Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Les musardises de Parisianne

culture

Alberto Giacometti, A la recherche des oeuvres disparues

25 Juin 2020, 15:14pm

Publié par Parisianne

1925 - Autoportrait

1925 - Autoportrait

Giacometti, comme beaucoup d'artistes, a détruit de nombreuses œuvres de sa première période, notamment celles réalisées à son arrivée à Paris alors qu'il suivait les cours d'Antoine Bourdelle à l'Académie de la Grande Chaumière.

Cet Autoportrait de 1925 fait partie des œuvres qui ont échappé à la destruction grâce à une acquisition rapide.

L'Oiseau silence 1933

L'Oiseau silence 1933

L'Oiseau silence a été créée lors de la période surréaliste de l'artiste, il s'agit d'un assemblage bois et plâtre exposé lors du 6e salon des Surindépendants.

Cette oeuvre stockée chez Max Ernst subira des avaries accidentelles et finira par disparaître.

Mannequin et Femme qui marche

Mannequin et Femme qui marche

Mannequin que nous voyons au premier plan de la photo ci-dessus, disparaîtra pour devenir Femme qui marche, que vous verrez mieux sur les photos suivantes.

Voici donc la troisième illustration de ce que sont les œuvres dites disparues.

Alberto Giacometti, A la recherche des oeuvres disparuesAlberto Giacometti, A la recherche des oeuvres disparues
Alberto Giacometti, A la recherche des oeuvres disparuesAlberto Giacometti, A la recherche des oeuvres disparues

On peut comparer le monde à un bloc de cristal aux facettes innombrables. Selon sa structure et sa position, chacun de nous voit certaines facettes. Tout ce qui peut nous passionner, c'est de découvrir un nouveau tranchant, un nouvel espace.

Alberto Giacometti

Lorsque Giacometti arrive à Paris en 1922, le cubisme n'est plus un mouvement en vogue même s'il connaît encore un certain succès auprès des collectionneurs. Giacometti estime que "tout le monde devait toucher au cubisme", il travaille donc lui-même dans ce sens. La plupart de ces œuvres ont disparu, encore jeune et méconnu, les œuvres de Giacometti ne rencontrent pas nécessairement le succès et se perdent où sont détériorées sans avoir eu le temps d'être moulées en plâtre, pour ce qui est des terres. 

Alberto Giacometti, A la recherche des oeuvres disparues
Alberto Giacometti, A la recherche des oeuvres disparues

Vous vous interrogez bien sûr, comme moi, sur le titre de l'exposition. Comment peut-on exposer des œuvres disparues ?

Comme vous l'avez vu, les causes des disparitions sont multiples. Si quelques rares pièces ont pu être retrouvées, d'autres sont des reconstitutions rendues possibles par les nombreux documents, photos, dessins, articles de presse qui ont permis aux spécialistes de les reconstituer.

Alberto Giacometti, A la recherche des oeuvres disparues
Alberto Giacometti, A la recherche des oeuvres disparues

Pour finir, ci-dessus la reconstitution de l'atelier de Giacometti aujourd'hui visible à l'entrée de la fondation. Annette Giacometti a veillé à ce que l'atelier de son époux soit intégralement récupéré, jusqu'aux murs sur lesquels il crayonnait et reconstitué afin d'être visible du plus grand nombre. On voit ici les œuvres sur lesquelles il travaillait avant sa mort en 1966, la plupart trop fragiles pour être déplacées ne bougeront donc pas. 

Alberto Giacometti, A la recherche des oeuvres disparues

Et l'aventure, la grande aventure, c'est de voir surgir quelque chose d'inconnu chaque jour, dans le même visage.

Alberto Giacometti

Voir les commentaires

Fondation Giacometti Paris 14e

24 Juin 2020, 14:17pm

Publié par Parisianne

Fondation Giacometti Paris 14eFondation Giacometti Paris 14e

Rue Victor Schoelcher, à Paris, dans le 14e arrondissement, se trouve un hôtel particulier Art Déco, construit en 1912, ayant appartenu à Paul Follot (1877-1941), artiste décorateur. 

