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Les musardises de Parisianne

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"Qu'importe le flacon pourvu qu'on ait l'ivresse" disait Musset... et bien non !

26 Septembre 2022, 09:00am

Publié par Parisianne

Jeux de couleurs façon ParisiAnne

Jeux de couleurs façon ParisiAnne

Contredire Musset, il faut oser me direz-vous ! Et bien j'ose parce que pour moi le "flacon" compte au moins autant, si ce n'est plus, que "l'ivresse" !

Et là, je vous sens perplexes. N'ayez pas peur de le dire, vous vous demandez sans aucun doute où je veux en venir, vous vous dites même "mais que lui arrive t-il, aurait-elle abusé des élixirs du flacon, serait-elle partie pour des paradis artificiels ?"

Que nenni, aujourd'hui, parlons : vaisselle ! Là, je reconnais que c'est un de mes (nombreux) points faibles, j'adore la vaisselle !

 

On les appelle les arts de la table. Inséparables d’un autre art, celui de la gastronomie, ils sont, depuis plus de trois siècles, le reflet d’un certain art de vivre à la française. La céramique, l’orfèvrerie et la verrerie expriment les innovations, les goûts et les mœurs des époques qui les ont vu vivre.

Inès Heugel, Les Arts de la table français

Hommage à la grand-mère de Gilles

Hommage à la grand-mère de Gilles

Mes grands-mères, ma maman, et maintenant ma belle-maman et sa maman (que je n'ai pas connue) - vous suivez ? - m'ont laissée gardienne de leur vaisselle !

Il faut dire que de toutes ces dames, en particulier du côté maternel - parce que par bonheur mon papa a des sœurs et j'ai donc la chance d'avoir deux tantes adorables - il n'en reste qu'une et je suis celle-là !

Donc voilà, la vaisselle encombre nos buffets et placards, certes, mais c'est tellement chouette de pouvoir profiter de ces héritages qui nous offrent de jolies tables que j'accorde aussi souvent que possible aux fleurs du jardin.

Hommage à ma grand-mère maternelle

Hommage à ma grand-mère maternelle

Saviez-vous que les fleurs n'apparaissent sur les tables qu'à la fin du XVIIe siècle ? Avant cela, pas réellement de décor, et avant le XIXe siècle pas non plus, dans les demeures, de pièce dédiée essentiellement à la salle à manger. Bien souvent, on installe les tables en fonction du nombre de convives, peut-être aussi de la saison, dans une pièce ou une autre.

Les nappes de couleurs font également une apparition tardive, vers les années 1920, on opte auparavant pour des nappes blanches, parfois monogrammées. 

C'est passionnant de voir l'évolution au fil des siècles. Vous aurez tous entendu parler des services dits "à la française" (tous les plats sont sur la table) ou "à la russe", le service est fait par des valets qui proposent chaque plat aux convives. 

J'ai pour habitude, pour des questions de pratique et de dressage des assiettes, de servir en cuisine la plupart du temps. Mais, pour être honnête, je ne fais jamais de grande tablée ! Et vous ?

"Qu'importe le flacon pourvu qu'on ait l'ivresse" disait Musset... et bien non !

Les premiers modèles de tasses sont appelés « tasses à moka », du nom d’une variété de café originaire d’Arabie. En faïence ou en porcelaine, ces tasses sont cylindriques, assez hautes et disposent d’une anse verticale. Les lignes des tasses évoluent peu depuis leur naissance, mais une tendance s’affirme assez vite : les récipients réservés au chocolat ou au thé s’évasent davantage… D’une contenance plus importante, on parle de « tasses à déjeuner » ; plus petites, ce sont les modèles moka.

Clémentine Pileau-Peyre et Carine Albertus Photos Julien Chamou Vaisselle vintage, 200 ans de styles

Les assiettes, les couverts, les verres bien sûr et les plats de service, c'est un monde merveilleux ! Mais je reconnais une vraie faiblesse pour les services à thé et à café ! Rien de plus élégant qu'une jolie théière, une belle cafetière un peu ancienne, un sucrier et un pot à lait, non ? Et même les tasse à expresso que nous utilisons souvent aujourd'hui ne manquent pas d'un certain intérêt !

"Qu'importe le flacon pourvu qu'on ait l'ivresse" disait Musset... et bien non !

