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Les musardises de Parisianne

Voyage voyage !

29 Avril 2021, 14:24pm

Publié par Parisianne

Voyage voyage !

Échappée lointaine en quelques pas ! Tendez l’oreille et vous entendrez les chants orthodoxes, l’accent russe et les rires heureux de ceux qui se réunissent. Respirez fort, la glycine se mêlera aux volutes d’encens.

Saint Séraphin de Sarrow, Paris, au fond d’une cour fleurie.
 

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Regarder Paris

21 Avril 2021, 22:03pm

Publié par Parisianne

Regarder Paris

Retrouver les bouquinistes, sur des quais encore peu fréquentés malgré le beau temps, leurs coups de cœur et leurs coups de blues, leur hargne et leurs espoirs mais toujours leur passion.

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Paul Andreu, Kaléidoscope

20 Avril 2021, 21:38pm

Publié par Parisianne

Paul Andreu, Kaléidoscope

Elle m'a appris à lire.
Je savais mes lettres [...]. Elle m'a appris que je pouvais, sans rompre le silence, prêter ma voix aux auteurs afin d'entendre la leur dans son rythme et ses intonations, lire l'écriture comme un musicien la musique.

Il y a quelques années déjà, je vous parlais d'un livre qui m'a profondément touchée, Enfin, de Paul Andreu. Depuis, bien des choses se sont passées, nous avons connu une situation inédite dont nous ne voyons pas le bout et les lectures auxquelles j'assistais avec bonheur grâce à l'Association Textes et Voix n'ont malheureusement pas pu se tenir depuis longtemps.

Pourquoi je parle de Textes et Voix, simplement parce que c'est par cette association que j'ai découvert Paul Andreu et son œuvre. Paul Andreu, architecte, peintre et écrivain s'est éteint en 2018 mais son dernier roman, Kaléidoscope vient d'être publié à titre posthume.

Vous défendez bien un point de vue, c'est cela qui compte. C'est un talent rare ce talent de vouloir convaincre et de savoir le faire. Méfiez-vous cependant des talents. Ils sont utiles. Ils ne sont utiles qu'à des causes qui les dépassent. Ne l'oubliez pas. Un talent est un serviteur. Quand il prend le dessus, il n'est plus qu'un faux ami qui vous perdra.

Paul Andreu, Kaléidoscope

Le chantier avance. A la date prévue, on coule les fondations du premier bâtiment, la bibliothèque. Le client, toujours pratique, s'étonne de cet empressement pour une fonction et une construction que l'informatique et Internet, omniprésents rendent bien désuètes. Mais non, si l'architecte l'a voulue là, au centre, visible depuis l'entrée, c'est parce qu'elle symbolise, digitalisation ou pas, la rencontre avec la connaissance, dans sa continuité, son développement, son renouvellement. La rencontre, pas la dévotion, ce n'est pas un temple imposant mais un lieu de travail protecteur, un lieu de silence. Ce silence n'y est pas une contrainte mais la condition essentielle, celle de penser, de juger, d'apprendre, celle qu'Internet, dans l'usage qu'on en fait, malmène souvent.

Si je me suis amusée à mettre l'œil de mon appareil photo dans le kaléidoscope, qui fascinait tant mon fils petit, sur le bouquet de fleurs dont vous reconnaitrez les couleurs, le Kaléidoscope de Paul Andreu est plus coloré encore, mais ce sont des couleurs vivantes.

Chaque chapitre de ce livre présenté comme un roman pourrait être considéré comme une nouvelle, pourtant, c'est l'histoire d'un architecte nouvellement disparu (oui je sais c'est une triste coïncidence) que l'auteur nous offre de découvrir à travers les personnes qui l'ont côtoyé plus ou moins intimement. Il semble donc le fil conducteur du texte, ou devrais-je dire la pile centrale de l'édifice ? De chapitre en chapitre nous croisons donc une éditrice fatiguée qui paraît réécrire sa propre histoire en lançant celle d'une jeune auteure, un apprenti architecte, des hommes et des femmes qui s'aiment et se laissent, un astrophysicien et bien sûr des constructions qui se font ou de défont. 

Chacun devrait trouver dans un bâtiment la protection qu'il recherche, devrait pouvoir y grandir, comme le font les plantes quand elles sont cultivées, mais libres, dans une serre.

D'infimes indices nous sont parfois donnés pour reconnaître les personnages et j'avoue m'être parfois un peu perdue dans les liens entre les différents protagonistes mais j'ai été sensible au fil conducteur qu'est le jardin du Luxembourg, et je me suis laissée porter par l'écriture de Paul Andreu qui ne me laisse pas indifférente.

J'ai aimé les évocations de son métier d'architecte bien sûr, mais l'homme de lettres - j'ai failli écrire l'homme de l'être - n'est jamais loin et le poète s'immisce entre les lignes les plus sérieuses. 

