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Les musardises de Parisianne

culture

Lecture chez Rodin

21 Décembre 2013, 19:01pm

Publié par Parisianne

Lecture chez Rodin

Le thème du jour était Le bonheur de ces heures solennelles, une mise en parallèle des oeuvres de Rodin avec sa collection d'antiques dans laquelle il puise son inspritation.

" Leur contemplation me procure le bonheur de ces heures solennelles à partir desquelles désormais l'Antique vous parle toujours ", écrit-il en 1904.

 

Cette lecture, et celles qui auront lieu en janvier et février, s'appuient sur l'actuelle exposition Rodin et l'Antique dont nous aurons l'occasion de reparler.

 

Lecture croisée entre Marie-Christine Barrault et Charles Gonzalès pour une évocation des sujets antiques que l'on trouve aussi bien en littérature qu'en sculpture, ou même en peinture mais là n'était pas le sujet.

Rainer Maria Rilke, dont nous avons entendu la lecture du sonnet à Orphée, est toujours très présent par ses écrits et son rôle auprès de Rodin, mais aussi Leconte de Lisle dans ce magnifique poème à la Vénus de Milo 

"Marbre sacré, vêtu de force et de génie,
Déesse irrésistible au port victorieux,
Pure comme un éclair et comme une harmonie,
O Vénus, ô beauté, blanche mère des Dieux !"

Et bien d'autres extraits de textes littéraires issus de La Guerre de Troie n'aura pas lieu de Giraudoux, de Sapho de Lamartine, de Lysistrata d'Aristophane, de Malherbe etc. Des textes pour dire la sculpture, des oeuvres pour évoquer l'antique, une grande richesse et une grande variété par un duo d'artistes qui nous ont entraînés à leur suite.

 

  Persée et Andromède
 

Au milieu de l'écume arrêtant son essor,

Le Cavalier vainqueur du monstre et de Méduse,

Ruisselant d'une bave horrible où le sang fuse,

Emporte entre ses bras la vierge aux cheveux d'or.

 

 

Sur l'étalon divin, frère de Chrysaor,

Qui piaffe dans la mer et hennit et refuse,

Il a posé l'Amante éperdue et confuse

Qui lui rit et l'étreint et qui sanglote encor.

 

Il l'embrasse. La houle enveloppe leur groupe.

Elle, d'un faible effort, ramène sur la croupe

Ses beaux pieds qu'en fuyant baise un flot vagabond ;

 

Mais Pégase irrité par le fouet de la lame,

A l'appel du Héros s'enlevant d'un seul bond,

Bat le ciel ébloui de ses ailes de flamme.

José-Maria de Heredia

 

 

 

 

 

 

 

Persée et Andromède

Au milieu de l'écume arrêtant son essor,

Le Cavalier vainqueur du monstre et de Méduse,

Ruisselant d'une bave horrible où le sang fuse,

Emporte entre ses bras la vierge aux cheveux d'or.

 

Sur l'étalon divin, frère de Chrysaor,

Qui piaffe dans la mer et hennit et refuse,

Il a posé l'Amante éperdue et confuse

Qui lui rit et l'étreint et qui sanglote encor.

 

Il l'embrasse. La houle enveloppe leur groupe.

Elle, d'un faible effort, ramène sur la croupe

Ses beaux pieds qu'en fuyant baise un flot vagabond ;

 

Mais Pégase irrité par le fouet de la lame,

A l'appel du Héros s'enlevant d'un seul bond,

Bat le ciel ébloui de ses ailes de flamme.

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Frida Kahlo, Diego Rivera au musée de l'Orangerie

25 Novembre 2013, 21:30pm

Publié par Parisianne

Cela faisait des années que je n'étais pas allée au Musée de l'Orangerie mais comme je connaissais plutôt mal l'oeuvre de Frida Kahlo et encore plus mal celle de Diego Rivera, l'occasion était trop belle. Je n'ai rien vu de l'Orangerie et j'y retournerai, même si l'atmosphère moderne m'a parue plutôt froide, ce n'est pas ce que je recherche dans un musée, j'aime quand ils ont une âme et là, de ce que j'ai vu... mais je n'ai certainement pas été au bon endroit.

Pour ceux qui, comme moi, ne sont pas spécialistes de ces artistes, un rappel rapide.

