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Les musardises de Parisianne

L'Horizon, Patrick Modiano (rediffusion)

13 Octobre 2014, 07:31am

Publié par Parisianne

L'horizon de Patrick Modiano s'est éclairé la semaine passée. Je ne sais pas vous mais moi je suis ravie de ce Prix Nobel de littérature pour cet auteur dont j'aime particulièrement le style, la sensibilité et la timidité ! Je suis la première surprise de n'avoir pas plus de livres de cet auteur sur ces pages, mais il y a tant de pudeur chez Modiano que peut-être j'ai eu également quelques pudeurs à livrer mes lectures. Je ferai mieux la prochaine fois.
Je félicite simplement et sincèrement ce grand monsieur de la littérature française.

****

 

Il ne sera pas question ici de grands espaces. Non, il s'agit de L'Horizon de Patrick Modiano, autant dire un horizon un peu bouché !

 

Ouvrir un livre de Modiano, c'est pénétrer un univers en noir et blanc, un brouillard léger sur lequel des silhouettes se dessinent. L'Horizon n'échappe pas à la règle en nous promenant dans les traces d'un écrivain en quête d'un passé pourtant très présent qui guide sa quête.

 

 

Jean Bosmans remplit de notes son carnet d'écrivain et s'accroche à des noms qui lui reviennent, instants partagés, rencontres éphémères, moments fuis pour échapper à la réalité de la dame aux cheveux rouges. A quelques exceptions près, rien n'est jamais très net et les souvenirs semblent glisser comme la brume sur un lac, caressant la surface sans y laisser de trace.

"Ces fragments de souvenirs correspondaient aux années où votre vie est semée de carrefours, et tant d'allées s'ouvrent devant vous que vous avez l'embarras du choix."

 

Seule Margaret et ses craintes prennent de l'ampleur. Si son histoire reste dans l'ombre, nous ne savons que peu de choses la concernant, sa présence aux côtés de Bosmans est bien réelle.

"Bosmans avait lu quelque part qu'une première rencontre entre deux personnes est comme une blessure légère que chacun ressent et qui le réveille de sa solitude et de sa torpeur."

 

La rencontre entre Bosmans et Margaret Le Coz ancre effectivement le récit dans une certaine réalité pourtant pleine de questionnement. Il ne faut pas attendre de réponses aux questions, il ne faut d'ailleurs pas attendre d'action non plus, il n'y a ni l'un ni l'autre !

 

Les romans de Modiano paraissent avancer au ralenti, il suffit de se laisser porter par le plaisir de cette belle écriture.

 

Pourquoi attendre des réponses, l'auteur répond lui-même à cette question :

"Au moins, avec le doute, il demeure encore une forme d'espoir, une ligne de fuite vers l'horizon. On se dit que le temps n'a peut-être pas achevé son travail de destruction et qu'il y aura encore des rendez-vous ".

L'Horizon, Patrick Modiano (rediffusion)

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Sourire au bout des mots

1 Octobre 2014, 06:51am

Publié par Parisianne

C'est avec une réelle émotion et un zeste de fierté que j'ai le plaisir de vous annoncer la parution en Miniliv' de cinq de mes nouvelles aux Editions du Banc d'Arguin grâce à mon ami et éditeur Jean-François Mouriot.

Les Miniliv', c'est  : un livret, une nouvelle.

Un concept que j'aime particulièrement, moi qui ai toujours refusé (et pourtant vous êtes nombreux à avoir tenté de me convaincre) de composer un recueil de mes textes.

J'aime particulièrement l'idée de piocher dans une pile de ces petits bouquins que je glisse dans ma poche pour mes trajets en transport par exemple. 

Alors voilà, j'en rêvais, Jean-François Mouriot l'a fait, je l'en remercie et en suis très touchée.

Les Miniliv' sont disponibles au prix de 3 € pièce (frais d'envoi en sus) auprès de moi, vous pouvez me contacter par mail parisianne95@orange.fr

Dédicace à la demande :)

 

Sourire au bout des mots

Dérives, évoque les Terre-Neuvas, ces pêcheurs qui partaient pêcher la morue sur les grands bancs de Terre-Neuve, au large du Canada. Ma famille paternelle a vu plusieurs de ses membres partir de Fécamp pour ces campagnes de plusieurs mois.

