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Les musardises de Parisianne

A suspicious river, Laura KASISCHKE

21 Novembre 2013, 14:59pm

Publié par Parisianne

A suspicious river, Laura KASISCHKE

A force d'en entendre parler, je me suis laissée tenter par cet auteure. Et bien le moins que l'on puisse dire c'est qu'on ne sort pas indemne de cette lecture. Il me faudra un peu de temps pour me remettre de ce choc là. Ce n'est assurément pas un livre que je conseillerai à tout le monde et que, si vous plongez malgré tout, je vous invite à lire quand le soleil brille et que vous avez la pêche ! N'allez pas cependant à travers ces quelques premières lignes imaginer que je n'ai pas aimé ce roman. L'auteure a un talent fou pour nous balloter entre drame et poésie. C'est violent, c'est cru et pourtant, on se laisse prendre par cette descente aux enfers. C'est bien de cela dont il s'agit, une descente aux enfers comme une fatalité, vécue par Leila, 24 ans, l'âge de sa mère quand, petite fille âgée de 7 ans, elle l'a trouvée égorgée par son amant et beau-frère.

*****
 

Leila a 24 ans, elle est réceptionniste au Swan Motel, partage la vie de Rick qui l'a épousée alors qu'ils n'avaient que 17 ans parce qu'elle s'est trouvée enceinte et qu'il peut avoir été le père de cet enfant, qu'elle n'a de toute façon pas souhaité garder. Leila, jolie fille, se prostitue avec les clients de l'hôtel et amasse de l'argent dont elle ne sait que faire dans une boîte qui déborde bientôt.

"Je me suis mise à penser à ça. "L'argent."
C'est ce que les gens penseraient, justement, que je fais ça pour l'argent.
Mais l'argent n'a rien à voir là-dedans. 
L'argent ne faisait que déborder de ma boîte à bijoux, des billets verts et secs. Je ne pensais à l'argent que lorsque j'en ajoutais au tas déjà constitué.
"

Ce n'est donc pas le besoin d'argent qui la motive, c'est presque une sorte d'atavisme. Sa mère se prostituait, Leila est très jeune traitée de la même manière par les hommes qui l'entourent et abusent d'elle. Elle observe, détachée de tout, de sa vie, de son propre corps, et lorsqu'elle croit ressentir enfin quelque chose dans les bras d'un homme c'est pour tomber encore plus bas.

"Il m'embrasse, longuement et durement, sur la bouche. C'est chaud. Je retiens faiblement sa chemise dans mon poing. Je me dis, y a-t-il quelque chose à moi, sous ma peau, qui ne pourrait pas tout aussi facilement être à lui ? Ou bien est-ce que je suis vide ? Une boîte cadeau pleine de Kleenex. J'ai même cessé de penser, de rêver. Juste de la neige maintenant, et de la fumée. Quand je ferme les yeux, je suis seule."

Leila survole sa propre existence pour s'enfoncer toujours plus, jusqu'à la fuite, tragique, violente, l'échappée ultime que l'on sent venir en se sentant impuissant.

"Mais moi, j'étais calme, planant en permanence à trois mètres au-dessus de mon corps. Peut-être qu'être avec moi n'était pas très différent qu'être tout seul. Vous pouviez être aussi rustre que vous le vouliez après. C'était sans doute ça qui plaisait en moi. Ou alors, c'était peut-être ce qui les mettait en colère ? "

Présent et passé sont étroitement liés et le récit passe de l'un à l'autre parfois sans transition pour marquer cette presque causalité entre ce qu'à été Bonnie Murray et ce qu'est sa fille, Leila. C'est violent, ça vous ébranle. Un roman très fort.

