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Les musardises de Parisianne

Une femme aimée, Andreï Makine

26 Septembre 2013, 21:20pm

Publié par Parisianne

Pour cette nouvelle lecture en duo complice, nous avions arrêté notre choix sur le dernier livre d'Andreï Makine dont, pour ma part, j'aime beaucoup les oeuvres.

Pourtant, cette Femme aimée, qui retrace la vie de la Grande Catherine à la réputation sulfureuse nous a un peu surprises. Malgré la qualité d'écriture, c'est un livre inadapté à la lecture à voix haute, un peu trop compliqué pour ce genre d'exercice.

Andreï Makine n'a pas réécrit ici une énième biographie de Catherine, il a emmêlé  (devrais-je dire enlacé ?) l'histoire de cette tsarine familière de Voltaire, Diderot, Cagliostro et Casanova et celle de l'URSS déclinante et de la Russie d'aujourd'hui.

"Majesté, Monsieur Diderot !

"Cher ami ! Vous autres philosophes, vous ne travaillez que sur le papier qui souffre tout. Moi, pauvre impératrice, je travaille sur la peau humaine qui est bien plus irritable et chatouilleuse..."

Le principal protagoniste, Oleg Erdmann, un jeune cinéaste russe d'origine allemande rêve de tourner une histoire de la vie de Catherine et cherche pendant des décennies à sonder les mystères de sa vie. Un premier film sous le régime soviétique lui laisse un goût d'inachevé, un feuilleton télévisé pour faire de l'audience et de l'argent dans la Russie moderne le laisse désabusé.

"J'ai juste besoin d'un grand sujet. Tu as travaillé, autrefois, sur la vie de Catherine? C'est elle que je veux ! Non pas la momie qu'on trouve dans les bouquins d'histoire, non. Une Catherine dépoussiérée, une bombe qui nous explose à la figure !"

Le texte tantôt cru, tantôt violent ne nous épargne ni les scènes d'activités sexuelles débridées ni les crimes les plus abjectes. Pourtant, l'écriture d'Andreï Makine sait se faire poétique et c'est toujours un bonheur de le retrouver dans ce registre.

Ce livre est un cri autant qu'une quête, celle d'une harmonie entre la liberté d'être et celle d'aimer.

"Ils devinent qu'un seuil est franchi - non pas dans l'intimité mais dans la liberté de ce qu'ils peuvent faire de leur vie. Une vie qui durant toutes ces années, était dissimulée sous un flux d'inpeties, d'attentes inutiles, d'avidités, de craintes. Tout peut basculer maintenant. "

Une femme aimée, Andreï Makine

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Delacroix, des couleurs et des mots

10 Septembre 2013, 16:20pm

Publié par Parisianne

Place de Furstenberg, Paris 6e

Place de Furstenberg, Paris 6e

A deux pas de l'église Saint-Germain-des-Prés, une petite place très paisible au coeur de ce quartier animé et, dans un angle, un hôtel particulier où le peintre Eugène Delacroix (1798-1865) a vécu ses dernières années pour être au plus près de l'église Saint-Sulpice où il travaille jusqu'en 1861 à la Chapelle des Saints-Anges.

Le musée n'est pas grand mais abrite un petit havre de verdure, récemment remanié pour lui rendre le charme cher à l'artiste. J'ai eu la chance d'y aller par une très chaude journée d'été et le lieu vaut vraiment le détour.

Delacroix c'est bien sûr le peintre de la couleur, La mort de Sardanapale, La liberté guidant le peuple, Les femmes d'Alger dans leur appartement ou encore la Chasse aux lions, pour n'en citer que trop peu, mais aussi les commandes officielles comme la bibliothèque de l'Assemblée Nationale ou celle du Sénat, toutes ces oeuvres qui feront de lui un artiste majeur du XIXe siècle et feront couler beaucoup d'encre et de salive à ses détracteurs autant qu'à ses admirateurs.

Mais ce maître a un autre talent que l'on connaît moins, celui d'écrivain. Il aurait d'ailleurs hésité entre les deux professions ! Il choisira la peinture mais alimentera de façon très régulière son Journal, véritable source d'informations sur son oeuvre et ses contemporains aussi riche qu'intelligente.