Diego Rivera est né au Mexique en 1886, Frida Khalo en 1907.

En 1909, Diego s'installe à Paris et fréquente les peintres cubistes. En 1916, il expose à New York avec Braque, Cézanne, Picasso, Van Gogh. Il rompra avec le cubisme pour revenir à plus de réalisme et voyagera en Italie pour s'imprégner des fresques de la Renaissance. De retour au Mexique en 1921, il participe au projet du ministre de l'Education de faire réaliser des peintures murales, fresques idéologiques et pédagogiques. 

Au même moment, Frida est étudiante en médecine. Victime d'un grave accident de bus, elle se retrouve alitée et commence à dessiner.

Ils se rencontrent en 1922 et se marient en 1929.

Tous deux engagés politiquement, leur combat est politique certes mais aussi fortement tourné vers l'identité mexicaine. Nous connaissons tous les images de Frida Kahlo portant les habits traditionnels.

Une vie de combats donc, contre la douleur pour Frida, contre les oppressions mais aussi contre l'enfermement pour Diego qui semble se refuser à rester dans un mouvement  qu'il soit pictural ou politique, aussi bien que dans la vie rangée d'un homme marié.

L'oeuvre de Diego Rivera est immense, au sens des dimensions ! Celle de Frida est plus intime, tant par la taille de ses oeuvres que par ses sujets souvent largement inspirés de sa vie et de ses nombreuses souffrances, tant physiques que morales.

La confrontation des deux oeuvres, et donc des deux artistes, est particulièrement intéressante et bien faite. L'oeuvre de Frida est douloureuse, violente, on ne peut rester indifférent. 

Frida semble dans l'ombre de son immense époux durant leur vie commune, pourtant l'histoire n'a t-elle pas retenu son nom mieux que celui de son mentor ? Ce mythe au féminin a, il est vrai, été maintes fois mis en avant, notamment par un film, que pour ma part je n'ai pas encore vu.

Je vous conseille vivement cette exposition et si vous avez envie d'approfondir le sujet, je vous invite à lire le hors série de L'Objet d'art, très intéressant.

 

Frida Kahlo (1907-1954) Autorretrato con Traje de Terciopelo 1926 Collection privée © Photo Francisco Kochen © ADAGP, Paris 2013

Frida Kahlo (1907-1954) Autorretrato con Traje de Terciopelo 1926 Collection privée © Photo Francisco Kochen © ADAGP, Paris 2013

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Un ptit tour chez Zadkine

15 Octobre 2013, 21:33pm

Publié par Parisianne

Ossip Zadkine est né en 1890 en Biélorussie. En 1907, envoyé  par son père en Angleterre pour étudier l'anglais - of course- il s'initie également  à la sculpture.

En 1909 et 1910, il étudie à l'Ecole nationale supérieure des beaux arts de Paris, travaille à La Ruche, dans le 15e, et participe dès 1911 à des expositions.

Il rencontre Brancusi, Bourdelle, Picasso, Apollinaire, Modigliani et Matisse. 

Mobilisé pendant la première guerre, il en revient, comme tous, brisé.

En 1920, il épouse Valentine Prax avec qui il s'installera en 1928 au 100 bis rue d'Assas... C'est le lieu de notre visite aujourd'hui, vous venez ?

 

 

 

Musée Zadkine, 100 bis rue d'Assas

Musée Zadkine, 100 bis rue d'Assas

C'est à cette adresse qu'Ossip Zadkine et son épouse Valentine Prax resteront jusqu'à la fin de leur vie.

Leur demeure atelier aujourd'hui transformée en musée offre un petit coin de paix mais n'a pas le charme authentique du musée Bourdelle dont l'âme du sculpteur hante encore tous les espaces ! 

Cubiste, Zadkine introduit souvent dans ses sculptures des éléments expressionnistes, une idée de mouvement, des instruments de musique.

Le plus simple est de laisser parler son oeuvre d'une grande variété.

