à mon humble avis, ce qui rend l'ouvrage curieux, voire intéressant, pour des lecteurs doués de quelque indulgence. [...]

Mon habituelle modestie [...] me pousse à faire aux amis lecteurs une dernière recommandation.
Quand ils découvriront, par hasard, dans les pages qui suivent un passage bien écrit, des finesses d'expression, une phrase dénotant de la délicatesse de sentiments, de la hauteur morale, -- une belle âme enfin ! -- qu'ils n'hésitent pas une seconde à m'attribuer le passage, les finesses, la phrase...

Vous pouvez ci-dessus lire un extrait de l'Avertissement par lequel s'ouvre le livre et qui est signé :

Huelva, 28 juin 1902
John-Antoine Nau

Il s'agit donc, comme vous pouvez le voir sur la première photo, du Prix Goncourt 1903, c'est-à-dire, le premier prix Goncourt décerné par la toute nouvelle Académie.

Je remercie mon amie Isabelle qui n'a pas son pareil pour me dénicher des pépites !

Je vous invite à lire la 4e de couv. du recueil, le texte de Jean-Baptiste Baronian (auteur Belge d’œuvres fantastiques) est tout à fait intéressant. Et la présentation des éditions Gramma pour cette collection Le Passé du Futur ne l'est pas moins.

 

John-Antoine Nau, Force ennemie - Goncourt 1903

Parlons un instant de l'auteur, aujourd'hui oublié du plus grand nombre, c'est vrai. John-Antoine Nau - pseudonyme d'Eugène Torquet - vit dans le Var, peu le connaissent à Paris, son nom apparaît pourtant parfois au sommaire de la Revue Blanche (1889-1903), revue littéraire et artistique à tendance anarchiste, qui a eu Félix Fénéon pour secrétaire de rédaction.

Félix Fénéon, que je croyais avoir déjà évoqué ici mais il semble qu'il n'en soit rien, est un personnage dont vous connaissez la silhouette pour l'avoir vue dans l'un des tableaux de Toulouse-Lautrec pour la Goulue, mais au-delà de cette anecdote, c'est un personnage très intéressant, il me faudra revenir sur le sujet, et... pour revenir à ce qui nous occupe, un grand ami de John-Antoine Nau. 

Félix Fénéon est à droite, avec sa barbiche et son petit chapeau !

Félix Fénéon est à droite, avec sa barbiche et son petit chapeau !

C'est donc le 21 décembre 1903, que l'Académie Goncourt, sous la présidence de Joris-Karl Huysmans qui occupera la charge jusqu'en 1907 année de sa disparition, que le premier Goncourt est décerné sans le tapage médiatique que l'on connaît aujourd'hui. 

Je ne résiste pas à vous citer Lucien Descaves "Ah ! que l'Académie Goncourt était belle quand elle décerna pour la première fois son prix annuel. Nous étions tout feu, tout flamme ! A nous le zèle des néophytes !... Nous avions une mission à remplir, laquelle était de démontrer l'utilité de la Fondation Goncourt en tant que dispensatrice d'un prix destiné à signaler et à soutenir des débuts littéraires pleins de promesses !"

L'histoire nous montrera quelques loupés en matière de "débuts littéraires à soutenir" mais ce qui peut parfois être traité d'erreur de jugement contribue à alimenter les chroniques. Nous savons tous qu'aujourd'hui, quel que soit le choix d'un jury, et dans tous les domaines, il a dans l'instant ses détracteurs ! Nous ne nous arrêterons pas à cela !

Premier jury Goncourt, photo empruntée à Léon Deffoux dans Chronique de l'Académie Goncourt, 1929

Premier jury Goncourt, photo empruntée à Léon Deffoux dans Chronique de l'Académie Goncourt, 1929

J’avoue que j’éprouve un désespoir profond, si sincères que soient mes convictions de « partageux ». Il va falloir désormais être surveillé, espionné par cet être d’espèce différent et peut-être redoutable. Je n’aurai plus jamais la ressource de me « réfugier en moi-même ». Je n’y serai pas seul ! L’ultime abri dont un forçat maltraité, dont un chien battu peuvent jouir ne sera plus un abri pour moi ! Toujours une présence, même si j’agonise de douleur !

