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Les musardises de Parisianne

Bonheurs des fleurs

10 Mars 2021, 11:00am

Publié par Parisianne

Bonheurs des fleurs

Plaisir des mots et des yeux au frais soleil printanier qui éclaire mon petit coin de Picardie.

Je reste en quête de surprises apportées par ces compositions japonaises.

Un livre déniché sur le net pour poursuivre dans la découverte d’un art qui me séduit et auquel je m’adonne en toute liberté au gré des fleurs croisées.

Les dernières sont présents du jardin qui malgré un froid persistant offre chaque jour de nouveaux bonheurs.

Dans cet ouvrage de Martine Clément sur l’ikebana, suivi d'un second sur le paysage ikebana, qui commencent à être un peu anciens, Philippe Sollers a écrit l'introduction dont je vous livre ce bel extrait :

Qu’il s’agisse de mots, de signes de ponctuation, de fragments de phrases, de fleurs, de mousses ou de branches ; ou encore de notes de musique, de plans colorés ou de coups de pinceau, la déclaration d’un ensemble paraît lui venir du dedans, parcourir le tout en équilibre instable et revenir au détail pour le faire vibrer. Lui. Lui seul.
Aucune différence, donc, entre l’art floral, celui de la poésie ou de la peinture. C’est la même chose de réussir un bouquet ou un nô. Échelles d’espaces. Rythme des volumes. Jaillissement du temps.

Philippe Sollers

Bonheurs des fleurs

Printemps tout frisquet :
Les jonquilles grelottent
Dans l’herbe mouillée.

Myo Ren

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Patrick Henin, En avant, marge !

7 Mars 2021, 18:06pm

Publié par Parisianne

Qui veut passer à l’acte doit d’abord monter sur scène

Patrick Henin, En avant, marge !

Oui, l’aphorisme se lit en un clin d’œil, c’est une porte qui s’ouvre.

Et c’est effectivement une porte ouverte sur un univers plein de surprises qui nous attend là au fil des pages.

Las des voyages, il a jeté l’encre sur le papier.

Ce recueil d’aphorismes que Patrick a eu la gentillesse de m’offrir en souvenir d’une rencontre il y a déjà bien longtemps à Bruxelles, me laisse sous le charme.

Dans un aphorisme, les mots prennent le temps de parler entre eux.

C’est poétique et délicat, percutant et militant, grinçant un peu, joli souvent.
Bref, les aphorismes de Patrick Henin se dégustent sans modération.

Dans le mot aimer c’est la lettre i la plus instable .

En picorant au hasard, on passe par tous les sentiments qui font la vie et c’est un pur délice.

Et puisqu'un plaisir ne vient jamais seul, des dessins signés Miris ponctuent l'ouvrage de ce duo unique qui excelle à broyer joyeusement du noir.

N'hésitez plus, toutes les informations suivent pour vous procurer ce petit livre qui saura séduire tous les amoureux des bons mots.

Copyright Miris

Copyright Miris

Il bavarde, non, il mime le silence.

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Nina Berberova, La Souveraine

6 Mars 2021, 20:10pm

Publié par Parisianne

Nina Berberova, La Souveraine

[...] Il éprouva très nettement cette sensation de rapprochement, et déjà il était incapable de songer à autre chose qu’à elle. Il lui semblait qu’elle l’attirait mentalement à elle, sans lui laisser la possibilité de se défendre, et qu’il ne pouvait plus que s’abandonner à cette captivité.

En attendant de retrouver la souveraine Sarah Bernhardt dans son écrin du Petit Palais (tableau de Georges Clairin, 1876), un petit livre qui se glisse facilement dans la poche pour une lecture rapide et un plaisir garanti.

Comme je vous le disais, j'ai attendu avant de découvrir Nina Berberova, alors il m'en fallait au moins deux pour me familiariser avec cette auteure.

 

[...]
Il éteignit la lumière et songea qu’il s’était aujourd’hui passé quelque chose dans sa vie qu’il aurait mieux valu éviter. Il aurait mieux valu retrouver Jeanne et sa fausse vertu, plutôt que de rencontrer une demoiselle volontaire et sûre d’elle, dont la main avait pesé sur la sienne.

Dans ce roman où l'âme slave plane en permanence, un jeune immigré Russe réduit à la misère s'éprend de la sœur de la fiancée de son meilleur ami, celle-ci d'un milieu social plus élevé que le sien bien sûr, et cette passion transforme son regard sur les siens, faisant de lui un égoïste cruel.

Une belle étude de caractères.

