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Les musardises de Parisianne

Caprices, Marguerite Duras

30 Avril 2014, 08:18am

Publié par Parisianne

Il ne vous aura pas échappé que l'année 1914 ne commémore pas simplement la tragédie de la Première Guerre Mondiale. Dans un registre moins dramatique, ceux qui s'intéressent à la littérature auront bien entendu noté les hommages rendus à Marguerite Duras - pseudonyme de Marguerite Donadieu le 4 avril 1914- à l'occasion du centenaire de sa naissance.

L'Association Textes et Voix ne pouvait manquer cet événement littéraire, nous avons donc eu le plaisir d'entendre une lecture d'un texte inédit, attribué à Marguerite Duras, Caprices, écrit en 1943 comme un texte "alimentaire" et publié l'année suivante aux Editions Nicéa dans la collection Visages de femmes, série de romans à l'eau de rose non signés par les auteurs. Voilà donc la raison qui explique que Caprice ne sera pas édité et qu'il n'apparaît pas dans l'intégrale de l'oeuvre de Duras aux éditions La Pléiade. S'il n'est pas accessible à tous, ce texte se dévoile par la voix, c'est Marie-Christine Barrault qui nous en a offert une très belle lecture.

Présenté (à tort) comme un roman de gare, ce texte -qui montre effectivement quelques travers de midinette- n'en est pas moins intéressant et s'il n'atteint pas la qualité de l'écriture de Duras, il laisse entrevoir de belles perspectives. J'ai pour ma part eu la tentation de le rapprocher de Moderato Cantabile, ce roman très fort paru en 1958.

Je ne vous fais pas languir plus longtemps, voici un petit résumé de l'histoire.

Bernard et Babeth, mariés depuis deux ans, sont en vacances à Biarritz avec la mère et le frère de cette dernière. Alors que ses proches partent pour une excursion, Babeth refuse de les suivre. Elle passe la journée sur la plage où elle aperçoit (par hasard) un jeune homme qui après avoir beaucoup nagé s'allonge non loin d'elle. Troublée par cette présence, elle n'a de cesse de se faire remarquer par lui, sans arrière pensée, juste parce qu'elle est femme et que ce n'est pas parce qu'elle est mariée qu'elle n'a pas le désir de plaire. Ils ne s'adressent pas la parole, se regardent à la dérobée ; rentrée à l'hôtel, Babeth confie son émoi inexplicable à son journal. Elle rencontrera de nouveau le jeune homme en se rendant à la foire pour y chercher des sucres d'orge, le trouble sera plus grand encore.

A quelques jours du retour à Paris, le couple va passer une soirée au casino. L'apparition est là, Bernard lui autorise une danse avec son épouse, ce mari très sûr de sa possession et fier de la beauté de sa compagne n'a aucune raison d'être jaloux voir même méfiant. Il aime Babeth, Babeth l'aime, il n'a pas grand chose à lui dire en dehors de l'évocation de ses affaires professionnelles et de son amour sincère, mais leur vie est parfaite.

Bernard s'absente une semaine pour se rendre, seul, chez sa mère. Babeth ne peut s'empêcher d'appeler le numéro de téléphone parisien que lui a confié le jeune homme au cours de leur danse. Irrésistiblement attirés l'un par l'autre, ils deviennent amants le temps de quelques jours. Celui dont nous apprenons qu'il s'appelle Jean repartira pour Biarritz au jour du retour de Bernard.

En quittant son amant, Babeth, effondrée, se demande comment elle va pouvoir reprendre sa vie auprès de son mari. Mais lorsque celui-ci la serre dans ses bras, " Elle pense qu'elle pourra rester avec lui, qu'elle est maintenant en règle avec la vie ".

***

L'histoire, vous en conviendrez est assez banale et son traitement dévoile une écriture rapide, sans recherche attentive. Malgré tout, et la salle hier était quasi unanime, il y a de l'esprit durassien dans ces lignes, une richesse de l'analyse des sentiments. Il est aussi très surprenant de se dire que ce texte assez osé est paru en 1944, Marguerite Duras a toujours osé quelques provocations dans sa façon de traiter de sujets humains, c'est ce qui fait d'elle peut-être la plus accessible des auteurs apparentés au Nouveau roman ?

