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Les musardises de Parisianne

Pour des Rêves d'enfants : Les Anthologies éphémères

4 Décembre 2014, 19:24pm

Publié par Parisianne

ces petits livres qui durent qui durent...

Vous êtes nombreux à connaître ce projet des Anthologies éphémères, mis en place par Quichottine et qui réunit dans de jolis recueils plein de poésie textes et illustrations faits par des bloggeurs.

L'Atelier de Mijoty, La Boîte à rêves et La Marguerite des possibles n'ont certainement plus de secrets pour vous, et vous savez sans doute que grâce à ces livres des enfants malades ont réalisés leurs rêves par l'intermédiaire de l'association Rêves.

A l'approche des fêtes, vous pouvez compléter votre collection en attendant le prochainenuméro.

Une nouvelle anthologie est en effet en préparation, elle verra le jour en 2015. Cette fois, un thème Le mariage

Je reconnais avoir suivi de loin les premiers recueils, mais cette fois, je me suis invitée à la fête pour célébrer avec tous ces auteurs et illustrateurs que je ne connais pas, ce mariage des images et des mots qui feront, je n'en doute pas briller les yeux d'un enfant. 

Les convives étant déjà nombreux, je me suis laissée porter par le clocher de mon village qui rythme les événements heureux ou moins heureux depuis des générations.

Tendez l'oreille à vos clochers et n'hésitez pas à parcourir les blogs de ceux et celles qui ont déjà mis en ligne leur participation et que j'invite à se faire connaître dans les commentaires, cela permettra d'aller flâner deci delà !

Pour des Rêves d'enfants : Les Anthologies éphémères

Ding, dong, ding, dong…

Le village entier fut réveillé en sursaut. La hulotte toujours en chasse revint elle-même précipitamment pour voir ce qui se passait dans son cher clocher. Quelle ne fut pas sa surprise en découvrant une effervescence inhabituelle chez les cloches centenaires plutôt discrètes ces derniers temps. Elle se percha pour écouter un peu ce qui se racontait à coup de balanciers.

Dong, dong, le bourdon semblait tout émoustillé.

  • Un mariage, un mariage, tonnait-il de sa voix grave. Quel bonheur les enfants ! Un mariage, reconnaissez que cela fait un bout que nous n’avons pas carillonné gaiement et tous ensemble. J’en avais assez de ne sonner que le glas et de sentir grimper le long des pierres ce frisson de frayeur parcourant l’échine de chacun, « pour qui sonne-t-il ? pour qui sonne-t-il ? ». Monsieur le curé est monté tantôt nous toquer un peu du bout des doigts pour vérifier que nous ne dormions pas, allons, allons, montrons lui que nous sommes parfaitement en voix !

Ding, ding, dong, dong, ding dong, ding dong… chacune des cloches y allait de son couplet sans se soucier un instant de l’heure incongrue.

Dioing, dioing, klong, klong…

  • J’suis empoussiérée, toussait la belle Marie, les pigeons se sont oubliés sur ma robe et, à force de cochonneries, ont altéré mon timbre pleurnichait-elle, et puis j’suis rouillée, j’ai des rhumatismes et avec l’âge j’ai pris de l’embonpoint avec toute cette crasse, ça ralentit mon élan: klong, klong…
  • Arrête de te plaindre, tu vas finir marteau ! ricana justement le marteau de sa voisine, très imbu de lui-même.

Très fier d’être électrifié, il faisait en effet vivre la seule cloche autorisée à sonner quotidiennement pour indiquer l’heure, mais attention, « uniquement de huit heures à vingt heures pour ne pas casser la tête des habitants » avait dit Monsieur le Maire en conseil.

Les battants enfin emportés par l’élan cognèrent de leur toute puissance les cloches jumelles faisant ainsi voler la poussière et s’échapper un nuage de pigeons bougons.

La hulotte sur sa poutre perchée regardait toute cette agitation, yeux ronds écarquillés. Elle était bien contente de n’avoir pas encore déposé ses œufs dans ce creux de vieilles poutres qu’elle habitait depuis quelques années déjà.