Un bel ouvrage, comme un adieu. Je vous invite sincèrement à vous y intéresser.

Paul Andreu, Kaléidoscope

Quand le jour est venu, j'ai pensé le lui avoir volé.

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Papotage avec : Alain Emery

19 Avril 2021, 09:50am

Publié par Parisianne

Papotage avec : Alain Emery

Je vous ai parlé il y a peu de Horn d'Alain Emery aux Editions Terres du couchant, et vous savez tous qu'Alain, en plus d'être un auteur que j'apprécie, est avant tout un ami très cher. Alors je me suis amusée à lui poser des questions à ma façon, et voici donc ses réponses. 

Alain merci d'avoir joué le jeu de ma fantaisie !

Mais avant d'entrer dans cet échange, il est tout de même important que vous sachiez qu'avec ce magnifique texte Alain Emery est en lice pour le prix Louis-Guilloux, vous pouvez lire l'article en suivant ce lien ici

 

S’il y avait un écrivain et un seul que tu puisses ressusciter pour une conversation ce serait qui ? Et quel serait ton premier... reproche ?

Giono, à l’évidence. Mais je ne vois pas ce que je pourrais lui reprocher. En revanche, ce serait l’occasion pour moi de le remercier : je lui dois ma farouche liberté. J’ai compris avec lui que je pouvais porter mon regard à ma guise, envoyez paître les cercles et les cours, ne rien attendre et composer en artisan, dans mon coin. Je ne cherche que mon bonheur et peu m’importe qu’il soit ou non dans l’air du temps. 

Qu’est-ce qui te pousse à revenir souvent vers le format court, voire très court, qui me semble être le format le plus représenté dans ton travail ?

Sur une courte distance, on se voit contraint de densifier la langue et de livrer des textes plus ramassés. Chaque phrase compte. Ni l’errance ni le relâchement ne sont permis. Mon plaisir est sans doute là, dans cette tension, cette exigence très personnelle. Que ce ne soit pas à la mode m’importe peu. Je ne me pose plus la question de la longueur : elle s’impose d’elle-même.

Y a t-il une constante dans la naissance d’un texte ? Te faut-il un élément déclencheur, lequel est le plus fréquent (photo, musique, parfum, rencontre, silence ou que sais-je encore !)

Il n’y a pas de règle, à vrai dire. La photographie a toujours joué un rôle important dans mon travail mais, en réalité, tout fait ventre. Je saisis tout ce qui passe à ma portée : une anecdote, une toile, un paysage, mes souvenirs  - ce que j’appelle ma mythologie personnelle, mes diables et mes dieux, glanés dans l’enfance. Horn, d’ailleurs, vient de ce dernier territoire. J’y ai puisé les marins, les anecdotes propres à l’Occupation, tout un tas de détails pour le décor ; et un esprit singulier, peut-être.

Réfléchis-tu longtemps avant d’écrire où bien t’y mets-tu tout de suite ?

Je ne songe, la plupart du temps, qu’au texte à venir ; et je ne suis par conséquent jamais tout à fait avec ceux qui m’entourent. Du reste, il est rare que je puisse me lancer si je n’ai pas le titre et la première phrase. En revanche, si j’ai un cap, une idée précise de l’endroit où je veux aller, je n’ai pas besoin de plan. Mais entre le moment où l’idée naît et le celui où j’attaque la rédaction, il me faut du temps, pour apprivoiser mes personnages – quand ils sont pures inventions – ou pour engranger des notes – quand ils sont réels. Nous faisons connaissance, en somme. C’est parfois très rapide mais il arrive que ça dure des années, comme avec Horn...

Toi qui écris tous les jours, utilises-tu tout ce que tu écris ? Ou bien t’arrive t-il de noter des choses pour la simple envie d’écrire ?

J’aime écrire. Profondément, passionnément. Il arrive que je compose des textes très courts – que je relève désormais sur une sorte de carnet de bord – et ils n’ont pas, dans l’absolu, vocation à être publiés. Il y a aussi des fragments – observations sur le vif, descriptions, dialogues – qui forment une mine dans laquelle je pioche,  quand le besoin s’en fait sentir. Je ne m’interdis rien : il m’arrive de réutiliser un fragment, d’en extraire une phrase, une formule. C’est la cuisine des anges...

Plus clairement, l’écriture de chaque jour est-elle un texte en soi ou une succession de notes qui te serviront plus tard, de tournures qui te viennent à l’esprit, de mots qui te plaisent ?

Je prends beaucoup de notes, que je conserve, sans trop savoir du reste ce que j’en ferai. Mais quand je me lance dans un manuscrit, je m’y consacre tout entier. C’est la haute mer. Il faut la traverser, la vaincre. Rejoindre à tout prix l’autre rive. Rien d’autre ne compte.