Le premier vrai grand service est créé pour le roi Louis XV, par la manufacture de Vincennes. En faïence, sur fond bleu céleste, il a un succès immédiat, et son prix est bien inférieur à celui de la vaisselle d’or et d’argent. Les assiettes en céramique sont gaies et colorées, et ne risquent pas d’être fondues pour renflouer les caisses du royaume…

Vaisselle vintage, Christine Pomeau-Peyre et Carine Albertus

"Qu'importe le flacon pourvu qu'on ait l'ivresse" disait Musset... et bien non !
Hommage à Belle-maman et à ses nombreuses pièces Arcopal ainsi qu'à ses talents de couturière

Hommage à Belle-maman et à ses nombreuses pièces Arcopal ainsi qu'à ses talents de couturière

Entre les grandes marques, Vincennes, qui deviendra Sèvres, Chantilly, Creil, Limoges bien sûr, mais aussi Sarguemines, ou Gien, et les nombreuses autres ; entre la porcelaine tendre et la faïence fine, il y a beaucoup à découvrir et je suis loin de maîtriser le sujet, mais nous y reviendrons sûrement parce que la question m'intéresse. 

Et qui sait si un jour, à force de parler vaisselle, je ne finirai pas par parler cuisine ? 

Bibliographie, parce que forcément tout passe aussi par les livres !

Les Arts de la table français, Inès Heugel, Les Carnets du chineur. Editions du Chêne, 1998

La Passion des arts de la Table, Inès Heugel, photosChristian Sarramon. Editions du Chêne, 2005

Vaisselle vintage, Christine Pomeau-Peyre et Carine Albertus, photos Julien Chamoux. Editions Hoëbeke, 2009

 

Bien sûr je n'ai pas que la vaisselle des grands-mères, il faut bien aussi un peu de modernité !
Bien sûr je n'ai pas que la vaisselle des grands-mères, il faut bien aussi un peu de modernité !
Bien sûr je n'ai pas que la vaisselle des grands-mères, il faut bien aussi un peu de modernité !
Bien sûr je n'ai pas que la vaisselle des grands-mères, il faut bien aussi un peu de modernité !

Bien sûr je n'ai pas que la vaisselle des grands-mères, il faut bien aussi un peu de modernité !

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La vie des livres

5 Septembre 2022, 09:00am

Publié par Parisianne

La vie des livres

Qui a dit "encore" un sujet sur les livres ?  :-)

Je vous l'accorde c'est un peu une obsession ! et le lundi normalement c'est culture et découverte ! Mais faisons une entorse à la règle que je me suis fixée et que je ne garantis pas de tenir...

C'est un livre en kit dont je vais parler aujourd'hui ! Vous savez, comme les meubles bien connus que nous avons tous un jour eu à monter en râlant un peu.

La vie des livres
La vie des livres
La vie des livres
La vie des livres
La vie des livres

Quelle surprise, en ouvrant un colis, de trouver les pages d'un livre, manifestement ancien, pour protéger son contenu. J'aime tant les livres qu'une telle maltraitance ne pouvait que me faire frissonner, d'autant plus quand j'ai reconnu quelques monuments parisiens parmi les gravures chiffonnées.

Dans le cas présent, j'étais aussi chiffonnée que les pages, le cœur déchiré à l'idée de ce beau livre malmené. Alors, malgré mon peu de goût pour les puzzles, et mon habileté et ma patience plus que limitées, je me suis appliquée à trier les morceaux de ce papier si épais sous les doigts que le simple fait de le manipuler avait saupoudré la table d'une fine poussière blanche.

La qualité du papier dans nos livres d'aujourd'hui n'a pas la tenue impeccable que l'on pourrait espérer, vous y aurez sûrement été aussi sensibles que moi. Et vous savez (pour avoir lu l'article de samedi) qu'en plus j'ai eu le privilège de m'asseoir souvent sur les piles de papier dans l'imprimerie familiale et que donc : J'aime mon confort  !

 

Morceau par morceau, j'ai trié, classé et collé comme je pouvais, parvenant ainsi à reconstituer 21 pages complètes. Il ne manque rien d'autre que les 300 pages supplémentaires constituant l'ouvrage !

Bien vite j'ai vu l'intérêt du document et constaté que dans sa barbarie, l'auteur du massacre avait eu l'amabilité de respecter l'ordre des pages et de m'offrir ainsi quelque chose d'assez cohérent bien que très incomplet !

Mais quel est donc cet ouvrage vous demandez-vous ? Il s'agit d'un guide, écrit en 1890 par un certain Constant Chmielenski, dit Constant de Tours, né en 1850, mort on ne sait quand en 19... et dont le titre : De Paris à la mer : voyage d'un petit Parisien, nous met l'eau à la bouche.

