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Les musardises de Parisianne

Jean Echenoz, Ravel

31 Mars 2020, 15:48pm

Publié par Parisianne

A ceux qui s'aventurent à lui demander ce qu'il tient pour son chef-d'oeuvre ; C'est le Boléro; voyons, répond-il aussitôt, malheureusement il est vide de musique.

Il y a quelques mois, j'étais au Touquet avec entre les mains Ravel de Jean Echenoz, quand j'ai appris par hasard que Ravel avait séjourné dans une villa de la station. 

Vous le voyez ici devant la villa La Floride, propriété de son ami Jacques Meyer.

Image Gallica

Image Gallica

Ravel, de Jean Echenoz, aux Editions de Minuit, c'est le récit des dernières années du si célèbre Boléro. Un portrait sans concession d'un personnage volontaire et exigeant, il ne s'agit en aucun cas d'une biographie.

L'écriture d'Echenoz traduit parfaitement les névroses du compositeur qui n'est pas présenté sous son jour le plus sympathique.

Il sait très bien ce qu'il a fait, il n'y a pas de forme à proprement parler, pas de développement ni de modulation, juste du rythme, et de l'arrangement. Bref, c'est une chose qui s'autodétruit, une partition sans musique, une fabrique orchestrale sans objet, un suicide dont l'arme est le seul élargissement du son. Phrase ressassée, chose sans espoir et dont on ne peut rien attendre, voilà au moins, dit-il, un morceau que les orchestres du dimanche n'auront pas le front d'inscrire à leur programme.

Jean Echenoz, Ravel

Un bref rappel à propos de ce concerto pour piano et orchestre, dit Concerto pour la main gauche, il a été composé par Ravel pour Paul Wittgenstein, entre 1929 et 1931.

Echenoz nous présente ainsi Paul Wittgenstein : "pianiste, prisonnier des Russes et déporté en Sibérie, est revenu du front sans son bras droit." Puis plus loin, "l'air toujours aussi fermé, petites lunettes et tempes rasées, anatomie raide et brusque, le bout de la manche droite vide de son veston est glissé dans sa poche".

La collaboration entre le compositeur et le pianiste n'ira pas au-delà de ce concerto. Paul Wittgenstein ayant pris sur lui d'arranger la composition du maître, je ne résiste pas à vous citer Echenoz :

 

Mais ça ne va pas, dit-il froidement. Ça ne va pas du tout. Ce n'est pas du tout ça. Ecoutez, veut se défendre Wittgenstein, je suis un vieux pianiste et, franchement, ça ne sonne pas. Je suis quant à moi un vieil orchestrateur, répond Ravel de plus en plus glacé, et je peux vous dire que ça sonne. Le silence qui s'assied dans la salle à ces mots sonne quant à lui plis fort encore. Malaise sous les moulures, embarras chez les stucs. Les plastrons des smokings pâlissent, les franges des robes longues se figent, les maîtres d'hôtel examinent leurs souliers.

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A vous de jouer !

30 Mars 2020, 20:59pm

Publié par Parisianne

En cette période si étrange, et compliquée pour beaucoup, un ami informaticien a développé un nouveau jeu, suite à une discussion que nous avons eue. Il s’agit de reconstituer des mots découpés en groupes de lettres (pas vraiment des syllabes) par thèmes, allez voir, ce n’est pas si simple. Vous pouvez même jouer à plusieurs sur une même partie.

 

Le jeu est gratuit, vous n’avez aucune information à renseigner, vous ne serez nullement sollicités à des fins commerciales, et vous noterez l’adresse en  https donc sécurisée au maximum !

 

Et si vous êtes joueurs, vous trouverez aussi un Solitaire, un Memory et un Sudoku ! De quoi varier les plaisirs, il vous suffit pour cela de descendre en bas de la page du jeu des Syllabes.

 

N’hésitez pas à tester, à partager en copiant l’URL, et à mettre des commentaires que je transmettrai à l’intéressé !

 

Amusez-vous et surtout prenez soin de vous !

 

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Patrick Tudoret, Juliette

23 Mars 2020, 21:59pm

Publié par Parisianne

Patrick Tudoret, Juliette

Je suis née dans la nuit du 16 au 17 février 1833, à Paris... à l'âge de vingt-six ans. Toutes les années écoulées n'avaient pas compté, ne pouvaient pas compter.