Delacroix a 24 ans lorsqu'il écrit en 1822 : "Je mets à exécution le projet formé tant de fois d'écrire un journal. Ce que je désire le plus vivement, c'est de ne pas perdre de vue que je l'écris pour moi seul. Je serai donc vrai, je l'espère ; j'en deviendrai meilleur. ce papoer me reprochera mes variations. Je le commence dans d'heureuses dispositions".

Le parler vrai perdure, c'est incontestable, mais on sent très vite une attention particulière portée sur ce qu'il écrit et une conscience très nette d'un passage à la postérité de ces observations sincères.

Le Journal de Delacroix offre au lecteur curieux de nombreux commentaires sur son travail, l'art, la littérature, ses voyages et ses contemporains mais aussi une attention très grande portée à la nature. Un petit plaisir à ne pas bouder :

"La première et la plus importante chose en peinture, ce sont les contours. Le reste serait-il extrêmement négligé que, s'ils y sont, la peinture est ferme et terminée." 1824

"Je n'aime point la peinture raisonnable ; il faut, je le vois, que mon esprit brouillon s'agite, défasse, essaye de cent manières, avant d'arriver au but dont le besoin me travaille dans chaque chose." 1824

"Le poète se sauve par la succession des images, le peintre par leur simultanéité. " 1834

"Combien de livres qu'on ne lit pas parce qu'ils se veulent être des livres. " 1843

"De l'abus de l'esprit chez les Français. Ils en mettent partout dans leurs ouvrages, ou plutôt ils veulent qu'on sente partout l'auteur, et que l'auteur soit homme d'esprit et entendu à tout [...] dans les arts de même. Le peintre pense moins à exprimer son sujet qu'à faire briller son habileté, son adresse ; de là, la belle exécution, la touche savante, le morceau supérieurement rendu. Eh ! malheureux, pendant que j'admire ton adresse, mon coeur se glace et mon imagination reploie ses ailes." 1844

Et pour finir avant de vous lasser, ce passage fort drôle, écrit en 1850, delacroix a 52 ans.

"[...] Je commence à prendre furieusement en grippe les Schubert, les rêveurs, les Chateaubriand (il y a longtemps que j'avais commencé), les Lamartine, etc. Pourquoi tout cela se passe-t-il ? Parce que ce n'est point vrai... Est-ce que les amants regardent la lune, quand ils trouvent près d'eux leur maîtresse ?... A la bonne heure, quand elle commence à les ennuyer.

Des amants ne pleurent pas ensemble ; ils ne font pas d'hymnes à l'infini, et font peu de descriptions. Les heures vraiment délicieuses passent bien vite, et on ne les remplit pas ainsi.

Les sentiments des Méditations* sont faux, aussi bien que ceux de Raphaël, du même auteur. Ce vague, cette tristesse perpétuelle ne peignent personne. C'est l'école de l'amour malade... C'est une triste recommandation, et cependant les femmes font semblant de raffoler de ces balivernes ; c'est par contenance ; elles savent bien à quoi s'en tenir sur ce qui fait le fond de l'amour. Elles vantent les faiseurs d'odes et d'invocation, mais elles attirent et recherchent soigneusement les hommes bien portants et attentifs à leurs charmes. [...] "

 

Reconnaissez que c'est savoureux !

* Lamartine

 

Musée Delacroix, 6 rue de Furstenberg 75006 Paris

 

 

 

 

 

Delacroix, des couleurs et des mots
Delacroix, des couleurs et des mots
Delacroix, des couleurs et des mots
Delacroix, des couleurs et des mots

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Ode au jardin chez Rodin

5 Septembre 2013, 13:36pm

Publié par Parisianne

Ode au jardin chez Rodin

Avec la rentrée reviennent les petits plaisirs parisiens, et en particulier ces lectures au musée Rodin. 
Alors que l'été joue les prolongations, c'est à une Ode au jardin que nous étions conviés sur les terrasses du musée. 


Charles Gonzalès en belle compagnie de Fanny Cottençon ont été nos guides pour une promenade fleurie, parfumée et sensuelle dans les jardins de la littérature à travers les époques, leurs lectures accompagnées par Mossy Amidi Fard et sa musique envoûtante.