John-Antoine Nau, Force ennemie

Que dire de Force ennemie ? C'est un livre qui n'est pas d'abord facile, son sujet compliqué, l'intrigue se déroule majoritairement en univers psychiatrique et flirte avec le fantastique et le style parfois décousu - mais l'auteur nous avait prévenus - ne facilitent pas la lecture. Je vous avais dit dans l'article sur le 2e Goncourt, celui attribué à Léon Frapié pour La Maternelle, que celui-ci c'était mieux vendu que le précédent, cela s'explique aisément.

Il y a du Horla un peu dans l'oeuvre de J-A Nau, un double violent prend possession du paisible héros, cela rappelle forcément l'oeuvre de Maupassant. Ce qui est amusant d'ailleurs c'est de retrouver la même illustration sur les deux œuvres, en fonction des éditions, il s'agit du tableau de Courbet Le Désespéré.

Mais il y a également un côté littérature fantastique voire science fiction, et c'est bien ainsi qu'il a été souvent catalogué. 

Le texte peut être un peu dérangeant.

Tu sais, peut-être que ta planète de boue n’est pas le seul astre habité. Il y a des mondes supérieurs au tien, _ en assez grand nombre ; d’inférieurs aussi ; _ et ceux-là sont presque innombrables.

John-Antoine Nau, Force ennemie

Huysmans, je vous l'ai dit alors président du jury, a vu dans ce roman de John-Antoine Nau toute la modernité et il n'hésitera pas à dire bientôt "c'est encore le meilleur que nous ayons couronné".

Pour ma part, je crois qu'avec La Marge d'André-Pierre de Mandiargues, Goncourt 1967 si gentiment offert par eMmA, c'est celui qui m'a semblé le plus dur.

L'écriture est aussi compliquée que le contenu du roman, l'auteur n'hésitant pas à écrire phonétiquement les passages qui ont trait à la démence du personnage.

D'ailleurs, je réalise que je n'ai pas parlé de la Marge... pauvres de vous, vous voyez ce qui vous attend !

Je suis bien sûr que me hante un être affreusement hostile, un être cruel qui s’est installé en moi, un être effrayant qui me torture pour me forcer à beugler, à me contorsionner comme un possédé.

John-Antoine Nau, Force ennemie

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Marie Mifsud,

27 Juin 2020, 09:27am

Publié par Parisianne

Marie Mifsud,

Impossible de partager la clip, OB refuse depuis plusieurs jours, je vous invite donc à aller sur le site internet de Marie Mifsud ou cliquer sur le lien suivant pour écouter Amusette, c'est pétillant à souhait !

Marie Mifsud
Nouvel album Récif
Sortie le 21/08 chez L'Autre Distribution / Ebullissons
En concert le 16/09 au Studio de l'Ermitage, Paris
 
Marie Mifsud ne cesse de nous surprendre. Avec elle, ça danse, ça pétille. Timbres et couleurs s’entremêlent, scat, pop, rock, élans lyriques et intimes le tout au service de l’instant avec le public.
Après l'album Là, qui l'a révélée en 2017, la chanteuse est finalement de retour le 21 août pour la sortie de l'album Récif, et sa Release Party le 16 septembre au Studio de l'Ermitage à Paris.
Inspirée par des artistes aussi divers que Camille, Björk, Leïla Martial, Carmen McRae, Nina Simone, Sanseverino, Catherine Ringer, Serge Gainsbourg, Nina Hagen, Lhasa, Beth Gibbons et bien d’autres, Marie Mifsud laisse s'entrechoquer les styles tout au long de ce disque très inspiré.
Sur Récif, on retrouve l'équipe de choc du précédent album : Marie Mifsud au chant, Adrien Leconte à la batterie, Tom Georgel au piano et clavier, Quentin Coppalle à la flûte, Victor Aubert à la basse, et sur deux titres, un invité de choix, Pierrick Pédron au saxophone.
Nouvel extrait de l'album, on découvre le clip d'Amusette : "Un petit amusement autour du style musette. Son texte est une bagatelle autour de la théorie de la gravité de Newton en jouant sur le concept et le transposant sur une relation entre deux personnes..."
Marie Mifsud,