Vous avez fait connaissance avec Patrick Tudoret ici même il y a quelques temps déjà, à l'occasion de son très beau roman, L'homme qui fuyait le Nobel.

C'est le dernier roman de Patrick Tudoret qui va nous occuper aujourd'hui, Juliette,  Victor Hugo mon fol amour, aux éditions Taillandier.

Juliette, c'est Juliette Drouet bien sûr, le grand amour de notre grand écrivain. Juliette, née à Fougères en 1866, 4 ans après Victor Hugo, "ce siècle avait deux ans" vous vous souvenez, et qui le précédera de 2 ans dans la tombe, morte à Paris en 1883.

Avant de rencontrer Victor Hugo, Juliette Drouet a partagé la vie de James Pradier, sculpteur, avec qui elle aura une fille, Claire, morte prématurément.

Nos officieuses accordailles ayant été consommées, Toto et moi - je me suis toujours plu, dans l'intimité, à l'appeler Toto quand il m'appelle... Juju - embarquâmes sur un fleuve puissant et capricieux. Il était fou et j'étais folle. Comme par un acte de sang, je me donnais à lui corps et âme, rompant tout et tous.

C'est l'histoire de la passion d'une vie que l'auteur évoque dans ce roman, avec ses joies et ses drames. En faisant parler Juliette elle-même, Patrick Tudoret nous entraîne dans l'intimité de ce couple qui n'en est - officiellement - pas un et nous invite à les suivre dans ce parcours chaotique traversé par les engagements familiaux tout autant que politiques de Victor Hugo.

Le style est d'une grande élégance, l'histoire d'amour se glisse dans la grande histoire dans laquelle l'auteur des Misérables s'est toujours engagé avec les conséquences que l'on connaît - 19 ans d'exil, mais c'est la figure de Juliette, amoureuse prête à tous les sacrifices qui illumine ces pages. 

Tout grand esprit a ses faiblesses, surtout quand elles sont ses blessures.

De 1833 à la mort de Juliette en 1883, c'est une vie qui se déroule pour nous, nous invitant dans l'intimité du couple frappé d'autant de drames que de bonheurs, cinquante ans de passion, cinquante ans d'abnégation de la part de Juliette qui doit se résoudre à accepter les infidélités de son Toto, cinquante ans qui font un chemin dans l'histoire de notre pays et de notre littérature. 

La nuit, quand les yeux fermés j'affronte mes démons en faisant défiler ma vie, j'en suis ébahie. Que d'heures, de jours et de nuits, de mois entiers passés à mettre ses mots au propre. Copire son oeuvre, comme j'aimais le dire au plus aimé des souffleurs de vers, je m'y suis vouée de toutes mes forces, m'autorisant parfois une remarque, une idée qu'il avait la bonté de prendre au sérieux. Je suis emplie encore de ces pages souveraines : Les Misérables, La Légende des siècles, Les Rayons et les Ombres ou Quatrevingt-Treize dont les mots dansent encore devant moi.

Sous la plume alerte de Patrick Tudoret, Juliette réveille ces instants magiques que nous avons tous connus à la lecture de l'oeuvre de Victor Hugo.

Vous aurez comme moi, le bonheur de voir surgir entre les lignes Abel, Léopoldine, mais aussi Cosette ou encore Gavroche, et de deviner le grand homme attendri prendre "par la main les deux petits enfants" dans ce roman érudit, riche de l'attachement de l'auteur pour ces personnages autant que pour ses personnages.

Et si, mieux que tout autre chose, ce sacerdoce amoureusement consenti m'avait permis de pénétrer son âme, de comprendre en quoi les mots, les vers ou la prose d'un poète sont le meilleur de lui-même ?

Aucun doute, Patrick Tudoret maîtrise son sujet, connaît l'oeuvre de Victor Hugo mais plus que tout, il semble nourrir une tendresse profonde et une admiration sincère pour Juliette, Juliette l'amoureuse, Juliette la frondeuse, Juliette la passionnée.

Il me l'a tellement prouvé, cet amour, ayant fait de moi son amante absolue, sa complice en mille forfaits. C'est ainsi que nous eûmes beaucoup d'années fastes, voyageant, enfilant les villes d'Europe comme les perles d'un collier princier, nous jetant côte à côte dans le bruit de la vie.

Un roman superbe que je vous invite à lire.

Je l'ai aimé ce Victor, comme une folle, malgré moi, malgré lui, malgré le monde entier, grâce à Dieu et malgré le diable qui, parfois, s'en mêla aussi.