Et pour conclure, cette citation extraite de Marguerite Duras, La passion suspendue, entretiens avec Leopoldina Pallotta della Torre, au Seuil, entretiens avec une jeune journaliste italienne traduits par René de Ceccatty dont je vous conseille la lecture.

"Leopolidina : Quelle est selon vous la tâche de la littérature ?

Marguerite Duras : De représenter l'interdit. De dire ce que l'on ne dit pas normalement. La littérature doit être scandaleuse : toutes les activités de l'esprit, aujourd'hui, doivent avoir affaire au risque, à l'aventure. Le poète même est en soi ce risque même, quelqu'un qui contrairement à nous, ne se défend pas de la vie. (...) "

 

Trouville, Hôtel des Roches noires

Trouville, Hôtel des Roches noires

Je vous rappelle que dans la rubrique Pages, vous trouverez le sommaire des lectures classées par ordre alphabétique d'auteurs.

 

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Enfin, Paul Andreu

23 Avril 2014, 14:30pm

Publié par Parisianne

Vous connaissez sûrement Paul Andreu, l'architecte de l'aéroport Charles de Gaulle ou de l'Opéra de Pékin pour ne citer que deux de ses plus célèbres réalisations, peut-être connaissez-vous moins l'écrivain, le romancier. C'est ce dernier que nous évoquerons aujourd'hui, à propos de son dernier livre Enfin, paru chez Gallimard en début d'année.

J'ai découvert Paul Andreu, auteur, l'an dernier lors d'une lecture à Textes et Voix, d'extraits de son précédent livre, Archi-mémoires, et j'avais apprécié l'entendre parler de son travail, de ses réalisations mais aussi de ses rêves.

J'étais curieuse de le découvrir dans un univers romanesque, forcément différent. C'est à nouveau par la voix, ou plutôt par les voix, que je suis entrée dans ce livre. Ces voix célèbres étaient celles de Christiane Cohendy et Dominique Pinon. Deux acteurs qui ont donné vie aux deux personnages de ce roman bouleversant. 

****

Elle vit seule, souffre d'un mal incurable et voit sa mémoire s'échapper. " En pénétrant dans l'ascenseur, elle vit dans la glace qui lui faisait face la tache blanche de ses cheveux et, surprise de cette présence inattendue, se retourna aussitôt (...)

A l'intérieur, c'était le silence et ce sentiment de vide apaisé que donne l'ordre. (...) Elle s'assit dans celui des deux fauteuils qui faisait face au poste de télévision. C'était le sien, l'autre restait vide. Elle regarda longuement la pièce et se le répéta une fois encore à mi-voix : je suis seule. (...) "

Lui vit seul avec ses livres, et ne se voit pas d'avenir. "Lire avait été sa passion, c'était aujourd'hui une obligation  vitale (...) Les médicaments avaient arrêté sa chute dans la nuit, les livres, eux, lui avaient permis de remonter à la surface déserte, réduite et solitaire qui, pour longtemps, serait la sienne (...) La vie qu'il voulait désormais était liée aux mots et aux phrases imprimés ; sans eux il ne lui resterait, au mieux, qu'une existence desséchée et solitaire qu'il aurait pu quitter aussitôt. 

Ils se croisent dans leur quartier, ne se sont jamais parlés jusqu'au jour où il la trouve bouleversée devant un immeuble devant lequel des ouvriers dressent un échafaudage. Visiblement ébranlée, il l'aide à regagner son domicile.

Quelques semaines plus tard, elle l'aperçoit et l'interpelle pour le remercier. Elle finit par lui avouer qu'avec sa mémoire défaillante elle confie à des façades ses souvenirs.

"Monsieur, depuis un certain temps, je perds la mémoire. Oh, lentement, j'allais dire naturellement. J'ai d'abord buté sur les noms propres, je m'arrêtais au milieu d'une phrase, incapable de poursuivre ; comment avais-je pu oublier un nom si familier ? Je ne l'avais pas vraiment oublié d'ailleurs, je ne savais plus l'atteindre.(...) J'ai vécu avec cette infirmité. 
Un jour, bien plus tard, j'ai constaté que des images s'effaçaient, des conversations, des sentiments aussi. C'était plus grave. (...)

