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Les musardises de Parisianne

Promenade hors les murs : Neuilly la Folie Sainte James

28 Octobre 2019, 20:04pm

Publié par Parisianne

Promenade hors les murs : Neuilly la Folie Sainte James

Une folie est une résidence de plaisance que se faisaient construire, dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, de nobles ou riches personnes. C'est une sorte de caprice d'enfant gâté, souvent construites en un temps très courts, les folies étaient parfois l'enjeu d'un pari entre aristocrates. On en trouve plusieurs aux alentours de Paris.

Celle dont je vous parle aujourd'hui se situe à Neuilly, à deux pas du Bois de Boulogne. 

 

Promenade hors les murs : Neuilly la Folie Sainte James

Construite en 1778 par le célèbre architecte François-Joseph Bélanger, à qui l'on doit également le pavillon de Bagatelle, édifié à la demande du comte d'Artois, et certains décors du château de Maisons-Laffitte.

Ce domaine appartenait à Claude Baudard de Saint-James, trésorier général de la Marine et des Colonies de Louis XV, et s'étendait sur 23 hectares, jusqu'à la Seine.

 

Promenade hors les murs : Neuilly la Folie Sainte James
Promenade hors les murs : Neuilly la Folie Sainte James
Promenade hors les murs : Neuilly la Folie Sainte James

Entouré d'une trentaine de fabriques, ces constructions à vocation ornementale que l'on trouvait dans les parcs ou jardins, la maison aux façades néoclassiques est actuellement non utilisée. Une galerie d'art et un salon de thé pourrait y être ouverts. 

Parmi les fabriques, on peut encore voir aujourd'hui le Temple de l'Amour, le Rocher et un pont, une colonne antique également.

 

Promenade hors les murs : Neuilly la Folie Sainte James

« Ce jardin est, sans aucun doute, un exemple d’extravagance plutôt que de goût. Il y a un rocher construit devant la maison, ou plutôt une arche faite de grands blocs de pierre par-dessus lesquels l’eau semble s’écouler. Mais bien que cela ait été construit à grands frais, cela n’a rien à voir avec la nature ou la beauté naturelle, puisque les roches sont mélangées avec des pierres sculptées, et il y a un petit temple corinthien au centre, et tout le reste est également ridicule, parce qu’il n’y a aucune montagne ou hauteur dans les environs pour former cette énorme masse de roches. »

Thomas Blaikie

Promenade hors les murs : Neuilly la Folie Sainte James

Les alentours du jardin sont intéressants d'un point de vue de l'architecture, de nombreux hôtels particuliers bien sûr, mais j'aime le contraste avec les tours de la Défense que l'on devine au loin.

Promenade hors les murs : Neuilly la Folie Sainte James
Promenade hors les murs : Neuilly la Folie Sainte James

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Quand bruissent les bambous, Laurence Marconi

26 Octobre 2019, 08:29am

Publié par Parisianne

Editions Zonaires

Editions Zonaires

Une source qui chante et des bambous qui bruissent,
Un buffle qui paresse aux abords d'un ruisseau,

Laurence Marconi, vous la connaissez par son premier recueil de nouvelles, L'Ombre de la colline, dont je vous avais parlé.

Avec Quand bruissent les bambous, Laurence nous entraîne avec elle au Laos pour nous conter ses rencontres ou les anecdotes vécues pendant un trek qui l'a profondément marquée.

 

Une femme qui ploie sous le poids d'un panier,
Des reflets argentés sur le chaume des champs,

Les paysages et la nature ne sont pas les seuls à nous envoûter, chaque personnage nous touche, chaque histoire nous entraîne et Laurence avec son habileté à trouver les mots justes est un merveilleux guide. 

Des bateaux effilés qui glissent sur le fleuve,
Une pipe cachée sous un amas de pierres,

Ce sont neuf nouvelles pour un voyage, et je suis bien en peine de dire laquelle m'a le plus touchée tant chacune a son charme. Je me suis surprise à guetter la découverte de la pipe cachée dans les buissons ou sous une pierre, à tendre l'oreille à la musique d'une feuille ou aux bruits de la forêt.

Soudain, il détacha une feuille longue et lisse qu'il coinça entre ses doigts avant de refermer ses mains sur ses lèvres et de gonfler ses joues. (...) des notes à la tonalité différente, d'abord isolées (...) s'envolèrent pour s'éteindre dans l'air lourd du sous-bois, laissant dans leur traîne un écho persistant. Puis elles se lièrent en un bouquet, un jaillissement de sons modulés qui composa une musique aussi pure que les trilles d'un oiseau.