C'est en lisant les lettres d'un grand oncle à sa fille que m'est venue cette histoire qui a reçue en 2011 le Prix Pégase de Maisons-Laffite.

Sourire au bout des mots

Au doigt et à l'oeil

Autre texte, autre temps ! Nous sommes là dans le monde d'aujourd'hui !

Cette nouvelle, Prix de la ville de Mably en 2013 a été écrite initialement pour répondre à un thème sur les cinq sens. Cette histoire de famille est pour moi un clin d'oeil à plusieurs amis qui sans nécessairement le savoir m'ont accompagnée dans l'écriture.

Je commencerai par évoquer Jean-Paul PLOECKLque je ne connais que par son talent et qui m'a permis d'utiliser une photo de sa sculpture, Liens, pour illustrer ce texte. Vous reconnaîtrez, pour certains, cette magnifique oeuvre à la symbolique très forte, j'avais été si frappée par la découverte de cette pièce que je m'étais amusée à écrire une fantaisie/poésie.

Eglantine et ses recettes de cuisine ne sont pas pour rien dans les parfums savoureux de ce texte.

Et je dois à Henri Hadida, sculpteur, la saveur de la terre. Henri a pour moi goûté son pain de terre, je n'ai pas oublié ;)

Enfin, un dernier clin d'oeil pour une artiste peintre que j'ai la chance de connaître depuis longtemps (merci papy) et dont le travail m'a toujours conquise. Annie Puybareau, dont l'Atelier du peintre enchante mon quotidien depuis plus de vingt ans (encore merci papy).

Vous avez de la chance, vous savez maintenant tous les petits secrets à découvrir entre les lignes !

 

Sourire au bout des mots
Sourire au bout des mots
Sourire au bout des mots

Et pour finir trois nouvelles sur la sculpture, plus particulièrement des instantanés librement inspirés de la vie de Camille Claudel.

Marie-Christine Barrault - que j'ai eu l'incroyable bonheur d'écouter lire deux de ces textes - lors de notre première rencontre (parce qu'en plus il y en a eu d'autres des rencontres, merci Jean-François Mouriot :) m'a spontanément demandé "mais pourquoi encore Camille ?" C'est vrai pourquoi Camille ! Tout simplement parce que son travail me touche profondément, au-delà de sa vie, ce sont ses oeuvres qui m'ont inspirée. Chaque texte est né d'une sculpture.

J'aimais Camille Claudel, que j'ai découvert par la Petite Châtelaine, avant de me pencher sur sa correspondance et donc de pénétrer plus avant dans la douleur de son intimité. Jamais je ne manque une occasion d'aller admirer ses sculptures au Musée Rodin notamment. Ces nouvelles sont ma façon à moi de rendre hommage à son talent bien sûr, mais aussi à cette force qu'il lui a fallu pour avancer. Une force qui n'a pas suffit puisque vous savez qu'elle a fini sa vie dans un asile d'aliéné où elle a passé trente ans.

Saisir l'instant

la première de cette trilogie, évoque le rapport au modèle, la dépossession par la possession. Cette nouvelle a reçu le premier prix du concours de nouvelles de la ville de  Varaville en 2013.

Je tiens à remercier tout particulièrement Pat qui m'a offert sa magnifique sculpture pour la couverture de ce Miniliv'. Et à lui dédier cette histoire, ainsi qu'à Nadine, son épouse. Sans nous être jamais rencontrés, nous avons partagé des moments très forts, c'est écrit dans le marbre avec une encre indélébile tombée d'une plume délicatement travaillée.

Ce texte doit également beaucoup à une promenade dans le jardin du musée Rodin.

 

Clotho,

met en scène Camille, Rose Beuret et Rodin, trois personnages dont les vies sont étroitement mêlées. Camille Claudel a interprêté leur histoire dans une sculpture visible au musée d'Orsay, l'Âge mûr

 

L'implorante,

et pour finir la trilogie, une évocation des derniers instants de liberté de Camille, le moment où elle est arrachée à son atelier, quelques jours après la disparition de son père bien-aimé dont elle n'a même pas été informée du décès. L'Implorante est la jeune femme de l'Âge mûr, une figure douloureuse, tragique comme la vie de cette femme sculpteur née trop tôt dans le siècle.

 

Voilà, vous savez tout ou presque de mes petites histoires, il ne vous reste plus qu'à les lire ! 

 

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