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Les musardises de Parisianne

Lisibilité

29 Janvier 2014, 09:24am

Publié par Parisianne

Il m'a très gentiment été signalé que la police que j'utilise pour les articles est modifiée sur certains environnement, rendant la lecture difficile.

Je veillerai donc, dorénavant, à n'utiliser que l'arial, lisible par tous, a priori.

N'hésitez pas à me contacter par la rubrique "contact" si vous constatez un dysfonctionnement et même si vous repérez des fautes dans les articles ! J'ai beau relire, il arrive que des choses m'échappent !

*****

Je remercie sincèrement Marick d'avoir pris le temps de m'informer de ce problème et j'en profite pour vous remercier tous, vous qui passez par ici, certains en laissant un commentaire, d'autres silencieusement mais régulièrement.  

S'il est un peu frustrant de ne pas savoir qui se cache derrière tel ou tel nom, c'est toujours un plaisir de voir que de nouveaux abonnés s'inscrivent à la newsletter,

Cet espace est avant tout un lieu de partage. N'hésitez pas à donner votre avis sur les différents articles, à faire part de vos propres ressentis sur les lectures ou autre posts.

Depuis le temps que je m'amuse à tenir un blog, j'ai constaté que des liens se sont tissés avec des personnes de tous horizons, et lorsque la lassitude me gagne, ça arrive, je pense à vous tous que je ne connais pas mais qui prenez le temps de me lire, certains depuis des années.

Alors de façon totalement irrégulière, en fonction de mon emploi du temps, mais toujours avec un grand plaisir, je reviens vers vous pour la beauté et la richesse de tous ces échanges.

A bientôt, donc

Anne 

 

 

Lisibilité

Tour de sphère

J’ai croisé dans la sphère 
Toutes sortes de caractères,
Des auteurs de bons mots
Qui soignent tous les maux,
Des accros du bonheur
Aux lignes pleines de saveurs,
Et parfois des passants,
Egalement charmants,
Qui sans en avoir l’air,
Laissent des commentaires,
Autant d’encouragements
Qui marquent l’engouement.
Chacun suit son chemin,
Prêt à tendre la main
A celui qui parfois
Semble perdre la foi.
Sur le fil de la toile,
Brillent toutes ces étoiles,
Ne soyez pas surpris
D’y trouver des amis.

Fantaisie, Anne 2009

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Prince d'orchestre, Metin Arditi

26 Janvier 2014, 21:14pm

Publié par Parisianne

Nous avons déjà eu l'occasion de parler de cet auteur, assez récemment à propos de La Confrérie des moines volants, et auparavant avec Le Turquetto. Vous ne serez donc pas surpris si je vous dis que j'aime les univers dans lesquels il nous entraîne, d'autant que bien souvent l'art y est omniprésent.

Il sera, comme le titre l'indique, question cette fois de musique.

Le roman démarre en avril 1997, sur un concert prestigieux au Victoria Hall de Genève où est donné Verdi, La Force du destin. Alexis Kandilis, le chef d'orchestre, est au sommet de sa gloire. " Il dominait tout. Les instruments. La musique. Ce que les gens allaient ressentir, penser... Tout. "

Mais à trop vouloir dominer, à se croire trop fort, le destin parfois bascule. Les exigences du chef, son orgueil le conduisent à faire quelques faux pas et la chute devient alors inévitable.

Des amis sincères, un homme rencontré par hasard et qui se bat lui-même contre le destin, un jeune prodige Russe, qui a eu le bonheur de jouer sous sa direction, tous s'unissent pour le soutenir. Rien n'y fait : le génie sombre, hanté par un souvenir trop lourd qui resurgit en musique avec l'entêtant Kindertotenlieder, Les Chants des enfants morts, de Mahler. Et chaque pas le conduit plus près du gouffre.

Contraint d'admettre que la gloire en tant que chef ne reviendra pas, il se lance dans la composition, il crée avec l'idée de mettre les musiciens en danger, "il expliqua avec ferveur la technique de composition qu'il suivait, par attaques tranchantes, la suppression du chef d'orchestre, et bien sûr, l'idée centrale, celle de redonner aux musiciens une place de premier rang. De les faire jouer au bord du volcan."

