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Les musardises de Parisianne

Alain Emery, Passage des mélancolies

28 Mai 2017, 17:59pm

Publié par Parisianne

Alain Emery, Passage des mélancolies

Alain Emery, vous le connaissez, ce n'est pas la première fois que je vous parle de cet auteur de talent à l'écriture imagée. Pour son dernier roman, Passage des mélancolies, Alain Emery s'est laissé porter par une série de photos dénichées en brocante. A moins qu'il ne faille dire qu'Alain s'est laissé séduire par Suzy, cette danseuse au charme fou que vous pouvez admirer sur la couverture.

Le narrateur et voisin de Suzy nous conduit sur ses traces au lendemain de la disparition de celle qui le fascine et l'intrigue. Cette vieille femme, avec qui il a partagé confidences et pas de danse, avant de se voir confier la dispersion des cendres, a fait de lui son légataire. Il a alors tout le loisir de s'immiscer délicatement dans son intimité.

Belle et rebelle jeune fille étouffant dans sa province, Suzy la désenchantée est libérée par son oncle Armand, nous sommes en 1920, elle a 17 ans.

"Suzy, je parie qu'il lui aura suffi d'un seul regard pour comprendre que la gamine qu'il a connue est devenue, à dix-sept ans, une femme sur le point de se perdre. Que ne ferait-elle pas pour échapper à tout ce qui la menace..."

C'est ainsi que Suzy débarque à Paris comme petite main chez un couturier et bientôt, au bras de cet oncle à l'esprit libre "elle s'éveille au monde dans des cabarets débraillés et des ateliers de peintres ou d'insolents modèles défient les courants d'air et se mesurent en faisant glisser l'ongle du pouce le long d'un crayon."

Le couturier chez qui Suzy fait ses armes travaille pour le music-hall, c'est donc presque naturellement que la jeune femme découvrira cet univers, poussée par le désir de monter sur scène.

Suzie s'envole et échappe à sa famille coincée dans ses étroitesses et jugements qui feront d'elle "Un secret de famille", de ceux que l'on enterre sous les sous-entendus. 

La vie de Suzy se déroule par touches sous la plume délicate d'Alain Emery qui de son écriture poétique nous emmène, pardon nous entraîne, dans la danse. Le rythme porté par l'alternance entre récit et témoignage rend la lecture vivante et le plaisir complet. 

L'émotion est au rendez-vous et l'affection que l'auteur porte à son personnage est sensible, la beauté de l'écriture en est la preuve.

Il est impossible de ne pas évoquer l'objet livre. Les Editions La Gidouille, ont offert à Suzy une parure sensuelle qui n'est pas sans évoquer la douceur d'un tissu.

Alors n'hésitez pas, suivez Alain dans sa traversée du XXe siècle, dès que vous aurez l'ouvrage en main vous serez pris par la danse.

Alain Emery
Passage des mélancolies
La Gidouille

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21, rue La Boétie

10 Avril 2017, 08:45am

Publié par Parisianne

Matisse, La leçon de piano

Matisse, La leçon de piano

Ce n'est pas dans un salon que nous sommes conviés au Musée Maillol mais dans une galerie d'Art, plus précisément dans la Galerie de Paul Rosenberg (1881-1959), ce collectionneur averti et habile marchand. 

A partir du livre éponyme d'Anne Sinclair en hommage à son grand-père Paul Rosenberg, l'exposition 21, rue La Boétie s'est construite non seulement comme une exposition d'art moderne mais aussi comme un témoignage mêlant petite et grande histoire, art de faire et art de promouvoir.

Non seulement nous découvrons des toiles magnifiques de Picasso, Braque, Léger, Marie Laurencin ou encore Matisse mais en plus, le parcours très bien construit nous apprend les "ficelles" d'un métier ! 

Fils d'un marchand de grains devenu antiquaire et marchand d'art, Paul et Léonce Rosenberg suivront une direction identique par des chemins séparés. Les deux frères prennent dans un premier temps la direction de la galerie de leur père Alexandre avant que Léonce ne se décide, en 1906, à ouvrir sa propre galerie, L'Effort moderne, dans laquelle il accueille de nombreux cubistes. Paul ouvrira à son tour sa galerie, 21 rue La Boétie, ce sont les impressionnistes qui auront d'abord grâce à ses yeux. 