Autrefois je voyais à travers l'écran des arts existants. J'allais au Louvre pour voir des peintures et des sculptures du passé et je les trouvais plus belles que la réalité. J'admirais plus les tableaux que la vérité.

Alberto Giacometti

Fondation Giacometti Paris 14e

Allons-y !

Ce n'est pas par cette porte, qui dessert les différents appartements, que nous entrerons.

Un accès est dédié à l'entresol qui servait déjà à Paul Follot de lieu d'exposition et où la Fondation Giacometti s'est installée depuis 2018.

L'endroit est superbe. Espace réduit mais élégant et raffiné parfaitement restauré pour notre plus grand plaisir.

Fondation Giacometti Paris 14e

Une exposition "Giacometti à la recherche des œuvres disparues", se tenait jusqu'au 21 juin. L'occasion pour moi de découvrir ce magnifique endroit. 

Je vous laisse admirer, nous parlerons de Giacometti ensuite.

Fondation Giacometti Paris 14e

Seule la réalité est capable d'éveiller l'œil, de l'arracher à son rêve solitaire, à sa vision, pour le contraindre à l'acte conscient de voir, au regard.

Fondation Giacometti Paris 14e
Fondation Giacometti Paris 14e
Fondation Giacometti Paris 14e
Fondation Giacometti Paris 14e
Fondation Giacometti Paris 14e
Fondation Giacometti Paris 14e

Voir les commentaires

Mady Mesplé, une voix s'est tue

1 Juin 2020, 19:22pm

Publié par Parisianne

Mady Mesplé, une voix s'est tue

Vous avez sans doute entendu hier l'annonce de la disparition de Mady Mesplé, cantatrice bien connue qui a démarré comme pianiste avant de se tourner vers le chant.

C'est le regretté Jean Périsson qui m'a appris à l'écouter. Je vous parlerai un jour de Jean et de Carmen en chinois. Mais écoutez d'abord Mady Mesplé, ici avec Danielle Millet, dans ce superbe Viens Malika, extrait de Lakmé de Léo Delibes. Je vous ai fait écouter cette version plus moderne avec les jeunes Sabine Devieilhe et Marianne Crebassa, il y a peu, ici 

Pour moi, Mady Mesplé est aussi très largement associée à L'Enfant et les sortilèges, de Ravel, sur un texte de Colette. J'ai eu la chance de le voir et écouter avec les commentaires de Jean Périsson, chef d'orchestre, dans une archive de l'ORchestre National de l'ORTF.

Voir les commentaires

Harmonie du soir

8 Mai 2020, 21:18pm

Publié par Parisianne

Harmonie du soir

Comment résister à la poésie du moment ? Baudelaire forcément vous vient à l'esprit.

Harmonie du soir

Voici venir les temps où vibrant sur sa tige
Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir ;
Les sons et les parfums tournent dans l'air du soir ;
Valse mélancolique et langoureux vertige !

Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir ;
Le violon frémit comme un coeur qu'on afflige ;
Valse mélancolique et langoureux vertige !
Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir.

Le violon frémit comme un coeur qu'on afflige,
Un coeur tendre, qui hait le néant vaste et noir !
Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir ;
Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige.

Un coeur tendre, qui hait le néant vaste et noir,
Du passé lumineux recueille tout vestige !
Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige...
Ton souvenir en moi luit comme un ostensoir !

Harmonie du soir

Voir les commentaires

Notre-Dame de Paris

15 Avril 2020, 17:00pm

Publié par Parisianne

Notre-Dame de Paris

Sans doute c'est encore aujourd'hui un majestueux édifice que l'église de Notre-Dame de Paris. Mais, si belle qu'elle se soit conservée en vieillissant, il est difficile de ne pas soupirer, de ne pas s'indigner devant les dégradations, les mutilations sans nombre que simultanément le temps et les hommes ont fait subir au vénérable monument, sans respect pour Charlemagne qui en avait posé la première pierre, pour Philippe-Auguste qui en avait posé la dernière.