 

La vie des livres

L'amusant dans les fragments qui me sont tombés entre les mains, c'est qu'ils concernent le chapitre La Traversée de Paris, en partant du Pont d'Austerlitz jusqu'à la Concorde, autant dire le cœur de Paris avec les quais et les bouquinistes ! Finalement, j'ai de la chance !

Il s'agit en fait d'un petit bout de la troisième partie du livre, qui en compte huit pour rejoindre la mer au Havre.

Le propos général semble ne pas manquer d'intérêt et les gravures sont très belles. C'est le genre de livre que j'adore feuilleter et dont maintenant je rêve de trouver un exemplaire au cours de mes flâneries chez les bouquinistes ! 

Je ne résiste pas à la gourmandise de cette description du Jardin des Plantes :

La vie des livres
La vie des livres
La vie des livres

Au quai Saint-Bernard, nous faisons la rencontre d'une vieille connaissance parisienne : le Jardin des Plantes. [...]
Le silence de ses allées ombreuses et de ses bosquets paisibles - où se donnent rendez-vous des promeneurs de tout âge, le vieillard, l'étudiant et de jolies caravanes d'enfants - est bien troublé quelques fois par le rugissement des lions, le grognement des ours, le hurlement des loups ; au parfums des fleurs de mêle peut-être l'odeur des fauves de la Ménagerie : ça n'en est que plus agréable.
Quel joyeux souvenir laisse à tous cet aimable pensionnat d'animaux féroces [...]

La vie des livres

Sautant d'une rive à l'autre, empruntant passerelles et ponts, l'auteur nous entraîne au fil de l'eau et m'invite à courir dès que j'en aurai l'occasion, pour découvrir le Square Barye dans lequel le monument à la gloire de ce célèbre sculpteur animalier, grand ami de Delacroix vient, je crois, d'être restauré.

L'Hôtel de Ville, Le Panthéon, la Tour Clovis (beffroi d'Henri IV) et d'autres monuments sont évoqués dans cette partie intitulée "Autour des îles parisiennes". Et bien sûr, Notre-Dame. Là encore, je ne résiste pas à la citation :

Au centre de la Cité se dresse une merveille qui s'appelle Notre-Dame de Paris. "Les grands édifices, comme les grandes montagnes, a écrit Victor Hugo dans un livre immortel, sont l'ouvrage des siècles. Chaque flot du temps superpose son alluvion, chaque race dépose sa couche sur le monument, chaque individu apporte sa pierre."

La vie des livres

Notre-Dame, vaste symphonie en pierre, réunit dans les détails de sa construction toute la série des transformations de l'architecture ogivale. Au-dessus des êtres fantastiques qui habitent éternellement la grande galerie : éléphant, ours, aigle, grands singes groupés autour d'un ange qui semble, comme un berger, jouer du chalumeau pour rassembler son troupeau, des corbeaux d'un noir brillant volent en tous sens et croassent. Heureux d'errer librement dans ce merveilleux domaine, ils courent sur les sculptures, sortent des clochetons où le Temps "ôtant une pierre", leur a creusé un nid...

La vie des livres

Vous aurez, comme moi, été sensibles à la citation de Victor Hugo mais aussi à l'ironie des mots.

Là où Hugo décrit un apport de génération en génération, tant dans la construction naturelle des montagnes que dans l'œuvre des bâtisseurs, nous sommes à l'heure des constatations alarmantes de destruction.

Quant au "chalumeau", terme générique employé au Moyen Âge et à la Renaissance pour désigner les instruments à vent, il ne peut que nous faire frissonner employé pour Notre-Dame dont le tragique incendie de 2019 reste si présent à nos esprits. 

Mais poursuivons notre périple, longeons l'Hôtel de ville en saluant Etienne Marcel sur son cheval, l'Hôtel-Dieu, le Tribunal de commerce et le Marché aux fleurs avant de poursuivre vers la Conciergerie et le Pont Neuf qui supporte les mascarons de Germain Pilon !

Entre les palais de la chicane et la maison hospitalière s'encadre le luxuriant Marché aux fleurs ; souvent les parterres débordent, inondant de roses, de lilas, de marguerites ou de géraniums les quais et les ponts voisins, fleurissant les parapets sous les fenêtres des pauvres malades, embaumant l'air autour des grilles et de la lourde porte en ogive de la prison de la Conciergerie, enveloppant de parfums les créneaux de la Tour de César et les chapeaux pointus des Tours d'Argent et Bon-Bec.