Là encore, la tentative de renaître sera vaine, conduisant Alexis au bord de son propre volcan lorsqu'arrivera le jour du B16, le projet d'enregistrement des neuf symphonies, cinq concertos pour piano, un concerto pour violon ainsi que le triple concerto pour violon, violoncelle et piano de Beethoven. Cette reconnaissance ultime de son talent lui ayant échappé au profit d'un autre chef, Alexis Kandilis ne s'en remettra pas.

Un roman mené à la baguette (d'accord c'est facile !) par l'auteur. Certains choix dans le mode de vie des personnages, dont un ménage à trois entre le chef et deux lesbiennes, peuvent surprendre et me font m'interroger encore une fois sur l'utilisation à outrance de faits de société.

Malgré cela, une écriture fluide et des personnages intéressants, l'ensemble avec la musique pour toile de fond et cette question comme un leit motiv, jusqu'où l'art peut-il offrir à l'homme la liberté d'être ?

Un dernier extrait pour conclure.

" Depuis trente cinq ans qu'il faisait ce métier, Ted avait appris à connaître les chefs. Tous, à des degrés divers, étaient difficiles. Mais tous aimaient la musique. Ils étaient portés par elle, nourris d'elle. Ils vivaient à travers elle. Les grands plus encore que les autres. Sans doute même était-ce là ce qui faisait leur marque : la vénération  qu'ils avaient devant la grande musique. 

Alexis n'était pas dans ce cas. Lui avait été aimé de la musique, plus sans doute qu'elle n'avait jamais aimé personne. Elle s'était offerte à lui dans toute son intimité. Il n'avait eu qu'à tendre la main pour connaître d'elle le mystère de chaque instant. Le secret de chacun de ses replis intimes. Mais dans sa frénésie de gloire, il n'avait pas imaginé qu'elle pourrait attendre de lui quelque chose en retour. Il s'était comporté avec elle comme un homme qui exploite l'amour d'une femme sans vergogne, tant il est persuadé qu'elle lui restera attachée toujours et quoi qu'il fasse, au point de tout accepter. Jusqu'à ce qu'un jour elle se dise que la plaisanterie a assez duré et le quitte."

 

Metin Arditi, Prince d'orchestre, Actes Sud

Paris, Street message !

Paris, Street message !

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Billie, Anna Gavalda

14 Janvier 2014, 06:00am

Publié par Parisianne

Après la belle écriture des Petites scènes capitales de Sylvie Germain, le contraste avec le style parlé de Billie d'Anna Gavalda a été saisissant. Il m'a d'ailleurs fallu un peu de temps pour parvenir à entrer non dans l'histoire mais dans les phrases ! Un sentiment déjà ressenti à la lecture de La Consolante, il y a quelques années.

J'ai le sentiment parfois qu'Anna Gavalda explore les phrases comme un peintre explorerait les formes, un Picasso de la littérature. Dans le cas présent, elle joue de l'oralité, un parler gouailleur, que l'on qualifierait aisément de langage des banlieues. Ce n'est pas ce que je recherche en lecture. Cependant, la tendresse que l'auteur montre à l'égard de ses personnages fait qu'elle nous accroche, et que l'on passe un moment plaisant, un sourire au coin des lèvres, parfois, un peu agacé par certains clichés, à d'autres instants, mais satisfait au final de cette lecture récréative. 

Le parallèle avec On ne badine pas avec l'amour de Musset et la transcription dans le phrasé des jeunes est assez drôle.

D'abord, il m'a expliqué tous les personnages dans ma langue natale : 

[...]

Perdican et Camille ont chacun un chaperon... T'as vu Pinocchio ? Alors un Jiminy Cricket si tu préfères... Quelqu'un qui s'occupe d'eux et qui les flique en permanence pour qu'ils restent dans le droit chemin. Pour Perdican, c'est maître Blazius [...] et pour Camille, c'est Dame Pluche. Maître Blazius, c'est un gros plein de soupe qui ne pense qu'à picoler et Dame Pluche, c'est une vieille bique qui ne pense qu'à tripoter son chapelet et à faire ksss... ksss... à tous les hommes qui approcheraient sa Camille d'un peu trop près. Elle, elle est mal baisée, enfin, pas baisée du tout, et y a pas de raison que la petite soit autrement. "

Evidemment, Musset après ça !