" Lever les yeux.
La lune est une faucille nette et, de temps à autre seulement, un lambeau de nuage se heurte à sa lame. Si vous tendez votre main devant vous, elle s'emplit d'argent, comme celui d'un trésor dérobé. Vous le rendez aux ténèbres en fermant votre poing, et même les étoiles sifflent le spectable. Certaines tombent quand vous regardez bien le ciel. Une poignée de planètes glisse dans la rivière -trop rapidement pour qu'on les attrape, même avec un filet.
"

Ne laissez pas filer les étoiles....
 

 

 

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Confidences

8 Novembre 2013, 23:51pm

Publié par Parisianne

Pat 5 http://pat5.over-blog.com/

Pat 5 http://pat5.over-blog.com/

Rassurez-vous, vous n'aurez ni scoop ni photos de paparazzi, encore moins d'annonce spectaculaire.

Disons que ce sera davantage un petit papotage entre amis.

Nous partageons depuis de longues années déjà, pour ceux qui me suivaient précédemment sur Parisianne ou bien sur Musardises, des lectures, des découvertes, des coups de coeur et des petits bonheurs.

 Il est vrai que sur Parisianne, il m'arrivait régulièrement de mettre en ligne de petits textes, des jeux d'écriture, quelques mots rimés, ce que je ne fais plus guère ici. Je n'ai pas raccroché la plume pour autant. Mon ami Pat avec cette merveilleuse plume et son encrier de marbre, et bien d'autres de mes proches, m'encouragent toujours à poursuivre. Alain Emery, vous le savez m'a menée vers l'édition par un chemin de traverse en m'offrant d'écrire sur mes photos pour ne faire résonner que Cette seule voix, et il m'arrive de participer à quelques concours de nouvelles. Je ne travaille effectivement que le format court, c'est ce que je préfère. J'aime l'exercice qui consiste à faire passer une émotion en peu de mots.

Pour ceux qui se poseraient la question, je n'ai encore jamais été éditée, pour la raison très simple que je n'ai jamais rien envoyé à un éditeur. J'ai failli avoir des petits livrets de quelques nouvelles suite à un concours mais cela ne s'est pas fait. Je n'ai pas cherché plus avant, je ne me sens pas prête. Et pour ceux que cette réponse agacera, j'en connais, et bien, je n'ai rien d'autre à dire pour ma défense. :)

Alors que je vous ai présenté il y a peu un article illustré par des photos du Grand Hôtel de Cabourg, prises l'an dernier à l'occasion d'une remise de prix à proximité, je vais pouvoir récidiver cette année puisque j'ai la chance non seulement d'être primée à nouveau, mais en plus d'avoir gravi deux marches. Ce n'est donc que du bonheur mais ce n'est pas là le plus important. Ce qui me fait un grand plaisir, c'est que mon texte a trait à la sculpture et fait une allusion non dissimulée à deux sculpteurs que j'admire particulièrement : Auguste Rodin, dont vous lisez régulièrement le nom sur ces pages puisque je suis une fidèle des lectures à l'Hôtel Biron, musée Rodin, dont je vous parle régulièrement, et Camille Claudel, dont la vie tragique fait parfois oublier la beauté du travail. Cette dernière éclaire depuis longtemps mon parcours d'écriture et m'a offert non seulement de belles émotions mais aussi de fort belles rencontres. 

Voilà donc un modeste clin d'oeil à Camille que je voulais partager avec vous en confidences, Camille Claudel, dont nous avons célébré le 70e anniversaire de la disparition le 19 octobre dernier. Un hommage lui a été rendu par une petite sortie d'oeuvres au musée Rodin et une très belle mise en scène de sa vie par sa correspondance magistralement interprêtée par Charles Gonzalès, un de ces grands moments d'émotion que tout ce qui a trait à l'art sait susciter.

Camille Claudel, La Valse, détail

Camille Claudel, La Valse, détail

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Bonheur simple

7 Novembre 2013, 19:54pm

Publié par Parisianne

Je ne vous le présente plus mais tout de même, voici mon copain Ernest ! 
Pourquoi Ernest ? Et pourquoi pas d'abord ! 

