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Les musardises de Parisianne

Laurence Marconi, L'Ombre de la colline

4 Juin 2018, 20:20pm

Publié par Parisianne

Laurence Marconi, L'Ombre de la colline

Laurence Marconi est une nouvelliste mainte fois primée dans des concours. Laurence a été longue à passer le cap de l'édition. Après son premier recueil, Sur un air de Gershwin, prix des Beffrois 2014, elle signe là un recueil plein de sensibilité et de multiples parfums.

 

Tu viens de confier ton passé à la mer et tu espères qu'un jour un inconnu pourra le recueillir.

Chère inconnue

J'ai eu le sentiment d'être cet inconnu et d'avoir non pas recueilli mais accueilli ces passés si finement évoqués par l'écriture de Laurence.

Chaque nouvelle nous guide vers des univers différents tout en conviant nos propres émotions et réveillant les souvenirs.

Les parfums évoqués, le pas hésitant d'une enfant entraînée par sa mère, la promesse faite à une aïeule, jusqu'aux ombres du café dans le fond d'une tasse, tout dans ce recueil touche à l'intime et pose un doigt délicat sur les souvenirs, et les chemins de vie.

L'écriture de Laurence est d'une beauté fluide, elle sait nous toucher, l'Ombre de la colline ne fait que mettre en évidence la lumière de chacun de ses personnages avec humour, tendresse ou émotion.

Laurence nous invite à poser un nouveau regard sur ce qui nous entoure "Les nuages qu'il regarde défiler sont autant de bateaux de brume (...) tour à tour bercés, caressés ou malmenés par les vents-courants"  Le Sablier

"Dans les bosquets, au fond des talus, la nuit étouffait les dernières braises du jour." L'ombre de la colline

Ces éléments de décor participent activement à l'évocation des sentiments et la nostalgie domine avec légèreté. Confrontant le passé aux présents, nous voilà comme cet enfant, triomphant avec ses petits cyclistes en fer qui s'échappent de la dernière course de Giuseppe (Fragments) ou comme Henri, que la sonate pour clavier de téléphone du jeune Jimmy fait renaître à ses amours (Sonate d'automne).

J'avoue une tendresse particulière pour Bouquet final et Rose qui défait chaque soir les petits points cousus dans la journée comme pour laisser courir le fil de la vie.

 

Un recueil que je vous recommande chaudement, l'émotion est à chaque page et le plaisir immense.

Un instant encore, elle se blottit au cœur de sa vie envolée.

Tremblements de chair

Je choisis les coloris au gré de mes humeurs ou je les assortis aux couleurs du jardin. Au printemps, je brode des fils verts tendres ou lilas, lorsque les grappes de glycine encadrent la lucarne de rideaux qui frissonnent au premier souffle du vent. Quand la nostalgie m'envahit, ma broderie revêt des teintes ternes et tristes : un ensemble de gris qui finit par donner à l'ouvrage une allure de linceul. Il m'arrive d'accorder les couleurs aux nuances du ciel. (...) Chaque nuit, avant de m'endormir, je défais un à un tous les points cousus dans la journée. Ainsi, mes broderies restent éphémères, mon ouvrage, inachevé. Ma vie ne tient qu'à ce fil.

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James Holin, Bleu, saignant ou à point ?

4 Mai 2018, 08:10am

Publié par Parisianne

James Holin, Bleu, saignant ou à point ?

Vous connaissez James Holin, vous l'avez déjà croisé sur ces pages grâce à ses deux premiers romans, Sacré temps de chien et Un zéro avant la virgule.

Son dernier livre, Bleu, saignant ou à point ?, aux éditions polars en Nord vous rendra témoins de ces drôles de choses qui se passent au Touquet. Bien sûr, vous connaissez forcément cette station balnéaire du Pas-de-Calais qui est un lieu cher à mon coeur mais qui malheureusement se trouve maintenant (trop) souvent sous les feux des projecteurs !

 

 

- Au fait, je me présente, Dragoljub.
Michèle continua sa route.
- Enchantée.
- C'est d'origine bosniaque. Ca veut dire "chéri d'amour". Mais personne n'arrive à le prononcer. Vous pouvez m'appeler Drago. C'est plus simple. Et vous ?
Il avait un côté désarmant.
- Michèle.
- Pas très original.
Il avait un côté mufle aussi.
- Charmant.
- Moi, j'aurais voulu m'appeler Romain.
- Passionnant.
- Romain Gary est mon auteur préféré.
- C'est vrai ? s'exclama l'avocate.
Elle s'arrêta, se tourna vers lui.
- Moi, c'est Emile Ajar.
- Je ne connais pas dit, Drago.