Victor Hugo, Notre-Dame de Paris

Notre-Dame de Paris

Sur la face de cette vieille reine de nos cathédrales, à côté d'une ride on trouve toujours une cicatrice. Tempus edax, homo edacior. Ce que je traduirais volontiers ainsi : le temps est aveugle, l'homme est stupide.

Voir les commentaires

Revenons à Romain Gary

2 Avril 2020, 16:34pm

Publié par Parisianne

Il croyait vraiment que les gens avaient encore assez de générosité, par les temps que nous vivons, pour s'occuper non seulement d'eux mêmes, mais encore des éléphants.

Revenons à Romain Gary

Je vous disais hier que Romain Gary présentait un double intérêt pour une collectionneuse de Goncourt puisqu'il est le seul à avoir obtenu deux fois le fameux prix alors qu'aucun auteur n'a le droit de postuler deux fois.
 

[...] bientôt, il ne restera pas de place dans le monde moderne pour un tel besoin d'espace, pour une telle maladresse royale.
[...] il faut respecter l'éléphant d'Afrique. [...] il faut entourer la nature de toute la protection dont elle a besoin.

1956, Pierre Assouline nous dit dans Du côté de chez Drouant, que le prix va au premier tour au roman Les Racines du ciel, "premier roman  destiné à alerter sur le désastre écologique qui menace la planète" ajoute Monsieur Assouline.

Aujourd'hui ce livre est très apprécié, ça n'a pas toujours été le cas. Romain Gary a été violemment décrié. C'est assez fréquent finalement dans l'histoire du Goncourt !

Si vous lisez ou relisez Les Racines du ciel aujourd'hui, vous y trouverez un écho à l'actualité.

Gary visionnaire ? Je vous rappelle que le livre est de 1956...

Vous savez aussi bien que moi ce que l'Afrique perdra lorsqu'elle perdra les éléphants. Et nous sommes sur la voie. Nom de nom Schölscher, comment pouvons-nous parler de progrès, alors que nous détruisons encore autour de nous les plus belles et les plus nobles manifestations de la vie ? Nos artistes, nos architectes, nos savants, nos penseurs suent sang et eau pour rendre la vie plus belle, et en même temps nous nous enfonçons dans nos dernières forêts, la main sur la détente d'une arme automatique. [...] il faut lutter contre cette dégradation de la dernière authenticité de la terre et de l'idée que l'homme se fait des lieux où il vit

Revenons à Romain Gary

Monsieur Hamil dit que l'humanité n'est qu'une virgule dans le grand Livre de la vie et quand un vieil homme dit une connerie pareille, je ne vois pas ce que je peux y ajouter.

1975, le prix Goncourt est décerné à un auteur que tout le monde cherche à démasquer sans y parvenir. La Vie devant soi, d'Emil Ajar "l'emporte au huitième tour du scrutin contre Decoin et Modiano" qui obtiendront le prix respectivement en 1977 et 1978.

Petite parenthèse, il est assez fréquent de voir un auteur finaliste malheureux une année, récompensé quelques années plus tard. Il n'y a pas de hasard.

Romain Gary caché derrière ce pseudonyme n'a jamais trahi son secret. L'homme de paille Emil Ajar - Paul Pavlovitch - petit cousin de l'auteur, révélera la vérité lors d'une émission Apostrophe de Bernard Pivot en 1981. Romain Gary s'est donné la mort en 1980, donc aucune révélation de son vivant.

Ajar-Gary a bien essayé de refuser le Prix, mais un Goncourt ne se refuse pas, pourquoi ? parce que ce n'est pas un écrivain qui est récompensé mais bien un livre, comme nous le rappelle Pierre Assouline. Le prix aujourd'hui est un chèque de 10 euros, je crois, ce sont les retombées sur les ventes qui font la fortune de l'auteur. 