Nous nous rencontrons quotidiennement, il est toujours au rendez-vous quand je passe, et s'il n'est pas là le premier, j'attends un peu et il arrive. Comment ça je raconte des histoires, mais pas du tout, et puis, ça ne fait pas de mal de rêver un peu ! Un cli sur l'image et vous verrez qu'il a de belles moustaches.
 

Bonheur simple
Bonheur simpleBonheur simple
Juste pour le plaisir des yeux
Juste pour le plaisir des yeux
Juste pour le plaisir des yeux

Juste pour le plaisir des yeux

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Marcel Proust, Lettres à sa voisine

6 Novembre 2013, 20:40pm

Publié par Parisianne

Marcel Proust, Lettres à sa voisine

Alors que l'on célébrera le centième anniversaire de la parution Du côté de chez Swann chez Grasset, le 14 novembre prochain, une correspondance inédite de Marcel Proust avec sa voisine, Madame Williams vient de sortir chez Gallimard. 

Un joli petit livret, comme savent l'être les livres de Gallimard avec leur couverture sobre, un format intéressant, un beau papier avec des reproductions fac simile des lettres manuscrites et quelques photos pour illustrer le tout, voilà qui paraissait séduisant. L'avant-propos de Jean-Yves Tadié, et les annotations de ce dernier en collaboration avec Estelle Gaudry, ont achevé de me convaincre. 

C'est donc avec une certaine déception que je ferme ce livre qui, s'il est intéressant par certains côtés, notamment les qualités d'écriture, ne m'a pas semblé d'un intérêt fondamental.

Il est vrai qu'une correspondance à une seule voix manque nécessairement d'écho mais j'aurais aimé peut-être plus de profondeur dans ces lettres et si je les trouve, pour certaines, intelligentes, j'ai l'impression que seules les récriminations éternelles de Marcel Proust contre le bruit me resteront de cette lecture. Rappelons que Marcel Proust souffre s'asthme et de troubles du sommeil !

*******

Nous devons être en 1908 - les lettres ne sont pas datées - Proust demeure alors au 102 boulevard Haussmann, à Paris.  Marcel Proust est au 2e étage, Madame Williams occupe le 3e étage, et son mari, le Docteur Williams, a son cabinet dentaire attenant, ce qui ne manquait pas de causer de nombreux soucis au pauvre Marcel, malade, et craignant fort le bruit. 

Le ton des lettres est toujours emprunt d'une grande délicatesse à l'égard de la dame dont il s'enquiert de la santé fragile, la sienne mais aussi celle de son fils et livre un art du compliment "Madame, Par une grâce de générosité - ou un jeu de reflets - vous prêtez à mes lettres un peu des qualités qu'ont les vôtres. Les vôtres sont délicieuses, délicieuses de coeur, d'esprit, de style, de "talent". " (les guillemets à talent ne sont pas de moi mais bien de Proust lui-même ! " Puisse mon livre vous avoir donné autant de plaisir que j'en ai eu à lire votre lettre. " ou encore " Pardonnez-moi de ne pas vous avoir encore remerciée : c'est moi qui ai reçu de merveilleuses roses décrites par vous au "parfum impérissable" mais varié qui fait se succéder, dans les évocations du vrai poète que vous êtes, toutes les heures du jour, l'infiltration de l'arôme dans le clair obscur agatisé des "Intérieurs" ou son expansion dans l'atmosphère fluente et diluée des jardins. "

Même les récriminations sont joliment tournées "J'avais commandé pour vous ces fleurs et je suis désespéré qu'elles arrivent un jour ou contre toute prévision je me sens si mal que je voudrais vous demander du silence pour demain samedi. Or cette prière n'étant nullement conjuguée avec les fleurs, et leur faisant perdre tout leur parfum d'hommage désintéressé et les hérissant de mauvaises épines, j'aime encore mieux ne pas vous demander ce silence. "