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Lumière s’il vous plaît

19 Mars 2020, 22:13pm

Publié par Parisianne

Lumière s’il vous plaît

Jamais nous n’aurions imaginé ce qui se passe aujourd’hui, n’est-ce pas ? 

A l’époque de tous les possibles, ou presque, un virus vient tout remettre en cause.

Alors plutôt que d’avoir toujours à redire sur tout, si nous nous contentions simplement de dire la vie, le bonheur d’entendre les oiseaux chanter, de partager un bon livre, une jolie chanson ou un morceau de musique qui nous touche ?
 

 Pourquoi plutôt que de partager des idées reçues, des nouvelles alarmantes ne nous contentons nous pas de montrer le beau, les créations dont nous sommes capables, les petites solidarités que nous vivons, les trésors d’ingéniosité que nous allons mettre en place pour occuper les plus jeunes, rassurer nos parents ou enfants éloignés, tout ce qui apportera la lumière dans des jours sombres.


Prenez soin de vous, de ceux qui vous entourent et soyons respectueux et responsables pour que la maladie cesse, que nos soignants et professions de santé qui se donnent tant, qui nous donnent tant, puissent retrouver eux aussi dans leurs familles la sérénité qui fait tant défaut ces jours-ci et pour que les commerçants qui vont nous permettre de nous approvisionner, les transporteurs, et tous ceux qui vont, pour nous, poursuivre leurs activités en les adaptant à la situation ne se sentent pas vulnérables en raisons de notre inconscience.
Soyons raisonnables afin que rapidement, nous puissions reprendre le cours de nos vies, et aider toutes nos entreprises à surmonter cette épreuve.

Je suivrai avec bonheur et attention tout le beau que vous nous offrirez. Je vais faire au mieux pour vous entraîner dans des promenades immobiles en fouinant dans mes photos.


Mais surtout, prenez bien soin de vous !

 

Avec toute mon amitié 
ParisiAnne

 

 

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June and the Jones

10 Mars 2020, 20:19pm

Publié par Parisianne

June and the Jones

June and the Jones

Nouvel EP Square The Circle

Merci à Xavier de l'Agence Attitude

Après avoir dévoilé le titre Dancing on the Moon il y a quelques semaines, June and the Jones sort le clip de Square the Circle à découvrir sur son nouvel EP.

Plus spontané que la précédente production du groupe, Square The Circle s’est nourri de l'expérience de la scène acquise par le trio. Le résultat est dansant, rythmique, efficace. Le dialogue entre les instruments vintage, les productions électroniques et les guitares laissent toute la place à la voix d'Alice. Mixé par Robin Leduc, Square the Circle montre que les trois frères et sœur de June and the Jones ont trouvé la formule parfaite avec leur pop mélodique aux rythmiques entrainantes.

Les grandes chansons pop sont souvent un parfait équilibre entre simplicité et complexité. C’est aussi cela qui les rend intemporelles. Avec sa pochette psyché à la Vasarely, cet EP réussit le pari d’apporter de la profondeur à ce genre musical parfois sous-estimé. C’est peut-être un peu pour cela que le groupe l’a baptisé Square the Circle, que l’on peut traduire en français par réaliser l’impossible et que l'on retrouve aujourd'hui en clip.

La musique de June and The Jones est un harmonieux mélange d’électro et d’instruments vintage, au service de mélodies entrainantes. Dessinons le portrait de famille. Il y a Hadrien, le pilier. Cet amateur de Jungle ou The Avener apporte son goût pour les productions actuelles et efficaces, sans effets de manche inutiles. Il y a Louis, le moteur, qui travaille à l’intuition. Influencé par Tame Impala ou Metronomy, cet ingénieur du son de formation a conçu tous les habillages sonores de ce nouvel EP. Alice, quant à elle, est la carte « atout » de ce jeu de famille. Amatrice de soul et de black-music, elle est l’ambassadrice du groupe. June, c’est elle et elle, c’est June. 

Square The Circle, c'est à dire réaliser l’impossible, c’est faire danser sans tomber dans la naïveté. C’est aborder certains sujets profonds comme l’amour, la famille ou la perte de repères, sans céder à la facilité d’écriture. L’EP Square The Circle s’ouvre ainsi sur le groove irrésistible de Dancing on the moon aux accents presque disco. Il s’achève avec Brother, balade planante et sensuelle où la voix d’Alice n’a jamais été aussi nuancée. Six titres mixés par Robin Leduc au studio Spectral, où tout a été fait pour garder l’auditeur en alerte.