Du jardin de la Genèse au Cantique des cantiques,

"Mon bien-aimé est pour moi un bouquet de myrrhe / qui repose entre mes seins /  Mon bien-aimé est pour moi une grappe de troëne des vignes d'En-Guédi / Que tu es belle, mon amie, que tu es belle ! / Tes yeux sont des colombes / Que tu es beau, mon bien-aimé, que tu es aimble ! / Notre lit c'est la verdure / Les solives de nos maisons sont des cèdres, nos lambris sont des cyprès..."

De Virgile au petit jardin de Jacques Lanzman chanté par Jacques Dutronc, en passant par Les Milles et unes nuits,  La Fontaine, Rousseau, Chateaubriand ou même Hugo dans les Misérables ou Zola dans La Faute de l'Abbé Mouret, l'évocation de ces jardins enchanteurs ou enchantés, nés dans l'imaginaire des auteurs était une véritable ode aux sens portée par deux acteurs aussi sensibles que spontanés.

Une belle soirée.

 

 

 

Ode au jardin chez Rodin

Après trois ans,

Ayant poussé la porte étroite qui chancelle,
Je me suis promené dans le petit jardin
Qu'éclairait doucement le soleil du matin,
Pailletant chaque fleur d'une humide étincelle.

Rien n'a changé. J'ai tout revu : l'humble tonnelle

De vigne folle avec les chaises de rotin...
Le jet d'eau fait toujours son murmure argentin
Et le vieux tremble sa plainte sempiternelle.

Les roses comme avant palpitent ; comme avant,

Les grands lys orgueilleux se balancent au vent,
Chaque alouette qui va et vient m'est connue.

Même j'ai retrouve debout la Velléda
Dont le plâtre s'écaille au bout de l'avenue,
Grêle, parmi l'odeur fade du réséda.

 

Paul VERLAINE

Ode au jardin chez Rodin
Ode au jardin chez Rodin
Ode au jardin chez Rodin
Ode au jardin chez Rodin
Ode au jardin chez Rodin
Ode au jardin chez Rodin

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Inferno, Dan Brown

3 Septembre 2013, 18:06pm

Publié par Parisianne

Détail portail central Notre-Dame de Paris

Détail portail central Notre-Dame de Paris

Peut-être fallait-il un zest de folie pour se lancer dans la lecture à voix haute de ce dernier roman du célèbre auteur du Da Vinci Code. Mais il faut bien un peu de folie, non ? Et nous avons été deux à nous lancer dans l'aventure. Et nous sommes deux à avoir eu le même ressenti. 

Inferno est un roman très riche en rebondissements. Trop riche en rebondissements en fait et c'est ce qui a fait que nous nous sommes toutes deux, auditrice et lectrice, assez vite essouflées. Il faut cependant reconnaître que l'histoire est bien menée et, point très positif,  le roman très documenté sur Dante et sa Divine Comédie, fil conducteur de l'énigme, mais aussi sur Florence et les arts, sur Venise également. Comme toujours, Dan Brown consacre une grande part de son récit aux explications sur le contexte historique, artistique, géographique, ce qui permet à ceux qui ont le souffle court de respirer un peu !

 

Robert Lagdon, le déjà très célèbre professeur de symbologie à Harvard, se réveille dans un hôpital à Florence. Il n'a aucun souvenir être venu en Italie et ignore d'autant plus les raisons de la véritable chasse à l'homme dont il se trouve être l'objet ainsi que les origines des terribles visions qui le hantent. Une jeune et séduisante femme médecin Sienna Brooks, l'aide à échapper à ses poursuivants et à remonter le fil de façon à découvrir l'origine du mal et de ses maux !

Lagdon comprend rapidement qu'il doit trouver et décrypter les indices permettant d'arrêter le geste fou d'un scientifique bien résolu à faire régner la paix sur terre en réduisant la population mondiale.

Par le biais d'énigmes liées à l'Enfer de Dante, les deux protagonistes poursuivis par des militaires habiles vont vivre une journée infernale...

 

Un roman divertissant et de lecture facile  mais qui nous a laissé un petit goût de déjà vu.