La vie des livres
La vie des livres
La vie des livres

En 1792, Henri IV et son cheval furent métamorphosés en canons, et plus tard, Napoléon Ier, descendu de la colonne Vendôme, fut fondu à son tour et du bloc sortit un nouvel Henri IV à cheval, qu'à l'aide d'une souscription populaire on replaça en 1818 sur le Pont-Neuf. [...] La seconde arche de la rive droite était jadis flanquée d'une pompe, "La Samaritaine", dont un établissement de bains flottant nous conserve le nom. [...] Sur les demi-lunes, longtemps furent installées des boutiques de marchands en plein vent et sur ses trottoirs autrefois fourmillaient, dans un tohu-bohu pittoresque, baladins et chanteurs de "ponts-neufs". Le Pont-Neuf s'est assagi en vieillissant, mais il est toujours solide et soutient sa réputation passée en proverbe "se porter comme le Pont-Neuf [...].

La vie des livres
La vie des livres

Sur la rive gauche de la Seine, du Pont Saint-Michel au Pont-Neuf, le quai des Grands-Augustins aligne ses beaux arbres touffus qui protègent contre les coups de soleil les amateurs de vieux livres et qui étendent leur feuillage jusqu'au dessus des pénichiens, ces nautae de Lutèce groupés dans le port entre les bouquinistes de la rive gauche et les orfèvres d'en face.

Comme au rythme lent d'un bateau se laissant porter par le fleuve, nous poursuivons le voyage en regardant défiler sous nos yeux le panorama parisien. Ici le Louvre, les galeries du bord de l'eau, les guichets du Carrousel, là le quai de la Mégisserie (sans mégissiers) ou encore le Palais de l'Institut ; levant parfois les yeux pour admirer la jupe d'un pont, se retournant pour regarder le chemin parcouru et le coeur historique, la Cité.

Le Pont des Arts, qui va du Louvre à l'ancien Palais des Arts aujourd'hui Institut, est le premier pont de ce genre qui ait été fait en France. Il date de 1804 ; son plancher de bois, bordé d'une balustrade de fer, surmonte des arches en fer scellées dans les piles de pierre ; le profil en est très léger.

La vie des livres

Le Palais de l'Institut occupe l'emplacement de l'Hôtel et de la fameuse Tour de Nesle ; la paix, l'étude et le recueillement ont succédé aux crimes légendaires de la tour ! C'est aujourd'hui le temple de nos "immortels" qui, au nombre de quarante, forment l'Académie française. Mais c'est aussi le Palais des quatre autres académies : l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, l'Académie des Sciences, l'Académie des Beaux-Arts et l'Académie des Sciences morales et politiques. Rien ne manque à sa gloire, il manquerait à celle des bouquinistes, s'il ne trônait pas au milieu d'eux. Depuis le Quartier-Latin jusqu'au Pont-Royal, s'étalent sur les bords de la Seine non seulement le bric-à-brac de la littérature et de l'art, trésors égarés sur les parapets...

La vie des livres

C'est une flânerie fort plaisante que nous a offert, sans le vouloir, celui qui a déchiré les pages d'un livre pour en protéger un autre ; je me suis prise au jeu de cette redécouverte poétique de ces lieux que, pour ma part, je parcours régulièrement.

Vous aurez, je l'espère eu autant de plaisir que moi, et si votre curiosité est piquée, n'hésitez pas à vous rendre sur Gallica, le livre est en consultation libre, je vous ai mis le lien ci-dessous, sur le titre de l'ouvrage.

Je me réjouis pour ma part de savoir que ces pages meurtries qui étaient destinées à finir à la corbeille, changeront bientôt de main pour une renaissance d'un autre type. Mais ça c'est une autre histoire !

Constant de Tours, Voyage d'un petit parisien. De Paris à la mer. Paris, Emile Gaillard, 1898

Léon Rudnicki (1873-1958) - peintre, décorateur et illustrateur. Après un passage à l'Ecole de Arts décoratifs, il se spécialisera dans l'illustration, notamment de nombreux livres d'art. Il participe également à la réalisation d'une partie des fresques de l'Opéra de Vichy.

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De Séville à Pékin, le voyage de Carmen

29 Août 2022, 09:00am

Publié par Parisianne

Couverture du vinyle 33 tours Carmen à Pékin, éditions Stil

Couverture du vinyle 33 tours Carmen à Pékin, éditions Stil

1er janvier (1982). Le grand jour est arrivé. Ce soir sera l'aboutissement d'un an et demi de travail.