Certains parlent de mystification, de tricherie, de... laissons-les parler, après tout, les prix sont faits pour ne pas plaire à tout le monde, non ? 

Regardez plutôt l'archive Ina de Paul Pavlovitch, je le trouve émouvant. J'ai bien envie de lire d'ailleurs Pseudo et Vie et mort d'Emil Ajar, de Romain Gary, mais aussi L'Homme que l'on croyait, de Paul Pavlovitch. 

Vous pouvez également écouter les émissions très intéressantes de Pierre Assouline :

-  pour 1956, Les Racines du ciel, ce sera à la 30e minute si vous ne voulez pas tout écouter;

- pour 1975, La Vie devant soi, ce sera à la 45e minute et vous pourrez entendre que jury de prix n'est pas toujours de tout repos !

 

 

[...] le temps est encore plus vieux que tout et il marche lentement.

Revenons à Romain Gary

Encore une parenthèse, savez-vous qui a refusé le prix Goncourt, avant Emil Ajar ? allez, question juste pour le plaisir, nous y reviendrons ultérieurement.

Livres cités

Pierre Assouline, Du Côté de chez Drouant, cent dix ans de vie littéraire chez les Goncourt que vous pouvez écouter sur France Culture, je vous mets les liens, même si, pour ma part, je préfère nettement lire Pierre Assouline.

Romain Gary, Les Racines du ciel,
La Vie devant soi,
Pseudo,
Vie et mort d'Emil Ajar

Paul Pavlovitch, L'Homme que l'on croyait

Voir les commentaires

Tous les chemins mènent à Romain Gary

1 Avril 2020, 22:13pm

Publié par Parisianne

Tous les chemins mènent à Romain Gary

Il y a quelques mois, je bavardais avec un vieux Monsieur avec qui j'ai eu le plaisir de travailler.

Nous parlions littérature, comme souvent les jours où nous n'allions pas faire une exposition, et incidemment dans la conversation, il me dit qu'il aimait beaucoup observer Romain Gary, à l'époque où il travaillait dans le quartier où résidait ce dernier.

Quel choc ! Réaliser tout à coup que quelqu'un qui vous est proche a vu "en vrai" un auteur que vous admirez, ça le rend tout de suite plus présent, vous ne pensez-pas ? 

Il est habillé comme un homme, avec plus d'élégance que le professeur. Il a des airs de Grand Meaulnes, trop mûr, trop sage. Ses copains sont unanimes : on admire Kacew mais on ne l'apprivoise pas.

Dominique Bona, Romain Gary

Il ne sera pas question ici d'un livre de Romain Gary en particulier, les diverses citations sont plutôt extraites de la superbe biographie de Dominique Bona, Romain Gary.

Je vous la conseille vraiment, le sujet est loin d'être banal, Romain Gary est un sacré personnage, et l'écriture de Dominique Bona est toujours une gourmandise à savourer sans modération.

Le pessimisme de Gary apparaît tempéré comme par un humanisme qui n'est pas une foi dans les hommes, mais dans quelques valeurs de l'homme, l'amour, la musique, le rêve.

D'ailleurs, toujours de Dominique Bona, si vous lisez le magnifique Mes Vies secrètes, vous apprendrez que la biographie de Romain Gary est non seulement sa première biographie mais que c'est ce qui lui a donné l'envie de se consacrer entièrement à ce travail de biographe. Que ce soit Stefan Zweig ou Berthe Morisot, ou encore Colette ou Camille et Paul Claudel, Dominique Bona sait nous entraîner dans l'univers de ces grands et la suivre est toujours un bonheur.

Mais je m'égare, revenons à Romain Gary.

C'est une sorte d'écorché vif qui a mal à lui-même et aux autres, qui souffre dans sa propre peau mais aussi des malheurs du monde...