 

Enregistré et mixé en mars 2019 au Studio Recall par Philippe Gaillot, ingénieur du son plusieurs fois nominé aux victoires du Jazz, Récif a été créé à quatre mains avec son alter ego Adrien Leconte. En plus d’être le batteur du groupe, Adrien Leconte compose sur mesure pour la voix de Marie Mifsud avant que la matière musicale soit maniée et sublimée par le tandem. Les mots, à leur tour, seront le fruit de dialogues et de recherches entre les deux artistes. Le flûtiste Quentin Coppalle, le pianiste Tom Georgel et le bassiste/contrebassiste Victor Aubert constituent le reste de l’équipage. Sans oublier l’invité, le saxophoniste Pierrick Pédron qui souffle chaud sur deux morceaux dont le crescendo d’Au fur et à mesure évoque un orage qui gronde, un slow tempo qui finit en danse, en transe. Au delà des mesures.
Marie Mifsud et son groupe s’en donnent à cœur joie, sautant de la cour de récré aux volutes de fin de soirées, comme sur la bagatelle qui porte bien son nom Amusette.
L’album s’ouvre et se referme sur un souffle. La vie condensée en un album, calée sur un fil conducteur - Interlude Ré1 et Postlude Ré2 -, dans lequel Marie Mifsud esquisse un sanglot.
L’ensemble s’intitule Récif, un enchaînement de matières, de plages musicales, qui forment un tout, une digue protectrice d’où scruter les horizons. « Cet album parle avant tout de la vie et des envolées d’émotions qui nous traversent. Ou comment trouver une harmonie dans tous ces contrastes », résume-t-elle.
 
Release Party le 16 septembre 2020 au Studio de l'Ermitage, et tournée dans toute la France.
 
Marie MIFSUD - voix, mots et musique
Adrien LECONTE - batterie, mots et musique
Tom GEORGEL- piano, clavier
Quentin COPPALLE - flûte
Victor AUBERT - basse, contrebasse
 

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Alberto Giacometti, A la recherche des oeuvres disparues

25 Juin 2020, 15:14pm

Publié par Parisianne

1925 - Autoportrait

1925 - Autoportrait

Giacometti, comme beaucoup d'artistes, a détruit de nombreuses œuvres de sa première période, notamment celles réalisées à son arrivée à Paris alors qu'il suivait les cours d'Antoine Bourdelle à l'Académie de la Grande Chaumière.

Cet Autoportrait de 1925 fait partie des œuvres qui ont échappé à la destruction grâce à une acquisition rapide.

L'Oiseau silence 1933

L'Oiseau silence 1933

L'Oiseau silence a été créée lors de la période surréaliste de l'artiste, il s'agit d'un assemblage bois et plâtre exposé lors du 6e salon des Surindépendants.

Cette oeuvre stockée chez Max Ernst subira des avaries accidentelles et finira par disparaître.

Mannequin et Femme qui marche

Mannequin et Femme qui marche

Mannequin que nous voyons au premier plan de la photo ci-dessus, disparaîtra pour devenir Femme qui marche, que vous verrez mieux sur les photos suivantes.

Voici donc la troisième illustration de ce que sont les œuvres dites disparues.

Alberto Giacometti, A la recherche des oeuvres disparuesAlberto Giacometti, A la recherche des oeuvres disparues
Alberto Giacometti, A la recherche des oeuvres disparuesAlberto Giacometti, A la recherche des oeuvres disparues

On peut comparer le monde à un bloc de cristal aux facettes innombrables. Selon sa structure et sa position, chacun de nous voit certaines facettes. Tout ce qui peut nous passionner, c'est de découvrir un nouveau tranchant, un nouvel espace.

Alberto Giacometti

Lorsque Giacometti arrive à Paris en 1922, le cubisme n'est plus un mouvement en vogue même s'il connaît encore un certain succès auprès des collectionneurs. Giacometti estime que "tout le monde devait toucher au cubisme", il travaille donc lui-même dans ce sens. La plupart de ces œuvres ont disparu, encore jeune et méconnu, les œuvres de Giacometti ne rencontrent pas nécessairement le succès et se perdent où sont détériorées sans avoir eu le temps d'être moulées en plâtre, pour ce qui est des terres. 