La Grande Guerre le trouve aux côtés du général Niox pour lequel il organise, aux Invalides, des expositions au bénéfice des troupes, ayant lui-même été réformé pour raisons de santé.

Dès 1918, il invite Picasso à rejoindre sa galerie, ce sera le début d'une longue collaboration professionnelle mais également d'une profonde amitié.  Le goût de Paul pour les artistes du XIXe permettra aux modernes de s'inscrire dans une sorte de filiation.

"(Picasso) voit la possibilité de s'évader du cubisme dont Paul n'était pas si friand, et sait qu'exposé à la galerie Rosenberg, il ne sera pas catalogué uniquement comme peintre d'avant-garde mais côtoiera les maîtres célèbres du siècle tout juste achevé. Paul, en 1918, représentait encore beaucoup le XIXe, et c'était pour Picasso l'occasion de s'inscrire dans la lignée des grands classiques des siècles précédents." écrit Anne Sinclair dans son livre.

Paul est un marchand habile, il prend ses artistes sous contrat, leur assurant un certain confort et s'offrant un droit de première vue, ce qui signifie qu'il est le premier à voir les nouveautés des peintres, qu'il choisit ce qui l'intéresse et les laisse libre de proposer à d'autres ce qu'il n'a pas retenu.

Ainsi, dès 1913, Marie Laurencin se lie à lui par contrat, George Braque en 1920, Fernand Léger en 1924 et Matisse en 1936.

Paul Rosenberg met tout en oeuvre pour promouvoir ses artistes, expositions, publicités, catalogues, tous les moyens sont bons. Il n'hésite bien sûr pas à se tourner également vers les Etats-Unis. 

La Seconde Guerre Mondiale viendra bien sûr interrompre tragiquement ce bel équilibre. De confession juive, la famille Rosenberg se trouve contrainte à l'exil et les oeuvres de Paul qu'il n'a pas eu le temps de faire partir sont spoliées par le régime nazi. Il n'aura de cesse après guerre de se battre pour récupérer son bien et offrira, en remerciement de leur aide, un certain nombre de toiles à des musées français, notamment au Centre Pompidou.

Le parcours de l'exposition explique très bien non seulement les pratiques du marchand que j'ai évoquées plus haut, mais aussi cette période troublée, la propagande nazi contre l'art dit dégénéré, les spoliations et les restitutions.

Je vous épargne plus de détails, mais vous l'aurez compris, je vous conseille vivement cette exposition mais également la lecture du livre d'Anne Sinclair, et si vous ne pouvez vous rendre au musée Maillol, le hors-série de Connaissance des arts (entre autres) vous offrira une bonne vision de l'ensemble.

 

 

 

 

21, rue La Boétie
21, rue La Boétie
21, rue La Boétie
21, rue La Boétie

"Toujours l'obsession de  montrer que l'art est une continuité et que les oeuvres qu'il expose et qui font hurler les bourgeois s'inscrivent dans la continuité de l'histoire de l'art de son pays."

Anne Sinclair 21 rue La Boétie

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Rodin, l'exposition du centenaire

7 Avril 2017, 08:28am

Publié par Parisianne

Giacometti et Rodin Homme qui marche

Giacometti et Rodin Homme qui marche

A l'occasion du centenaire de la mort d'Auguste Rodin, décédé le 17 novembre 1917, le Grand Palais présente une magnifique exposition hommage à ce grand sculpteur. 

Les plus grandes oeuvres de Rodin sont présentes, vous reconnaîtrez ci-dessous le Baiser, bien sûr, mais aussi la Danaïde et le Balzac.

Le parcours créatif de Rodin est parfaitement expliqué, de l'Age d'Airain de 1877 pour lequel Rodin a été accusé de tricherie - on le soupçonne d'avoir effectué un moulage - au Balzac de 1898 refusé par ses commanditaires, les recherches sur les corps vivants, et l'évolution du travail de l'artiste de l'expressionnisme aux portes de l'abstraction sont parfaitement montrés.