Quand bruissent les bambou

Au-delà de la beauté des textes, c'est un monde que Laurence met à portée de notre regard, un monde qui vit au rythme de la difficulté de son climat lorsque la mousson entraîne la passerelle de bambou "dans les eaux furieuses de la Nam Khan en crue" La Belle au Pont dormant ; un monde de traditions qui nous échappent et rendent bouleversante l'émotion de Boun qui s'inquiète de l'arrivée dans son couple d'une autre, à qui "confier le soin d'agrandir sa famille" Un jour au goût amer.

Chaque nouvelle est une invitation au voyage au cœur du Laos, bien sûr, mais au cœur des hommes, aussi. Qu'ils soient sous le charme d'un pays et de ses habitants ou déstabilisés par le doute devant les difficultés d'acclimatation, tous portent un même regard, celui de l'auteur, tendre et respectueux, que rendent les Laotiens en partageant leur vie si différente de la nôtre.

Comme tous ceux qu'il avait guidés avant eux, le couple dont il venait de se séparer avec effusion laisserait son empreinte dans la terre humide mais aussi dans le cœur de Moussaï.

Des Racines et des rêves

Pour nous aussi lecteurs, ce voyage immobile laissera une empreinte de saveurs et de parfums, et au fond des yeux des rêves de grand départ, de

"Crépuscules ambrés et tissus colorés.

Un voyage poétique à ne pas manquer.

Illustration Sophie Marconi, il fallait bien le talent de la dernière fille pour illustrer les mots de sa maman !

Illustration Sophie Marconi, il fallait bien le talent de la dernière fille pour illustrer les mots de sa maman !

Laurence Marconi Quand bruissent les bambous, Zonaires Editions.

Toutes les informations et la superbe présentation sont ici chez  Zonaires, même si ce n'est que par simple curiosité, je vous invite à aller faire un tour sur le site. Patrick Lecolier a l'art de mettre en valeur les textes qu'il publie, ne vous privez pas de ce plaisir.

Et puis vous ne serez pas perdu, vous connaissez la maison puisque Silex d'Alain Emery a également été publié chez Zonaires. Vous voyez, nous sommes entre connaissances, allez-y, vous ne serez pas déçu !

Bonnes lectures !

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Je vous écris ce soir...

25 Octobre 2019, 17:32pm

Publié par Parisianne

Francis Cotes (1726-1770) Détail du portrait de Paul Sandby 1761

Francis Cotes (1726-1770) Détail du portrait de Paul Sandby 1761

Bonsoir à tous,

Ce n'est pas souvent que je m'adresse à vous directement ! 

Vous n'êtes pas sans avoir remarqué que je passe très rarement, et que mes articles se font plutôt rares, je suis désolée pour ceux qui me suivent, et que je remercie de leur fidélité malgré tout.

Je suis toujours en mouvement et n'ai que peu de temps à consacrer à ce blog. Cela risque de se compliquer encore puisque depuis quelques semaines Overblog ne fonctionne plus sur mobile ou tablette. J'ai tout essayé, sans succès. Même vos commentaires ne me sont plus signalés ou très rarement. 

Je vais essayer de me connecter plus régulièrement sur mon ordinateur, je me le promets souvent mais ai un peu de mal à tenir mes résolutions, donc je ne vous ferai pas de promesse et ferai de mon mieux.

Prenez soin de vous, continuez à nous ravir par la diversité de vos articles - là aussi mes commentaires sont rares puisque sans raison apparente ils ne s'enregistrent jamais... Mais je vous lis de loin en loin, c'est vrai, mais toujours avec plaisir.

A bientôt

Amitiés

Anne

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Fiona Monbet, entre jazz et classique

22 Octobre 2019, 18:25pm

Publié par Parisianne

Fiona Monbet, entre jazz et classique

Violoniste, compositrice et chef d'orchestre franco-irlandaise, Fiona Monbet se produira à la Cigale le 30 octobre 2019. Merci à Xavier Chezleprêtre de l'Agence Attitude pour cette information.

Repérée très jeune par Didier Lockwood, ce dernier l’a présentée sur les plus grandes scènes et festivals, et la propulse dans le monde de l’improvisation et de la musique actuelle où elle rencontre et collabore avec de nombreux artistes.

Et pour en savoir plus, après avoir écouté Valse, je vous invite à lire la présentation officielle de l'artiste et de son travail.