Jean Périsson, Une Vie de hérault, l'Harmattan

Parmi les nombreux grands seniors avec qui j'ai eu la chance de travailler, Jean Périsson (1924-2019), chef d'orchestre, restera à jamais dans mon cœur. J'ai eu la chance de partager avec Jean plusieurs années de bavardages curieux autour de la musique, bien sûr, mais aussi de la poésie, de la littérature, du cinéma, de l'art en général et de la vie avec l'art en particulier.

Nous avons eu des moments de grande complicité, et je suis encore aujourd'hui proche de son épouse et de son fils aîné qui comptent beaucoup pour moi.

 

 

(...) orchestre, choeurs et solistes ont donné le meilleur d'eux-mêmes. Sans la moindre baisse de tension, nos jeunes ont tenu bon jusqu'à l'affrontement terrible du duo final. La réaction du public est proprement indescriptible. On peut utiliser le mot de "triomphe" parce qu'il n'y en a pas de plus fort. Les musiciens de l'orchestre envahissent la scène pour se mêler aux artistes du plateau sous une avalanche de fleurs.

Jean Périsson, Une Vie de hérault, l'Harmattan

Je vous cite ici quelques extraits de son livre Une Vie de hérault qui retrace le parcours magnifique de ce grand chef qui a vécu dans la lumière sans la chercher et est aujourd'hui, malheureusement, oublié.

Bien que diminué par la maladie, Jean a toujours été très réactif à mes sollicitations, chaque semaine lorsque j'arrivais, je savais qu'il aurait préparé quelque chose à me montrer où qu'il aurait rebondi sur un sujet évoqué la semaine précédente.

C'était un challenge magnifique, j'étais en veille permanente pour attirer son attention. Mon admiration pour ce grand homme était à la hauteur de l'affection qu'il me portait.

 

A l'issue de la dernière, une fois que le public s'est retiré, je garde l'orchestre dans la fosse et je leur fais un petit discours d'adieu, traduit par mon interprète. Puis je remets solennellement ma baguette, celle qui a dirigé les 6 premières, à Mme Zheng Xiaoying, qui va désormais prendre le flambeau.

Jean Périsson, Une vie de hérault, l'Harmattan

Bien sûr, cette expérience de Carmen en chinois a été souvent l'objet de nos bavardages. J'étais fascinée par ce travail, et je regrette vraiment que l'on ne trouve pas d'extrait en ligne. J'ai eu la chance d'écouter de nombreux morceaux et c'est impressionnant. Vous imaginez le travail ? Traduire Carmen, faire en sorte que la langue chinoise colle parfaitement à la musique. 

Entendre Jean Périsson en parler lui-même, riant des anecdotes nombreuses, fronçant le sourcil aux souvenir des difficultés rencontrées, restera parmi mes plus beaux souvenirs.

 

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Aqua mater, Sebastio Salgado

15 Août 2022, 09:00am

Publié par Parisianne

Aqua mater, Sebastio Salgado

Cette étrange construction en bambous est en bonne place au cœur du quartier d'affaires de la Défense. Le contraste est intéressant, n'est-ce pas ?

Mais ce contraste qui surprend, amuse, intrigue n'est rien à côté de celui qui nous saisit quand on entre.

Vous allez à Paris, n'hésitez pas, foncez voir cette magnifique exposition - qui se tient jusqu'au 22 septembre et dont une partie des bénéfices est reversée à L'Institutot Terra - des photos de Sebastio Salgado, ce photographe franco-brésilien né en 1944 parmi les plus grands artistes de sa discipline. Un humaniste qui nous fait découvrir la terre et ses merveilles autant que ses blessures.

Vous me suivez, on entre...

« Notre organisation à but non lucratif, l’Instituto Terra, a planté plus de 2,7 millions d’arbres appartenant à plus de 300 espèces endémiques. […] Le retour de ce microclimat tropical a attiré des oiseaux et des animaux qu’on n’y avait pas observés depuis plusieurs décennies. » - Sebastião Salgado

Aqua mater, Sebastio SalgadoAqua mater, Sebastio Salgado

Avant tout, écoutez ! Vous entendez le silence ? Nous sommes sur l'Esplanade de la Défense, il est midi, il fait beau et chaud, les gens qui travaillent dans les tours environnantes sont tous dehors, ça parle, ça joue, le métro gronde, la circulation n'est pas loin et pourtant... silence !

Croyez-moi sur parole, la sensation en entrant dans cet immense pavillon en bambou, imaginé par l'architecte colombien Simon Velez, est saisissante. Le silence et la fraîcheur qui nous accueillent sont très troublants. Puis en pénétrant plus avant, ce sont les bruits de l'eau qui viennent s'immiscer dans le parcours. La création sonore du compositeur François-Bernard Mâche vient ajouter à la plénitude apportée par les magnifiques photos.