Cette correspondance ne manque donc pas d'élégance bien sûr, et offre aussi d'intéressants éclairages sur l'oeuvre de Proust " La suite de Swann (si j'ai bien compris) ? ou bien Swann ? Si c'est la suite, il n'y a que les Extraits, fort longs il est vrai, du 2e volume, parus dans la Nouvelle Revue Française. La Guerre est arrivée, le 2e et le 3e volume n'ont pu paraître, naturellement. J'ai des amis qui continuent à faire des livres, et à en publier, puisqu'ils me les envoient. Sans doute leur éditeur n'est pas mobilisé comme le mien, leur pensée n'est pas mobilisée comme la mienne qui en fait d'"épreuves" en ce moment est tournée vers d'autres que celles qu'il me faut corriger. "

D'autres éclairages également sur les inquiétudes qu'il nourrit pour son frère et ses amis au front ou encore son propre ajournement pour raison de santé. Donc, comme je le disais pour commencer, des documents certes intéressants mais qui m'ont paru plus fades que le Mensuel retrouvé, série d'articles inédits du jeune Proust parus aux Editions des Buclats l'an dernier dans lesquels l'esprit et la fine observation de ses contemporains qui nourriront son oeuvre apparaissent déjà de façon manifeste. 

Malgré tout, une forte envie de retourner A la recherche du temps perdu, abandonnée en cours de route il y a quelques années... 

 

Marcel Proust, Lettres à sa voisine

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Danse noire, Nancy Huston

4 Novembre 2013, 09:40am

Publié par Parisianne

Il y a peu, je parlais de Nancy Huston et de Lignes de failles, premier roman que je lisais de cet auteur et que j'avais vraiment apprécié.

Il sera question aujourd'hui de Danse noire, le dernier livre de Nancy Huston, sorti chez Actes Sud pour la rentrée littéraire.

J'ai eu beaucoup de mal à entrer dans ce livre et je reconnais que la lecture a été un peu fastidieuse. Mais j'ai eu la chance - et le bonheur - d'assister à une très belle lecture de ce livre en présence de l'auteure grâce à l'association Textes et Voix. Les acteurs-lecteurs, Fanny Cottençon et Nicolas Pignon, par leur talent et grâce au travail des membres de l'association sont parvenus à extraire l'essence du texte en offrant un fil conducteur qui m'a été utile dans la poursuite de ma propre lecture.

Comme dans Lignes de Failles, Nancy Huston brosse ici le portrait de plusieurs personnages à plusieurs époques. Mais ici le découpage de chaque partie en trois portraits dans une époque différente altère parfois la compréhension et l'alternance des langues ne facilite pas toujours les choses. 

En effet, ce livre est un film dans le roman ou un roman dans le film et chaque personnage s'exprime dans sa langue, c'est-à-dire en anglais ou en français québécois, plus précisément ici, joual, parler populaire voire argotique. Vous comprendrez donc que cela complique un peu les choses. Je me demandais d'ailleurs en commençant le livre quel était l'intérêt d'avoir des traductions sur la moitié des pages, Nancy Huston a  elle-même répondu à mon questionnement en expliquant qu'elle ne cherchait pas à paraître savante ni à montrer sa maîtrise des différents parlers mais qu'elle voyait ces traductions un peu comme les sous-titres dans un film. Son explication était intéressante, cela n'en reste pas moins fastidieux à la lecture même quand on maîtrise l'anglais mais pas nécessairement l'argot !

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Milo vit ses dernières heures, le réalisateur Paul Schwarz, à son chevet, rêve leur ultime projet : le film de la vie cahotique et tourmentée de Milo. C'est ainsi que nous découvrons les origines de celui qui s'éteint et nous conduit à travers l'évocation de ses racines de l'Irlande au Canada.

