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Les musardises de Parisianne

Une année en livres 3 : voyage au Pays du soleil levant !

30 Juillet 2022, 09:00am

Publié par Parisianne

Une année en livres 3 : voyage au Pays du soleil levant !

Un goût prononcé pour les auteurs japonais, ça se remarque tout de suite dans ma bibliothèque où une étagère, trop petite, leur est consacrée et que quelques autres se sont glissés au gré des éditions dans d'autres rayons.

Quatre auteurs, quatre univers

Toshikazu Kawaguchi, Tant que le café est encore chaud,

Kazuo Ishiguro, Klara et le soleil,

Mitsuyo Kakuta, La maison dans l'arbre.

Hiraide Takashi, Le Chat qui venait du ciel

Une année en livres 3 : voyage au Pays du soleil levant !Une année en livres 3 : voyage au Pays du soleil levant !Une année en livres 3 : voyage au Pays du soleil levant !

Sous l'effet de l'attraction terrestre, l'eau coule de haut en bas. Nos âmes exercent une force d'attraction, elles aussi. Face à quelqu'un qu'on estime et en qui on a confiance, on ne peut pas mentir. On ne peut pas s'empêcher de se montrer sous son vrai jour. En particulier dans les moments où on essaye de cacher sa tristesse ou ses faiblesses.

Toshikazu Kawaguchi, Tant que le café est encore chaud

Toshikazu Kawaguchi, Tant que le café est encore chaud est un roman qui flirte avec le fantastique. L'auteur nous entraîne dans un café un peu à l'écart de l'agitation de la ville et dans lequel se retrouvent beaucoup d'habitués mais aussi des égarés de passage, en recherche d'un passé à faire renaître. Les conditions à remplir pour y parvenir sont nombreuses et très strictes, la première étant que la rencontre dans le passé n'aura en aucun cas d'impact sur le présent, la seconde condition vous l'aurez deviné, est la nécessité d'être "rentré" tant que le café est encore chaud. On croise donc ici des personnages en souffrance qui éprouvent le besoin de dire ou d'entendre un proche disparu ou souffrant de troubles de la mémoire par exemple, tout en sachant que cette rencontre ne pourra pas faire changer le cours des choses.

Un thème un peu déroutant donc, mais une lecture agréable.

Nous sommes tous les deux des êtres sensibles. Nous ne pouvons pas nous en empêcher. Notre génération reste attachée aux sentiments d'avant. Une partie de nous-même refuse de lâcher. C'est la partie qui s'obstine à croire qu'il y a quelque chose d'inatteignable au fond de chacun d'entre nous. Quelque chose d'unique, qu'il est impossible de transférer.

Kazuo Ishiguro, Klara et le soleil

Kazuo Ishiguro, Klara et le soleil, nous allons cette fois dans le futur avec unroman qui m'a un peu dérangée par son côté science fiction que l'on touche du bout des doigts mais que l'on voit parfois arriver à grands pas.

Il y a beaucoup de poésie malgré tout et Klara, bien qu'elle soit un humanoïde, autrement appelée AA Amie Artificielle, exprime des sentiments qui la rendent attachante.

C'est cette dualité entre le possible et l'impossible qui rend ce roman aussi intéressant que dérangeant. 

Yoshitsugu, dans sa tête embrumée de sommeil, se disait que fonder une famille ne donnait pas forcément de racines, et cette idée le fit tressaillir. Et alors, c'était quoi ? C'était l'espoir. La réponse lui était venue instantanément. Mais oui, c'était cela l'espoir.

Mitsuyo Kakuta, La maison dans l'arbre

Mitsuyo Kakuta, La maison dans l'arbre. Ce superbe roman est le plus intéressant du point de vue de l'histoire du Japon. Il est ici question de la découverte par un jeune garçon de l'histoire de sa famille, ces japonais partis en Manchourie pour réaliser "L'Harmonie au sein de la Grande Asie", et rentrés comme des parias avec une famille fondée presque malgré eux.

C'est un roman qui nous dit beaucoup sur la perte des racines, les vies parallèles au sein d'une même famille.

Globalement très sombre, parce qu'il faut bien le dire, à aucun moment on ne voit de lueur d'espoir, mais une belle étude de caractères et surtout une découverte d'un pan d'Histoire que pour ma part j'ignorais.

Yasuda lui avait appris que les relations humaines s'instauraient dans le dialogue, le rire, la plaisanterie, et pas seulement dans les ordres et les coups.

Mitsuyo Kakuta, La maison dans l'arbre

Une année en livres 3 : voyage au Pays du soleil levant !