June and the Jones

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Notre-Dame du Travail, Paris XIV

10 Mars 2020, 12:36pm

Publié par Parisianne

Notre-Dame du Travail, Paris XIV

Nous y voilà enfin devant cette belle église Notre-Dame du Travail. Je vous ai fait un peu patienter !

Pour cette promenade, j'emprunte encore quelques citations à Jean-Marie Palach et à ses Soeurs brisées, je suis certaine qu'il ne m'en tiendra pas rigueur. 

Et mes livres pour vous présenter cet édifice que personnellement j'aime beaucoup :

 Comprendre l'Architecture de Paris, Décoder la Ville Lumière, Chris Rogers, aux éditions Larousse.

Montparnasse 1900-1930 - Art Nouveau - Art Déco - AAM Editions

[...] l'église Notre-Dame du travail, rue Vercingétorix, le long de la coulée verte qui naît à Montparnasse et s'étend vers la banlieue sud, en couvrant les voies du TGV Atlantique.

Notre-Dame du Travail, Paris XIV

L'église est située 59, rue Vercingétorix. Elle a été construite entre 1897 et 1902 par l'architecte Jules-Godefroy Astruc (1862-1955). Je ne peux pas vous dire grand chose de plus que ce que vous trouverez sur Wikipédia à son sujet, à savoir qu'il a été élève de Victor Laloux (architecte de la gare d'Orsay) à l'Ecole de Beaux Arts de Paris, et qu'en plus de Notre-Dame du Travail il a dessiné les plans de la Cathédrale Notre-Dame du Liban, rue d'Ulm.

Notre-Dame du Travail, Paris XIV

La deuxième moitié du XIXe siècle voit l'émergence du fer, la Tour Eiffel en est bien sûr l'exemple le plus connu, mais n'oublions pas la Grande Halle de la Villette, la Bibliothèque Richelieu, puis plus tard, les Petit et Grand Palais ou le Pont Alexandre III, et bien d'autres. On associe souvent à ces constructions de belles verrières.

Notre-Dame du Travail s'inscrit dans cette époque "fer et verre".

Notre-Dame du Travail, Paris XIV

Drôle de nom pour une église. Elle avait été dédiée à la classe ouvrière, bien représentée à la fin du XIXe siècle dans les immeubles modestes du quartier Plaisance.

Notre-Dame du Travail, Paris XIV
Notre-Dame du Travail, Paris XIV
Notre-Dame du Travail, Paris XIV
Notre-Dame du Travail, Paris XIV
Notre-Dame du Travail, Paris XIV
Notre-Dame du Travail, Paris XIV
Notre-Dame du Travail, Paris XIV

Chris Rogers dans Comprendre l'Architecture de Paris nous dit à son propos :

" On peut considérer Notre-Dame-du-Travail comme un hommage aux humbles ouvriers de Paris, spécialisés dans le travail des métaux et l'artisanat, mais aussi comme l'annonce du mouvement moderniste, dont les préceptes reposent sur l'authenticité de la structure et la profusion de décoration appliquée."

 

Notre-Dame du Travail, Paris XIV

l'architecte, Jules Astruc, a érigé un bâtiment élégant, simple, lumineux. Les arceaux métalliques et les colonnes de fer, récupérés des pavillons construits sur le Champs de Mars pour les expositions universelles, constituent une ossature légère à l’œil. La clarté inonde la grande nef. Dans les chapelles latérales, de grandes peintures murales de style "Art nouveau" atténuent l'austérité du métal nu.

Notre-Dame du Travail, Paris XIV

Les éléments métalliques sont des remplois du palais de l'Industrie, construit pour l'Exposition Universelle de 1855 et démoli comme toutes (ou presque toutes) les constructions éphémères des diverses expositions. 

Le XIVe arrondissement est un quartier ouvrier, l'idée est de construire pour eux une église à "l'esthétique usinière pour qu'ils se sentent dans un milieu familier".

Vous aurez bien sûr noté le contraste entre la façade en pierre d'inspiration romane avec peu d'ouvertures et l'intérieur élancé dont la structure s'apparente davantage à une gare qu'à une église.

Joseph Lefèvre 1898

Joseph Lefèvre 1898

Regardez - malgré une photo assez moyenne - le socle de la statue de Notre-Dame-du-Travail, vous voyez là aussi la référence au monde ouvrier, enclume; mouvement d'horlogerie mais aussi une locomotive à vapeur et une brouette, malheureusement pas visibles sur ma photo  !