Neil, le grand-père, grandit en Irlande où il fait son droit mais rêve de devenir écrivain. Chassé par son père de la demeure familiale pour avoir soutenu la rébellion contre l'oppresseur britannique, Neil s'embarque en 1918 pour le Canada "... Et le voilà sur le bateau. Tu as envie que cette séquence nous donne mal au coeur, Milo. Dans le noir quasi total de sa cabine exiguë, sous le pont du navire secoué par les tempêtes de la fin novembre, au long des neufs jours et neufs nuits que dure l'interminable voyage de Liverpool à Québec, Neil vomit. Il rend Trinity College, la reine Elisabeth, la reine Victoria, le roi Edouard VII, le roi George V, et Billy Walsh l'achevêque de Dublin. Il rejette le Square Saint-Etienne et la mort de son cousin Thom. Il se débarrasse de Daisy, Dorothy, sa mère, son père, sa vie d'avant, son soi d'avant, et jusqu'au nom de Kerrigan." Après des débuts difficiles dans cette froide contrée, Neil finit par se marier et fonder une famille nombreuse. Aspirant toujours à devenir écrivain et à ne jamais oublier sa terre natale, il s'adresse à ses fils en anglais, laissant à son épouse le français pour les filles ! Lorsqu'il apprend qu'il a un petit fils, il s'en va le chercher pour le mener chez l'aînée de ses filles qui l'accepte dans sa famille et décelant son intelligence vive le pousse à apprendre, pas toujours avec la tendresse que l'on pourrait attendre d'une tante aimante.

Awanita, jeune prostituée indienne rencontre Declan dans un bar. Il devient son amant régulier et le père de Milo. Alcoolique et sans travail, il est incapable de subvenir aux besoins de la mère et de l'enfant et s'il s'engage à toujours veiller sur son fils, il ne prendra jamais soin de lui. Awanita plonge dans la drogue et ne verra jamais son enfant.

Milo, naît en 1952 d'une mère prostituée indienne et d'un père alcoolique incapable de le prendre en charge. L'enfant est ballotté de famille d'accueil en famille d'accueil. "L'enfant de l'absence est à nouveau enfermé dans le placard... dans un placard, plutôt, pas le même. Il a déjà connu pas mal de placards dans sa courte existence, et il a trouvé le moyen d'y survivre. Il a construit dans sa tête un placard plus sombre encore, y pénètre de son plein gré, verrouille la porte derrière lui. N'appelle personne, n'a besoin de personne, trouve en lui-même ce dont il a besoin. Une fois à l'intérieur, dans le noir du noir, il est heureux car il sait qu'en fermant les yeux il peut convoquer des images, des voix, et qu'elles afflueront. " Et Milo grandit, sauvage et volontaire, bon élève et prêt à tout pour avancer.

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Le roman est découpé en dix parties présentant chacune un moment de la vie des trois protagonistes. Chacune de ces parties porte pour titre un terme de la capoeira, mi danse mi art martial afro-brésilien dont le rythme scande tout le livre ta, ta-da Da, ta, ta-da Da, ta, ta-da Da, ta, ta-da Da... un rythme entêtant pour une vie comme un combat.

Un roman qui alterne entre violence et poésie, douleur et évasion sur fond d'Histoire de l'Irlande et du Québec. Un roman pas facile mais qui mérite que l'on s'y arrête, ne serait-ce que pour l'originalité de cette construction comme un film, avec les bruitages et les "on coupe" que lance le réalisateur et qui nous laissent parfois le souffle coupé nous aussi.

 

 

 

Danse noire, Nancy Huston

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La confrérie des moines volants, Metin Arditi

30 Octobre 2013, 21:18pm

Publié par Parisianne

 

Dans la série des livres lus à voix haute, celui-ci nous a particulièrement intéressées. Avant tout, il est de lecture aisée et vivante puis, le récit inspiré d'une histoire vraie est intéressant. Nous sommes, par ce livre, reparties en Russie, ce qui n'était pas non plus pour nous déplaire.

