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Les musardises de Parisianne

James Holin, Un zéro avant la virgule

2 Septembre 2016, 16:08pm

Publié par Parisianne

James Holin, Un zéro avant la virgule

Vous ne connaissez pas James Holin ? Mais si bien sûr, nous en avons parlé l'an dernier à propos de son premier roman Sacré temps de chien.

Après nous avoir entraînés sur les plages de Picardie, avant qu'elles ne deviennent celles des Hauts de France, après avoir exploré les fonds marins qui n'ensevelissent pas que des trésors, et nous avoir conduits dans le milieu des mareyeurs et des marins capables d'être aussi gouailleurs que mutiques ; James Holin dans ce second roman nous guide dans un univers plus feutré si l'on ne se fie qu'aux apparences et c'est la Normandie qui lui sert de cadre. Oubliez les pommiers en fleurs et les vaches paisibles, prenons la route dans une Morgane décapotable aussi racée et nerveuse qu'un pur-sang...

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Entre Cour des comptes et Musée de sculpture contemporaine, si le silence est roi, les parfums peuvent vite devenir plus nauséabonds qu'une baleine crevée dès lors qu'argent et politique s'immiscent dans l'histoire - coctail reconnu pour être explosif, ce n'est une surprise pour personne... Ajoutez à cela les paillettes du festival du film Américain de Deauville, et vous aurez un brillant aperçu des bijoux de noirceurs que l'auteur prend un plaisir visible à décrire dans un style qui s'est affirmé depuis le premier roman. 

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Jean-François Lacroix, magistrat scrupuleux de la Cour des comptes, se voit associé à la jeune et imprévisible Eglantine de Tournevire pour mener un contrôle au Musée de la sculpture contemporaine de Deauville, dirigé par l'envoûtante Madame Bokor. A peine sont-ils en place et plongés au coeur des ronds de jambes et autres superficialités d'usage lors de l'inauguration d'une sculpture réalisée par le père du maire en exercice, que l'agent comptable du musée s'écroule victime d'empoisonnement. Il n'en faut pas plus à la charmante Eglantine pour entraîner son collègue dans une enquête qui les sortira de leurs livres de comptes, secondés en cela par Arnaud Serano, le beau capitaine qui a tout pour plaire.

Détournements d'argent public, réseaux de prostitution, compromissions politiques, etc. tout est là pour ce beau monde et James s'amuse à brosser des portraits à l'acide.

D'une plume alerte et avec beaucoup d'humour, James Holin nous entraîne pour notre plus grand plaisir. Ses personnages, toujours nombreux, ne manquent pas de caractère, on se prend de tendresse pour le maladroit Lacroix et on ne peut que s'amuser de l'attention toute particulière portée aux femmes, fatales ou fatalement irrésistibles, que James met en scène avec un sens de l'observation incontestable.

L'auteur prend du plaisir à jouer avec les mots et les événements. C'est communicatif, la lecture est aisée alors pourquoi s'en priver ! L'écriture s'est affirmée je l'ai déjà dit, le rythme s'est accéléré, la fréquentation de l'hippodrome peut-être !

Vous aimez les polars ? Et bien vous savez ce qu'il vous reste à faire. A ne pas mettre entre toutes les mains toutefois, âmes sensibles s'abstenir, James à le sourire charmeur et le rire cruel !

 

 

 

James Holin, Un zéro avant la virgule

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