Les nombreuses sculptures nées pour la Porte de l'Enfer sont bien entendu très présentes, et si vous avez vu le magnifique film documentaire de Bruno Aveillan sur Arte vous les retrouverez avec curiosité, mais au-delà de l'oeuvre de Rodin, c'est son influence qui est aussi présentée. Rodin ouvre la porte à une modernité qui le conduit à présenter comme achevés des torses, sans têtes ou membres, à faire des assemblages ou encore à utiliser plusieurs fois la même figure dans une même oeuvre. Autant d'innovations qui inspireront les plus grands,  Bourdelle, Giacometti, Picasso, Brancusi et aujourd'hui encore des sculpteurs contemporains.

De nombreux dessins et aquarelles sont également présentés confrontés à ceux d'autres artistes, en résumé une exposition très riche à voir absolument.

Rodin, l'exposition du centenaire
Rodin, l'exposition du centenaire
Rodin, l'exposition du centenaire
Rodin, l'exposition du centenaire

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Le Horla dans les yeux

4 Avril 2017, 09:24am

Publié par Parisianne

Le Horla dans les yeux

Le Horla investit le théâtre Michel le mardi et le mercredi à 19h.

Grâce à Florent Aumaître dans une mise en scène de Slimane KACIOUI, le texte de Guy de Maupassant prend vie et le Horla prend forme. 

De façon magistrale, le jeune acteur s'empare de la nouvelle pour nous faire vivre les émotions croissantes du narrateur et son entrée dans la folie.

Lecteur apaisé dans son jardin normand surplombant la Seine, le narrateur regarde passer les bateaux, l'atmosphère douce et sereine se chargera bientôt d'une angoisse croissante évoquant la présence d'un être maléfique.

Peu à peu la tension monte et le jeu de Florent Aumaître devient nerveux pour nous faire ressentir tous les effets des tortures de l'esprit. 

Dans le respect du texte, la pièce nous offre une belle prestation d'artiste. Je ne saurais trop vous conseiller d'aller la voir et de suivre cet acteur prometteur.

Cette fois encore, je remercie Xavier Chezleprêtre de l'Agence Attitude de m'avoir permis de voir cette pièce? 

Le Horla dans les yeux

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Plaisir d'hiver

24 Janvier 2017, 20:23pm

Publié par Parisianne

Plaisir d'hiver

Instants saisis,

Souffles figés,

Frissons d'hiver.

 

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Pascal Quignard, Les Larmes

14 Janvier 2017, 21:39pm

Publié par Parisianne

Saint-Riquier

Saint-Riquier

Pascal Quignard est un auteur que j'aime beaucoup, nous avions déjà parlé il y a quelques temps de Villa Amalia, ou bien encore des Solidarités mystérieuses, deux romans qui m'ont prodondément marquée. Vous connaissez tous le magnifique, Tous les matins du monde et certainemement bien d'autres ouvrages.

Quand j'ai entendu qu'il sortait un nouveau roman qui traitait en plus des origines de notre langue, et que j'ai eu le plaisir de l'entendre dans la Grande Librairie de François Busnel, forcément j'ai eu envie de retrouver cet auteur. Mon père Noël préféré m'a entendue et exaucé !

" C'est alors que, le vendredi 14 février 842, à la fin de la matinée, dans le froid, une étrange brume se lève sur leurs lèvres. On appelle cela le français. " N'est-elle pas magnifiquement écrite cette naissance ?

Nithard a pour mission de "fixer par écrit pour la postérité le récit des événements de son temps " ce sera en latin jusqu'à la mort de Charlemagne puis en Roman. Petit-fils de Charlemagne, neveu de Louis le Pieux et cousin germain de ses trois fils, Lothaire, Louis le Germanique et Charles le Chauve, il est abbé laïc de l'abbaye de Saint Riquier, non loin d'Abbeville dans la Somme pour ceux qui ne connaîtraient pas.

Louis et Charles s'allient contre leur frère Lothaire qui revendique le titre d'empereur d'Occident. Je ne rentrerai pas plus dans le détail mais voici un résumé rapide de la situation.

Dans son roman, Pascal Quignard met en scène les jumeaux Nithard, et Hartnid (anagramme du premier), l'un en quête de la langue, l'autre en quête d'un visage aimé.

Ce n'est pas un roman à proprement parler mais une succession de contes, légendes, récits, de tableaux avec ou sans liens apparents. C'est savant -pas mal de latin dans ces lignes - déroutant parce que parfois on s'y perd mais beau et on se laisse porter.