 Juillet 1937, Nikodime Kirilenko, ermite de Saint-Eustache voit arriver des novives, terrorisés. Les membres du NKVD tuent, pillent ou brûlent les églises, monastères et autres lieux de culte. Le nombre de victimes est terrifiant. De semaines en semaines, d'autres moines, arrivent tous rescapés de ces purges. Une petite communauté s'organise autour de Nikodime.

Les moines s'installent dans une vie facile qui ne plaît guère à l'ermite, lui-même en proie aux tourments de la chair. Afin d'expier ses fautes et celles de ses compagnons, Nikodime fonde la Confrérie des moines volants pour soustraire autant d'oeuvres que possibles aux massacres. Ainsi, les moines s'emploient-ils à dérober tout ce qu'ils peuvent dans les églises alentours pour soustraire les oeuvres aux barbares du régime. Un véritable trésor est ainsi entassé. Mais bientôt les voleurs sont recherchés. Nikodime disperse la communauté et cache seul les merveilles réunies. Il se livre ensuite à la police, avoue le nom d'un complice tué dans une dernière opération pour préserver les autres moines. Son secret, ainsi que les statuts de la confrérie signés de tous sont écrits dans un carnet qu'il a confié à Irina, à qui il n'a pas su résister.

Mai 2000. Mathias Marceau est encensé pour sa dernière exposition de photographies de mode mais semble absent et indifférent à l'agitation qui l'entoure. Un appel de son épouse le fait basculer. Son père vient de mourir. C'est alors qu'il découvre à sa grande stupeur ses origines russes et ce grand-père moine. Il part en Russie pour faire le jour sur cette Confrérie dont il ignore tout et comprendre l'histoire de sa famille.

Sa volonté et la complicité de Polia vont lui permettre de faire ressurgir un magnifique trésor qui finira exposé à l'Ermitage.

*******

Deux époques sont donc évoquées dans ce livre, deux époques différentes et pourtant riches de héros autant que de bourreaux. Personnages hauts en couleurs, religieux avec leurs faiblesses, hommes avec leurs secrets jalonnent ce récit qui nous tient de bout en bout. L'histoire de Nikodime (élevé au rang de martyre par le Saint Synode de l'Eglise russe en avril 2002) et sa volonté de sauver des chefs d'oeuvre nous guide pour une traversé de l'histoire de la Russie des purges staliniennes à nos jours mais toujours dans l'esprit slave, excessif jusqu'à la violence parfois.

Un très beau livre.

 

" Vous savez, reprit Polia, il m'arrive souvent d'aller à l'Ermitage voir une toile. Une seule. Par crainte de brouiller mon émotion, je ne m'arrête devant aucune autre. Je monte au salon Rembrandt et selon ma tristesse, je reste devant la toile un quart d'heure ou une heure. Elle représente une jeune femme nue, couchée sur son côté gauche. C'est Danaé. Un angelot l'arrose d'une pluie d'or, et selon la légende, c'est Zeux qui a trouvé cette ruse pour l'ensemencer. Presque toute la surface de la toile est sombre. Mais cette lumière qui illumine le corps de la femme au milieu de l'obscurité, c'est l'histoire de la Russie. Nous cherchons le drame à tout prix, pour le plaisir de la consolation. Nous voulons connaître cet aigu, quel qu'en soit le coût. Ecoutez la suite. Il y a de cela quinze ans, un fou arrose la toile d'acide sulfurique avant de la lacérer. Après une longue restauration, elle est à nouveau accrochée au musée. Ses stigmates sont visibles. Comme les nôtres. Cette toile blessée incarne tout ce qui fait notre âme. La noirceur dans laquelle nous courons comme des damnés, l'enfermement, qui est notre seconde nature, la ruse, aussi, sans laquelle nous ne pourrions pas vivre, les blessures insupportables que nous nous infligeons, et pour finir une sorte de résurrection, qui nous laisse hébétés mais vivants au milieu des morts et des gravats. "