Notre-Dame du Travail, Paris XIV

Si je vous avais montré cette image seule, auriez-vous imaginé qu'il s'agisse d'un décor d'église ?

Les décorations murales sont composées de motifs floraux tout à fait dans le style Art Nouveau, avec  l'élévation et la légèreté visuelle des fermes métalliques, cela rompt avec l'apparence plus austère de nombreuses églises vous ne trouvez pas ?

La Main créatrice, Michel Serraz, XXe siècleLa Main créatrice, Michel Serraz, XXe siècleLa Main créatrice, Michel Serraz, XXe siècle

La Main créatrice, Michel Serraz, XXe siècle

Jean-Jacques Bris, Colombe de la Paix et Christ en gloire, XXe siècle
Jean-Jacques Bris, Colombe de la Paix et Christ en gloire, XXe siècle

Jean-Jacques Bris, Colombe de la Paix et Christ en gloire, XXe siècle

Notre-Dame du Travail, Paris XIVNotre-Dame du Travail, Paris XIV

Et pour finir, voici l'orgue, construit par Théodore Haerpfer, mis en service en décembre 1990. Il paraît que l'acoustique est exceptionnelle, j'irai vérifier à l'occasion, je vous tiendrai informés !  

Je vous invite à vous rendre sur le site Patrimoine Histoire en suivant le lien, vous y verrez d'autres très belles photos, plus détaillées que les miennes.

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Valentin Vander

9 Mars 2020, 20:08pm

Publié par Parisianne

Valentin Vander

Nouvel album Mon Etrangère

Disponible chez Hé Ouais Mec Productions

Merci à Xavier de l'Agence Attitude

Valentin Vander

Après 4 ans de tournée avec ses camarades des « Goguettes (en trio mais à quatre) », Valentin Vander revient en solo avec un second album pop et romantique : Mon étrangère.

Au programme : des chansons d’amour pleines de tendresse et de dérision, enrobées de guitare jazzy, de machines qui envoient de la pop électronisante, des nuages colorés qui pendent du ciel, des invités extraordinaires… 

Entre espièglerie, profondeur et constat éclairé sur les relations sentimentales qui lient les êtres, Valentin Vander insuffle une couleur mélodique très personnelle aux dix compositions.

Avec son deuxième album Mon étrangère, Valentin Vander creuse le sillon d'une chanson pop racée à l'élégance discrète. Il use d'armes de séduction massive, naviguant entre espièglerie et profondeur et insufflant à ses chansons une couleur mélodique qui capte dès la première écoute. Après L'écho du Bonheur, il dévoile le nouveau titre Elle Passe.

Valentin Vander, élevé dans une famille de musiciens, use d’armes de séduction massive tout au long de ce nouveau chapitre. Entre espièglerie, profondeur et constat éclairé sur les relations sentimentales qui lient les êtres, il insuffle une couleur mélodique qui capte dès la première écoute. On trouve alors, au gré des chansons qui jalonnent l’album, ce petit quelque chose d’unique dans sa personnalité joliment désabusée qui n’oublie jamais d’opter pour la dérision. Ici, les émotions priment et semblent inédites, comme si la mélancolie avait embrassé une forme de légèreté. Quand Va­lentin Vander ne s’amuse pas dans ses spectacles humoristiques « Les Goguettes en trio (mais à quatre) », il creuse le sillon d’une chanson pop racée à l’élégance discrète. Cet opus l’atteste sur chacune des dix plages qui racontent les atermoiements de l’amour, subtilement éclairés du halo des enjeux de notre temps. La fidélité, l’exclusivité, le caractère aléatoire des désirs : il caresse à chaque mesure l’espoir de trouver une réponse. Bien sûr, elle ne pointe jamais le bout de son nez. Alors Valentin Vander émet ses hypothèses avec douceur souvent, avec ironie parfois.

Encore plus que sur son premier album, L’audace ou la timidité, paru en 2015, la palette du chanteur se teinte ici d’humour et d’une lucidité malicieuse, quand il évoque les rencontres qui marquent : « La femme de ma vie vient de passer devant moi / je ne lui ai pas dit / on ne dérange pas les gens pour ça », peut-on entendre sur « La femme de ma vie », ritournelle douce-amère portée par des arrangements élégants d’une pop gracile. Valentin Vander convoque aussi un groove qui confine au funk sur « Elle passe », où la basse sautillante slalome entre des claviers vintages et colorés.