La Promesse de l'aube, les Racines du ciel, Une Page d'histoire, et bien d'autres auront certainement, à un moment ou à un autre, retenu votre attention.

Mais vous me voyez venir n'est-ce pas ? Vous voyez qu'il manque un titre fort connu à ma liste, et que c'est aussi ce qui rend Gary est doublement intéressant ! Nous y reviendrons. 

Mais avant tout, parlons un instant de théâtre. J'ai eu la chance, et le bonheur d'aller voir sur scène Stéphane Freiss dans une lecture théâtralisée de La Promesse de l'aube. J'étais avec une amie et nous étions sous le charme... de l'acteur, forcément un peu, reconnaissez que Stéphane Freiss ne manque pas de charme :-) mais aussi et surtout du texte. Habité par le texte, l'acteur lui donne vie et vraiment c'est d'une grande force. Si vous avez l'occasion, je vous invite vraiment à voir cette mise en voix de l'oeuvre de Gary, c'est un grand moment de théâtre.

Tous les chemins mènent à Romain Gary

Je disais précédemment que Gary était doublement intéressant. Pour quelqu'un qui s'amuse à collectionner les Goncourt, bien sûr. Il est le seul à avoir obtenu deux fois le fameux prix, alors que c'est théoriquement impossible.

Nous y reviendrons demain :-)

 

Quand vous n'en pouvez plus, faites comme moi, pensez à des troupeaux d'éléphants en liberté en train de courir à travers l'Afrique.

Livres cités,

Dominique Bona, Mes Vies secrètes,

Dominique Bona, Romain Gary (et toutes les autres biographies)

 

Voir les commentaires

Musée d’Orsay, À l’heure de femmes 3 Berthe Morisot à l’honneur

18 Juillet 2019, 17:23pm

Publié par Parisianne

Musée d’Orsay, À l’heure de femmes 3 Berthe Morisot à l’honneur
Berthe Morisot par Edouard Manet

Berthe Morisot par Edouard Manet

Pour terminer ce chapitre féminin, il me fait bien sûr vous parler de la magnifique exposition Berthe Morisot qui se tient au musée d'Orsay jusqu'au 22 septembre.

Si vous êtes à proximité, je vous invite vraiment à y aller, il y a beaucoup de monde mais vraiment cela vaut la peine de voir ces toiles pour certaines prêtées par des collectionneurs privés du bout du monde.

Et si vous êtes curieux, regardez cette courte vidéo d'Arts in the City, je vous conseille leur très belle revue pour vous tenir informés de toutes les expos en France et en Europe (je n'ai pas d'actions dans la revue !)

Musée d’Orsay, À l’heure de femmes 3 Berthe Morisot à l’honneur
Musée d’Orsay, À l’heure de femmes 3 Berthe Morisot à l’honneur
Musée d’Orsay, À l’heure de femmes 3 Berthe Morisot à l’honneur
Musée d’Orsay, À l’heure de femmes 3 Berthe Morisot à l’honneur
Musée d’Orsay, À l’heure de femmes 3 Berthe Morisot à l’honneur
Musée d’Orsay, À l’heure de femmes 3 Berthe Morisot à l’honneur

Berthe Morisot est née en 1841 (et morte en 1895), une époque où, nous l'avons déjà évoqué, les jeunes filles (surtout de bonne famille) sont formées aux arts plus pour parfaire leur éducation que pour faire d'elles des artistes.

Petite parenthèse, je dis "jeunes filles de bonne famille", mais rappelons tout de même que les petites-filles de milieux plus modestes étaient envoyées à l'école de l'opéra, celles qui avaient un talent pourraient être danseuses, les autres pourraient trouver un riche monsieur venu chercher "sa danseuse", et oui, c'est de là que vient cette expression !

Degas avec sa Petite Danseuse de 14 ans fera scandale en 1881, le réalisme de la sculpture a été conspué, mais n'est-ce pas la mise en avant de pratiques douteuses qui devrait scandaliser ? Sur le sujet je vous invite à lire La petite danseuse de 14 ans de Camille Laurens.