Aqua Mater

Cette eau qui est la vie, le photographe nous la montre ici dans toutes ses formes mais aussi dans ses absences tragiques. En voici un bref aperçu.

Sebastio Salgado, Aqua Mater
Sebastio Salgado, Aqua Mater
Sebastio Salgado, Aqua Mater
Sebastio Salgado, Aqua Mater
Sebastio Salgado, Aqua Mater
Sebastio Salgado, Aqua Mater
Sebastio Salgado, Aqua Mater
Sebastio Salgado, Aqua Mater
Sebastio Salgado, Aqua Mater

Sebastio Salgado, Aqua Mater

Aqua mater, Sebastio SalgadoAqua mater, Sebastio SalgadoAqua mater, Sebastio Salgado

Avant de quitter ce silence de l'eau, quelques lignes de Pablo Neruda :

"Amazone" dans Chant Général 1950

"Amazone,
capitale des syllabes de l'eau,
père patriarche tu es
la mystérieuse éternité
des fécondations..."

 

Aqua mater, Sebastio SalgadoAqua mater, Sebastio Salgado
Aqua mater, Sebastio SalgadoAqua mater, Sebastio Salgado

Vous remarquerez dans les dernières photos des vues d'en haut. Ce sera l'occasion d'un autre sujet, une autre exposition magnifique des photos d'un grand humaniste, le moine bouddhiste Matthieu Ricard qui se tenait sur le toit de la Grande Arche, une occasion de prendre de la hauteur, au propre comme au figuré !

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Manoir de Coecillian, pointe de Pen’Hat

8 Août 2022, 09:00am

Publié par Parisianne

Manoir de Coecillian, pointe de Pen’Hat

On le devine en fond, ce manoir en ruines, derrière ces alignements qui dans la brume lui font un enclos surréaliste, ce qui n'est pas anormal pour Saint-Pol-Roux, poète symboliste que l'on dit aussi père du surréalisme, mais poète oublié.

Son nom apparaît pourtant dans les œuvres de ses amis, André Breton lui dédie Clair de terre "au poète oublié... ainsi qu'à ceux qui comme lui s'offrent le magnifique plaisir de se faire oublier",

Vercors pour sa part lui dédie son magnifique Silence de la mer, comme vous pouvez le voir sur la photo ci-dessous prise dans le livre de Poche le plus ancien.

Manoir de Coecillian, pointe de Pen’Hat
Manoir de Coecillian, pointe de Pen’Hat
Manoir de Coecillian, pointe de Pen’Hat

Sur le site de Pen’Had, face à l’océan, les alignements de Lagatjar dans le dos, le manoir de Coecillian est une ancienne maison de pêcheur agrandie par Saint-Pol-Roux, poète symboliste.
Les ruines aujourd’hui ne sont habitées que par les corbeaux. Ils viennent aux visiteurs curieux signifier la présence permanente de l’âme meurtrie du maître des lieux, agressé en son domaine par un soldat allemand le 23 juin 1940 et décédé quelques mois après, des suites du traumatisme ( sa bonne a été tuée et sa fille sérieusement blessée). Victime d’une autre intrusion alors qu’il visite sa fille à l’hôpital, la destruction de son travail d’écriture achèvera le pauvre homme.

Nous avons visité ce site l'an dernier par temps gris et brumeux, je crois que finalement, c'était presque mieux que sous le soleil, surtout avec un corbeau pour compagnon !

Deux générations de livre de poche ! Deux générations de livre de poche !

Deux générations de livre de poche !

Manoir de Coecillian, pointe de Pen’Hat

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Le Bon Marché et le design

1 Août 2022, 07:00am

Publié par Parisianne

Le Bon Marché et le design

Si je vous dis Bon Marché, vous me répondez dans l’ordre :
-1er grand magasin du monde, 1852 (Aristide et Marguerite Boucicaut)
- Zola Au Bonheur des Dames

Et bien vous pourrez maintenant ajouter : vitrine d’art et de design !

Ce célèbre grand magasin de la Rive Gauche ne se contente pas d'arborer fièrement son architecture tout à fait intéressante, il est, au-delà d'un temple du shopping, un véritable musée vivant.

Je vous invite à lire l'histoire du Bon Marché sur le site dont je vous mets le lien ci-dessous.

Mais ce qui va nous occuper aujourd'hui, ce sont essentiellement les mobiliers utilitaires du magasin.