Alberto Giacometti, A la recherche des oeuvres disparues
Alberto Giacometti, A la recherche des oeuvres disparues

Vous vous interrogez bien sûr, comme moi, sur le titre de l'exposition. Comment peut-on exposer des œuvres disparues ?

Comme vous l'avez vu, les causes des disparitions sont multiples. Si quelques rares pièces ont pu être retrouvées, d'autres sont des reconstitutions rendues possibles par les nombreux documents, photos, dessins, articles de presse qui ont permis aux spécialistes de les reconstituer.

Alberto Giacometti, A la recherche des oeuvres disparues
Alberto Giacometti, A la recherche des oeuvres disparues

Pour finir, ci-dessus la reconstitution de l'atelier de Giacometti aujourd'hui visible à l'entrée de la fondation. Annette Giacometti a veillé à ce que l'atelier de son époux soit intégralement récupéré, jusqu'aux murs sur lesquels il crayonnait et reconstitué afin d'être visible du plus grand nombre. On voit ici les œuvres sur lesquelles il travaillait avant sa mort en 1966, la plupart trop fragiles pour être déplacées ne bougeront donc pas. 

Alberto Giacometti, A la recherche des oeuvres disparues

Et l'aventure, la grande aventure, c'est de voir surgir quelque chose d'inconnu chaque jour, dans le même visage.

Alberto Giacometti

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Henri Béraud, Le Vitriol de lune - Goncourt 1922

24 Juin 2020, 21:24pm

Publié par Parisianne

Henri Béraud, Le Vitriol de lune - Goncourt 1922

Le 13 décembre 1922, le prix Goncourt est attribué à Henri Béraud et, chose surprenante, ce sont deux romans qui sont sacrés ce jour là, Le Vitriol de lune et Le Martyre de l'Obèse. Il ne sera ici question que du premier, l'exemplaire en ma possession aux Editions Albin Michel, offert par un ami, fait, comme vous pouvez le voir, mention du prix sur la couverture, et indique un Copyright 1921.

Cette fois le prix Goncourt fut bien accueilli. Henri Béraud, romancier et journaliste riche de verve, de rigueur et de style, eut une bonne presse. Ses deux romans publiés à un an d'intervalle montraient deux aspects très différents de son talent...

Léon Deffoux, Chronique de l'Académie Goncourt 1929

Ces quelques mots de Léon Deffoux sont plutôt flatteurs. Est-ce un hasard si le roman lui est personnellement dédicacé en ces termes :

A Léon Deffoux
Fraternellement
HB

Peu importe ! La qualité d'écriture est là et ce roman qui, contrairement aux premières lignes que vous pourrez lire ci-dessous est loin d'être léger, n'en est pas moins très plaisant à lire tant le style, le vocabulaire sont choisis.

Blaise partait. Il courait le long des boutiques, ses petits poings enfoncés dans les poches de sa culotte. A côté de lui, son image bondissait en ombre rapide dans les carreaux plombés des devantures ; et, quand il sautait les flaques de la rue, l'enfant riait de se voir traversant, la tête en bas, ce ciel de nacre et de fumée qui est le ciel de Lyon.

Blaise, l'insouciant petit garçon qui saute les flaques d'eau se retrouvera bien vite orphelin et séparé de Giambattista, son oncle  génois chéri pour être recueilli par un personnage sombre mais bon qui ne tardera pas à tomber dans la débauche. Ce sont les jésuites qui sauveront l'enfant devenu grand de l'enfer des bordels. Ces mêmes jésuites qui blâment le roi Louis XV et ses mœurs dissolues jusqu'à envisager lui donner une bonne leçon.

D'aventure en aventure dans un Paris qui vit sous nos yeux, le jeune Blaise retrouvera son oncle, participera à distance au complot et se verra propulsé dans le vaste monde après l'attentat manqué qui vaudra à son auteur supplicié en place de Grève.