Un ptit tour chez Zadkine
Un ptit tour chez Zadkine
Un ptit tour chez Zadkine
Un ptit tour chez Zadkine
Un ptit tour chez Zadkine
Un ptit tour chez Zadkine
Un ptit tour chez Zadkine
Un ptit tour chez Zadkine
Un ptit tour chez Zadkine
Un ptit tour chez Zadkine
Un ptit tour chez Zadkine
Un ptit tour chez Zadkine
Un ptit tour chez Zadkine
Un ptit tour chez Zadkine
Un ptit tour chez Zadkine
Un ptit tour chez Zadkine
Un ptit tour chez Zadkine
Un ptit tour chez Zadkine

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Delacroix, des couleurs et des mots

10 Septembre 2013, 16:20pm

Publié par Parisianne

Place de Furstenberg, Paris 6e

Place de Furstenberg, Paris 6e

A deux pas de l'église Saint-Germain-des-Prés, une petite place très paisible au coeur de ce quartier animé et, dans un angle, un hôtel particulier où le peintre Eugène Delacroix (1798-1865) a vécu ses dernières années pour être au plus près de l'église Saint-Sulpice où il travaille jusqu'en 1861 à la Chapelle des Saints-Anges.

Le musée n'est pas grand mais abrite un petit havre de verdure, récemment remanié pour lui rendre le charme cher à l'artiste. J'ai eu la chance d'y aller par une très chaude journée d'été et le lieu vaut vraiment le détour.

Delacroix c'est bien sûr le peintre de la couleur, La mort de Sardanapale, La liberté guidant le peuple, Les femmes d'Alger dans leur appartement ou encore la Chasse aux lions, pour n'en citer que trop peu, mais aussi les commandes officielles comme la bibliothèque de l'Assemblée Nationale ou celle du Sénat, toutes ces oeuvres qui feront de lui un artiste majeur du XIXe siècle et feront couler beaucoup d'encre et de salive à ses détracteurs autant qu'à ses admirateurs.

Mais ce maître a un autre talent que l'on connaît moins, celui d'écrivain. Il aurait d'ailleurs hésité entre les deux professions ! Il choisira la peinture mais alimentera de façon très régulière son Journal, véritable source d'informations sur son oeuvre et ses contemporains aussi riche qu'intelligente.

Delacroix a 24 ans lorsqu'il écrit en 1822 : "Je mets à exécution le projet formé tant de fois d'écrire un journal. Ce que je désire le plus vivement, c'est de ne pas perdre de vue que je l'écris pour moi seul. Je serai donc vrai, je l'espère ; j'en deviendrai meilleur. ce papoer me reprochera mes variations. Je le commence dans d'heureuses dispositions".

Le parler vrai perdure, c'est incontestable, mais on sent très vite une attention particulière portée sur ce qu'il écrit et une conscience très nette d'un passage à la postérité de ces observations sincères.

Le Journal de Delacroix offre au lecteur curieux de nombreux commentaires sur son travail, l'art, la littérature, ses voyages et ses contemporains mais aussi une attention très grande portée à la nature. Un petit plaisir à ne pas bouder :

"La première et la plus importante chose en peinture, ce sont les contours. Le reste serait-il extrêmement négligé que, s'ils y sont, la peinture est ferme et terminée." 1824

"Je n'aime point la peinture raisonnable ; il faut, je le vois, que mon esprit brouillon s'agite, défasse, essaye de cent manières, avant d'arriver au but dont le besoin me travaille dans chaque chose." 1824

"Le poète se sauve par la succession des images, le peintre par leur simultanéité. " 1834

"Combien de livres qu'on ne lit pas parce qu'ils se veulent être des livres. " 1843

"De l'abus de l'esprit chez les Français. Ils en mettent partout dans leurs ouvrages, ou plutôt ils veulent qu'on sente partout l'auteur, et que l'auteur soit homme d'esprit et entendu à tout [...] dans les arts de même. Le peintre pense moins à exprimer son sujet qu'à faire briller son habileté, son adresse ; de là, la belle exécution, la touche savante, le morceau supérieurement rendu. Eh ! malheureux, pendant que j'admire ton adresse, mon coeur se glace et mon imagination reploie ses ailes." 1844

Et pour finir avant de vous lasser, ce passage fort drôle, écrit en 1850, delacroix a 52 ans.

"[...] Je commence à prendre furieusement en grippe les Schubert, les rêveurs, les Chateaubriand (il y a longtemps que j'avais commencé), les Lamartine, etc. Pourquoi tout cela se passe-t-il ? Parce que ce n'est point vrai... Est-ce que les amants regardent la lune, quand ils trouvent près d'eux leur maîtresse ?... A la bonne heure, quand elle commence à les ennuyer.