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Titanic expo, quand le drame devient mythe

2 Septembre 2013, 07:16am

Publié par Parisianne

Titanic expo, quand le drame devient mythe

Complément d'information.

Si je fais remonter ce post aujourd'hui, c'est d'abord pour vous informer que l'expo est prolongée jusqu'au 29 septembre, cela laisse donc un peu de temps au retardataires, mais surtout pour vous transmettre une information qui j'ignorai.

Lionel CODUS m'a signalé hier que le schéma très parlant de cette tour Eiffel à côté du Titanic avait été réalisé par son frère Cyril CODUS, passionné par l'histoire du navire.

 

Merci à Xavier d'Attitude de m'avoir incitée à me rendre à cette exposition Titanic qui spontanément ne m'attirait pas.

Tout le monde connaît la tragique histoire du Titanic, "palace flottant, prouesse technologique" ayant emporté par le fond 1500 personnes dans la nuit du 14 au 15 avril 1912, suite à une collision avec un iceberg.

 

Découverte en septembre 1985 par une expédition franco américaine, l'épave du Titanic reste -et restera- à 3843 mètres de profondeur, à 745 km de Terre-Neuve. Néanmoins, de nombreuses pièces en tous genres (morceaux de construction, objets de décor ou effets personnels) ont été extraits du navire et font l'objet de soins très attentifs pour nous livrer aujourd'hui un petit bout de cette terrible histoire.

 

Copyright Cyril CODUS

Copyright Cyril CODUS

L'exposition démarre par une présentation historique pour nous situer dans l'époque, 1912, à la veille de la Grande Guerre.

Tout est simplement expliqué, du contexte historique, politique mais aussi des prouesses technologiques de cette période très riche, sans oublier les exploits sportifs ! C'est vraiment très bien fait et accessible à tous.

Puis viennent les détails techniques de la construction du bateau. Je ne vous assomerai pas de chiffres, la photo mettant le navire aux côtés de notre Tour Eiffel parle d'elle-même.

Après cette introduction fort instructive, nous sommes invités à emprunter un couloir des premières classes pour pénétrer dans le navire. 

 

Titanic expo, quand le drame devient mythe

La suite de la visite se fait au milieu de très belles reconstitutions et d'explications très claires concernant le luxe bien sûr, ce fut à l'époque l'élément commercial par excellence, mais aussi de nombreuses indications à propos de la construction de ce magnifique vaisseau réputé insubmersible et de l'organisation de la vie à bord.

J'ai été étonnée d'apprendre qu'en dehors du personnel dévoué au service des passagers, aucun membre de l'équipage ne croisait ces mêmes passagers, le navire était parcouru de couloirs spécifiques, pas questions pour les riches participants à cette belle aventure de croiser la mine noire des machinistes ou l'ombre du bonnet d'un pâtissier !

 

 

Titanic expo, quand le drame devient mythe
Titanic expo, quand le drame devient mythe
Titanic expo, quand le drame devient mythe
Titanic expo, quand le drame devient mythe
Titanic expo, quand le drame devient mythe

L'accent bien sûr est mis sur le luxe et la beauté du Titanic, mais les classes inférieures ne sont pas oubliées et chaque partie est méticuleusement expliquée.

La visite est ponctuée de témoignages plus poignants les uns que les autres, de nombreux actes d'héroïsme ou petits gestes anodins ayant revêtus une importance particulière, je pense en particulier à cette jeune femme (journaliste il me semble) qui s'est trouvée en tenue de soirée sur un canot majoritairement occupé par de jeunes enfants terrorisés, elle avait dans son sac une petite boîte à musique offerte par sa mère qu'elle a utilisée pour tenter d'apaiser les plus petits.

 

Titanic expo, quand le drame devient mythe

Une exposition très riche et bien construite pour qui s'intéresse à cette tragédie et un descriptif non moins intéressant des fouilles menées dans des conditions difficiles par des équipes d'archéologues, océanographes et scientifiques. 

 

Titanic expo, quand le drame devient mythe

Parmi les nombreuses victimes, l'équipage a payé un fort tribut avec 701 disparus et 209 survivants.

 

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