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Les musardises de Parisianne

culture

Revenons à Romain Gary

2 Avril 2020, 16:34pm

Publié par Parisianne

Il croyait vraiment que les gens avaient encore assez de générosité, par les temps que nous vivons, pour s'occuper non seulement d'eux mêmes, mais encore des éléphants.

Revenons à Romain Gary

Je vous disais hier que Romain Gary présentait un double intérêt pour une collectionneuse de Goncourt puisqu'il est le seul à avoir obtenu deux fois le fameux prix alors qu'aucun auteur n'a le droit de postuler deux fois.
 

[...] bientôt, il ne restera pas de place dans le monde moderne pour un tel besoin d'espace, pour une telle maladresse royale.
[...] il faut respecter l'éléphant d'Afrique. [...] il faut entourer la nature de toute la protection dont elle a besoin.

1956, Pierre Assouline nous dit dans Du côté de chez Drouant, que le prix va au premier tour au roman Les Racines du ciel, "premier roman  destiné à alerter sur le désastre écologique qui menace la planète" ajoute Monsieur Assouline.

Aujourd'hui ce livre est très apprécié, ça n'a pas toujours été le cas. Romain Gary a été violemment décrié. C'est assez fréquent finalement dans l'histoire du Goncourt !

Si vous lisez ou relisez Les Racines du ciel aujourd'hui, vous y trouverez un écho à l'actualité.

Gary visionnaire ? Je vous rappelle que le livre est de 1956...

Vous savez aussi bien que moi ce que l'Afrique perdra lorsqu'elle perdra les éléphants. Et nous sommes sur la voie. Nom de nom Schölscher, comment pouvons-nous parler de progrès, alors que nous détruisons encore autour de nous les plus belles et les plus nobles manifestations de la vie ? Nos artistes, nos architectes, nos savants, nos penseurs suent sang et eau pour rendre la vie plus belle, et en même temps nous nous enfonçons dans nos dernières forêts, la main sur la détente d'une arme automatique. [...] il faut lutter contre cette dégradation de la dernière authenticité de la terre et de l'idée que l'homme se fait des lieux où il vit

Revenons à Romain Gary

Monsieur Hamil dit que l'humanité n'est qu'une virgule dans le grand Livre de la vie et quand un vieil homme dit une connerie pareille, je ne vois pas ce que je peux y ajouter.

1975, le prix Goncourt est décerné à un auteur que tout le monde cherche à démasquer sans y parvenir. La Vie devant soi, d'Emil Ajar "l'emporte au huitième tour du scrutin contre Decoin et Modiano" qui obtiendront le prix respectivement en 1977 et 1978.

Petite parenthèse, il est assez fréquent de voir un auteur finaliste malheureux une année, récompensé quelques années plus tard. Il n'y a pas de hasard.

Romain Gary caché derrière ce pseudonyme n'a jamais trahi son secret. L'homme de paille Emil Ajar - Paul Pavlovitch - petit cousin de l'auteur, révélera la vérité lors d'une émission Apostrophe de Bernard Pivot en 1981. Romain Gary s'est donné la mort en 1980, donc aucune révélation de son vivant.

Ajar-Gary a bien essayé de refuser le Prix, mais un Goncourt ne se refuse pas, pourquoi ? parce que ce n'est pas un écrivain qui est récompensé mais bien un livre, comme nous le rappelle Pierre Assouline. Le prix aujourd'hui est un chèque de 10 euros, je crois, ce sont les retombées sur les ventes qui font la fortune de l'auteur. 

Certains parlent de mystification, de tricherie, de... laissons-les parler, après tout, les prix sont faits pour ne pas plaire à tout le monde, non ? 

Regardez plutôt l'archive Ina de Paul Pavlovitch, je le trouve émouvant. J'ai bien envie de lire d'ailleurs Pseudo et Vie et mort d'Emil Ajar, de Romain Gary, mais aussi L'Homme que l'on croyait, de Paul Pavlovitch. 

Vous pouvez également écouter les émissions très intéressantes de Pierre Assouline :

-  pour 1956, Les Racines du ciel, ce sera à la 30e minute si vous ne voulez pas tout écouter;

- pour 1975, La Vie devant soi, ce sera à la 45e minute et vous pourrez entendre que jury de prix n'est pas toujours de tout repos !

 

 

[...] le temps est encore plus vieux que tout et il marche lentement.

Revenons à Romain Gary

Encore une parenthèse, savez-vous qui a refusé le prix Goncourt, avant Emil Ajar ? allez, question juste pour le plaisir, nous y reviendrons ultérieurement.

Livres cités

Pierre Assouline, Du Côté de chez Drouant, cent dix ans de vie littéraire chez les Goncourt que vous pouvez écouter sur France Culture, je vous mets les liens, même si, pour ma part, je préfère nettement lire Pierre Assouline.

Romain Gary, Les Racines du ciel,
La Vie devant soi,
Pseudo,
Vie et mort d'Emil Ajar

Paul Pavlovitch, L'Homme que l'on croyait

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Tous les chemins mènent à Romain Gary

1 Avril 2020, 22:13pm

Publié par Parisianne

Tous les chemins mènent à Romain Gary

Il y a quelques mois, je bavardais avec un vieux Monsieur avec qui j'ai eu le plaisir de travailler.

Nous parlions littérature, comme souvent les jours où nous n'allions pas faire une exposition, et incidemment dans la conversation, il me dit qu'il aimait beaucoup observer Romain Gary, à l'époque où il travaillait dans le quartier où résidait ce dernier.