Que faire ? Que faire pour enrayer cette déchéance ? Après beaucoup de réflexion, beaucoup de recherches -je vous fais grâce de leur description-, j'ai déposé mes souvenirs le long des rues que je fréquente, sur les immeubles, dans les porches, sur les appuis de fenêtre, dans les arbres aussi, et les candélabres, bref dans des endroits qui restent à tout moment visibles. Pourquoi ? En deux mots, parce que me souvenir seulement de l'endroit où j'avais déposé chacun d'entre eux et être ainsi assuré de les retrouver à loisir me coûtait moins d'efforts que de les maintenir entiers dans ma mémoire."

Suite à ces confidences inattendues, un lien se tisse peu à peu  entre les deux personnages, 

"(...) avec les mois, chacun avait appris, ou plutôt réappris, à ne plus avoir peur : elle des silences qu'elle redoutait comme l'oubli, comme le vide, synonyme pour elle du néant et de l'effroi de la disparition ; lui de ces périodes de paroles compulsives qui ramenaient au jour ce qu'il aurait souhaité enseveli à jamais."

L'attention portée à l'autre se fait plus grande, leur solitude est progressivement habitée.

"J'avais envie de la revoir, c'était une chose bien nouvelle pour moi et tout à fait imprévisible (...)".

De rencontres au café des Amants, en promenades dans leur quartier, à mi-mots les secrets se disent, et les sentiments naissent. Ils n'ont ni âge ni nom, pas même un prénom, ils sont des étrangers qui s'apprivoisent dans les absences de la mémoire et les silences des non-dits. 

"Ni l'un ni l'autre, pendant des semaines, ne cherchèrent à démêler leurs sentiments. Ils se retrouvaient avec bonheur, bavardaient des heures durant, se séparaient en riant, certains de se retrouver le lendemain et de reprendre ensemble ce cycle élémentaire."

L'auteur évoque avec beaucoup de pudeur la naissance des sentiments, ce besoin de proximité des corps dans une forme de tendresse absolue, un amour d'une grande pureté.

"Grâce à lui, elle était heureuse.
Il aurait aimé qu'elle le lui dise. C'était sans doute impossible.
[...] 
Grâce à elle, il était heureux. Le lui disait-il, lui à qui  les mots obéissaient mieux ? Non, il ne savait pas leur donner cette liberté, mais il la regardait avec tendresse et gratitude, et à son tour, il la liait au monde et à lui par des fils colorés. Plus le temps passait, plus le nombre de ces liens augmentait. Ils tissaient maintenant, déjà, un cocon protecteur autour d'eux."

La maladie la ronge, elle souffre énormément, il veille donc sur elle avec délicatesse et discrétion, jusqu'à décider de la conduire pour un dernier voyage en Suisse, au pays de son enfance, en quête d'un lieu qui l'habite, souvenir heureux ou malheureux, impossible de le savoir vraiment. Il souhaite seulement qu'elle soit sereine. Il est non seulement sa mémoire mais aussi sa force pour l'aider à lutter contre les douleurs violentes qui la terrassent de plus en plus souvent.

"Il ne la quittait pas, il s'occupait d'elle. "Suis-je ton amant ou ton infirmière ?" Les deux, bien sûr, évidemment, mais c'était clair, n'est-ce pas : elle avait besoin d'un amant bien plus que d'une infirmière. 

- Vous ne diriez pas ça si vous n'aviez pas d'infirmière. A quoi sert un amant au coeur de la souffrance ?
- Il sert plus que nous ne pensez. Il a été, il est encore votre miroir, plus, votre empreinte. Des images fugitives flottent autour de lui, tellement plus belles. Pressez-vous contre lui et vous reprenez forme. Et puis, bien sûr, il vous aime. Car vous m'aimez, n'est-ce pas ?
"

Et cet amour est total, dans un don de soi absolu évoqué par l'auteur avec une infinie pudeur et une très grande délicatesse. L'absence de réelle description des personnages, (ils se dévoilent souvent à nous par le jeu de l'observation de l'autre) l'absence de noms et jusqu'au vouvoiement dont ils ne se départissent jamais font de ce roman une très belle histoire portée par un style d'une grande fluidité rendant les silences palpables sans être pesants et les non-dits limpides, jusqu'à la dernière phrase, au dernier mot "enfin".

"Je découvris, moi qui pensais en avoir fait l'expérience complète au cours de toutes mes années d'isolement, que le silence créait des liens et les multipliait entre ceux qui le respectaient d'une volonté commune, qu'il les enveloppait ensemble, à la fin, d'un feutre que ne traversaient ni la peur ni l'angoisse, qui les réunissait et les protégeait sans entraver leur liberté."