Le sujet est donc lourd et sérieux, la description du supplice n'est pas à mettre sous tous les yeux, mais l'histoire est réelle puisqu'il s'agit de Robert-François Damiens, qui a attenté à la vie du roi le 5 janvier 1757. Je vous invite à suivre le lien sur son nom pour lire quelques détails sur le site du Château de Versailles.

La trame est là, je ne vous révélerai pas la suite bien sûr ! 

Ce roman, en son temps, trouva son public. Son auteur, par contre, est tombé dans l'oubli et pour cause. Béraud est connu comme étant un pamphlétaire antisémite et pétainiste après avoir été pamphlétaire d'extrême gauche et journaliste au Canard Enchaîne. Il sera condamné à mort en 1944 et gracié par le Général de Gaulle, mais il passera plusieurs années au bagne pour n'en sortir que gravement malade et mourir huit ans plus tard.

Je vous invite à lire cet article de l'Express qui vous en dira plus sur le Martyre de l'obèse. La version évoquée par l'Express concernant le tollé à l'annonce du prix, je ne l'ai trouvée nulle part ailleurs. La seule constante dans les critiques, concernant Henri Béraud, est la qualité de son écriture.

Errants sur les quais brumeux et confus du Havre ils se mêlaient à la foule des coltineurs et passaient des jours entiers près de l'écluse où retentissaient du matin au soir les moulins des calfats. Ils mendièrent aux portes des cabarets, où Giambattista chantait, de sa voix molle et poignante, une chanson génoise, qui réveillait en Blaise le souvenir des après-midi lyonnais et les images troubles et dolentes de son enfance. Toujours la même chanson.

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Fondation Giacometti Paris 14e

24 Juin 2020, 14:17pm

Publié par Parisianne

Fondation Giacometti Paris 14eFondation Giacometti Paris 14e

Rue Victor Schoelcher, à Paris, dans le 14e arrondissement, se trouve un hôtel particulier Art Déco, construit en 1912, ayant appartenu à Paul Follot (1877-1941), artiste décorateur. 

Autrefois je voyais à travers l'écran des arts existants. J'allais au Louvre pour voir des peintures et des sculptures du passé et je les trouvais plus belles que la réalité. J'admirais plus les tableaux que la vérité.

Alberto Giacometti

Fondation Giacometti Paris 14e

Allons-y !

Ce n'est pas par cette porte, qui dessert les différents appartements, que nous entrerons.

Un accès est dédié à l'entresol qui servait déjà à Paul Follot de lieu d'exposition et où la Fondation Giacometti s'est installée depuis 2018.

L'endroit est superbe. Espace réduit mais élégant et raffiné parfaitement restauré pour notre plus grand plaisir.

Fondation Giacometti Paris 14e

Une exposition "Giacometti à la recherche des œuvres disparues", se tenait jusqu'au 21 juin. L'occasion pour moi de découvrir ce magnifique endroit. 

Je vous laisse admirer, nous parlerons de Giacometti ensuite.

Fondation Giacometti Paris 14e

Seule la réalité est capable d'éveiller l'œil, de l'arracher à son rêve solitaire, à sa vision, pour le contraindre à l'acte conscient de voir, au regard.

Fondation Giacometti Paris 14e
Fondation Giacometti Paris 14e
Fondation Giacometti Paris 14e
Fondation Giacometti Paris 14e
Fondation Giacometti Paris 14e
Fondation Giacometti Paris 14e

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Yves Carini

23 Juin 2020, 17:16pm

Publié par Parisianne

Yves Carini

Une reprise de William Sheller par Yves Carini, Xavier de l'Agence Attitude nous invite à écouter..

Et puisque nous sommes curieux, écoutons aussi la reprise du magnifique Hymne à l'Amour d'Edith Piaf.

Après tout ce peut être une manière de redécouvrir des oeuvres que nous connaissons parfaitement, qu'en pensez-vous ?