Sur « Les vieux qui s’aiment encore », il touche en plein cœur. Il évoque le temps qui file inexorablement. Il triture ce sentiment obscur tapi en chacun de nous : celui qui sait en secret que tout finira. Sans néanmoins jamais céder au pathos ni au pessimisme, Valentin Vander dodeline autour de nos émotions les plus enfouies, et transforme ses mélodies crève cœurs en joie pure sur des chansons qui semblent avoir toujours existé, comme « Mon étrangère » et ses motifs de piano aux allures de classique.

Retrouvez Valentin Vander sur Instagram et Facebook

Valentin Vander

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Paris XIV, rue Vercingétorix

9 Mars 2020, 20:02pm

Publié par Parisianne

Paris XIV, rue Vercingétorix

Puisque Jean-Marie Palach nous a invités à flâner dans le XIVe arrondissement de Paris dans son livre Soeurs brisées dont je vous parlais hier, emboîtons-lui le pas, objectif, la superbe église Notre-Dame du Travail, mais parlons d'abord un peu de la rue Vercingétorix.

Paris XIV, rue Vercingétorix

La rue Vercingétorix, initialement rue de Constantine, part de l'avenue du Maine, derrière la Tour Montparnasse.

Nous nous appuierons sur Promenades dans les Rues de Paris, un guide initialement rédigé vers 1910 par le Marquis de Rochegude, enrichi au fil des années. Ma version de 1958 concerne la Rive gauche, les deux auteurs sont Rochegude et Jean-Paul Clébert.

Et dans ce petit livre, il nous est dit :

"[...] elle compte encore des maisons anciennes à deux étages, évocatrices d'auberges ou de corps de ferme. Beaucoup de ses cours sont assez curieuses. Les rues qui affluent de chaque côté sont pittoresques, peuplées d'ateliers d'artiste. [...] La rue du Moulin-de-Beurre reste très attachante avec ses ateliers de peintres voisinant avec des jardins que picorent d'étiques volailles. Elle se termine malheureusement sur un paysage ferroviaire."

La photo ci-dessus vous montre la rue telle qu'elle est visible aujourd'hui depuis l'avenue du Maine, c'est une rue étroite en plein chantier. Allez, faites preuve d'un peu d'imagination et ouvrez grand les yeux, vous pourriez voir sortir Fujita qui en 1914 avait son atelier juste à gauche à l'entrée de la rue. On se plaît à imaginer la vie de ce quartier qui lorsque l'on s'éloigne un peu de la gare et des lignes ferroviaires, garde un charme fou.

Paris XIV, rue VercingétorixParis XIV, rue Vercingétorix

Poursuivons notre promenade, traversons sans nous arrêter la Place de Catalogne, elle sera l'objet d'un autre article à venir et passons devant Notre-Dame du Travail, non sans avoir traversé l'ensemble immobilier Les Échelles du Baroque.

L'immeuble de 91 est inscrit "Propriété de l'Epargne immobilière du XIVe arrondissement. Il a été construit en 1905. L'autre un peu plus bas n'a pas d'année visible mais fait référence à l'un des nombreux moulins que nous évoquions précédemment. 

Paris XIV, rue Vercingétorix
Paris XIV, rue Vercingétorix

Et un peu plus bas encore, ce sont des immeubles de l'Office Public d'HLM de la Ville de Paris, construits en 1940.

Je vous épargne ceux de 1980, ils sont d'une tristesse affligeante.

Je n'ai pas précisé que de l'autre côté de la rue Vercingétorix, se trouvaient des espaces verts aménagés pour la promenade, les jeux d'enfants ou les rendez-vous pétanque des anciens, le tout, longe les lignes qui arrivent gare Montparnasse. Il y a quelques années encore, un phare breton - publicité d'une poissonnerie- accueillait les voyageurs en provenance de l'Ouest, il a malheureusement été démoli dans le cadre de la modernisation du quartier (et je crois que j'ai supprimé mes photos par accident !).

Paris XIV, rue Vercingétorix
Paris XIV, rue Vercingétorix

Nous voilà arrivés au bout de la rue Vercingétorix, et nous trouvons ici l'ancienne gare d'Ouest-Ceinture. La desserte a été définitivement fermée à la construction du TGV Atlantique en 1986. Elle avait été ouverte en 1867 puis comme les gares de la Petite Ceinture, fermée au trafic en 1934.