Un mouvement en haut de l’escalier lui fit tourner la tête.

Monsieur le curé, essoufflé, ébouriffé, les yeux encore emplis de sommeil venait de faire son entrée les mains posées sur les oreilles dans un geste illusoire de protection de ses tympans.

  • Mais que se passe-t-il donc ici ? tonnait-il ne parvenant bien sûr pas à couvrir le tintamarre. Le mariage n’a lieu que tantôt, Marie, Joseph, et vous autres, que vous arrive-t-il ? Je sais bien que j’ai émis le souhait de vous entendre mille fois, mais pas en pleine nuit ! Vous voulez donc me faire avoir des ennuis avec les administrés, vous savez bien qu’il ne faut plus carillonner à toute heure.

Il maugréait mais son regard riait de la plaisanterie. Il était fier de constater que ses belles cloches avaient pris sur elles de s’échauffer un peu, avant l’heure de la volée qui annoncerait l’arrivée des futurs époux. Il avait d’ailleurs immédiatement noté quelques discordances mais constaté que dans leur élan progressif les cloches, l’une après l’autre, retrouvaient leur clarté.

Levant les yeux, il aperçut la chouette.

  • Ah ma jolie, tu es contente toi aussi n’est-ce pas de les entendre résonner en chœur, tu es leur plus fidèle gardien et tu seras aux premières loges pour le mariage, il y a si longtemps que nous n’avons eu un mariage ici.

Disant cela, il s’était tourné pour admirer la vue depuis le clocher. Le jour commençait à poindre, des lambeaux de brume s’effilochaient à la cime des arbres pour offrir quelques rafraîchissements à toute la vie qui les habitait. Les cloches terminaient leur course, le bourdon avait offert son dernier « dong », seules les plus légères éclaboussaient encore de ces notes légères qui ne manqueraient pas de rejoindre les villages voisins pour leur indiquer que c’était fête. Et si Monsieur le Maire avait la mine un peu chiffonnée d’un réveil trop matinal, il oublierait bien vite ce désagrément dans les sourires des jeunes époux !

Le silence était maintenant total. Dame hulotte avait regagné sa poutre pour quelques heures de repos avant l’effervescence qui ne manquerait pas de s’emparer du village. Le curé descendait tranquillement du clocher, posant sa main sur les pierres, « elles en ont tant vu », pensait-il, si seulement elles pouvaient parler.

Dong !

La demi, sonnée par la cloche horloge parut acquiescer.

Lorsqu’il sortit en baissant la tête par la petite porte qui menait au clocher, la place était déjà éclairée par le soleil levant. La journée forcément serait belle !

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É
J'aime bien les cloches du mariage. Je participe aussi pour la première fois avec "la pie voleuse". J'espère que ce recueil aura du succès, pour réaliser le rêve d'enfants malades. Bisous
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S
C'est une bonne idée de faire participer les cloches, c'est important dans un mariage.Bravo.
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P
Quelle bonne idée de faire participer les cloches elles qui ont tant à dire.
Je me demande ce que Quichottine et ses amies vont faire avec tous ces textes.
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P
Bonjour Pimprenelle,
je suis certaine que Quichottine et ses complices, aidées d'un certain lutin bleu vont nous faire un petit bijou :)
Merci de ta visite
Bonne journée
Anne
A
J'ai adoré ce texte, tu as vu que je m'en suis inspiré dans mon histoire de chats
Ce mariage, c'est une belle idée, je ne sais pas trop où cela va nous mener mais il est plein de jolies surprises
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P
Bonjour Azalais,
J'ai vu chat :)
C'est vrai que la journée s'annonce belle et pleine de trouvailles pour ce mariage !
Anne
G
Mais qu'est-ce que c'est que ce raffut ? On ne m'entend même plus voler ! Si ça ne résonnait pas tant, j'aurais bien fait un tour de balançoire, moi !
Bztt.
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P
Il est vrai que c'est un brin bruyant !
Bonne journée
Anne