Vous venez de faire connaissance avec deux des principaux protagonistes de l'histoire et d'en saisir le ton.

Michèle, la soixantaine jeune, est une avocate au bord du burn out, Drago, la jeunesse plus sérieuse qu'il n'y paraît est un futur dragueur professionnel plus Don Quichotte que Don Juan. Ils n'ont à priori rien en commun lorsque leurs routes se croisent presque par hasard. 

Michèle rejoint le Touquet pour voler au secours d'une de ses amies inquiète pour son père, et se rendre au chevet de son cousin mourant ; Drago y réside avec son petit frère, tous deux hébergés par leur tante qui tient un café restaurant, et se prépare avec passion au World Seduce Tour qui doit se tenir dans la station.

Sur fond de fantaisie badine, James Holin nous entraîne dans une sordide histoire de marchands de viandes à vous détourner du moindre steack. L'intrigue policière prend le pas sur la frivolité tout en gardant un ton empreint d'humour cinglant pour ne pas dire sanglant. 

Au fil de ces romans, James Holin a pris une maturité d'écriture et ses personnages, s'ils flirtent parfois volontairement avec le cliché, se sont étoffés. La noirceur des magnats de la viande qui pourraient très bien faire la une de nos journaux demain matin (jusqu'à un certain point j'espère, sinon je vais désespérément cultiver mon jardin et devenir végétarienne), le ridicule des rugbymen danseurs, les déménageurs fluets et tant d'autres assaisonnent le texte sans faire oublier que James écrit un polar et que c'est lui qui tire les ficelles dans lesquelles il nous prend.

Une lecture entre sourire et dégoût (je parle là de la viande crue bien sûr, moi je la préfère cuite) à déconseiller aux âmes sensibles peut-être mais à mettre entre les mains des amateurs de polar aux personnages un tantinet déjantés. Pour ce qui est du couple glamour, toute ressemblance... est totalement fortuite bien sûr ! 

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Jean d'Ormesson, Une fête en larmes,

19 Janvier 2018, 11:12am

Publié par Parisianne

Il faut prendre avec gaieté non seulement notre condition humaine, passagère et fragile, mais la totalité d'un univers depuis toujours menacé.

Jean d'Ormesson, Une fête en larmes,

On est maître de son silence, on est esclave de ses paroles.

Le hasard des rangements a mis ce livre entre mes mains, offert à sa sortie à l'occasion d'un anniversaire et manifestement pas lu par l'intéressée, la récente disparition de son auteur m'a donné envie de prolonger un peu sa présence.

A l'exception de Mon dernier rêve sera pour vous, de certains articles, ou de certaines entrées de livres comme son Guide des égarés ou Un jour je m'en irai sans vous avoir tout dit, je n'ai jamais vraiment rien lu de Jean d'Ormesson.

Alors quand j'ai vu "roman" sur la couverture, je me suis dit "pourquoi pas" retrouver sous cette forme que je ne connais le regard pétillant de ce grand homme.

Je crois en vérité que le monde est un roman inachevé. Tous les romans - je parle des plus beaux et des plus grands - ne sont jamais que des fragments d'une formidable aventure dont nous sommes les jouets.

 

Une fête en larmes, est une réjouissance !

Un écrivain célèbre reçoit une jeune journaliste à qui - après de longues hésitations - il se livre au fil d'une journée de confession de l'histoire de son monde qui n'est autre que celle du XXe siècle.

Bien sûr, il n'est pas difficile de reconnaître Jean d'Ormesson lui-même sous les traits de cet homme érudit, passionné, tout à la fois très sérieux et facétieux. Mais comment distinguer les éléments autobiographiques de ceux fictifs ? L'auteur maîtrise l'art de nous perdre à la façon du "mentir vrai" d'Aragon. Qu'importe, le plaisir est là, dans ce texte érudit, et pourtant accessible, qui jamais ne laisse un goût amer même s'il peut paraître parfois un peu long, c'est vrai.