Le Bon Marché et le designLe Bon Marché et le design

Les collections du Bon Marché sont riches d’un très grand nombre d’œuvres et lorsque vous y flânez où y faites vos courses, vous passez, bien souvent sans le savoir, devant un trésor Art Déco.

Le mobilier fonctionnel et utilitaire constitue une part de la collection. Vous pouvez vous asseoir sur les sièges Jean Prouvé ou les banquettes de Ludwig Mies van des Rohe, dernier directeur du Bauhaus, lire sous un lustre Lalique, ou admirer une pile de pulls posés sur une table de jeu orange Guy Lefèvre pour la maison Jansen.

Je serais bien incapable malheureusement de vous légender chaque meuble, je vous laisse donc admirer tout simplement, et si vous êtes plus calés que moi sur le sujet, n'hésitez pas à apporter des infos que je me ferais un plaisir d'ajouter.

 

Série de tables
Série de tables
Série de tables
Série de tables
Série de tables
Série de tables
Série de tables

Série de tables

Aucun détail n'est laissé au hasard, des tapis aux lustres, le magasin rend ses lettres de noblesses aux designers du XXe siècle.

Les enfants ne sont pas oubliés, l'espace qui leur est dédié regorge de trésors. Vous reconnaitrez les éléments d'un manège qui jusqu'à la pandémie étaient en libre accès, ainsi que des chaises d'écoliers que vous avez peut-être connues.

Le Bon Marché et le design
Le Bon Marché et le design
Le Bon Marché et le design
Le Bon Marché et le design
Le Bon Marché et le design
Le Bon Marché et le design

J'ai eu la chance de suivre un formidable parcours vivant et original présenté par le passionné et passionnant Gilbert Kann, sur invitation du musée Rodin.

Ayant les magasins en horreur, j'ignorais tout cela mais je trouve l'idée géniale. Après tout, ces meubles ne sont-ils pas mieux dans ce lieu plein de vie que dans un musée ?

 

Ici Georges Mouille et Lalique pour les deux premiersIci Georges Mouille et Lalique pour les deux premiersIci Georges Mouille et Lalique pour les deux premiers

Ici Georges Mouille et Lalique pour les deux premiers

Que du design aujourd’hui, mais bien sûr, il y aurait beaucoup à voir encore au Bon Marché, à commencer par l'architecture mais aussi les collections d'art puisque la direction du magasin n'hésite pas à mettre dans les étages des œuvres d'artistes contemporains. Je tâcherai d'aller y regarder de plus près prochainement.
 

Le Bon Marché et le design
Le Bon Marché et le design
Le Bon Marché et le design
Le Bon Marché et le design
Le Bon Marché et le design
Le Bon Marché et le design
Le Bon Marché et le design

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Oyez oyez chers regardeurs d’Horizons

9 Juin 2021, 18:45pm

Publié par Parisianne

Oyez oyez chers regardeurs d’Horizons

Ces beaux livres que vous voyez là permettront de réaliser des rêves d’enfants malades grâce à l’énergie déployée par Quichottine, mais aussi grâce à tous les participants à ce livre à 91 mains.
 

Seulement, sans vous rien n’est possible.

Le  livre est en précommande jusqu’au 15 juin, il vous suffit pour cela de suivre le lien des Anthologies Éphémères que je vous mets ci-dessous et de passer commande à Quichottine.  Et si vous avez un problème, n’hésitez pas à me contacter. Mais surtout, n’hésitez pas à commander le livre.

Cette souscription permet une impression en nombre mais se termine bientôt ! 

Pour les enfants, merci !

 

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Square de la place des Martyrs juifs du Vélodrome d'hiver

20 Mars 2021, 21:49pm

Publié par Parisianne

Square de la place des Martyrs juifs du Vélodrome d'hiver

Nous sommes ici à deux pas de l'emplacement du Vélodrome d'Hiver, qui reste aujourd'hui gravé dans nos mémoires en raison de la terrible rafle des 16 et 17 juillet 1942 ; plus de treize mille personnes dont un tiers d'enfants entassés là, pendant plusieurs jours, dans des conditions horribles avant d'être déportés à Auschwitz.

 

Square de la place des Martyrs juifs du Vélodrome d'hiver
Square de la place des Martyrs juifs du Vélodrome d'hiver
Square de la place des Martyrs juifs du Vélodrome d'hiver

Aujourd'hui, un square qui longe la Seine et sous lequel passe le RER a été aménagé en mémoire de ces victimes de la barbarie. Une sculpture très expressive du Walter Spitzer et de l'architecte Mario Azagury en est le coeur.