Des amants ne pleurent pas ensemble ; ils ne font pas d'hymnes à l'infini, et font peu de descriptions. Les heures vraiment délicieuses passent bien vite, et on ne les remplit pas ainsi.

Les sentiments des Méditations* sont faux, aussi bien que ceux de Raphaël, du même auteur. Ce vague, cette tristesse perpétuelle ne peignent personne. C'est l'école de l'amour malade... C'est une triste recommandation, et cependant les femmes font semblant de raffoler de ces balivernes ; c'est par contenance ; elles savent bien à quoi s'en tenir sur ce qui fait le fond de l'amour. Elles vantent les faiseurs d'odes et d'invocation, mais elles attirent et recherchent soigneusement les hommes bien portants et attentifs à leurs charmes. [...] "

 

Reconnaissez que c'est savoureux !

* Lamartine

 

Musée Delacroix, 6 rue de Furstenberg 75006 Paris

 

 

 

 

 

Delacroix, des couleurs et des mots
Delacroix, des couleurs et des mots
Delacroix, des couleurs et des mots
Delacroix, des couleurs et des mots

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Ode au jardin chez Rodin

5 Septembre 2013, 13:36pm

Publié par Parisianne

Ode au jardin chez Rodin

Avec la rentrée reviennent les petits plaisirs parisiens, et en particulier ces lectures au musée Rodin. 
Alors que l'été joue les prolongations, c'est à une Ode au jardin que nous étions conviés sur les terrasses du musée. 


Charles Gonzalès en belle compagnie de Fanny Cottençon ont été nos guides pour une promenade fleurie, parfumée et sensuelle dans les jardins de la littérature à travers les époques, leurs lectures accompagnées par Mossy Amidi Fard et sa musique envoûtante.

Du jardin de la Genèse au Cantique des cantiques,

"Mon bien-aimé est pour moi un bouquet de myrrhe / qui repose entre mes seins /  Mon bien-aimé est pour moi une grappe de troëne des vignes d'En-Guédi / Que tu es belle, mon amie, que tu es belle ! / Tes yeux sont des colombes / Que tu es beau, mon bien-aimé, que tu es aimble ! / Notre lit c'est la verdure / Les solives de nos maisons sont des cèdres, nos lambris sont des cyprès..."

De Virgile au petit jardin de Jacques Lanzman chanté par Jacques Dutronc, en passant par Les Milles et unes nuits,  La Fontaine, Rousseau, Chateaubriand ou même Hugo dans les Misérables ou Zola dans La Faute de l'Abbé Mouret, l'évocation de ces jardins enchanteurs ou enchantés, nés dans l'imaginaire des auteurs était une véritable ode aux sens portée par deux acteurs aussi sensibles que spontanés.

Une belle soirée.

 

 

 

Ode au jardin chez Rodin

Après trois ans,

Ayant poussé la porte étroite qui chancelle,
Je me suis promené dans le petit jardin
Qu'éclairait doucement le soleil du matin,
Pailletant chaque fleur d'une humide étincelle.

Rien n'a changé. J'ai tout revu : l'humble tonnelle

De vigne folle avec les chaises de rotin...
Le jet d'eau fait toujours son murmure argentin
Et le vieux tremble sa plainte sempiternelle.

Les roses comme avant palpitent ; comme avant,

Les grands lys orgueilleux se balancent au vent,
Chaque alouette qui va et vient m'est connue.

Même j'ai retrouve debout la Velléda
Dont le plâtre s'écaille au bout de l'avenue,
Grêle, parmi l'odeur fade du réséda.

 

Paul VERLAINE

Ode au jardin chez Rodin
Ode au jardin chez Rodin
Ode au jardin chez Rodin
Ode au jardin chez Rodin
Ode au jardin chez Rodin
Ode au jardin chez Rodin

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Titanic expo, quand le drame devient mythe

2 Septembre 2013, 07:16am

Publié par Parisianne

Titanic expo, quand le drame devient mythe

Complément d'information.

Si je fais remonter ce post aujourd'hui, c'est d'abord pour vous informer que l'expo est prolongée jusqu'au 29 septembre, cela laisse donc un peu de temps au retardataires, mais surtout pour vous transmettre une information qui j'ignorai.