[...] il faisait froid et mauvais dans son cœur sans vie, et dans sa tête pleine de songes venimeux s'installait une tristesse sans sommeil

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Romain Gary, Les Cerfs-volants

5 Mars 2021, 20:05pm

Publié par Parisianne

Romain Gary, Les Cerfs-volants

Romain Gary fait partie des auteurs que j'aime particulièrement, et si je ne crois pas avoir jamais vraiment évoqué mes lectures de ses livres, il en a été plusieurs fois question sur ces pages, à travers l'évocation de "ses" Prix Goncourt mais aussi à la lecture de la biographie de Dominique Bona, à qui je dois ma découverte tardive de cet écrivain, ou encore après la très belle lecture du livre de François-Henri Désérable, Un certain Monsieur Piekielny.

- Mon oncle, ces parisiens se sont moqués de vous. Ils vous ont traité de vieux loufoque.
Ambroise Fleury s’arrêta. Loin d’être vexé, il paraissait plutôt satisfait.
- Ah bon ? Ils ont dit ça ?
Je lui lançai alors du haut de mon mètre quarante […]
- Ce sont des gens de peu.
- Il n’y a pas de gens de peu, dit mon oncle.
Il se pencha, posa délicatement Jean-Jacques Rousseau dans l’herbe et s’assit. Je m’installai à ses côtés.

Ainsi, ils m’ont traité de fou. Eh bien, figure-toi, ces beaux messieurs et ces belles dames ont raison. Il est parfaitement évident qu’un homme qui a voué toute sa vie aux cerfs-volants n’est pas dépourvu d’un grain de folie. Seulement se pose ici une question d’interprétation. Il y en a qui appellent ça « grain de folie », d’autres parlent aussi d’« étincelle sacrée ». Il est parfois difficile de distinguer l’un de l’autre. Mais si tu aimes vraiment quelqu’un ou quelque chose, donne-lui tout ce que tu as et même tout ce que tu es, et ne t’occupe pas du reste...

Les Cerfs-volants est le dernier roman de Gary publié de son vivant en 1980, rappelons que né en 1914, Romain Gary a mis fin à ses jours en février 1980.

Ce roman est l'histoire d'un amour fou entre un jeune orphelin normand élevé par un oncle qui en plus de son métier de facteur construit des cerfs-volants, ce qui lui vaut le surnom de "facteur timbré", et une jeune noble Polonaise en villégiature dans la région.

Nous sommes à la veille de la Seconde Guerre Mondiale quand les jeunes gens se rencontrent, et bien sûr, le conflit mondial va devenir un des principaux protagonistes de cette histoire.

 

Ce qu'il y a d'affreux dans le nazisme, dit-on, c'est son côté inhumain. Oui. Mais il faut bien se rendre à l'évidence : ce côté inhumain fait partie de l'humain. Tant qu'on ne reconnaîtra pas que l'inhumanité est chose humaine, on restera dans le mensonge pieux.

On retrouve ici les thèmes et engagements propres à Gary, mais une fois encore, au-delà du drame de la guerre, l'auteur nous montre la grandeur d'âme, la force de combattre dignement et l'espoir éternel.

L'évasion par le rêve n'est pas un vain mot dans ces pages, et cela fait beaucoup de bien.

Les personnages sont merveilleusement attachants, et on se prend à lever les yeux au ciel pour découvrir ces cerfs-volants à l'effigie de nos grands personnages. J'ai une tendresse particulière pour l'oncle, qui résiste en apportant du rêve, mais aussi pour le grand chef, Marcellin Duprat pour qui fermer son restaurant gastronomique reviendrait à capituler devant l'ennemi.

Un roman plein de poésie qui m'a profondément touchée.

C'était la première fois que j'utilisais l'imagination comme arme de défense et rien ne devait m'être plus salutaire dans la vie.

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Charlie Mackesy, L'enfant, la taupe, le renard et le cheval

4 Mars 2021, 10:49am

Publié par Parisianne

Charlie Mackesy, L'enfant, la taupe, le renard et le cheval

- Qu'est-ce que tu veux être, toi, quand tu seras grand .
- Gentil, dit l'enfant.

Certains livres sont des rencontres de hasard. C'est le cas de celui-ci, découvert à travers une affiche dans le métro et qui s'est instantanément imposé comme LE livre a envoyer à une amie artiste pour un anniversaire un peu tardif !

Et comme je suis curieuse et gourmande et que le dessin m'a vraiment accrochée, je me suis offert mon propre exemplaire pour me faire une idée.

Un faux air de Petit Prince d'aujourd'hui, une poésie simple et délicate, des dessins pleins de charme, ce joli livre est à mettre entre toutes les mains.