 

Enfin est de ces livres que l'on ferme à regrets, je ne peux que vous inciter à plonger dans l'univers de Paul Andreu. Je garderai pour ma part le souvenir d'un double plaisir, celui des voix de Christiane Cohendy et Dominique Pinon dans leur très belle traversée de ces pages, et celle de ma voix intérieure à ma propre lecture. Dans les deux cas l'émotion a été au rendez-vous, profonde, durable.

 

 

 

Paris, rue Dantzig

Paris, rue Dantzig

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Les mots à la bouche

17 Avril 2014, 20:12pm

Publié par Parisianne

Vous êtes nombreux à avoir remarqué qu'il était régulièrement question de livres "dits" et de lectures à voix haute, que ces lectures soient "spectacles" ou privées.

Je ne parlerai ici que de la lecture privée, c'est celle qui me concerne en tant qu'intervenant. Pour les lectures "spectacles", par le biais de l'association Textes et Voix, ou souvent au Musée Rodin, je suis simplement auditrice, et le plaisir est différent.

"Lectrice", cette activité a pris une réelle importance pour moi au point que j'ai suivi, avec un grand plaisir, un atelier de lecture à voix haute par le biais de l'Association l'Age d'Or de France. Le but était, avant tout, de me confronter à des écoutes extérieures au cercle privé dans lequel je pratiquais la lecture afin d'apprendre encore davantage et de pratiquer la lecture à voix haute.

Partager le plaisir des mots par la lecture, découvrir en duo un roman, une nouvelle, voire même un poème offre un nouveau regard sur les textes, une approche différente et une attention particulière. Permettre à une personne, qui se trouve dans l'incapacité de lire, de pénétrer un univers par la voix est une émotion que j'ai découverte dans des circonstances particulières mais qui sont aujourd'hui une nouvelle lumière. 

Mes recherches menées dans ces domaines m'ont permis de rencontrer un jeune garçon sympathique et volontaire qui a créé sa structure, ABS multimédias pour offrir au plus grand nombre un accès à la culture littéraire, sonore et multimédias ainsi que des conseils en MAO (musique assistée par ordinateur) à l'attention des non-voyants. 

Nous nous sommes rencontrés une première fois, puis une seconde pour faire une première séance d'enregistrement. Lire à quelqu'un est un exercice qui demande de l'attention mais lire devant un micro est autrement plus difficile. Il a fallu la gentillesse et la patience de Rama pour mener à bien cette première expérience.

Ce n'est pas sans une certaine émotion que je vous emmène aujourd'hui vers le site d'ABS sur lequel vient de paraître notre première collaboration. Cette courte nouvelle écrite sur le thème de la jalousie est paru le mois dernier dans la revue du Traversier dont je vous ai parlé dernièrement. Voici donc la version audio en écoute libre mise en musique par Rama lui-même. 

Nh'ésitez pas à diffuser autour de vous le lien vers le site de Rama, n'hésitez pas à écouter le facétieux génius qui répondra à des questions variées, et à parcourir la bibliothèque dont vous pouvez aisément devenir membre. Il faut simplement s'inscrire. Rassurez-vous, vous ne recevrez pas de publicités invasives, juste l'annonce des nouveautés. C'est une manière d'encourager le travail fait par Rama.

Quant à moi, je poursuis mon propre travail sur la lecture et sur la voix, avec le désir toujours plus fort de partager de nouvelles émotions.

Pour découvrir le site, c'est par . Vos commentaires et avis sont importants, n'hésitez pas. 

Merci

 

Les mots à la bouche

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Le roman du café, Pascal Marmet

10 Avril 2014, 19:44pm

Publié par Parisianne

tous les livres sur Babelio.com

Si vous cherchez un roman pour les vacances, passez votre chemin, par contre si vous êtes amateur de parfums, que vous aimez les couleurs et que vous êtes curieux, installez-vous, prenez un café et suivez Pascal Marmet.

Lorsque l'équipe Babelio m'a invitée à participer à Masse critique et à recevoir un livre à commenter, mon choix s'est porté sur celui-ci, par curiosité d'abord, mais aussi parce que je connaissais Le roman de la Russie insolite de Vladimir Fédorovski et que ce dernier est directeur de cette collection aux éditions du Rocher.

Et puis, comment résister aux parfums du café !