L'Illiade, Chateaubriand, Plessis-lez-Vaudreuil, Proust, l'Odyssée, de Gaulle, Cioran ou Pompidou, la Révolution et les deux dernières guerres, l'aristocratie et les maquisards communistes, ma liste n'est pas exhaustive, mais dans le "roman" tout est là qui se mêle sans jamais nous perdre avec ce plaisir des mots dont on ne se lasse pas.

La voix de Jean d'Ormesson, un peu précieux toujours curieux et magnanime résonne tout au long des pages. Je retrouve pour ma part entre ces lignes cet élégant vieux Monsieur croisé à plusieurs reprises  et qui ne manquait jamais de sourire et de saluer joyeusement à tous ceux qui le croisaient.

Son regard limpide me manquera autant que son esprit aiguisé. Alors si vous aimez son écriture et souhaitez renouer avec ses thèmes favoris, ce livre devrait vous séduire, malgré ce qu'il écrit lui-même :

"J'ai toujours écrit la même chose sous des formes diverses, je me suis beaucoup répété, chacun de mes livres se confond avec les précédents et reprend les mêmes thèmes avec obstination."

Ecrire est difficile, ne pas écrire est impossible.

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Christophe Ono-dit-Biot, Plonger

9 Janvier 2018, 18:56pm

Publié par Parisianne

Christophe Ono-dit-Biot, Plonger

Encore une découverte, je ne connaissais pas cet auteur alors j'ai eu envie de le découvrir et le Père Noël qui lit dans mes pensées, à moins que je ne parle la nuit, ou encore - mais là c'est entre nous-  que j'ai laissé traîner "la liste de mes envies", toujours est-il que ce cher Père Noël a déposé dans mes chaussons une impressionnante pile de livres dans lequel je n'ai eu qu'à me plonger... d'accord c'est facile, je sais ! 

Un peu de sérieux, donc.

Une découverte et une heureuse découverte. J'ai aimé la fluidité de l'écriture, la beauté de l'histoire et les personnages à la fois attachants et agaçants.

Paz est jeune, Espagnole et photographe à Paris. César est un écrivain devenu journaliste qui lorsqu'il croise, par hasard, la jeune femme tombe immédiatement très amoureux. Jusque-là tout va bien, rien de très extraordinaire me direz-vous. Oui mais...

"Ils l'ont retrouvée comme ça. Nue et morte." on se dit que ça peut difficilement se terminer plus mal, sauf que cette phrase est la première du livre. Pas de surprise donc, nous savons d'entrée que Paz est morte noyée. César totalement anéanti par cette disparition décide alors d'écrire leur histoire pour Hector, leur petit garçon.

Sur fond d'actualité (le livre est de 2013), l'histoire se déroule, mettant en scène un couple au prise avec ses démons. Paz est avant tout une artiste, elle fouille, elle cherche l'expression juste. Elle va au bout de ses engagements, au risque de tout détruire. 

"Je l'ai aimée et je l'ai détestée, ta mère, autant être franc avec toi. Même si ça ne te regarde pas, le couple qu'on a été. Un couple, c'est la guerre. Tu verras quand tu seras amoureux."

César écrit donc pour son fils et lui dit toute sa vérité, un peu arrangée, certes, par amour. Père avant tout il ne veut en aucun cas ternir l'image de sa compagne. L'art est très présent, la photographie bien sûr, puisque Paz est une artiste reconnue même si elle doit son succès à un quiproquo né de l'article écrit par César pour forcer un peu la main au destin, mais la sculpture joue également un rôle important. Certains chapitres se déroulent dans les musées, notamment au Louvre et à Orsay.

"Je rêvais depuis longtemps de me faire enfermer dans un musée."

J'ai moi-même prononcé cette phrase un nombre incalculable de fois ! Mais César a eu la chance d'une visite privée du Louvre avec le directeur du musée... rien que ça ! ce chapitre qui évoque L'Hermaphrodite endormi (statue antique qui repose sur un matelas de marbre sculpté par Le Bernin)  est un bonheur de drôlerie et d'émotion. Je vous invite à lire Contralto de Théophile Gautier qui vous renseignera joliment sur cette sculpture !

Mais revenons à notre propos. 

Paz rêve de voyages et d'horizon, César ne veut plus quitter l'Europe. Le récit nous en apprendra les raisons. L'artiste finit par étouffer et après une exposition au Louvre, elle s'envole, devrais-je dire elle s'échappe ? Elle part pour une durée indéterminée et une destination inconnue jusqu'au triste dénouement qui contraindra César à quitter la France pour tenter de comprendre et d'expliquer, quand l'heure viendra, à son petit garçon la fin de sa maman. 

