Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
Les musardises de Parisianne

Grégoire DELACOURT, Les Quatre saisons de l'été

27 Octobre 2016, 10:16am

Publié par Parisianne

Grégoire DELACOURT, Les Quatre saisons de l'été

En y réfléchissant, je crois que c'est le titre qui m'a attirée dans ce livre. J'ai lu il y a quelques temps La liste de mes envies sans en avoir gardé aucun souvenir, je n'en ai même pas parlé ici, c'est que sûrement ce roman ne m'a pas touchée, il a pourtant rencontré un vaste succès je crois. C'est rarement ce qui m'influence dans mes choix. 

Les Quatre saisons de l'été, je n'en avais jamais entendu parler, ça m'a tentée !

J'ai beaucoup aimé la forme, ces nouvelles qui n'en sont pas vraiment, ce roman qui n'en est pas vraiment non plus, des histoires en écho, des phrases que l'on retrouve, des phrases parfois banales "l'amour c'est quand on a les mains qui piquent, les yeux qui brûlent, quand on n'a plus faim !" prononcée par une très jeune fille qui attend ses premiers émois, et répétée plus tard par une femme qui cherche à renouer avec les siens, d'autres légères, "Ici, des femmes qui sortent des goûters au chocolat. Là, quelques séducteurs en chasse. On aurait dit un Caillebotte joyeux.", et des personnages qui se croisent sans parfois même se parler.


Ces histoires d'amour aux différentes saisons de la vie, toutes mises en scène le dernier 14 juillet du siècle dernier, sur la plage du Touquet ont été une jolie découverte. Le langage des fleurs offre un parfum tantôt délicat, tantôt envoûtant voire écoeurant mais au final, le bouquet est harmonieux.

Un ensemble qui se lit avec facilité et une certaine tendresse à l'égard de quelques personnages. 

 

Grégoire DELACOURT, Les Quatre saisons de l'été

Voir les commentaires

Jean-Michel Guenassia, La Valse des arbres et du ciel

19 Octobre 2016, 19:19pm

Publié par Parisianne

Jean-Michel Guenassia, La Valse des arbres et du ciel

C'est avec une certaine impatience que je guettais le prochain Guenassia tant son Club des incorrigibles optimistes m'avait séduite, alors quand j'ai vu que son nouveau roman avait pour décor Auvers-sur-Oise et pour personnage central Vincent van Gogh, je me suis réjouie.

Je ne dirai pas que je suis tombée sous le charme comme c'était le cas pour le précédent mais l'alternance entre récit mené par Marguerite Gachet, fille du célèbre docteur, et documents d'époque, extraits de journaux, lettres de Vincent à son frère Théo, rend le roman vivant et donne un ton original.

"La toile, qui était grise à mon arrivée, parut animée d'un souffle de vie avec ses arbres et son ciel dansant une sarabande endiablée."

Marguerite Gachet vit à Auvers entre son père et son jeune frère, sa mère est morte alors qu'elle n'a que trois ans. Son père, médecin impécunieux, s'intéresse à la nouvelle peinture et n'hésite pas à accepter des toiles en guise de paiement ; Marguerite qui aime elle aussi dessiner et peindre manque d'originalité mais excelle à s'approprier le talent des autres en copiant les œuvres des clients de son père. La jeune fille rêve d'échapper à cette prison sans amour, de partir en Amérique pour y peindre en toute liberté, elle rêve surtout de trouver un moyen de fuir un mariage arrangé, qui rendrait un fier service à son père, puisqu'elle ne peut même pas s'échapper par l'étude ; malgré son baccalauréat elle ne peut prétendre faire des études puisqu'elle est née femme et que les femmes à cette époque n'avaient aucune raison d'étudier. Même l'école des Beaux-Arts leur est inaccessible.

Lorsque Vincent van Gogh vient frapper à la porte du Docteur Gachet, la vie de Marguerite bascule. Elle rejette le carcan imposé aux femmes, elle rejette la volonté de son père et tente vaille que vaille d'obtenir de Vincent des conseils pour ses propres toiles. Le peintre est attendri par cette très jeune fille qui se jette dans ses bras et s'invite dans son lit. Celui que l'on dit malade et démuni savoure son séjour à Auvers, il produit de nombreuses toiles et projette de rejoindre Gauguin en Bretagne. Marguerite est subjuguée par son talent.

Marguerite, profondément amoureuse est prête à tout pour partir avec Vincent qui refuse l'idée de partager sa vie. Il a le double de son âge, rien à lui offrir, il ne veut même pas d'enfant.

"A la lumière de la bougie qu'il tenait en l'air pour les éclairer, les fleurs semblaient vivantes. (...) je ne me souvenais pas avoir jamais vu de fleurs peintes de façon si humaine."