"Doucement bercé sur sa mule fringante, messer Blazius s'avance dans les bluets fleuris, vêtu de neuf, l'écritoire au côté. Comme un poupon sur l'oreiller, il se ballotte sur son ventre rebondi, et les yeux à demi fermés, il marmotte un Pater noster dans son triple menton. Salut, maître Blazius ; vous arrivez au temps de la vendange, pareil à une amphore antique." 

"Durement cahotée sur son âne essoufflé, dame Pluche gravit la colline ; son écuyer transi gourdine à tour de bras le pauvre animal, qui hoche la tête, un chardon entre les dents. Ses longues jambes maigres trépignent de colère, tandis que, de ses mains osseuses, elle égratigne son chapelet. Bonjour donc, dame Pluche ; vous arrivez comme la fièvre, avec le vent qui fait jaunir les bois. "

C'est pourtant le texte de Musset qui va offrir à Billie une re-naissance en la mettant en présence de Franck.

"Je pourrais y passer la nuit parce que, pour moi, ma vie, elle a commencé là...
Et ce n'est pas une expression, petite étoile, c'est un extrait d'acte de naissance, alors ne badine pas avec ça, s'il te plaît. Tu me vexerais."

Voilà comment Billie raconte leur vie, la sienne et celle de Franck, mis au banc l'un et l'autre de leur collège de province -la jeune fille parce qu'elle vient d'une sorte de bidonville infréquentable, le jeune garçon parce qu'il est sensible comme une fille. Ils unissent leurs malheurs pour se créer du bonheur, et ça marche. Billie et Franck deviennent inséparables même à distance et lorsque leur cursus scolaire les éloigne et qu'ils se perdent de vue quelques temps, la volonté finit par les ramener l'un vers l'autre pour leur offrir une nouvelle voie.  Leur parcours est un chemin plein de cahots et d'ornières plus ou moins bien traversés pour nous conduire à la chute finale sans grande surprise finalement mais avec beaucoup de tendresse.

Et comme la vie réserve toujours des surprises, l'histoire prend des tournures de conte de fée pour se terminer par un happy end peu classique.

Dans un style parfois cru, Anna Gavalda parvient à tenir le lecteur. J'aurais tendance à déplorer (encore) cette façon dont les auteurs depuis quelques temps surfent sur certains phénomènes de société mais il faut croire que c'est porteur ! Découvrez par vous-même et n'hésitez pas à faire part de vos avis.

 

Anna Gavalda, Billie, Le Dilettante

Billie, Anna Gavalda

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Petites scènes capitales, Sylvie Germain

9 Janvier 2014, 21:56pm

Publié par Parisianne

Street Art, Paris

Street Art, Paris

C'est avec Magnus que j'ai découvert il y a quelques années le talent de Sylvie Germain, c'est donc sans aucune hésitation que je me suis tournée vers son dernier livre surtout lorsque j'ai vu qu'il ferait l'objet d'une lecture par Marie-Christine Barrault en présence de l'auteur dans le cadre des soirées Textes & Voix. Je pensais, pour une fois, lire le roman avant de l'entendre, je n'en ai pas eu le temps. Cela ne m'a pas empêchée d'en savourer pleinement l'écoute, j'avoue aussi un faible pour le talent de Marie-Christine Barrault que le hasard des calendriers m'avait permis d'entendre chez Rodin quelques jours auparavant mais ça vous le saviez déjà !

****

Petites scènes capitales, voilà un titre bien explicite. Ce sont vraiment des scènes de vie que l'auteur nous donne à voir ici. La vie d'une famille recomposée, décomposée, une famille qui vit, rit, souffre, s'aime ou se jalouse, s'unit ou se détruit, une famille qui se fuit dans une vie qui s'enfuit.

La vie tout simplement sauf que cette vie là est présentée à travers les yeux de Lili qui deviendra Barbara à son entrée à l'école, parce que c'est le prénom que sa mère a déclaré à l'Etat civil avant de les abandonner son père et elle. Ce dernier ayant toujours préféré Lili, elle ne portera son prénom officiel qu'en dehors de la famille.