La plupart des vieilles taupes que je connais regrettent d'avoir écouté davantage leurs peurs que leurs rêves.

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eMmA Messana, Transpositions hasardeuses

3 Mars 2021, 19:16pm

Publié par Parisianne

eMmA Messana, Transpositions hasardeuses

Dans la palette du cœur, il y a les bleus joyeux, et les bleus à l’âme ; les bleus voyageurs et les bleus douloureux.

Ce sont bien là toutes les nuances qu'eMmA nous invite à découvrir avec une grande sensibilité dans ce magnifique recueil de poèmes en prose, cette ode à l'amour maternel.

 

 

 

eMmA Messana, Transpositions hasardeuses

Un fin sourire se dessine sur ses lèvres de captive
Prise dans les filets des ans qui se déroulent à l’infini

Chaque évocation est un voyage, de ces voyages qui parlent au cœur de l'enfant qui demeure en chacun de nous, de ces voyages qui parfois hésitent entre évasion et échappée belle au gré des souvenirs.

Il est demain dans aujourd’hui qui se confond avec hier. 

 

 

 

D’hier à aujourd’hui, il y a ces mains liées.

 

Une main assurée pour traverser les rues de [l’]enfance, et celle qui se veut rassurante pour accompagner sur la route inconnue dans un paysage incertain.

 

Et cette main que nous tend eMmA pour dire ses émotions pleines d'un douloureux apaisement, cette main qui nous guide et nous entraîne sur un chemin que certains ont déjà emprunté, nous ne pouvons que la serrer fort. Malgré l'effacement.

Bien sûr, elle ne viendra pas
Mais partout,
Dans chacun de nos gestes
Dans les saveurs et les effluves des plats que nous servirons,
Elle sera là, souveraine, bien présente. 

Ce merveilleux petit recueil m'a profondément touchée, par l'hommage à celle qui reste  bien entendu présente même après la déchirure, mais aussi par l'évocation de l'accompagnement.

C'est un sujet dont on commence à parler mais dit-on jamais assez fort la générosité des aidants.

 

Cette connivence ne finira jamais. 

eMmA Messana, Transpositions hasardeuses

eMmA, merci d'avoir trouvé les mots, de nous les avoir offerts.

Nous partageons une bague d'engagement, un flacon de parfum, et une date qui vous rendra toutes les deux présentes au fil des ans.

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Nina Berberova, La Résurrection de Mozart

2 Mars 2021, 19:51pm

Publié par Parisianne

Nina Berberova, La Résurrection de Mozart

Pendant la journée, ou plutôt tous ces derniers jours et ce soir, elle s’était posé sans cesse la même question restée sans réponse : pourquoi l’horreur, la cruauté, l’affliction se matérialisaient-elles si facilement, s’incarnaient-elles dans une image concrète, n’en oppressant l’âme que davantage, et pourquoi le sublime, le tendre, l’imprévu et le charmant effleuraient-ils le cœur et les pensées comme une ombre, sans qu’on pût les saisir, ni les regarder, ni les palper ?

Il y avait très longtemps que je voulais découvrir cette auteure, c'est chose faite et avec bonheur ! 

Ce petit livre à la lecture rapide est un récit très court qui interroge sur les célébrités que l'on pourrait souhaiter voir revenir dans des situations extrêmes comme la guerre, puisqu'il est ici question de la Seconde Guerre Mondiale. Mais cette interrogation n'est que le prétexte à échange, et se contente de poser une ambiance. 

Un livre plaisant dans lequel il n'est aucunement question de Mozart !

 

Imperceptiblement, la conversation avait entrainé la pensée de chacun loin de cette soirée, de ce jardin, vers un passé proche ou au contraire très lointain, comme si quelqu'un avait déjà fermement promis d'accomplir, d'un geste de prestidigitateur, le caprice de chacun, et que maintenant le problème consistait dans un choix, difficile parce que tout le monde avait peur d'y perdre, les femmes en particulier.

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Carole Martinez, Les Roses fauves

1 Mars 2021, 19:24pm

Publié par Parisianne

Carole Martinez, Les Roses fauves

Elle détourne les yeux pour qu'il ne croise pas ses pensées

Carole Martinez fait partie de ces auteurs qui m'enchantent chaque fois. Ce dernier livre est aussi envoûtant que les précédents, à la différence qu'il rend l'auteure très présente.

Si Cœur cousu, La Terre qui penche ou Du Domaine des murmures font la part belle aux légendes, ou flirtent avec le fantastique, celui-ci est très ancré dans le présent mais le présent d'une auteure comme Carole Martinez ne peut qu'être fait de rêves et de légendes.