Degas, ami de Berthe Morisot, sera à son tour mis à l'honneur à la rentrée pour son rapport avec l'opéra justement, nous en reparlerons donc.

Musée d’Orsay, À l’heure de femmes 3 Berthe Morisot à l’honneur
Musée d’Orsay, À l’heure de femmes 3 Berthe Morisot à l’honneur
Musée d’Orsay, À l’heure de femmes 3 Berthe Morisot à l’honneur
Musée d’Orsay, À l’heure de femmes 3 Berthe Morisot à l’honneur
Musée d’Orsay, À l’heure de femmes 3 Berthe Morisot à l’honneur

Mais revenons à Berthe Morisot, c'est la première fois que le musée d'Orsay lui consacre une exposition, on voit quelques unes de ses œuvres dans le musée, d'autres au Musée Marmottan-Monet mais la dernière grande rétrospective a eu lieu à l'Orangerie en 1941... il était temps de réparer cette erreur. C'est chose faite et bien faite ! L'an dernier Mary Cassatt était mise à l'honneur au musée Jacquemart André, l'année d'avant Frida Khalo à l'Orangerie, les femmes peu à peu sont mises sur le devant de la scène.

ll n'est pas question pour moi de vous faire une biographie de Berthe Morisot, ni une analyse d’œuvres, juste vous donner l'envie d'en savoir plus et surtout d'aller voir l'exposition si vous le pouvez, ou d'en savourer quelques images ici-même pour ceux d'entre vous qui ne pourrez pas vous rendre au musée d'Orsay.

Musée d’Orsay, À l’heure de femmes 3 Berthe Morisot à l’honneur
Musée d’Orsay, À l’heure de femmes 3 Berthe Morisot à l’honneur
Musée d’Orsay, À l’heure de femmes 3 Berthe Morisot à l’honneur
Musée d’Orsay, À l’heure de femmes 3 Berthe Morisot à l’honneur
Musée d’Orsay, À l’heure de femmes 3 Berthe Morisot à l’honneur
Musée d’Orsay, À l’heure de femmes 3 Berthe Morisot à l’honneur
Musée d’Orsay, À l’heure de femmes 3 Berthe Morisot à l’honneur
Musée d’Orsay, À l’heure de femmes 3 Berthe Morisot à l’honneur
Musée d’Orsay, À l’heure de femmes 3 Berthe Morisot à l’honneur

Berthe Morisot est à n'en pas douter une femme de caractère. Formée au dessin et à la peinture, elle n'a qu'un souhait, être artiste peintre professionnelle. Elle a la chance de naître dans une famille qui accepte ses choix, et d'avoir un mari qui non seulement la laissera peindre, exposer et vendre son travail mais qui acceptera aussi qu'elle signe de son nom de jeune fille Berthe Morisot. Il faut dire que signer de son nom de dame aurait prêté à confusion, puisqu'elle est Madame Eugène Manet, Eugène étant le frère d'Edouard, le célèbre peintre et grand ami de Berthe. Vous suivez ?

 

Musée d’Orsay, À l’heure de femmes 3 Berthe Morisot à l’honneur
Musée d’Orsay, À l’heure de femmes 3 Berthe Morisot à l’honneur
Musée d’Orsay, À l’heure de femmes 3 Berthe Morisot à l’honneur
Musée d’Orsay, À l’heure de femmes 3 Berthe Morisot à l’honneur

Dès 1874, Berthe Morisot expose avec les impressionnistes (elle a déjà exposé au Salon officiel, avec sa soeur Edma), elle restera fidèle au groupe impressionniste et participera à toutes leurs exposition, sauf en 1879, année de la naissance de sa fille Julie Manet (vous savez la fille d'Eugène et nièce d'Edouard !).

Proche de Manet, nous l'avons dit, mais aussi de Degas, Renoir, Monet mais aussi Mallarmé, Berthe Morisot est au cœur de toute l'activité artistique de son époque.