Lionel CODUS m'a signalé hier que le schéma très parlant de cette tour Eiffel à côté du Titanic avait été réalisé par son frère Cyril CODUS, passionné par l'histoire du navire.

 

Merci à Xavier d'Attitude de m'avoir incitée à me rendre à cette exposition Titanic qui spontanément ne m'attirait pas.

Tout le monde connaît la tragique histoire du Titanic, "palace flottant, prouesse technologique" ayant emporté par le fond 1500 personnes dans la nuit du 14 au 15 avril 1912, suite à une collision avec un iceberg.

 

Découverte en septembre 1985 par une expédition franco américaine, l'épave du Titanic reste -et restera- à 3843 mètres de profondeur, à 745 km de Terre-Neuve. Néanmoins, de nombreuses pièces en tous genres (morceaux de construction, objets de décor ou effets personnels) ont été extraits du navire et font l'objet de soins très attentifs pour nous livrer aujourd'hui un petit bout de cette terrible histoire.

 

Copyright Cyril CODUS

Copyright Cyril CODUS

L'exposition démarre par une présentation historique pour nous situer dans l'époque, 1912, à la veille de la Grande Guerre.

Tout est simplement expliqué, du contexte historique, politique mais aussi des prouesses technologiques de cette période très riche, sans oublier les exploits sportifs ! C'est vraiment très bien fait et accessible à tous.

Puis viennent les détails techniques de la construction du bateau. Je ne vous assomerai pas de chiffres, la photo mettant le navire aux côtés de notre Tour Eiffel parle d'elle-même.

Après cette introduction fort instructive, nous sommes invités à emprunter un couloir des premières classes pour pénétrer dans le navire. 

 

Titanic expo, quand le drame devient mythe

La suite de la visite se fait au milieu de très belles reconstitutions et d'explications très claires concernant le luxe bien sûr, ce fut à l'époque l'élément commercial par excellence, mais aussi de nombreuses indications à propos de la construction de ce magnifique vaisseau réputé insubmersible et de l'organisation de la vie à bord.

J'ai été étonnée d'apprendre qu'en dehors du personnel dévoué au service des passagers, aucun membre de l'équipage ne croisait ces mêmes passagers, le navire était parcouru de couloirs spécifiques, pas questions pour les riches participants à cette belle aventure de croiser la mine noire des machinistes ou l'ombre du bonnet d'un pâtissier !

 

 

Titanic expo, quand le drame devient mythe
Titanic expo, quand le drame devient mythe
Titanic expo, quand le drame devient mythe
Titanic expo, quand le drame devient mythe
Titanic expo, quand le drame devient mythe

L'accent bien sûr est mis sur le luxe et la beauté du Titanic, mais les classes inférieures ne sont pas oubliées et chaque partie est méticuleusement expliquée.

La visite est ponctuée de témoignages plus poignants les uns que les autres, de nombreux actes d'héroïsme ou petits gestes anodins ayant revêtus une importance particulière, je pense en particulier à cette jeune femme (journaliste il me semble) qui s'est trouvée en tenue de soirée sur un canot majoritairement occupé par de jeunes enfants terrorisés, elle avait dans son sac une petite boîte à musique offerte par sa mère qu'elle a utilisée pour tenter d'apaiser les plus petits.

 

Titanic expo, quand le drame devient mythe

Une exposition très riche et bien construite pour qui s'intéresse à cette tragédie et un descriptif non moins intéressant des fouilles menées dans des conditions difficiles par des équipes d'archéologues, océanographes et scientifiques. 

 

Titanic expo, quand le drame devient mythe

Parmi les nombreuses victimes, l'équipage a payé un fort tribut avec 701 disparus et 209 survivants.

 

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Prussian Blue, le monde de l'art

25 Juin 2013, 08:30am

Publié par Parisianne

Découverte grâce à Xavier, cette revue d'art m'a totalement séduite. Vous me répondrez que ce n'est pas difficile de retenir mon attention avec une revue d'art, ce n'est pas tout à fait faux ! Mais là, j'ai particulièrement aimé le ton, la grande variété des sujets et même/surtout le fait d'avoir été un peu bousculée dans mes goûts !

 

Prussian Blue est un magazine trimestriel qui aborde la création contemporaine en ne négligeant pas le clacissisme. 