De nombreuses références m'ont sans aucun doute échappé, et je ne conseillerai pas ce livre à tout le monde de crainte d'effrayer ceux qui ne connaîtraient pas Pascal Quignard. Je m'y suis perdue parfois, mais j'ai tant aimé d'autres instants lire par exemple :

" La première trace écrite de la langue française date du vendredi 14 février 842, à Strasbourg sur les bords du Rhin.

La première oeuvre de la littérature française date du mercredi 12 février 881, à Valenciennes, sur les bords de l'Escaut."

 

"Saint Florent était si grand lettré qu'il avait le pouvoir d'accrocher, où qu'il se trouvât, son manteau aux rayons du soleil."

A défaut d'accrocher mon manteau aux rayons du soleil, je sais apprécier leur lumière ! 

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Jean-Michel Guenassia, La Vie rêvée d'Ernesto G.

11 Janvier 2017, 20:07pm

Publié par Parisianne

Jean-Michel Guenassia, La Vie rêvée d'Ernesto G.

lI n'y a pas si longtemps, je vous parlais du dernier roman de Jean-Michel Guenassia, La Valse des arbres et du ciel. J'ai eu la chance de rencontrer l'auteur au salon du livre du Touquet, peu de temps après avoir lu son livre, et le plaisir de l'entendre en parler de façon très intéressante. J'en ai donc profité pour m'offrir un autre roman, que j'ai fait dédicacer bien sûr, et que je me suis empressée de lire tant le commentaire de Jean-Michel Guenassia m'assurant que j'y retrouverais l'esprit du Club des incorrigibles optimistes m'avait mis l'eau à la bouche. 

Pas question pour moi de suivre les personnages puisque l'action se déroule non pas dans des quartiers de Paris que je fréquente beaucoup mais en grande partie à Alger puis à Prague, néanmoins, le talent de l'auteur fait naître sans difficultés des images et des parfums, et renaître les événements ayant secoué l'Europe et le monde de 1910 à 2010.

J'ai retrouvé en effet l'esprit du Club des incorrigibles optimistes, les personnages ont de nombreux points communs dans leurs désillusions particulièrement.

Joseph Kaplan est médecin juif né à Prague en 1910, il marche dans les pas de son grand-père et de son père dont il est proche malgré leurs silences suite à la disparition brutale de l'épouse et mère chérie des suites d'une pneumonie.

"Souvent, Joseph s'était demandé s'il était responsable de ce silence ouaté qui s'était installé entre son père et lui ou peut-être l'un comme l'autre étaient-ils incapables de se parler, une forme de barrière affective (de ces mots qui n'arrivent pas à s'échapper, dissimulés derrière des sourires de connivence). On se dit, ces paroles vont blesser ou tout gâcher, on les enferme au fond de soi et, avec les années, on les empile jusqu'à dresser un mur infranchissable."

Brillant élève mais jeune garçon à la vie dissolue, son père finit par envoyer Joseph en France sous prétexte de faire une spécialisation en biologie dans la meilleure université au monde : à Paris.

"En application du principe qui veut que le jouir ait été créé pour travailler et la nuit pour s'amuser, Joseph sortait même quand la pluie et le froid vidait les rues des bourgeois et des manifestants ou quand il n'avait plus un rond à la fin du mois."

Fêtard autant que travailleur infatigable, Joseph poursuit alors son parcours aussi bien dans les domaines de la fête que de la biologie ! Infatigable danseur de tango, et passionné par Carlos Gardel, il fréquente tous les lieux de fête mais travaille comme un acharné, ne rentre pas à Prague fêter son succès universitaire, enchaîne voyages et conquêtes féminines aux visages oubliés sitôt séduites, se range un peu dans les bras d'une Viviane qui n'a rien d'une fée mais finit par disparaître et accepte un poste à l'Institut Pasteur d'Alger à un moment ou Hitler se fait de plus en plus pressant sur la politique européenne.