Le propos est très actuel, parfois un peu caricatural (l'écologie, l'art, la politique, les réseaux sociaux) tant tout ce qui peut être abordé dans un dîner est évoqué, mais l'ensemble est un vrai plaisir et ce livre qui a obtenu le Grand Prix de l'Académie française 2013 et le Prix Renaudot des lycéens la même année offre un très agréable moment de lecture. 

 

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Une nouvelle en libre écoute : La vie en rose lue par Thibaut Landier enregistrée par Rama Likibi

7 Janvier 2018, 19:34pm

Publié par Parisianne

Il y a longtemps que je ne vous ai pas parlé de Rama et de son site ABS Multimédias que je vous invite à découvrir ou redécouvrir et surtout à partager autour de vous.

Rama est éditeur de livres audio. Vous savez déjà, pour ceux qui me connaissent, qu'il y a quelques temps j'ai eu le privilège d'enregistrer avec ABS certains textes courts, mais vous n'ignorez pas non plus que Rama m'a offert de très belles émotions en enregistrant certaines de mes nouvelles avec des lecteurs de talent.

Une nouvelle émotion pour commencer l'année, celle de la très belle lecture de Thibaut Landier pour La vie en rose, ce texte qui a eu le bonheur de recevoir le premier Prix de la Villes de Mably en 2015.

La nouvelle est en libre écoute, une belle façon de vous rendre compte de la qualité du travail effectué.

Merci de votre attention, de vos partages et de vos commentaires !

Amitiés

Anne

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Sarah Lancman, vous connaissez ?

6 Janvier 2018, 06:08am

Publié par Parisianne

Sarah Lancman, vous connaissez ?

Si vous ne connaissez pas encore Sarah Lancman, ce qui était mon cas il y a encore très peu de temps, je vous invite à vous laisser emporter par sa voix.

Une fois de plus, je remercie Xavier de l'Agence Attitude de m'avoir guidée vers cette découverte. J'avoue être restée sous le charme de cette chanteuse de jazz dont Quincy Jones a dit "She's a truly great new voice for jazz" alors qu'elle remporte le Premier Prix du Concours International Shure Jazz dont il est président.

Je ne vous ferai pas la biographie complète de cette magnifique chanteuse, je vous invite pour cela à suivre le lien vers son site internet. Je me contenterai donc de vous inviter à l'écouter. Son album Inspiring love enregistré à New York sorti en 2016 est un bonheur que vous pouvez déjà vous offrir en attendant la sortie du prochain A contretemps le 19 janvier prochain.

Accueillez l'année en douceur en ouvrant grand vos oreilles !

 

© Photo _ Daniel Lober & Hugo Chevallier

© Photo _ Daniel Lober & Hugo Chevallier

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Si nous repartions en Voyage ?

4 Janvier 2018, 21:19pm

Publié par Parisianne

Si nous repartions en Voyage ?

Il y a quelques mois déjà, je vous parlais de Voyage, ce beau livre écrit à de multiples mains guidées par Quichottine et dont vous pouvez suivre toute l'histoire sur le blog les Anthologies Ephémères

Avant de poursuivre, sachez déjà que : la souscription du 1er au 15 octobre a permis de vendre 240 exemplaires et de verser 2250€ à l'association Rêves.

"J'ai rêvé d'une barque qui rentrerait au port,
ses filets, ses paniers, garnis de poésie." 

 Balaline le dit bien joliment mais je crois que l'on peut dire que son vœu a été exaucé tant cet ouvrage est plein de poésie dans les textes aussi bien que dans les nombreuses illustrations.

J'ai été particulièrement sensible aux textes des plus jeunes participants qui ne manquent ni de charme ni de diversité et j'aimerais par ces quelques mots les féliciter de leur participation aux Rêves d'autres enfants.

Noël est certes derrière nous mais n'oublions pas que la souffrance malheureusement jamais ne s'arrête et que réaliser un rêve d'enfant peut au moins servir à l'adoucir. 

Alors parlez-en autour de vous, il y a encore tant de rêves à réaliser.

Voici la page de l'association Rêves qui parle de ce livre, suivez le lien et surtout partagez-le ! 