L'édito de Guillaume de Sardes (écrivain, photographe et critique d'art) nous place immédiatement dans cet état d'esprit, en citant Fourier et son goût pour la variété. De la même manière, l'invitation à la flânerie pour nourrir l'art est agréablement évoquée par ces lignes, je ne résiste pas à vous citer un très court extrait :"Être un artiste c'est moins utiliser tel ou tel medium que d'avoir un monde intérieur à transmettre -presque malgré soi-, un monde singulier fait de références, d'admirations,, d'images et d'obsessions."

Le reste de la revue ne trahit pas cette idée, et nous passons avec plaisir de l'atelier du peintre Tim Eitel (1971) à Paris, à la lecture de l'oeuvre de Lubin Baugin (1610-1663) Nature morte à l'échiquier ; de la Villa Valmarana à Vicenza -édifiée à partir d'un refuge champêtre dès 1669 et transformé au fil des siècles- à l'église Saint-Pierre de Firminy, commandée au Corbusier.

Une large place est offerte à la photographie contemporaine, nous permettant de (re)découvrir Guillaume de Sardes comme photographe et directeur artistique, mais également le photographe Nicolas Comment pour terminer par de déroutants Carnets du Brésil , textes et photographies d'Antoine d'Agata

Peinture, architecture mais également musique, photographie et cinéma, tous les arts sont évoqués sans oublier un carnet central permettant d'être informé du marché et de l'actualité de l'art.

 

Une revue complète et de grande qualité, très bien écrite et qui ouvre à des formes d'expressions modernes -auxquelles je reconnais ne pas être toujours sensible, par ignorance. 

Je vous invite grandement à découvrir si ce n'est déjà fait !

 

 

Prussian Blue, le monde de l'art

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Lecture à l'Abbaye

4 Juin 2013, 05:46am

Publié par Parisianne

Lecture à l'Abbaye

Puisque je vous parlais dimanche du Festival Terres de paroles au Bec Hellouin, la moindre des choses est que je vous mette l'eau à la bouche (pour l'an prochain) en évoquant les lectures.

Ce festival s'est déroulé du 24 mai au 2 juin en divers sites de Haute-Normandie.

Je n'ai, pour ma part, pu me rendre qu'au Bec Hellouin, je veillerai à une organisation plus efficace l'an prochain !

Néanmoins, j'ai eu le bonheur d'assister à des lectures intéressantes.

La première, des extraits de la Bible par Laurent Poitrenaux. J'avais eu la chance d'entendre cet acteur quelques jours auparavant dans une lecture d'extraits d'Eaux tumultueusesen présence d'Aharon Appelfeld, auteur, et de son efficace traductrice Valérie Zenatti. Bien sûr, la Bible c'était un peu différent !

L'Arche de Noé, la Sortie d'Egypte et le Livre de Jonas, des textes connus et accessibles, lus avec beaucoup de professionnalisme par Laurent Poitrenaux.

 

La deuxième lecture Le Nom de la rose, le très célèbre roman d'Umberto Ecco, était faite par un autre acteur, Jérôme Kircher. Je reconnais avoir été un peu déçue par le choix du chapitre qui ne reflète pas du tout, à mon avis, la teneur de l'oeuvre et le côté polar. Il s'agissait du passage où les moines et les inquisiteurs sont réunis pour (se) disputer au sujet de la pauvreté du Christ qui oppose les franciscains à l'autorité pontificale. 

Malgré le côté un peu compliqué de ce chapitre, je dois avouer avoir été complètement sous le charme du talent de lecteur de Jérôme Kircher qui a su déjouer la difficulté pour nous offrir un très beau moment. Je ne peux que saluer cette très belle performance et souhaiter avoir d'autres occasions de l'entendre.

 

Lecture à l'Abbaye
Lecture à l'Abbaye
Lecture à l'Abbaye
Lecture à l'Abbaye

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Des corps dans l'atelier, chez Rodin

27 Mai 2013, 20:26pm

Publié par Parisianne

Au musée Rodin dernièrement, une lecture par Charles Gonzalès et François Marthouret sur le thème du rapport de l'artiste au modèle.

Des textes de Michel Ange, Antoine Bourdelle, Jean Genêt ou Giacometti mais aussi de très nombreux écrits de Rodin lui-même ainsi que des extraits de L'Art, Auguste Rodin, entretiens réunis par Paul Gsell.