 
"Contrebande, c’est le titre choisi par Fiona Monbet pour son second album… Cinq ans après O’Ceol, la violoniste a bel et bien changé, affirmant plus sa différence de styles qu’une simple virtuosité. Son registre ? Ne pas choisir entre toutes les musiques qui l’animent, composer avec pour élaborer un voyage tout à la fois érudit et sensible, où elle peut aussi bien accoster du côté des rivages du Brésil qu’aborder les terres fertiles de la musique balkanique.
 
D’une frontière à l’autre, cet album vagabonde parmi les gammes pour mieux défier les œillères qui trop souvent contraignent le regard à un seul prisme, et proposer ainsi un horizon aux larges perspectives, en accord avec sa vision du monde de la musique. Du swing ouvert par ici, du tango tendance nuevo par-là, on peut aller sur le terrain de la valse et la country.
 
A chaque fois, cet affleurement ne néglige pas d’aller au fond de l’esprit d’une musique. Esthète mais sans épate, à l’image de Fiona Monbet, qui a mené une carrière en double, pour ne pas écrire plus : entre jazz et classique, puis bien vite à l’écoute des musiques folk irlandaises, du swing manouche, des partitions contemporaines…
 
À ses côtés, elle s’est choisie un trio aux influences tout aussi multiples : le guitariste Antoine Boyer a pour dominante le classique et jazz, le contrebassiste Damien Varaillon, est solidement arrimé au jazz, tandis que l’accordéoniste Pierre Cussac évolue aux frontières des musiques classiques, traditionnelles et improvisées.
 
Aujourd'hui, Fiona Monbet continue à faire bouger les lignes du classique, du jazz, et de l'impro avec une création qui sera révélée le 30 octobre à la Cigale. Pour ce concert Fiona Monbet choisit de réunir un quartet de jazz, un guitariste folk irlandais, et une vingtaine de musiciens pour une création mêlant écriture et improvisation en une grande forme lumineuse et ouverte."

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Sylvain Tesson, La Panthère des neiges

21 Octobre 2019, 18:01pm

Publié par Parisianne

Image du site Gallimard

Image du site Gallimard

Avec Munier, je commençais à saisir que la contemplation des bêtes vous projette devant votre reflet inversé. Les animaux incarnent la volupté, la liberté, l'autonomie : ce à quoi nous avons renoncé.

Si vous suivez un peu l'actualité littéraire, et culturelle, vous aurez forcément entendu parler de ce merveilleux livre. Sylvain Tesson, et Vincent Munier sont présents dans les magazines, les revues, les radios pour évoquer cette expérience qui en ferait rêver plus d'un : partir sur les plateaux du Tibet à la rencontre de la panthère des neiges.

Sylvain Tesson dont j'ai parlé dernièrement à propos de son hommage à Notre-Dame, est présenté comme un écrivain voyageur, un arpenteur frénétique du monde.

On pouvait s'échiner à explorer le monde et passer à côté du vivant.

Lorsque le photographe animalier Vincent Munier lui propose de se joindre à la petite expédition qu'il prépare, Sylvain Tesson n'hésite pas.

Bien au-delà de l'attrait d'une rencontre avec un animal rare et magnifique, c'est une véritable expérience spirituelle que l'auteur décrit dans ces pages. Les conditions extrêmes (-30°), le silence imposé par l'affût, l'éventualité de ne rien voir nécessitent une force intérieure que Sylvain Tesson ne se soupçonnait apparemment pas. Il a pourtant été capable de partir seul dans des conditions difficiles, voire dangereuses. La différence semble être dans la façon d'aborder l'épreuve. Et d'en sortir grandi après s'être confronté à soi-même et à ses fantômes. La panthère prend ici parfois le visage de la mère trop tôt disparue, et de la femme aimée, en allée.

Apprendre à regarder, à écouter et à se taire. Dans ses nombreuses interventions, l'auteur s'amuse à précisé qu'il n'est pas nécessaire de se rendre sur les hauts plateaux du Tibet pour le faire ! Alors à nous de jouer !

Observons, rêvons, et surtout écoutons...

... on ne blesse pas un songe avec des bavardages.

Lorsque Sylvain Tesson fait parler Vincent Munier, ce dernier semble se justifier. La citation que je vous mets ci-dessous m'a frappée. Je rejoins tellement cette idée, défendre la nature en montrant ses beautés fait partie du combat. 

On m'en veut d'esthétiser le monde animal, se défendait-il. Mais il y a suffisamment de témoins du désastre ! Je traque la beauté, je lui rends mes devoirs. C'est ma manière de la défendre.

Sylvain Tesson La Panthère des neiges

Définition du regard artistique : voir les fauves cachés derrière les paravents banals.

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