Si ses œuvres reflètent beaucoup un univers féminin, elles sont avant tout des scènes de la vie moderne dans l'intimité d'une famille bourgeoise, on y voit les lieux de villégiature, les jardins d'agrément mais aussi le travail domestique féminin et bien sûr, les enfants.

"fixer quelque chose de ce qui passe" voici la volonté de l'artiste. Cette volonté est sensible dans sa touche rapide et esquissée, elle utilise aussi beaucoup le non finito qui lui vaudra, en 1880, de la part d'un journaliste le surnom d'"Ange de l'inachevé".

Vous noterez sur les photos le jeu avec les espaces, dedans dehors, avec les portes, les fenêtres, mais aussi les différentes pièces, ou encore les miroirs.

Tout se passe comme si cette technique, complexe et vigoureuse, assurée et personnelle, spontanée et maîtrisée, mettait en scène une course contre le temps, l'esthétique de l'"oeuvre en devenir" inscrivant une temporalité dans le monde immobile du tableau. L'impression de rapidité est aussi une tentative chez Morisot de refléter et d'endiguer la fuite du temps.

Musée d'Orsay, revue de presse

Voir les commentaires

Musée d’Orsay à l’heure des femmes 2

15 Juillet 2019, 18:52pm

Publié par Parisianne

Musée d’Orsay à l’heure des femmes 2

Les arts décoratifs vont offrir aux femmes des structures de formation qui permettront à certaines d'avoir un métier lucratif.

On ne se rend pas bien compte sur la photo de cet incroyable travail de tapisserie de Blanche Ory-Robin (1892-1942)  célèbre pour son invention de broderies de ficelles.

Blanche Ory-Robin

Blanche Ory-Robin

Annie Swynnerton (1844-1933) est la première femme élue à la Royal Academy of Arts en 1923. Formée à l'Académie Julian à la fin des années 1870, elle a beaucoup combattu pour les droits des femmes, en tant que suffragette mais également en tant que militante pour l'admission des femmes à l'Académie des Beaux-Arts de Manchester.

Annie Swynnerton Mater Triumphalis 1892
Annie Swynnerton Mater Triumphalis 1892

Annie Swynnerton Mater Triumphalis 1892

Marie Bashkirtseff (1858-1884) d'origine ukrainienne étudie à Paris à l'Académie Julian et expose au Salon. 

Louise Breslau (1856-1927) d'origine allemande, elle commence ses études à Zurich avant de rejoindre l'Académie Julian à Paris en 1878, elle y rencontre Marie Bashkirtseff qui voit en elle la seule véritable rivale pour l'obtention de prix !

Marie Bashkirsteff - Louise Breslau
Marie Bashkirsteff - Louise Breslau

Marie Bashkirsteff - Louise Breslau

Je n'étonnerai personne en disant que les femmes sont exclues de l'Ecole des beaux-arts comme elles le sont de presque partout. […] ce qu'il nous faut, c'est la possibilité de travailler comme les hommes et de ne pas avoir à exécuter des tours de force pour en arriver à avoir ce que les hommes ont tout simplement.

Musée d'Orsay Marie Bashkirtseff

Marie Bashkirtseff
Marie Bashkirtseff

Marie Bashkirtseff

La sculpture n'est évidemment pas un art considéré comme féminin. Marie Bashkirtseff s'y est essayé mais celle qui est restée dans les mémoires et dont on parle de plus en plus aujourd'hui, et non plus seulement pour sa relation avec Rodin mais bel et bien pour son talent, c'est Camille Claudel.