A me trouver plongé dans une atmosphère vidée de toute vie, où les objets quotidiens avaient presque disparus, la présence de la maison elle-même se faisait plus dense. Justement parce que ce n'était pas ma maison, je percevais une présence, intense et mystérieuse, qui imprégnait les murs.

Hiraide Takashi, Le Chat qui venait du ciel

Hiraide Takashi, Le Chat qui venait du ciel. Pour fermer momentanément ce chapitre nippon, ce petit roman à la lecture facile et plein de poésie. La rencontre d'un jeune couple avec un jardin et un chat. C'est joli, c'est doux et pourtant c'est la vie aussi, donc parfois cruel comme un chat qui attrape un oiseau ! 

Les êtres nobles ne songent pas à écarter les autres pour s'ouvrir un chemin. Il devait aussi lui sembler que les temps allaient dans le sens d'une mise à l'écart des purs.

Hiraide Takashi, Le Chat qui venait du ciel

Nous aurons l'occasion de reparler de la littérature japonaise, notamment de Aki Shimazaki qui m'avait, par un de ses jolis romans, guidée vers l'ikebana, mais aussi de cet écrivain japonais francophone que j'aime beaucoup, Akira Mizubayashi.

 

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Les Mots dans les yeux

27 Juillet 2022, 17:00pm

Publié par Parisianne

©Yves Lacoutière

©Yves Lacoutière

J’ai vu passer, caracolant le long des quais, les notes d’une valse endiablée poursuivies par un musicien dépité, sous le regard de passants blasés.

Le train pour Vienne allait partir, les belles de noir et blanc parées, se voyaient un bel avenir, et ne rêvaient que de succès.

Voyons, voyons, criait le Maître, il me faut encore travailler, n’en faites donc pas qu’à votre tête, je n’ai pas mon accord parfait ! Moi aussi je vise le sommet !

De peaufiner, il n’est plus temps, répondirent-elles, en s’échappant !

Parisien comme vous l’êtes, vous feriez de nous une valse musette !

©Anne Lurois-Delassise

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Une année en livres et quelques Goncourt

25 Juillet 2022, 09:00am

Publié par Parisianne

Une année en livres et quelques Goncourt

Chaque fois qu’il faisait mérienne, c’était la même chose… Est-ce qu’il ne pourrait donc plus jamais se défendre de ses rêves ? Est-ce qu’il ne pourrait plus jamais dormir d’un bon sommeil d’homme tranquille et las ?

Ernest Pérochon, Nêne

Que serait une année de lecture sans quelques Goncourt ? Vous vous souvenez de ma quête, il ne me manque plus que 17 livres pour achever ma collection, mais je n'ai pas eu beaucoup le loisir de chercher ces derniers mois. Les années manquantes étant bien entendu les plus anciennes, ce sont également les plus difficiles à trouver et, dans la mesure du possible, je préfère avoir affaire aux bouquinistes en chair et en os plutôt qu'à des ventes en ligne, ces dernières offrant leur lot de surprises, pas toujours plaisantes.

Ma dernière aventure avec un bouquiniste sur un site réservé à la vente de livres anciens, un exemplaire du Goncourt 1920 vendu pour broché propre et édité l'année du prix, or il s'agit d'un livre relié abîmé, édité postérieurement. Ce n'est pas la fin du monde, je vous l'accorde, mais j'aime pouvoir faire confiance. Mon message de constat agacé est bien sûr resté sans réponse. Là encore, ce n'est pas correct, d'autant que je ne réclamai ni remboursement ni rien et que j'ai pris le livre tel quel, les exemplaires de ce Goncourt dans une édition ancienne ne sont pas aisés à trouver, la somme déboursée dérisoire n'exclut pas le respect de l'acheteur.

Une année en livres et quelques GoncourtUne année en livres et quelques GoncourtUne année en livres et quelques Goncourt

J'ai appris que l'existence est dominée par les malentendus, qu'ils en sont le poison essentiel.

Lucien Bodard, Anne-Marie

Trois Goncourt, donc, trois époques aussi !

1920, Nêne de Ernest Pérochon, un roman au parler désuet, une histoire de cœurs simples, pleins de générosité et de bonté, qui poussés à l'extrême peuvent commettre des actes irréparables. Vous noterez l'édition récente sur la photo, trouvée chez un bouquiniste avant l'édition plus ancienne.