Il y a non loin de là un jardin mémorial des enfants du Vél' d'Hiv'.

Le site en bord de Seine, malgré la modernité froide de l'environnement de tours est émouvant.

Il y a dans de nombreux jardins parisiens des stèles en verre sur lesquelles sont gravés les noms des enfants déportés, c'est toujours bouleversant de lire ces noms de très jeunes enfants au détour d'une flânerie. 

 

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Paris XV, Square Bela Bartok

18 Mars 2021, 21:29pm

Publié par Parisianne

Petite oasis au coeur des tours du XVe arrondissement, le square Bela Bartok longe le quai de Grenelle, entre les Ponts Bir Hakeim et Pont de Grenelle.

Paris XV, Square Bela Bartok

En arrivant par la dalle du Front de Seine, on le devine d'en haut, comme une bouffée d'oxygène, confirmée par le maître des lieux avec qui j'ai eu une petite conversation sans toutefois parvenir à le faire poser devant la Tour Eiffel, le masque et les lunettes ne faisant pas toujours bon ménage, il m'a trouvée un peu longue pour la mise au point, quand j'ai eu cadré la Tour et le piquet sur lequel Maître Rouge-gorge me faisait l'honneur de poser... il était parti !

Vous voyez la Tour Eiffel sur la dernière photo !Vous voyez la Tour Eiffel sur la dernière photo !Vous voyez la Tour Eiffel sur la dernière photo !

Vous voyez la Tour Eiffel sur la dernière photo !

C'est un jardin planté de magnolias, bruyères et rhododendrons qui ne tarderont pas à offrir une explosion de couleurs comme vous pouvez le deviner sur mes photos malgré le gris ambiant.

Paris XV, Square Bela Bartok

Jardin hommage au compositeur hongrois, Bela Bartok (1881-1945), on y trouve une sculpture de l'artiste Imre Varga, offerte par la ville de Budaptest en 1982.

Et une fontaine Cristaux, en métal posé sur un socle de mosaïque, œuvre du sculpteur Jean-Yves Lechevallier.

Bela Bartok par Imre Varga

Bela Bartok par Imre Varga

Cristaux, Jean-Yves Lechevallier

Cristaux, Jean-Yves Lechevallier

A la sortie du square côté Place de Brazaville une bambouseraie offre une nature différente de ce à quoi nous sommes habitués dans les jardins parisiens, et aujourd'hui avec le vent, le froissement des feuilles de bambous faisait oublier les bruits de la ville.

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Ilse Beunen, L'ikebana pas à pas

11 Février 2021, 18:55pm

Publié par Parisianne

Ilse Beunen, L'ikebana pas à pas

C'est à travers un roman de Aki Shimazaki, Suzuran, que j'ai découvert l'art ikebana, et après quelques recherches sur le sujet, j'ai eu très envie de me pencher sérieusement sur le sujet. 

Voici un de mes premiers travaux pratiques avec les petits moyens du bord, c’est-à-dire un plat en guise de vase ikebana, branches et feuilles empruntées au voisinage et anémone chipée au bouquet acheté au marché !
Que les puristes, s’il y en a ici, ne s’offusquent pas de mes balbutiements irréfléchis.

 

Ikebana en japonais se compose des kanjis « ikeru » pour vivre, et « hana » pour fleur, et signifie littéralement « fleur vivante ». Ikebana est l’art de faire vivre les fleurs, et par extension les végétaux, à travers une manière réfléchie de les disposer.

Ilse Beunen, L'Ikebana pas à pas

L'ikebana est né de l'offrande de fleur dans le bouddhisme. On pose devant une image ou une statue trois éléments : une bougie, un bâton d'encens et une fleur.

C'est au cours de l'ère Muromachi (XIV-XVIe siècles) que sont posées les fondements de l'art et de la culture. On y trouve :

  • l'art du jardin
  • la cérémonie du thé
  • le théâtre Nô
  • le bouddhisme zen
  • l'ikebana

Ensuite, au fil des époques naîtront différents styles ikebana, enseignés par différentes écoles, la plus ancienne étant l'école Ikenobo.

Dans l'ensemble, les règles sont strictes et formelles. Je n'ai aucune formation autre que ma curiosité, je n'ai donc pas la prétention de faire du véritable ikebana, mais je m'en inspire et ce qui m'intéresse dans cet art si délicat, c'est la recherche d'équilibre et surtout l'épure très éloignée de mes habituels bouquets champêtres. Un autre regard sur le jardin.

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