Et pour commander, c'est ICI 

Merci pour les enfants et tous ceux qui les accompagnent ! 

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Que la lumière soit !

4 Janvier 2018, 16:29pm

Publié par Parisianne

Que la lumière soit !

Les temps sont maussades, nombreux sont ceux qui ont subit et subissent encore les tempêtes hivernales, alors en ce début d'année je vous souhaite des instants lumineux, joyeux, amoureux en un mot HEUREUX !

Belle année 2018 à tous, que ce huit tout en rondeurs vous apporte une année pleine de douceur. 

Amicalement

Anne

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Joyeuses fêtes

24 Décembre 2017, 18:17pm

Publié par Parisianne

Joyeuses fêtes

Que la douceur de cet ange qui agrémente le sapin depuis ma petite enfance vous apporte en ces jours de fêtes sérénité et joies.

Cette période est loin d’être facile pour tous, nombreux sont ceux qui souffrent, l’actualité nous montre chaque jour combien le monde est capable de folies, les solitudes sont exacerbées, les absents manquent encore plus quand la joie doit régner, les abandons paraissent plus douloureux dans les rues en habit festif, etc. 
Je n’ai pas de pouvoir sur les misères du monde, alors à ma façon, et simplement, je tente d’adoucir au mieux le quotidien de ceux qui m’entourent, proches ou non.

Je souhaite pour chacun que règne l’esprit de Noël pour des instants de bonheur en famille, entre amis pour ceux qui sont loin des leurs, avec les collègues pour ceux qui travaillent ces jours-ci.
Quel que soit le sens, religieux ou non, que cette fête soit source de joie. 
Les petites joies ne pourraient-elles pas faire les grands bonheurs ?


Soyez heureux, c’est contagieux ! 
Prenez soin de vous et des vôtres !
Joyeux Noël !

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Novecento, quand Dussolier fait danser Baricco

14 Novembre 2017, 20:02pm

Publié par Parisianne

Novecento, quand Dussolier fait danser Baricco

"Dans les yeux des gens, on voit ce qu'ils verront, pas ce qu'ils ont vu."

Novecento : pianiste, c'est avant tout un court texte d'Alessandro Baricco, écrivain et musicologue italien, qu'il dit lui-même avoir écrit pour un comédien et un metteur en scène. C'est donc un texte écrit pour être écouté sans pour autant être qualifié par l'auteur de pièce de théâtre, malgré quelques didascalies.  Au-delà de la musique des mots, la musique présente tout au long de cette belle histoire joue un rôle important et s'invite tout naturellement sur scène.

Novenceto a été abandonné à sa naissance sur le piano d'un transatlantique duquel il ne descendra jamais. Elevé par l'équipage, il devient pianiste, LE pianiste de l' Atlantic Jazz Band.

"Il était vraiment, le plus grand. Nous, on jouait de la musique, lui c'était autre chose. Lui, il jouait... quelque chose qui n'existait pas avant que lui ne se mette à le jouer, okay ? Quelque chose qui n'existait nulle part. Et quand il quittait son piano, ça n'existait plus... ça n'était plus là, définitivement...".

Le jeune trompettiste engagé par Novecento lui-même est le narrateur de la vie de celui qui devient rapidement son ami, une vie sur les flots le regard tourné vers le monde. 

"Le monde, il ne l'avait peut-être jamais vu. Mais ça faisait vingt-sept ans que le monde y passait sur ce bateau : et ça faisait vingt-sept ans que Novecento, sur ce bateau, le guettait. Et lui volait son âme."

Vous l'aurez compris, le livre est plein de poésie, de tendresse, d'humanité.

"Il savait écouter. Et il savait lire. Pas les livres, ça tout le monde peut, lui, ce qu'il savait lire, c'était les gens."

Au théâtre du MontparnasseAndré Dussollier s’empare du texte, avec toute son énergie et son talent. Metteur en scène et interprète, il nous entraîne pour un pur moment de bonheur accompagné par des musiciens incroyables. Il suffit d'écouter, de laisser ses pieds danser et son cœur chavirer (je sais elle est facile) pour faire une traversée pleine de sourires et d'émotions ! 

Et pour accrocher un sourire à nos lèvres dès le début de la pièce, Stéphane De Groodt a concocté une introduction à sa façon, pleine de facéties.

Je vous recommande chaudement cette pièce !

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