C'est donc avec enthousiasme que je me suis plongée dans cet ouvrage, ne sachant pas très bien à quoi m'attendre. Le côté roman est totalement anecdotique, et s'il donne un côté sympathique, il m'a semblé que cela manquait un peu de "liant" pour faire de ce livre un vrai roman du café.

Julien a vingt ans, il devient non-voyant à l'âge de 9 ans, il est élévé par un grand-père épouvantable qui l'accuse d'avoir tué sa fille chérie, morte en donnant la vie. La meilleure amie de Julien, Johanna est journaliste et "regard" pour le jeune homme.

Julien est donc élevé par son grand-père mais malgré ses mauvais travers, ce brave homme exerce un métier magique, il est torréfacteur rue du Four, à Paris, le petit garçon grandit donc dans les parfums de café et devient vite un expert.

"Je me rappelle que je noyais mon nounours dans les sacs de café pour m'endormir enveloppé de cette odeur consolante. " Qui a dit que le café empêchait de dormir !

Un jour qu'il vante les qualités des petites capsules colorées dont Monsieur Clooney est l'ambassadeur de charme, le grand-père horrifié et fou de rage met Julien à la porte. Viré comme un malpropre et sans un sou ! Voilà qui fait basculer une vie, et pas qu'une puisque après cet acte d'une grande cruauté le grand-père tombe malade, les clients fuient la boutique et Julien et Johanna décident de partir sur les traces du café pour rejoindre Sao Paulo, ou un des fournisseurs de la brûlerie est tout prêt à les accueillir à bras ouverts. Quelques péripéties semées de grains noirs après, nous retrouvons nos deux protagonistes à Paris, près à rouvrir la brûlerie familiale et à en faire le temple du café équitable et social. 

"Sans un maître torréfacteur, point de bon café. C'est l'artisan, l'artiste et le créateur du goût. Il lui faut un "nez" pour ressentir le caractère de la fève, de l'oreille pour entendre psalmodier le grain cuit au plus juste parce que rôti deux secondes de trop, votre lot se transforme en une infâme boisson."

Je vous le disais, le côté roman est assez anecdotique et si les jeunes gens sont plutôt attachants, ils manquent un peu de saveur.

Ce n'est pas le cas de l'aspect document parce que c'est, finalement, ce qu'est ce livre, un véritable documentaire sur le café.

Tout y est, l'histoire du breuvage à travers les siècles ("si j'ai bien compris, le jeune chevrier Kaldi se fait piquer sa trouvaille au Yemen par des moines qui se la font voler par des Arabes, qui se la font chouraver par des Hollandais, qui se la font repiquer par la France, qui se fait enfumer par le Brésil, qui lui se fait rouler par l'Amérique centrale ? " une synthèse façon Johanna), les origines du nom et les différentes appellations dans le monde, les zones de production bien sûr et même des informations sur les problèmes rencontrés aujourd'hui pour protéger cet "or noir" et ceux qui le cultivent. Une véritable mine de renseignements tous plus intéressants les uns que les autres, agrémentés de citations savoureuses et de bonnes adresses que j'ai très envie de tester maintenant que les femmes peuvent sans honte s'asseoir dans un café !

" En Europe, la présence des femmes s'est longtemps limitée à la cafetière, qui servait les clients et tenait la caisse. "

"Furetière, l'un des premiers dictionnaires de la langue française, signale en 1884 l'apparition du mot "cafetière" "

Et pour finir, Pascal Marmet termine son ouvrage par les "Vertus et recettes du marc de café" que vous pourrez Mesdames utiliser comme produit de beauté mais aussi comme répulsif à insectes ou encore engrais pour vos jardins. 

Ne boudez pas votre plaisir, embarquez pour un tour du monde, humez ces parfums chauds et plongez-vous dans ce qui s'apparente plus à un guide du café qu'à un roman mais n'en reste pas moins fort savoureux   !

 

Merci à Babélio et à Pascal Marmet de m'avoir permis de découvrir cet univers là, c'est sûr, je ne savourerais plus mon expresso de la même manière maintenant !

 

Les trois grains de café, offert par un jardinier des Serres d'Auteuil et qui grandissent tranquillement sur mon bureau depuis un peu plus d'un an

Les trois grains de café, offert par un jardinier des Serres d'Auteuil et qui grandissent tranquillement sur mon bureau depuis un peu plus d'un an

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