Les premières semaines de Joseph à Alger sont essentiellement centrées sur son travail, il doit faire ses preuves pour être accepté par les chercheurs de l'Institut, le voilà donc dans une vie rangée, jusqu'à sa rencontre avec le jeune Maurice chargé de lui trouver un appartement qui se charge aussi de lui présenter des amis, et des femmes, permettant à Joseph de renouer avec sa vie nocturne. De belles années d'insouciance jusqu'à la mission dans une zone abandonnée d'Algérie pour échapper aux rafles et poursuivre dans l'isolement le plus total les recherches de l'Institut puis le retour à Alger et enfin vers l'Europe, accompagné de celle qu'il a finalement aimé au premier regard.

Le retour à Prague est marqué par la découverte de la tragédie nazie, le pays se reconstruit peu à peu, l'idéalisme communiste s'installe, Joseph et son épouse s'investissent à corps perdu dans les causes du parti jusqu'à ce que doucement les choses basculent, les amis disparaissent accusés de trahison par le régime qu'ils ont contribué à mettre en place. La vie bascule à nouveau, l'épouse de Kaplan part voir sa mère en France et ne reparaît jamais, il est lui-même envoyé pour s'occuper d'un dispensaire au fin fond de la Bohème où il renoue avec une vie plus paisible entouré de sa fille Helena et de la femme d'un ami disparu. La vie est difficile mais apaisée jusqu'à l'arrivée d'un patient très particulier amené par les hautes instances dirigeantes qui chargent Joseph de le remettre sur pied malgré un état très critique.

Et la vie bascule à nouveau...

Si la surprise concernant l'identité du "patient" est amenée progressivement, le plus surprenant est la façon dont l'auteur le présente du point de vue de l'homme. C'est un peu déroutant mais c'est aussi tout l'art du roman de pouvoir rêver !

Les personnages sont forts, la traversée historique intéressante, et les désillusions nombreuses. Cela fait un chemin de vie riche de joies et de drames qui mènent Joseph jusqu'à ses cent ans et nous entraînent dans un tourbillon rondement mené par l'écriture de Jean-Michel Guenassia.

Vous l'aurez compris, j'aime !

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Jules et le vilain orchestra, Nos vedettes

7 Janvier 2017, 22:08pm

Publié par Parisianne

J'inaugure avec Jules une nouvelle rubrique : "Musique" ! En dehors d'un article sur Laurence Equilbey et Insula Orchestra, je n'avais jamais eu l'occasion de parler de musique, ce n'est pas le sujet qui m'est le plus familier, surtout lorsqu'il s'agit de "chanson française d'aujourd'hui".

Il se trouve que grâce à Xavier Chezleprêtre de l'Agence Attitude j'ai la chance de découvrir des univers qui ne me sont pas familiers, ce qui rend l'exercice intéressant.

Plusieurs disques de jeunes artistes seront donc évoqués dans les semaines à venir, juste pour le plaisir de la découverte, j'écoute plus souvent Radio Classique qu'autre chose, je n'aurai donc qu'une oreille de curieuse pour vous inviter à écouter aussi !

 

SI je commence par Jules, dont je n'avais jamais entendu parler, c'est parce que j'ai aimé vraiment ces sept chansons tantôt tendres, tantôt cyniques qui font l'album Vedettes.

Qui est Jules, et bien pour le savoir je vous invite comme je l'ai fait à lire sa biographie, d'un clic ici . Vous verrez que ce n'est pas un débutant, qu'il a croisé quelques inconnus aux doux noms de Bénébar, Catherine Ringer, Kent ou Jacques Higelin, même-moi je connais, c'est dire... avant de se lancer, et il aurait eu drôlement tort de ne pas le faire. 

Je n'ai qu'un seul regret puisque je lis partout que c'est un homme de scène et qu'il me semble que nous sommes voisins : n'avoir jamais eu l'occasion de le voir sur une scène francilienne. Je souris à cette façon dont il dit de lui "Je suis un "one man song" alors que je ne suis pas une grande gueule" et si en plus il poursuit en disant que "T'es chiante" est un pur rôle de composition puisqu'il n'a pas de soeur je craque ! Vous en connaissez beaucoup vous des chanteurs qui ont écrit sur leur soeur, surtout s'ils n'en ont pas ?