1981, Anne-Marie de Lucien Bodard, changement de monde pour ce roman qui nous entraîne de la Chine à Paris dans un monde d'apparences et de faux-semblants, un monde dans lequel Anne-Marie brille au point de consumer son jeune fils. Un roman très fort sur l'amour filial sacrifié aux mondanités, une écriture magnifique.

2021,  La plus secrète mémoire des hommes, de Mohamed Mbougard Sarr. Celui-ci, le dernier, vous en avez forcément entendu parler. Un livre brillant, magistralement écrit par ce si jeune auteur qui part de la quête d'un écrivain sénégalais qui connaît un immense succès en 1938 avant d'être démoli par la critique. Le livre explore le rapport à la littérature, le rapport à la France et à l'Afrique, particulièrement le Sénégal, dans un roman foisonnant, à la fois poétique et violent. Un grand moment de littérature.

La vie n'est rien d'autre que le trait d'union du mot peut-être. Je tente de marcher sur ce mince tiret. Tant pis s'il cède sous mon poids : je verrai alors ce qui vit ou est crevé en dessous.

Mohamed Mbougard Sarr, La plus secrète mémoire des hommes

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Bug publications !

24 Juillet 2022, 18:50pm

Publié par Parisianne

Bug publications !

Après presque un an d'absence, Overblog a été si heureux de me retrouver qu'il vous a inondés de messages ! :)

Vous l'en voyez désolée, j'espère que cela ne se reproduira pas !

Bonne soirée

Amitiés

Anne

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A l'ombre du vent de mer !

24 Juillet 2022, 16:37pm

Publié par Parisianne

A l'ombre du vent de mer !

A l’ombre d’une baraque de rien, laissons siffler le vent pour prendre le temps des retrouvailles.

Ecoutons les flots frapper et battre drisses et haubans, ils ne couvriront pas les chants joyeux des amis réunis.

Et quand l’heure du départ aura sonné, quatre fauteuils esseulés diront aux flâneurs de passage, les rires, les confidences et les heures bénies des instants partagés.

Il m'arrive aussi de tout faire toute seule ! La photo et les mots, donc si je ne précise pas, c'est que la photo est de moi et que l'ensemble est aussi sous copyright, bien sûr !

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Des images et des mots : Les Mots dans les yeux

23 Juillet 2022, 18:00pm

Publié par Parisianne

Photo Yves Lacoutière©

Photo Yves Lacoutière©

Dans mon premier post, je vous ai parlé d'un projet entre images et mots avec un ami photographe.

Yves Lacoutière est photographe amateur, nous sommes voisins et le hasard d'un échange nous a conduits à créer un groupe privé sur Facebook, Les Mots dans les yeux, dans lequel nous associons nos univers.

Yves m'offre ses photos sur lesquelles j'écris, me laissant emporter par ses images. Plusieurs de nos amis n'étant pas sur Facebook, nous avons décidé de publier également sur nos blogs. Vous pouvez aller flâner dans les univers de Yves, en suivant les différents liens, son site, ci-dessus, mais également sur son blog, ou vous croiserez aussi mes textes.  

D'ailleurs, vous pouvez immédiatement prendre la mer avec nous, c'est par ici : Les Mots dans les Yeux Yves Lacoutière, Anne Lurois

Je publierai donc ici, sous l'intitulé Les Mots dans les Yeux. Les textes paraîtront sur nos deux blogs sans concertation, nous agissons chacun au gré de nos envies ! 

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Une année en livres : histoires de femmes

23 Juillet 2022, 09:00am

Publié par Parisianne

Une année en livres : histoires de femmes

Des livres, il y en a toujours beaucoup, je ne vais pas vous faire un sujet pour chacun, mais juste en évoquer quelques uns parmi ceux qui m'ont emportée, et vous mettre les photos qui vous permettront de parcourir les titres. 

Vous remarquerez souvent un café, un thé ou même un verre de vin pour accompagner les livres ! Je participe avec beaucoup de plaisir au groupe Facebook Un café, un livre, une ville qui nous invite à mettre nos lectures en situation. C'est très sympathique, très esthétique et très inspirant. Si vous ça vous tente, allez-y voir.

 

Une année en livres : histoires de femmesUne année en livres : histoires de femmesUne année en livres : histoires de femmes

Pourquoi ces trois livres ? Ce sont des lectures liées à des expositions et à des découvertes. Le premier, la superbe expo Vivian Maier, cette femme étonnante et fascinante qui a toute sa vie pris de très nombreuses photos de ce qui l'entourait, gens et lieux, sans jamais montrer ses clichés, en n'ayant même pas développé certaines de ses pellicules qui ont été retrouvées par hasard par un jeune homme qui a été stupéfait de découvrir un talent certain et s'est efforcé de la faire découvrir au monde entier. Suivez le lien sur le site dédié, vous verrez, c'est incroyable.
Gaëlle Josse, Une Femme en contre-jour.

