Par manque de temps je ne partage pas toujours les nombreuses visites, expositions ou autres promenades que je peux faire dans Paris autant pour mon travail que pour mon plaisir, mais je ne pouvais pas ne pas vous montrer une des dernières journées avec Paris Art Déco Society.
Nous avons démarré au Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris pour un parcours dans les collections permanentes, un musée que j'affectionne particulièrement pour son architecture autant que ses collections (au moins la partie Moderne), mais ce n'est pas ce dont je veux vous entretenir aujourd'hui. Je vous mets quand même quelques photos pour le plaisir des yeux !
La suite de la journée, sous un ciel sans nuage, mais avant les trop fortes chaleurs, était consacrée à une promenade architecturale qui a démarré par la Rue Mallet-Stevens dans le 16e arrondissement.
Robert Mallet-Stevens (1886-1945), architecte bien connu (que vous avez croisé dans les lettres de l'Exposition qui m'ont occupée un moment l'an dernier, souvenez-vous, il est à l'origine du Pavillon du tourisme, Lettre 11) est, en 1929, le co-fondateur de l'Union des Artistes Modernes (UAM) qui réuni architectes et décorateurs, avec Jean Prouvé, Le Corbusier, Charlotte Perriand,
On lui doit, pour n'en citer que quelques unes, la Villa Noailles à Hyères, la Villa Cavrois dans le Nord et la maison atelier du Square Vergennes à Paris dans le 15e, qui fut un temps musée mais n'est aujourd'hui plus accessible. J'avais eu la chance d'y aller, vous pouvez donc suivre le lien. Et aussi, la villa de Paul Poiret à Mézy-sur-Seine. J'ignore si elle est toujours à vendre mais vous pouvez la voir ici
Ah j'allais oublier, Mallet-Stevens est aussi l'auteur du grand hall de l'Hôtel des Roches Noires, rénové par ses soins en 1924 à la demande du banquier Daniel Dreyfus. Vous savez, les Roches Noires, Marguerite Duras, la plage de Trouville... il n'y a pas de hasards !
Robert Mallet-Stevens a réussi à faire la démonstration de son savoir-faire et des possibilités de l’architecture moderne à l’échelle d’une voie publique. Il n’a pas fait que dessiner l’ensemble des maisons, mais aussi les trottoirs, les jardinières et les lampadaires de la rue.
La rue, qui se termine en impasse, est inaugurée en 1927. L'ensemble immobilier constitué de cinq hôtels particuliers a été bâti sur un terrain appartenant à Daniel Dreyfus. Mallet-Stevens lui-même y habite et installe son cabinet d'architecture à l'angle de la rue du Docteur Blanche. Il a pour voisins, les frères Jean et Joël Martel, vous vous souvenez qu'ils ont travaillé eux aussi sur l'Exposition de 1925, notamment sur la Porte de la Concorde et bien sûr, sur les arbres cubistes, sur un plan de Mallet-Stevens ! Il n'y a pas de hasards :)
Vous pouvez voir la Fontaine lumineuse (empilement rouge) réalisée par Mallet-Stevens pour le casino de Saint-Jean de Luz et placée là par l'un des derniers propriétaires.
La porte est de Jean Prouvé, les vitraux de Louis Barillet.
Renonçant à un individualisme souvent préjudiciable à l’harmonie générale, mes clients ont accepté que leurs hôtels respectifs, tout en gardant leurs caractéristiques, fissent partie d’un ensemble, c’est-à-dire d’un corps d’architecture un et indivisible. Ces hôtels ne sont pas juxtaposés au petit bonheur ou suivant les hasards d’une construction livrée à l’anarchie. Une idée commune a régi leurs rapports. Aussi forment-ils un bloc parfaitement homogène.
L'ensemble des bâtiment est construit en béton armé et plusieurs ont été réhaussés dans les années 50.
Je vous invite à visionner cette petite vidéo trouvée sur le net qui vous montrera mieux que mes photos. Et si vous êtes de passage, allez flâner dans le quartier.
Prochaine étape, pour nous, la Maison La Roche de Le Corbusier.
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