Fascinée par l'homme mais plus encore par le peintre, Marguerite n'aura qu'un seul amour.

La vie de Vincent s'est arrêtée là, à Auvers, brutalement alors que rien ne pouvait laisser présager que la maladie nerveuse dont il souffrait puisse resurgir.

Vincent s'est suicidé, c'est du moins la version officielle.

Le Docteur Gachet aura la chance d'avoir un certain nombre de ses oeuvres et personne ne saura que sa fille l'a déshonoré en se compromettant avec ce barbouilleur, si talentueux puisse-t-il être... Tout est bien qui finit bien...

Marguerite anéantie finit par reprendre le dessus en s'immergeant dans la peinture, sa peinture à la manière de...

*****

Mélangeant fiction et réalité, Jean-Michel Guenassia nous fait vivre les derniers 70 jours de Vincent à Auvers, son talent d'écrivain fait surgir les toiles célèbres qui se dessinent entre les lignes.

Je ne connais pas réellement les théories évoquées à propos de la mort de van Gogh, suicide ? accident ? assassinat ? quoiqu'il en soit, ses oeuvres lui ont offert l'éternité.

Le mystère reste entier et les blés qui frissonnent le long du cimetière d'Auvers où les deux frères reposent ne livreront jamais leur secret.

 

 

Voir les commentaires

La Peur, au théâtre Michel

17 Octobre 2016, 18:52pm

Publié par Parisianne

La Peur, au théâtre Michel

Après son succès au Festival d'Avignon, La Peur arrive à Paris au théâtre Michel.

Merci à Xavier Chezleprêtre de l'Agence Attitude de nous avoir permis de voir cette pièce inspirée de la nouvelle éponyme de Stefan Zweig adaptée et mise en scène par Elodie Menant.

Si Zweig excelle dans la description des tourments de l'âme, Hélène Degy, Aliocha Itovich et Ophélie Marsaud se glissent merveilleusement dans ces personnages évoluant sur un fil tendu.

 

"Quand la porte se referma il lui sembla que retombait le couvercle d'un cercueil. Le monde entier lui paraissait mort, seul son coeur, au fond de son corps glacé, battait farouchement dans le vide, et chaque battement augmentait sa souffrance." 

Irène jeune femme délaissée par son avocat de mari se console dans les bras d'un autre jusqu'au jour où en quittant ce dernier, elle est abordée par la jeune et désespérée Elsa qui se dit sa compagne et demande de l'argent sous la menace de tout dévoiler au mari trompé.

La peur s'empare peu à peu d'Irène, transformant la jeune femme gaie et vivante en une femme traquée, hantée et poursuivie par celle qu'elle nomme la sorcière. Son comportement étrange finit par alerter son époux.

La tension monte au fil des angoisses d'Irène, jusqu'à la chute finalement inévitable.

Le décor composé de structures mobiles évoquant l'intérieur du jeune couple accentue ce sentiment oppressant que l'on ressent très vite. La quasi omniprésence d'Elsa pourrait presque être assimilée à la voix de sa conscience qui la poursuit sans relâche.

Deux scènes se jouent en fait simultanément, nous interrogeant sur la lucidité d'Irène enfermée dans son mensonge et incapable de dialoguer avec son époux malgré les tentatives de ce dernier pour la faire parler et se rapprocher d'elle.

La tension est palpable et monte crescendo portée par le talent du trio d'acteurs.

"Le malheur, elle le sentait maintenant avec une netteté effroyable, était inévitable, la délivrance impossible."

La pièce, parue en France en 1935, a été transposée par Elodie Menant dans les années 1950, on frôle parfois une plus grande modernité dans les dialogues sans que cela soit gênant tant on est pris par le jeu des comédiens. Les deux femmes que tout oppose, l'une habillée de clair, l'autre des couleurs de l'ombre, tissent un dialogue sans échange, plein de la méfiance nerveuse de l'une et du calme pouvoir de nuire de l'autre.

Et lorsque l'on sort de ce huis clos, on est surpris de constater qu'un peu plus d'une heure seulement s'est écoulée. 

 

N'hésitez pas, allez-y, c'est au Théâtre Michel, 38 rue des Mathurins, un de ces jolis théâtres parisiens qui permettent d'arrêter le temps l'espace de quelques heures.

La Peur, au théâtre Michel
La Peur, au théâtre Michel
La Peur, au théâtre Michel
La Peur, au théâtre Michel

Voir les commentaires

Les Damnés de la mer, Ciane C.

11 Octobre 2016, 18:48pm

Publié par Parisianne

Une découverte, une émotion et l'envie du partage.

Le travail de Ciane C. me touche profondément, je ne doute pas qu'il en soit de même pour vous.

 

Voir les commentaires