Quel élément t’inspire le plus ? Tu es mer mais tu te montres terre aussi, et c’est la première fois je crois que tu nous fais faire le grand écart entre mer et montagne !

La mer, je l’ai sous les yeux depuis mon plus jeune âge. Elle a longtemps été mon terrain de jeu. Les nuances y sont reines et la décrire est encore et toujours un plaisir, inépuisable. Ce qui ne m’empêche pas d’avoir soif d’autres décors. Je suis d’une nature gourmande. Avec Horn, j’ai opposé deux mondes – qui sont en réalité semblables. À la symbolique – qui comptait pour l’histoire – s’ajoutait la joie toute simple de peindre.

Quelle question rêves-tu que l’on te pose et que personne ne t’a jamais posée ?

"L'écriture vous rend-elle heureux ?"

Mais si on ne me la pose pas c'est sans doute que la réponse est évidente...

Question bonus parce que nous sommes gourmands des secrets d'auteurs ! Et parce que je suis très curieuse !

Alain, quel est selon toi, le substantif que tu emploies le plus? Mais aussi le verbe et l'expression !

Alors, le substantif : l'ombre. Ex-aequo avec la lumière. Mes histoires se partagent entre l'ombre et la lumière, justement.

Le verbe, ce sera sembler. Je ne me fie pas aux apparences. 

Et l'expression qui me vient de ma mère : "maigre comme un cent de clous" ! 

Papotage avec : Alain Emery

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A l'ombre des arbres en fleurs

18 Avril 2021, 21:55pm

Publié par Parisianne

A l'ombre des arbres en fleurs

Les cerisiers fleurs

offrent leurs bouquets éphémères

aux immortels leurs voisins !

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Sylvette Heurtel, Quitter l'hiver

18 Avril 2021, 17:52pm

Publié par Parisianne

Sylvette Heurtel, Quitter l'hiver

Tout est plus simple depuis qu’elle a décidé ce voyage, elle baisse le masque et ceux qui mentent n’auront plus de place dans son histoire. […] Elle s’en veut de commencer son périple par une concession, prendre une auto-stoppeuse ressemble un peu trop à ce qu’elle s’est promis d’arrêter. Elle a décidé de ne plus faire ce qu’on attend d’elle, de ne plus taire ses sentiments pour laisser fleurir la parole d’autrui... Mais cette fille-là paraît différente, c’est le hasard qui les fait se croiser, elle ne demande que quelques centaines de kilomètres. Elle a l’air de fuir, elle lui ressemble plus que tous ceux qui ont partagé sa vie, c’est comme si Madeleine cueillait ses vingt ans sur le béton gris d’une bretelle routière.

Voici un livre particulier, un roman d'une grande beauté porté par une écriture fine et sensible. Sylvette Heurtel nous invite dans une fuite dont elle fait une échappée très belle malgré les ombres. 

On se laisse entraîner avec plaisir dans ce périple avec des personnages auxquels on s'attache vite. Et les bleus au cœur et à l'âme des protagonistes prennent des teintes plus douces au fil des pages, sans pour autant cacher les réalités de la vie. 

Madeleine et Katia se rencontrent par hasard à un moment charnière de leurs vies, elles sauront ensemble pousser les portes pour laisser entrer la lumière et s'installer dans une forme de renaissance.

Sylvette Heurtel, Quitter l'hiver

C'est comme si elle était arrivée chez elle, elle aime tout ici : l'eau sur son visage, le voile brouillant les couleurs qui peut se lever soudain sur des bleus profonds, des roses étincelants ou se teinter d'orangés et de violets au coucher du soleil, les bateaux tranquilles, les quais déserts. L'impression d'avoir quitté Paris il y a des mois l'envahit, la peur l'a quittée, elle n'est plus la fugitive [...]

Quitter l'hiver de Sylvette Heurtel offre un vrai plaisir de lecture et un très agréable moment. Si le livre vous intéresse, n'hésitez pas à me le faire savoir, soit en commentaire, soit sur le mail du blog parisianne95@orange.fr, je vous mettrai en contact avec Sylvette.

Vous pourriez être surpris de cette procédure. La raison est simple et triste. L'éditeur d'Art Henry des Abbayes qui a publié ce bel ouvrage, et de nombreux autres, est décédé l'an dernier. Sa maison est fermée et le livre de Sylvette n'a pas pris son envol comme il aurait dû le faire. C'est double peine pour l'auteur, la perte d'un ami et un ouvrage témoin de cette amitié dont l'encre a séché dans les larmes. 

Donc si vous êtes intéressés, dites-le moi, vous ne le regretterez pas.

Quitter l'hiver, Sylvette Heurtel, éditions Henry des Abbayes

Sylvette Heurtel, Quitter l'hiver

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