Yves Carini
 
Nouvel album The Way You Are
Sortie cet automne chez Quart de Lune
 
Yves Carini nous emmène en voyage avec le deuxième extrait de son nouvel album The way you are attendu pour cet automne. Il s'agit d'une reprise bossa-nova légère et romantique d'Un homme heureux.
Pour cette version, Yves Carini s'est entouré de Randy Waldman aux arrangements, au piano et aux claviers (Seal, George Benson, Beyoncé), Vinnie Colaiuta à la batterie, Kevin Axt à la basse et Larry Koonse à la guitare.
Après avoir dévoilé sa reprise d'Hymne à l'Amour, en version jazz symphonique, accompagné d'un orchestre classique de 40 musiciens, le crooner français est déjà de retour avec Un Homme Heureux, reprise de William Sheller. Le titre a été enregistré et mixé aux Studios Capitol à Los Angeles, mixé par Don Murray et masterisé par Bernie Grudman. On savoure l'art vocal tout en nuance et en retenue d'Yves Carini, avant la sortie de son très attendu troisième album.
 
 
Yves Carini a baigné dans la musique et le jazz dès sa plus tendre enfance. Son père, Jeff Carini, était le plus jeune compositeur de l’équipe d'Yves Montand. Yves Carini sort son premier album en 2005 sur le label Nocturne, “Un été parisien” qu’il vendra à plus de 15000 exemplaires, une performance pour un album jazz indépendant.
Yves sort un deuxième album “Midnight Rendez Vous” toujours chez Nocturne en 2007, avec entre autres le soutien de Philippe Saisse. Yves Carini passe alors beaucoup de temps sur ses terres d’origine, la Sicile et à Los Angeles. C’est en 2016 que Yves Carini se constitue une équipe pour son nouveau projet d’album “The way you are”. Il décide de mettre la barre haut, et prend l’option d’une production à l’américaine. En plein travail sur son répertoire, les enregistrements de maquettes, et la direction artistique, il reçoit un incroyable coup de pouce musical : Jorge Calandrelli, l’arrangeur/réalisateur de Tony Bennett, Andrea Bocelli, Stevie Wonder, Michael Bublé... est totalement séduit par sa voix et veut absolument faire partie du nouveau projet.
Se joindra à eux un deuxième arrangeur/producteur : Randy Waldman (Seal, Barbara Streisand, Beyoncé…). Le crooner français se retrouve ainsi avec une véritable “dream team” pour cet album, l’équipe (producteurs/arrangeurs, ingénieurs du son, musiciens) cumule et dépasse les 40 nominations aux Grammy Awards, une première pour un artiste français de jazz.
Après des mois de travail intensif de maquette, de coaching américain, de sélection de répertoire, Yves Carini se rend aux Capitol Studios, Hollywood, le studio de Frank Sinatra, Dean Martin entre autres. Les parties vocales sont réalisées en deux jours et demi, et la rythmique est enregistrée les autres jours. L’équipe présente est hors normes: Jorge Calandrelli qui dirige les séances, Randy Waldman, Christian Jacob, Vinnie Colaiuta, TomScott, Larry Koonse, Kevin Axt, Ray Brinker et à la console analogique, Don Murray. Le résultat sonore est phénoménal, sans compter une complicité de l’équipe à toute épreuve. Après l'Hymne à l’amour, reprise d’Edith Piaf, on peut découvrir un second extrait de l'album, avec Un Homme Heureux, signé William Sheller, avant la sortie du disque annoncé pour l'automne 2020.

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Fleurs fleurs

22 Juin 2020, 16:35pm

Publié par Parisianne

Fleurs fleurs

Pour la fête des pères il fallait au moins ça !

Un bouquet du jardin avec toutes les couleurs possibles ! Et puisque c'est tous les jours la fête des papas, ce petit poème de Maurice Carême.

À papa

– J’écris le mot agneau
Et tout devient frisé :
La feuille du bouleau,
La lumière des prés.
– J’écris le mot étang
Et mes lèvres se mouillent :
J’entends une grenouille
Rire au milieu des champs.
– J’écris le mot forêt
Et le vent devient branche.
Un écureuil se penche
Et me parle en secret.
– Mais si j’écris papa,
Tout devient caresse,
Et le monde me berce
En chantant dans ses bras.

Maurice Carême

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