Pourquoi suis-je si affreusement spontanée ? Ça parle malgré moi. Le silence vient après, la pensée aussi. Et pourtant je sais bien que les paroles ne sont pas aussi volatiles qu’on l’imagine, que les mots dits, les mots reçus, se gravent en nous et que l’écriture sert à ça aussi, à les gratter, les poncer, les effacer.

Un roman entre conte et désillusions d'amour qui pose la question récurrente, l'amour éternel existe t-il ?

Comme toujours dans l'œuvre de Carole Martinez, ce sont les femmes qui occupent ici encore le premier plan, et comme toujours aussi, on se laisse emporter par la poésie sauvage de ses textes. N'hésitez pas !

Imaginer qu'elle est peut-être l'enfant d'un fantôme, comme toutes les aînées de sa lignée, la dégage de ce père qui l'a torturée. Elle aime cette idée un peu folle, le mot qui grippait son existence a éclaté, un mot n'est rien que des lettres accrochées les unes aux autres.

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Eugène de Mirecourt, Delacroix

28 Février 2021, 18:46pm

Publié par Parisianne

Eugène de Mirecourt, Delacroix

Jamais artiste, à ses débuts, ne souleva plus d’opposition que Delacroix.
Sa peinture, hardie jusqu’à l’insolence, folle, échevelée, renversait toutes les règles prescrites et détrônait le genre grec par l’audace du dessin, par l’intrépidité de la couleur.

Jolie collection Les Contemporains, biographie de Delacroix par Eugène de Mirecourt, parue en 1856.

Pour les lecteurs et amateurs d’art, je vous invite, si ce n’est déjà fait, à lire également les carnets de Delacroix, ce n’est pas pour rien qu’Alfred de Musset disait à son propos,

« il a un joli brin de plume à son pinceau » !
 

Eugène de Mirecourt, Delacroix

J'avoue un faible pour ces petits ouvrages, et j'en cherche (en vain) quelques autres chaque fois que je flâne chez les bouquinistes tant ils ont ce charme désuet. J'ai fait la sottise de renoncer à plusieurs lors d'une rencontre imprévue, je le regrette encore.

 

Eugène de Mirecourt, Delacroix

Eugène de Mirecourt n'a pas la réputation d'un biographe scrupuleux, je dois dire que m'en moque un peu.

Notez l'application mise à la réalisation de ces recueils de tout petit format : une gravure de l'artiste est présentée au début de l'ouvrage, et un fac-simile nous permettant de connaître écriture et signature vient clore le livre. N'est-ce pas charmant ?

Eugène de Mirecourt, Delacroix

Enfin regardez la photo ci-dessus, vous devinerez peut-être la main qui a écrit avec tant d'application les dates de Delacroix, cette même main qui a noté en page 2 de couverture "15.VIII.1952" et laissé quelques notes dans les marges.

Ces annotations ont pour moi valeur inestimable. Ceux qui me connaissent le savent, pour les autres peut-être l'ai-je déjà mentionné dans de précédents articles, j'aime plus que tout ces livres qui ont entre leurs pages trace d'une vie antérieure avant leur entrée dans ma bibliothèque. 

J'annote moi-même mes livres au crayon. Ils sont d'abord marqués au timbre sec. Puis j''écris mon prénom et la date de lecture, éventuellement un avis sur les premières pages, et j'invite ceux qui les lisent aussi à le faire également. C'est un bonheur de trouver dans certains ouvrages la griffe de maman, le commentaire de mon papa. 

Enfin, au fil du livre, il n'est pas rare que je surligne des phrases, que je note des définitions ou des dates dans la marge ou que j'inscrive une remarque. C'est ma façon à moi de les faire vivre !

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Émile Vuillermoz, La Vie amoureuse de Chopin, 1927

27 Février 2021, 14:42pm

Publié par Parisianne

Émile Vuillermoz, La Vie amoureuse de Chopin,  1927

Au théâtre de la vie, pour les jeunes premiers chargés de tenir les grands emplois d’amoureux, il n’existe jamais, au cours des siècles, de silhouette aussi avantageuse que celle d’un artiste de 1830 ni de spécialisation artistique plus opportune que celle de musicien. Car si l’amour est aveugle, il n’est ni muet ni sourd et la période romantique, fertile en effusions et extériorisations véhémentes, était particulièrement favorable à la culture intensive d’un sentiment qui fait à la technique théâtrale des emprunts beaucoup plus Importants qu’on ne le suppose.

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