"Un jour, son père congédie leur solitude à deux, il se remarie. Viviane, un ancien mannequin de chez Patou, arrive flanquée d'une smala, trois filles dont des jumelles, et un fils qu'elle a eue avec de précédents amants ou maris. "

C'est ainsi que Lili/Barbara se retrouve avec une famille dont elle doit s'accomoder. Son père manifeste discrètement une préférence marquée pour Christine, l'une des jumelles, et Lili devient un simple élément de la maisonnée, un membre presque insignifiant, sans éclat ni de beauté ni d'intelligence.

"Elle, Barbara alias Lili, n'est qu'une petite fille ordinaire, ni belle ni laide, ni docile ni rebelle, gratifée d'aucun don spécifique, de celles dont on n'a rien à dire de particulier, que l'on remarque à peine. "

Alors, Lili s'échappe dans sa tête, et elle grandit ainsi, en s'envolant dans ses rêves et avançant au sein de la famille, sans éclat, sans esclandre.

"Dans cette famille, chacun est censé se tenir à sa place, et agir et parler en conséquence. Mais les pensées, elles, dans leurs obscurs retranchements et leurs sauvages soliloques, ne respectent ni ordres ni limites. "

" Le jour, elle ne prête pas attention aux façades des immeubles, mais le soir, dès que les fenêtres s'éclairent, elle les regarde avec avidité. Tous ces rectangles de lumière qui s'ouvrent dans l'obscurité la mettent en émoi ; ils trouent la nuit, percent la pierre, les briques, le béton et révèlent de l'intime tout en le tenant voilé. Ils ne révèlent rien, ils suggèrent, plutôt, ils donnent à rêver, à imaginer. "

Les années passent, la famille s'installe dans un certain confort, chacun suit sa voie jusqu'au drame, à l'accident qui fait basculer tout le monde.

"Le temps vient de se mettre à l'arrêt, de déclarer révolu le rythme qui jusque-là scandait les jours, les années, il bée. Un autre rythme va prendre le relais, identique en apparence, mais déchiré dans sa trame, distordu dans son élan. "

Mais la vie reprend, et si la famille est éclatée, si les liens difficilement tissés se sont distendus, Lili poursuit ses observations et sa quête de l'amour du père. Elle arrive sans bruit à l'âge des études supérieures qu'elle ne mène pas à bien et se retrouve aspirée par les événements de 68, s'installe dans une vie communautaire, trouve un amour sans retour. La petite Lili qui a toujours marché sans bruit s'échappe du carcan familial en laissant Barbara s'exprimer. Personne ne se soucie vraiment d'elle, la famille ne se retrouve qu'occasionnellement ou pour partager un secret bien gardé. Et le temps poursuit sa marche semant joies et peines, peines et joies.

" Peu importe que cela ne dure pas, la joie n'appartient pas à la durée, elle apparaît où et quand ça lui chante, comme la beauté, elle fulgure, se sauve, c'est un esprit follet, mais les petites échardes solaires qu'elle lance dans sa course se piquent dru dans la chair, ne se laissent pas oublier. "

Et ce sont ces "petites échardes solaires" d'une grande beauté que Sylvie Germain nous invite à suivre dans un style lumineux.

Un vocabulaire riche mais sans emphase et une véritable présence de la nature font de ces Petites scènes capitales de vrais beaux instants de lecture.

Je ne résiste pas à cette dernière phrase :

" Lili Barbara le regarde s'éloigner à petits pas sur le quai, il a une allure de coucou farceur qui se joue du temps qui passe, du temps qui va en recyclant l'avant perdu en après insaisissable, impénétrable, la vie  en mort, la mort en vie, le fini en nouveau, le nouveau en ancien, le connu en oubli et l'inconnu en savoir, la présence en absence, le silence en murmure, le plein en nuit, la nuit en rien  et le vide en lumière. "

C'est sur la lumière que s'achève ce livre, une incitation à saisir toute la lumière pour éclairer la vie.

 

 

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Meilleurs voeux

1 Janvier 2014, 06:00am

Publié par Parisianne

Bonne et heureuse année 2014 à tous.

Santé, sérénité pour vous et vos proches.

Bien amicalement

Anne

Meilleurs voeux

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