Nous sommes arrivés Boulevard Brune, là le périphérique fait entendre son bourdonnement habituel. Il est temps de faire demi-tour pour remonter vers Notre-Dame du Travail, mais comme il est déjà tard, ce sera pour demain !

Je laisse le mot de la fin au Marquis de Rochegude, à vous d'imaginer ! Bonne soirée.

Tout le quartier compris entre l'avenue du Maine, l'avenue de Châtillon, le boulevard Brune et la rue Vercingétorix n'est qu'un essaim de ruelles; de passages, de cours, de culs-de-sac qu'on pourra visiter au hasard des pas. La plupart datent du milieu du XIXe siècle et n'évoquent rien d'historique. Mais il s'en dégage le charme des vieilles remises, des îlots parisiens hors du temps.
On y trouve encore les vieux becs de gaz à coude, les vignes tenaces au flancs de talus déplumés, et aussi certaine atmosphère triste et fumeuse qui n'est pas sans rappeler l'insupportable East End de Londres.

Rochegude/Clébert Promenades dans les rues de Paris, Rive gauche 2 - Editions Denoël

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Jean-Marie Palach, Soeurs brisées

8 Mars 2020, 11:08am

Publié par Parisianne

Illustration Béatrix Agnès

Illustration Béatrix Agnès

Pour renouer avec les avis de lecture, quoi de mieux que de commencer par un auteur ami. Jean-Marie Pallach est un nouvelliste très souvent remarqué dans les concours, auteur de romans policiers mais aussi de romans jeunesse.

Aujourd'hui, c'est un joli roman, Soeurs brisées, aux Editions Daphnis et Chloé, qui va retenir notre attention. Ne vous fiez pas à la couverture rose, ce n'est pas un roman bonbon fondant !

Si elle vient, chaque semaine, depuis des années, c'est dans l'espoir de parler, de partager des émotions. Ce n'est pas encore pour cette fois. Héloïse demeure muette, se contente de poser l'assiette fumante sur la table et de contempler, elle aussi, l'écran plat sur lequel défilent des images du monde.

Jean-Marie Palach dans ce très beau roman, met en scène deux sœurs que tout semble opposer et qui ne parviennent pas à communiquer. L'aînée, Héloïse, a toujours été brillante et le succès littéraire qu'elle rencontre n'est pas un hasard. 

Faustine, la cadette, est une belle jeune femme qui n'a jamais cherché les succès et ne se rend même pas compte de cette beauté que sa sœur lui envie. 

[Faustine] a admis son infériorité, ses défauts. Certains êtres captent la lumière, sont faits pour la gloire, d'autres sont condamnés à des existences subalternes, peuplées d'ombres grises. Elle avait rapidement connu son affectation. Son père, le modèle, la référence, lui avait tôt indiqué le chemin morne qu'elle emprunterait, quand l'aînée gravirait des sommets.

La perte brutale de leurs parents dans un accident d'avion alors que la plus jeune n'est encore qu'une adolescente, les enferme dans une forme de dépendance, de la petite par rapport à la grande, qui s'inversera quand Héloïse traversera un second drame avec la mort de son fiancé dans un accident de la route alors qu'elle était au volant. On pourrait presque dire qu'elles sont quittes, et pourtant, un silence pesant s'immisce dans leurs échanges.

Vous me direz, le sujet n'est pas drôle. Détrompez-vous, il n'y a pas de pathos, les éléments terribles sont là, posés rapidement pour donner le contexte et permettre à l'auteur de belles études de caractères. 

Pour les écrivains, point de salut hors les écuries qui tiennent le haut du pavé. Héloïse découvre les dizaines de confrères, sagement assis derrière la pile de leurs bébés invendables, à l'affût des piétons qui ne s'arrêtent pas. Les gens considèrent avec méfiance ces déshérités, font un écart pour les éviter, ne pas les frôler. Leur misère pourrait être contagieuse.

Héloïse est écrivain, le passage de la vie à la mort hante toutes ces publications depuis des années, sans que le succès ne soit réellement au rendez-vous, même si un certains nombres de lecteurs lui sont fidèles. 

Quand son dernier livre rencontre un succès qui va la propulser sur le devant de la scène, la coquille dans laquelle elle s'était enfermée se fendille. Ce retour à la lumière entraîne sa jeune sœur dans son sillage, et impose de briser les silences.