Une lecture vivante, un véritable dialogue entre les deux acteurs ont fait de ce moment un instant privilégié. 

Rodin évoque dans L'Art son rapport au corps, j'ai découvert qu'il aimait s'entourer de modèles hommes et femmes qu'il invitait à se déplacer nus dans l'atelier afin d'observer les corps, les mouvements et donner ainsi plus de vie à son travail.

Voici un extrait de ces entretiens, c'est un peu long mais vraiment, prenez le temps de le lire, c'est très intéressant :

"Dans son atelier circulent ou se reposent plusieurs modèles nus, hommes et femmes.

Rodin les paie pour qu’ils lui fournissent constamment l'image de nudités évoluant avec toute la liberté de la vie. Il les contemple sans cesse, et c’est ainsi qu’il s’est familiarisé de longue date avec le spectacle des muscles en mouvement. Le nu qui pour les modernes est une révélation exceptionnelle, et qui, même pour les sculpteurs, n’est généralement qu’une apparition dont la durée se limite à la séance de pose, est devenu pour Rodin une vision habituelle. Cette connaissance coutumière du corps humain, que les anciens Grecs acquéraient à contempler les exercices de la palestre, le lancement du disque, les luttes au ceste, le pancrace et les courses à pied et qui permettait à leurs artistes de parler naturellement le langage du nu, l’auteur du  Penseur se l'est assurée par la présence continuelle d’êtres humains dévêtus qui vont et viennent sous ses yeux. Il est arrivé de cette façon à déchiffrer l’expression des sentiments sur toutes les parties du corps.

Le visage est généralement considéré comme le seul miroir de l’âme ; la mobilité des traits de la face nous semble l’unique extériorisation de la vie spirituelle.

En réalité, il n’est pas un muscle du corps qui ne traduise les variations intérieures. Tous disent la joie ou la tristesse, l’enthousiasme ou le désespoir, la sérénité ou la fureur... Des bras qui se tendent, un torse qui s’abandonne sourient avec autant de douceur que des yeux ou des lèvres. Mais pour pouvoir interpréter tous les aspects de la chair, il faut s’être entraîné patiemment à épeler et à lire les pages de ce beau livre. C’est ce que firent les maîtres antiques aidés par les mœurs de leur civilisation. C’est ce qu’a refait Rodin de nos jours par la force de sa volonté.

Il suit du regard ses modèles ; il savoure silencieusement la beauté de la vie qui joue en eux  […]

Certain soir, quand la nuit eut commencé à feutrer l’atelier de traits d’ombre, et tandis que les modèles se rhabillaient derrière des paravents, je m’entretins avec le maître de sa méthode artistique.

— Ce qui m’étonne chez vous, lui dis-je, c’est que vous agissez tout autrement que vos confrères. Je connais beaucoup d’entre eux et je les ai vus au travail. Ils font monter le modèle sur le piédestal qu’on nomme la table et ils lui commandent de prendre telle ou telle pose. Le plus souvent même ils lui plient ou lui allongent les bras et les jambes à leur guise, ils lui inclinent ou lui redressent le torse et la tête suivant leur désir, tout à fait comme s’il s’agissait d’un mannequin articulé. Puis ils se mettent à la besogne.

Vous, au contraire, vous attendez que vos modèles prennent une attitude intéressante, pour la reproduire. Si bien que c’est vous qui paraissez être à leurs ordres plutôt qu’eux aux vôtres.

Rodin, qui était en train d’envelopper ses figurines de linges mouillés, me répondit doucement :

— Je ne suis pas à leurs ordres, mais à ceux de la Nature.

Mes confrères ont sans doute leurs raisons pour travailler comme vous venez de le dire. Mais, en violentant ainsi la Nature, et en traitant des créatures humaines comme des poupées, ils risquent de produire des œuvres artificielles et mortes. "

 

Le rapport de l'artiste aux corps des modèles a donc été longuement abordé lors de cette lecture mais une question a également été posée : une oeuvre créée dans un environnement particulier -lumière, atmosphère- ne perd-elle pas un peu de son âme en quittant l'atelier de l'artiste pour rejoindre la demeure d'un collectionneur ou la salle d'un musée ? Il semble que Brancusi ait réglé le problème en léguant à l'Etat son atelier en l'état !