Cathédrale Alexandre Nevski, Paris

Cathédrale Alexandre Nevski, Paris

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Rencontre plaisir

28 Octobre 2013, 18:00pm

Publié par Parisianne

Dans le Pas-de-Calais, plus précisément en Baie de Canche, dont je vous ai déjà parlé l'été dernier pour ses oiseaux, et ses plantes, une rencontre sympathique. Nous étions peu nombreux à avoir bravé la tempête mais le plaisir était au rendez-vous : deux phoques, un adulte et un jeune ont pris un instant la pause. Le plus jeune, un peu curieux, est venu vers moi. C'est toujours un plaisir de les croiser.

Rencontre plaisir
Rencontre plaisir
Rencontre plaisir

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La maison des belles personnes, Gabriel Rolon

17 Octobre 2013, 11:36am

Publié par Parisianne

Premier roman d'un psychanaliste Argentin, La Maison des belles personnes explore cet univers de l'analyse mêlé à une histoire de meurtre.

Traduit de l'espagnol par Marianne Millon, ce roman très prenant se lit assez facilement à voix haute et nous avons été toutes les deux prises par cette histoire et impatientes d'en connaître le dénouement que nous n'avons  pressenti que dans les derniers instants.

 

Pablo Rouviot est un psychanalyste réputé dont la notoriété a fait fuir la compagne. Rouviot s'enferme dans la solitude, veillé de loin par sa secrétaire et amie Hélène et son collègue et grand ami José.

Un soir, une très belle jeune femme insiste pour un rendez-vous urgent. Pablo apprendra bien vite qu'elle est la patiente de José mais c'est à lui qu'elle vient demander de l'aider en déclarant son frère Javier irresponsable de ses actes, espérant ainsi le sauver de la prison. En effet, Javier, malade soigné en clinique psychiatrique s'accuse du meurtre de son père Roberto Vanussi.

Avant d'accepter la mission, Pablo décide de mener une petite enquête. Ses recherches le conduisent à rencontrer tous les membres de la famille, y compris Javier drogué et sous haute surveillance dans son asile, mais aussi la plus jeune des trois enfants Vanussi, Camila, jeune prodige de 13 ans pour qui la musique semble le seul moyen de résister à l'angoisse.

Pablo Rouviot découvre rapidement que Roberto Vanussi était un homme violent et déséquilibré exerçant sur sa famille une pression terrible, et un homme d'affaires puissant mêlé à de sombres histoires. Il comprend aussi rapidement que Javier a peu de chance d'être véritablement l'assassin malgré ses propres aveux.

Malgré des menaces sans équivoque, les craintes de son entourage et les doutes qui le submergent, Pablo décide cependant de poursuivre son enquête avec pour seul objectif :  la vérité.

"Cette vague, en se brisant, fait peur, et représente pour moi la force du désir de vérité qui vit en chaque personne et qui résiste à tout dès lors qu'elle se manifeste. Et ils partent tous en courant quand ils la voient arriver. Tous, à l'exception de quelques-uns qui osent l'affronter en dépit des conséquences. [...). Tu te souviens de ce que disait Hegel ? Qu'un être humain ne peut être considéré comme tel s'il n'est pas disposé à perdre la vie pour un idéal. La liberté, la Patrie, la connaissance ou la vérité, peu importe quoi, mais quelque chose dont il n'a pas besoin pour vivre et qui fait cependant de lui un homme."

Dans un récit prenant, entre enquête policière et psychanalyse, nous suivons le cheminement des uns et des autres jusqu'à la vérité violente et inattendue.

Un roman très agréable à lire en duo !

 

 

La maison des belles personnes, Gabriel Rolon

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Un ptit tour chez Zadkine

15 Octobre 2013, 21:33pm

Publié par Parisianne

Ossip Zadkine est né en 1890 en Biélorussie. En 1907, envoyé  par son père en Angleterre pour étudier l'anglais - of course- il s'initie également  à la sculpture.