Encore des femmes à l'affiche du musée du Luxembourg, l'expo Vivian Maier s'y tenait également. Pionnières, artistes dans le Paris des années folles. Superbe parcours nous offrant à découvrir les œuvres de nombreuses femmes souvent aujourd'hui inconnues du grand public et qui pourtant en leur temps avaient connu le succès. Si je vous dis Suzanne Valadon, Chana Orloff, Sophie Taeuber, Dora Maar, Claude Cahun, Joséphine Baker, Sonia Delaunay, Tamara de Lempicka, Germaine Krull, Ida Rubinstein, Jeanne Lanvin, Romaine Brooks, Leonor Fini, Gerda Wegener, Coco Chanel, et j'en oublie, certains noms vous paraîtront familiers mais certains autres vous ne les connaissiez pas ? Moi non plus, et ils ne sont dans aucun de mes nombreux livres d'art, les plus connus non plus d'ailleurs, à quelques exceptions près ! Ma lecture sur le sujet est le catalogue de l'exposition, mais l'intérêt qui j'ai trouvé à cette exposition m'a incitée à suivre un MOOC sur le sujet et une conférence sur Tamara de Lempicka, mais également à lire le superbe L'Irrégulière ou mon itinéraire avec Chanel de Edmonde Charles-Roux, ainsi que le passionnant livre de Tatiana de Rosnay, Tamara par Tatiana.

Enfin, le dernier livre, au moment de la très belle exposition consacrée à Marcel Proust au musée Carnavalet, cette biographie écrite par Arthur Gold et Robert Fizdale, Misia, La Vie de Misia Sert. Misia épouse de Thadée Natanson (le fondateur de la revue Blanche), brillante pianiste élève de Fauré, muse de Proust, modèle de Bonnard, Vuillard, Renoir,  et même Lautrec, proche de Mallarmé et de Chanel, de Diaghilev et de Cocteau, de Stravinsky et Ravel, Misia qui épousera le photographe et peintre Catalan José Maria Sert, Misia qui fait se rencontrer les arts et les mondains, et dont la vie est un roman peuplé d'artistes. Un livre que je vous recommande vraiment si cette frénésie artistique vous intéresse.

Une année en livres : histoires de femmes

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C'est l'été !

22 Juillet 2022, 15:15pm

Publié par Parisianne

Chers amis qui passerez la tête par ici en voyant la porte s'ouvrir, je suis heureuse de vous retrouver ! 

C'est l'été !

Le dernier article date de presque un an... Impardonnable ! Mais c'est ainsi, les jours, les semaines les mois et les années passent, le rythme des publications est inégal mais le blog est toujours là.

Le manque de temps, de disponibilité d'esprit, d'envie aussi parfois m'ont fait délaisser ces pages, et vous délaisser aussi. J'espère que ces quelques mots vous trouveront en forme dans un contexte toujours anxiogène.

Pas de promesses de régularité mais l'envie de partager un peu, de renouer des dialogues interrompus me font rouvrir ces pages.

Quand l'été est là, le temps s'étire en douceur, savourons donc ensemble ces instants de paix relative. 

C'est l'été !

Si vous connaissiez le Temps aussi bien que moi, dit le Chapelier, vous sauriez qu'on ne le perd pas. Il se perd tout seul.

Lewis Caroll, Alice au pays des merveilles

Où mon temps s'est-il perdu cette année ?

Un peu partout ma foi, sur de grandes routes toutes tracées autant que sur des chemins de traverse, ces derniers étant parsemés de fleurs, ce sont bien sûr mes préférés !

Comment mon temps s'est-il perdu cette année ?

Il s'est égaré dans les musées en parcourant les nombreuses expos parisiennes pour les partager avec les seniors que j'accompagne ; il s'est oublié dans les nombreuses lectures qui font voyager mes silences ; il s'est caché entre les mots en se jouant des images dans un projet avec un ami dont je vous parlerai bientôt ;  enfin et surtout, il s'est réfugié auprès des miens pour partager de nombreux moments tantôt pleins de joies, de curiosités, de partages, tantôt plus inquiets quand un souffle s'arrête.

Ainsi va la vie. 

C'est l'été !

Alice : Combien de temps dure une éternité ?
Le Lapin : Parfois juste une seconde.

Lewis Caroll, Alice au pays des merveilles

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