Les six autres chansons parlent de femmes également, de celle qui fait peur par sa présence de plus en plus marquée en politique, celles qui militent, celles qui ont des vies banales mais ne sont pas si banales que ça finalement, et une composition encore avec Ma vieille qui évoque la douleur de l'abandon 

"Tu n'as plus personne à qui parler / De compliments pour se maquiller / La mort est tête en l'air quelque fois / Elle a dû t'oublier ici bas..."

Voilà, un artiste à suivre sûrement, à vous...

 

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Delphine de Vigan, Rien ne s'oppose à la nuit

4 Janvier 2017, 17:51pm

Publié par Parisianne

 Delphine de Vigan, Rien ne s'oppose à la nuit

" Ma famille incarne ce que la joie a de plus bruyant, de plus spectaculaire, l'écho inclassable des morts, le retentissement du désastre. Aujourd'hui, je sais aussi qu'elle illustre, comme tant d'autres familles, le pouvoir de destruction du verbe, et celui du silence."

A bien y réfléchir, cet extrait en page quatre du livre de poche aurait pu me faire fuir ! Les premières lignes encore plus qui évoquent la mort de la mère.

Je n'avais jamais lu de roman de Delphine de Vigan, c'est celui-ci qui m'est tombé sous la main en premier, je me suis dit "pourquoi pas ?".

Les échos que j'en avais eu, la critique de Mohammed Aïssaoui du Figaro Littéraire évoquant "le livre de ma mère" sujet bien souvent traité, n'y sont certainement pas pour rien. 

L'absence de lumière m'a gênée. En ce sens, le roman, puisque c'est bien ainsi qu'il est présenté, porte vraiment bien son titre, Rien ne s'oppose effectivement à la nuit qui s'immisce dans les journées les plus ensoleillées.

L'écriture est plaisante, on se laisse entraîner malgré le malaise permanent. 

"Quoi que je dise et fanfaronne, il y a une douleur à se replonger dans ses souvenirs, à faire resurgir ce qui s'est dilué, effacé, ce qui a été recouvert."

La narratrice raconte sa mère, Lucile, troisième d'une famille de neuf enfants. Les grands-parents, Georges et Liane, "formaient un couple étrange : lui, si cérébral en apparence, mais totalement gouverné par ses affects, elle, si émotive en surface, solide comme un roc et intimement persuadée qu'elle était sotte."  Cette association de personnalités construit une famille en contrastes de joies et de douleurs. La troisième génération, celle de l'auteur n'a semble-t-il gardé que les noirs, hérités de Lucile, " cette enfant mystérieuse qui avait grandi trop vite et qu'elle (Liane) ne prenait plus dans ses bras. "

Ce que j'ai aimé dans ce texte, c'est la façon dont l'auteur se joue de nous lecteurs. C'est un roman à la première personne et tout prête à croire que Delphine de Vigan raconte l'histoire de sa mère, de sa famille. La frontière entre la fiction et la réalité est donc fragile. Sûrement s'en est-elle expliquée dans des émissions de télévision ou de radio, je n'en ai pour ma part entendu aucune.

C'est une manière que l'on retrouve chez de nombreux auteurs, je pense notamment au roman d'Edouard Louis qui a fait couler tant d'encre, En finir avec Eddy Bellegueule. Je m'interroge donc sur la classification dans le registre du "roman" qui reste pour moi  associé à une oeuvre d'imagination et non à un récit autobiographique !

Vous l'aurez compris, ce livre ne me laissera pas un souvenir impérissable. Toutefois, le plaisir de l'écriture élégante de Delphine de Vigan m'a donné envie de récidiver. Nous reparlerons donc de cette auteure prochainement !

"L'écriture ne peut rien. Tout au plus permet-elle de poser les questions et d'interroger la mémoire."

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Pour une belle année !

2 Janvier 2017, 17:40pm

Publié par Parisianne

Pour une belle année !

Difficile de savoir de quoi sera fait le chemin qui s'ouvre devant nous,

l'actualité se charge malheureusement des ombres,

Pour une belle année !

Mais gardons les yeux et le coeur ouverts aux beautés qui nous entourent,

Pour une belle année !

Soyons attentifs aux rencontres,

Pour faire de cette année

 une belle année, 

Pour une belle année !

Je souhaite à chacun d'entre vous une année pleine de paix,

de couleurs et de joies,

de découvertes et de surprises, 

Il y a forcément une lumière au bout du chemin.

Amicalement

Anne

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