En 1909 et 1910, il étudie à l'Ecole nationale supérieure des beaux arts de Paris, travaille à La Ruche, dans le 15e, et participe dès 1911 à des expositions.

Il rencontre Brancusi, Bourdelle, Picasso, Apollinaire, Modigliani et Matisse. 

Mobilisé pendant la première guerre, il en revient, comme tous, brisé.

En 1920, il épouse Valentine Prax avec qui il s'installera en 1928 au 100 bis rue d'Assas... C'est le lieu de notre visite aujourd'hui, vous venez ?

 

 

 

Musée Zadkine, 100 bis rue d'Assas

Musée Zadkine, 100 bis rue d'Assas

C'est à cette adresse qu'Ossip Zadkine et son épouse Valentine Prax resteront jusqu'à la fin de leur vie.

Leur demeure atelier aujourd'hui transformée en musée offre un petit coin de paix mais n'a pas le charme authentique du musée Bourdelle dont l'âme du sculpteur hante encore tous les espaces ! 

Cubiste, Zadkine introduit souvent dans ses sculptures des éléments expressionnistes, une idée de mouvement, des instruments de musique.

Le plus simple est de laisser parler son oeuvre d'une grande variété.

Un ptit tour chez Zadkine
Un ptit tour chez Zadkine
Un ptit tour chez Zadkine
Un ptit tour chez Zadkine
Un ptit tour chez Zadkine
Un ptit tour chez Zadkine
Un ptit tour chez Zadkine
Un ptit tour chez Zadkine
Un ptit tour chez Zadkine
Un ptit tour chez Zadkine
Un ptit tour chez Zadkine
Un ptit tour chez Zadkine
Un ptit tour chez Zadkine
Un ptit tour chez Zadkine
Un ptit tour chez Zadkine
Un ptit tour chez Zadkine
Un ptit tour chez Zadkine
Un ptit tour chez Zadkine

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Lignes de faille, Nancy Huston

13 Octobre 2013, 20:06pm

Publié par Parisianne

C'est par cet ouvrage que j'ai découvert Nancy Huston  et alors qu'aujourd'hui je suis plongée dans son dernier roman, Danse noire, je fais ressortir ce commentaire. Je parlerai de Danse noire en temps voulu, j'aurais prochainement le plaisir d'assister à une lecture de présentation de ce roman.

 

Dans Lignes de faille, le parti pris de l'auteure de faire parler 4 générations d'une même famille est une très belle idée.

C'est avec un enfant de 6 ans dans notre époque que démarre l'histoire, viendront ensuite son père au même âge, puis sa grand-mère et enfin sa mère. C'est donc un parcours qui remonte le temps d'aujourd'hui à 1940, en quête d'une identité familiale aux prises avec l'Histoire.

Un très beau récit porté par une voix, celle de la petite Krystina, allemande en 1940 qui deviendra célèbre par son chant sans paroles dont son histoire nous expliquera l'origine.

Aussi surprenant que cela puisse paraître, la première partie, celle qui est la plus dans notre époque, a été la plus difficile d'accès. Le ton de cet enfant roi du XXIe siècle avec toute son arrogance m'a décontenancée. Sans un minimum de persévérance, j'aurais peut-être baissé les bras. C'eût été une erreur !

 

Quelques phrases relevées au fil de la lecture et qui ont retenu mon attention :

"La magie n'est pas en moi. Elle n'est pas dans les gens, elle est dans ce qui se passe entre les gens."

"On ne peut pas contruire un avenir ensemble si on ne connaît pas la vérité sur notre passé."

"On a du mal à se surprendre soi-même. On a du mal à se chatouiller soi-même."

"Quand ont lit, on peut se perdre dans la page et peu à peu le monde s'efface."

"Je me demande si au fond les gens ne passent pas leur temps à jouer un rôle..."

Lignes de faille, Nancy Huston

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