Si je n'ai rien contre les amoureux qui se bécotent sur les bancs publics comme le chantait si bien Georges Brassens, permettez-moi d'être totalement allergique à la pollution visuelle générée par cette mode des cadenas. Et je crains fort qu'aujourd'hui les ponts de Paris ne voient se multiplier les serments enferrés... Heureusement qu'Apollinaire nous a dit que Sous le Pont Mirabeau coule la Seine, on ne la verra bientôt plus...
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Qui sont donc ces amants qui sur le Pont des Arts emprisonnent leur amour et jettent à l’eau la clé pour, en des serments fous, enfermer leur futur ?
Qui sont ces amoureux aux sentiments si froids qu’il leur faut une grille pour crocheter leurs promesses ?
Je nouerais un ruban en guise de « je t’aime » et laisserais au vent le soin de l’emporter.
Partout où tu irais ce vent dans tes cheveux, sur ta joue, à tes lèvres glisserait de ces mots à peine murmurés, espoirs de lendemains, chantres de la liberté.
Il n’est nul besoin d’un de ces cadenas lourds, il suffit d’un regard, d’un sourire échangé pour sceller à jamais le plus doux des instants.
Quand sur le Pont des Arts passent ces amants-là front tourné vers demain, je crois en l’avenir.