Camille Claudel
Camille Claudel
Camille Claudel

Camille Claudel

Voir les commentaires

Musée d’Orsay à l’heure des femmes

12 Juillet 2019, 18:07pm

Publié par Parisianne

Musée d’Orsay à l’heure des femmes

En parallèle de l'exposition Berthe Morisot, dont nous parlerons plus tard, le musée d'Orsay invite les curieux à parcourir les salles du musées dans lesquelles sont mises en avant un certain nombre d’œuvres d'artistes femmes, le titre de ce parcours Femmes, art et pouvoir, titre emprunté à un recueil de textes de l'historienne Linda Nochlin. Je vous invite en suivant le lien à aller lire ce qu'en disent Laurence des Cars, présidente des musées d'Orsay et de l'Orangerie, et les responsables des collections ayant travaillé sur ce parcours très agréable.

 

Rosa Bonheur Le Sombrage

Rosa Bonheur Le Sombrage

Le musée d'Orsay dont on sait que les collections couvrent la période 1848-1914 souffre, comme de nombreux musées, du manque de visibilité des femmes artistes, elles n'ont à cette époque pas grande liberté d'expression, ce n'est pas une nouveauté, et les collections ici représentées sont pour beaucoup des œuvres acquises par l'Etat. Cela voudrait-il dire que l'administration des Beaux Arts à la fin du XIXe ne s'intéresse pas aux femmes ? Quelle étrange idée !

Il ne faut pas faire une généralité cependant, regardez ce tableau de 1849 dit Labourage nivernais ou Le Sombrage de Rosa Bonheur, il est une commande officielle faite à l'artiste à l'issue du Salon de 1848. Le cartouche nous dit " Le tableau connaît un immense succès au Salon de 1849 et ne manque pas d'être rapproché des écrits d'une autre femme..." de qui parle t-on ? je vous laisse deviner, la réponse sera en fin de cet article.

J'ai trouvé intéressante cette idée de parcours qui nous incite donc à nous arrêter sur certaines œuvres, que je ne détaillerai pas, mais dont je vais vous montrer quelques images, en plusieurs fois, vous laissant le soin d'aller à Orsay pour ceux qui en ont la possibilité, ou de flâner sur le site du musée.

 

Marie Bracquemont, Tête de muse 1878

Marie Bracquemont, Tête de muse 1878

Berthe Morisot, palette d'aquarelle

Berthe Morisot, palette d'aquarelle

Si les "jeunes filles de bonne famille" suivent souvent une formation artistique, rares sont celles qui exercent leur art comme un métier. Elles sont la plupart du temps invitées à exercer leur talents dans des techniques dites mineures, aquarelle, dessin, pastel. Le pastel sera mis en avant plus tardivement, vers 1880, Edgar Degas l'utilisera souvent mais aussi bien sûr Berthe Morisot ou Marie Cassatt.

Berthe Morisot Portrait de Madame Rosalie Pillaut © RMN-Grand Palais (musée d'Orsay) / Gérard Blot

Berthe Morisot Portrait de Madame Rosalie Pillaut © RMN-Grand Palais (musée d'Orsay) / Gérard Blot

Regard d’homme sur femme de tête !

Ci-dessous, deux portraits peints par Edouard Vuillard, Jeanne Lanvin à sa table de travail, et sa fille, la Comtesse de Polignac, grande mécène qui réunit dans son salon Nadia Boulanger ou Louise de Vilmorin.

Edouard Vuillard, Jeanne Lanvin et sa fille La comtesse de Polignac
Edouard Vuillard, Jeanne Lanvin et sa fille La comtesse de Polignac

Edouard Vuillard, Jeanne Lanvin et sa fille La comtesse de Polignac

La réponse à la question concernant le tableau de Rosa Bonheur est George Sand bien sûr, voici ce que nous dit précisément le cartouche :

"Le tableau connaît un immense succès au Salon de 1849 et ne manque pas d'être rapproché des écrits d'une autre femme, George Sand, qui évoquait dans son roman La Mare au diable (1846), le labourage comme un sujet digne d'être peint".

Un jour viendra où le laboureur pourra être aussi un artiste, sinon pour exprimer, du moins pour sentir le beau

George Sand La Mare au diable

Voir les commentaires

1 2 3 4 5 > >>