 

"Le moulage ne reproduit que l’extérieur; moi je reproduis en outre l’esprit, qui certes fait bien aussi partie de la Nature. Je vois toute la vérité et non pas seulement celle de la surface. J’accentue les lignes qui expriment le mieux l’état spirituel que j’interprète." Auguste Rodin
"Le moulage ne reproduit que l’extérieur; moi je reproduis en outre l’esprit, qui certes fait bien aussi partie de la Nature. Je vois toute la vérité et non pas seulement celle de la surface. J’accentue les lignes qui expriment le mieux l’état spirituel que j’interprète." Auguste Rodin
"Le moulage ne reproduit que l’extérieur; moi je reproduis en outre l’esprit, qui certes fait bien aussi partie de la Nature. Je vois toute la vérité et non pas seulement celle de la surface. J’accentue les lignes qui expriment le mieux l’état spirituel que j’interprète." Auguste Rodin
"Le moulage ne reproduit que l’extérieur; moi je reproduis en outre l’esprit, qui certes fait bien aussi partie de la Nature. Je vois toute la vérité et non pas seulement celle de la surface. J’accentue les lignes qui expriment le mieux l’état spirituel que j’interprète." Auguste Rodin
"Le moulage ne reproduit que l’extérieur; moi je reproduis en outre l’esprit, qui certes fait bien aussi partie de la Nature. Je vois toute la vérité et non pas seulement celle de la surface. J’accentue les lignes qui expriment le mieux l’état spirituel que j’interprète." Auguste Rodin
"Le moulage ne reproduit que l’extérieur; moi je reproduis en outre l’esprit, qui certes fait bien aussi partie de la Nature. Je vois toute la vérité et non pas seulement celle de la surface. J’accentue les lignes qui expriment le mieux l’état spirituel que j’interprète." Auguste Rodin

"Le moulage ne reproduit que l’extérieur; moi je reproduis en outre l’esprit, qui certes fait bien aussi partie de la Nature. Je vois toute la vérité et non pas seulement celle de la surface. J’accentue les lignes qui expriment le mieux l’état spirituel que j’interprète." Auguste Rodin

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Dans les nuages...

9 Avril 2013, 10:03am

Publié par Parisianne

Dans les nuages...

La page d'accueil de Google ce matin présente un dessin d'un écrivain, plume en main, installé à son bureau devant une fenêtre ouverte sur la mer. Il s'agit en fait de Baudelaire, né le 9 avril 1821 à Paris et mort le 31 août 1867, c'est à dire très jeune.

Ce petit clin d'oeil sympathique à ce grand poète m'a donné envie de lui rendre un petit hommage à travers ces quelques photos de son cénotaphe qui se trouve au cimetière du Montparnasse, sa sépulture étant au même endroit, un peu plus loin.  

Le cénotaphe, inauguré en 1902 est l'oeuvre du sculpteur José de Charmoy, il a été réalisé suite à une souscription publique. Initialement, Rodin aurait dû en être l'auteur, une querelle initiée par Ferdinand de Brunetière fervent défenseur des classiques, et donc en opposition avec les auteurs de son temps, retardera le projet qui naîtra finalement sous le ciseau d'un sculpteur moins connu.

 

 

Dans les nuages...
Dans les nuages...

Et puisqu'il est impensable de rendre hommage à un poète sans poésie, je vous offre ce poème que j'aime particulièrement, liminaire du Spleen de Paris,

 

L'Etranger

- Qui aimes-tu le mieux, homme énigmatique, dis ? ton père, ta mère, ta soeur ou ton frère ?
- Je n'ai ni père, ni mère, ni soeur, ni frère.
- Tes amis ?
- Vous vous servez là d'une parole dont le sens m'est resté jusqu'à ce jour inconnu.
- Ta patrie ?
- J'ignore sous quelle latitude elle est située.
- La beauté ?
- Je l'aimerais volontiers, déesse et immortelle ?
- L'or ?
- Je le hais comme vous haïssez Dieu.
- Eh ! qu'aimes-tu donc, extraordinaire étranger ?
- J'aime les nuages... les nuages qui passent... là-bas... là-bas... les merveilleux nuages!

Dans les nuages...

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