 

Les pièces du puzzle s'assemblent, font sens. Une vérité émerge. Héloïse ordonne ses pensées. Elle décide de jouer franc-jeu. Sa sœur le mérite [...]

Dans un style agréable et fluide, Jean-Marie Palach nous invite à nous interroger sur les liens fraternels, mais également sur le deuil et la difficulté de la relation amoureuse. Avec beaucoup de finesse, les personnages sont peints dans leurs travers et leurs qualités, leurs forces et leurs faiblesses, jusqu'à nous les rendre familiers. 

Un autre personnage se glisse entre ces pages et joue un rôle primordial, c'est l'écrit, l'art de dire par les mots, la littérature, les livres qui sont un pont entre les personnages.

Jean-Marie, je vous l'ai dit, est également nouvelliste, ne perdez pas cette information de vue en lisant, je vous le conseille, ce très beau roman, vous y trouverez, glissés dans la trame du roman, quelques nouvelles joliment tournées. J'ai un faible pour Le Calvaire de Titien, mais il y en a d'autres tout aussi belles.

Alors n'hésitez plus, vous ne le regretterez pas !

Jean-Marie Palach, Soeurs brisées

L'auteur nous emmène également dans une flânerie parisienne, principalement dans le XIVe arrondissement de Paris, c'est une chance, j'avais justement prévu de vous y entraîner pour ensemble pousser quelques portes, c'était une jolie manière de vous inviter à me suivre, n'est-ce pas !

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Féloche & The Mandolin' Orchestra

6 Mars 2020, 20:09pm

Publié par Parisianne

Féloche & The Mandolin' Orchestra

Féloche and The Mandolin' Orchestra

Dernier album, sorti le 14/02 chez Silbo Records / Absilone

Double concert le 30/04 au Trois Baudets à Paris

Un an après l'album Chimie Vivante, Féloche est de retour avec son nouvel album entouré du Mandolin' Orchestra.

Chanteur lumineux, facétieux et d'un romantisme digne de la littérature russe, Féloche revient avec un nouveau disque, mais cette fois, il n'est pas seul. Il a rassemblé autour de lui un orchestre exceptionnel de 18 mandolines. Cette formation inédite interprète son répertoire en le colorant d'une énergie nouvelle.

Le très attendu Silbo, du nom de ce langage sifflé de l'ile de La Gomera aux Canaries, y prend son envol comme un écho aux oiseaux restés là-bas. De chanson en chanson, c'est une autre façon d'être ensemble qui s'invente avec grâce. Avec ce nouvel album, vous voilà déjà plongés dans l’univers décalé de l’OVNI français Féloche.  Il reprend des grands titres de son répertoire et n’hésite pas à inviter à sa table Bourvil ou Léo Ferré pour un grand festin musical unique et jubilatoire ! 

 

En premier extrait, on retrouve Féloche et son Mandolin' Orchestra pour la reprise de L'Affaire Louis' Trio : Chic Planète.

Je rêvais d’un orchestre…. Un orchestre de mandolines ! Fantasme absolu puisque j’étais tombé en amour pour cet instrument. Ce serait un truc de mégalo (un orchestre quoi) mais qui ne se la péterait pas... puisque ce ne sont « que » des mandolines !

Féloche

Sur l'album Féloche and The Mandolin' Orchestra, on est immédiatement emporté par une ribambelle de mandolines qui mettent en musique la beauté des choses. Féloche est bel et bien un chimiste multi-instrumentiste adepte des expérimentations : vous voilà déjà plongés dans l’univers décalé de l’OVNI français Féloche. Il revisite son répertoire (Silbo, Darwin avait raison...), s'approprie le titre Chic Planète et n’hésite pas à inviter à sa table Bourvil ou Léo Ferré pour un grand festin musical unique et jubilatoire !

Féloche, avec sa sincérité à fleur de peau, sa voix unique et ses mandolines sautillantes, gagne le cœur du public dès les premières secondes de ce nouveau disque. Féloche est un musicien inspiré, ce qui en fait un chanteur éclairé. À chacun de ses spectacles, il invite la magie, fait émerger d’autres terres habitées, aux âmes implorées par ces sons dont il semble connaître la matière secrète. Féloche sera en concert aux Trois Baudets le 30 avril 2020 accompagné de son Mandolin' Orchestra pour deux séances : 19h et 21h.

 

Merci à Xavier de l'Agence Attitude

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