Quel choc ! Réaliser tout à coup que quelqu'un qui vous est proche a vu "en vrai" un auteur que vous admirez, ça le rend tout de suite plus présent, vous ne pensez-pas ? 

Il est habillé comme un homme, avec plus d'élégance que le professeur. Il a des airs de Grand Meaulnes, trop mûr, trop sage. Ses copains sont unanimes : on admire Kacew mais on ne l'apprivoise pas.

Dominique Bona, Romain Gary

Il ne sera pas question ici d'un livre de Romain Gary en particulier, les diverses citations sont plutôt extraites de la superbe biographie de Dominique Bona, Romain Gary.

Je vous la conseille vraiment, le sujet est loin d'être banal, Romain Gary est un sacré personnage, et l'écriture de Dominique Bona est toujours une gourmandise à savourer sans modération.

Le pessimisme de Gary apparaît tempéré comme par un humanisme qui n'est pas une foi dans les hommes, mais dans quelques valeurs de l'homme, l'amour, la musique, le rêve.

D'ailleurs, toujours de Dominique Bona, si vous lisez le magnifique Mes Vies secrètes, vous apprendrez que la biographie de Romain Gary est non seulement sa première biographie mais que c'est ce qui lui a donné l'envie de se consacrer entièrement à ce travail de biographe. Que ce soit Stefan Zweig ou Berthe Morisot, ou encore Colette ou Camille et Paul Claudel, Dominique Bona sait nous entraîner dans l'univers de ces grands et la suivre est toujours un bonheur.

Mais je m'égare, revenons à Romain Gary.

C'est une sorte d'écorché vif qui a mal à lui-même et aux autres, qui souffre dans sa propre peau mais aussi des malheurs du monde...

La Promesse de l'aube, les Racines du ciel, Une Page d'histoire, et bien d'autres auront certainement, à un moment ou à un autre, retenu votre attention.

Mais vous me voyez venir n'est-ce pas ? Vous voyez qu'il manque un titre fort connu à ma liste, et que c'est aussi ce qui rend Gary est doublement intéressant ! Nous y reviendrons. 

Mais avant tout, parlons un instant de théâtre. J'ai eu la chance, et le bonheur d'aller voir sur scène Stéphane Freiss dans une lecture théâtralisée de La Promesse de l'aube. J'étais avec une amie et nous étions sous le charme... de l'acteur, forcément un peu, reconnaissez que Stéphane Freiss ne manque pas de charme :-) mais aussi et surtout du texte. Habité par le texte, l'acteur lui donne vie et vraiment c'est d'une grande force. Si vous avez l'occasion, je vous invite vraiment à voir cette mise en voix de l'oeuvre de Gary, c'est un grand moment de théâtre.

Tous les chemins mènent à Romain Gary

Je disais précédemment que Gary était doublement intéressant. Pour quelqu'un qui s'amuse à collectionner les Goncourt, bien sûr. Il est le seul à avoir obtenu deux fois le fameux prix, alors que c'est théoriquement impossible.

Nous y reviendrons demain :-)

 

Quand vous n'en pouvez plus, faites comme moi, pensez à des troupeaux d'éléphants en liberté en train de courir à travers l'Afrique.

Livres cités,

Dominique Bona, Mes Vies secrètes,

Dominique Bona, Romain Gary (et toutes les autres biographies)

 

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Musée d’Orsay, À l’heure de femmes 3 Berthe Morisot à l’honneur

18 Juillet 2019, 17:23pm

Publié par Parisianne

Musée d’Orsay, À l’heure de femmes 3 Berthe Morisot à l’honneur
Berthe Morisot par Edouard Manet

Berthe Morisot par Edouard Manet

Pour terminer ce chapitre féminin, il me fait bien sûr vous parler de la magnifique exposition Berthe Morisot qui se tient au musée d'Orsay jusqu'au 22 septembre.

Si vous êtes à proximité, je vous invite vraiment à y aller, il y a beaucoup de monde mais vraiment cela vaut la peine de voir ces toiles pour certaines prêtées par des collectionneurs privés du bout du monde.

Et si vous êtes curieux, regardez cette courte vidéo d'Arts in the City, je vous conseille leur très belle revue pour vous tenir informés de toutes les expos en France et en Europe (je n'ai pas d'actions dans la revue !)

Musée d’Orsay, À l’heure de femmes 3 Berthe Morisot à l’honneur
Musée d’Orsay, À l’heure de femmes 3 Berthe Morisot à l’honneur
Musée d’Orsay, À l’heure de femmes 3 Berthe Morisot à l’honneur
Musée d’Orsay, À l’heure de femmes 3 Berthe Morisot à l’honneur
Musée d’Orsay, À l’heure de femmes 3 Berthe Morisot à l’honneur
Musée d’Orsay, À l’heure de femmes 3 Berthe Morisot à l’honneur

Berthe Morisot est née en 1841 (et morte en 1895), une époque où, nous l'avons déjà évoqué, les jeunes filles (surtout de bonne famille) sont formées aux arts plus pour parfaire leur éducation que pour faire d'elles des artistes.

Petite parenthèse, je dis "jeunes filles de bonne famille", mais rappelons tout de même que les petites-filles de milieux plus modestes étaient envoyées à l'école de l'opéra, celles qui avaient un talent pourraient être danseuses, les autres pourraient trouver un riche monsieur venu chercher "sa danseuse", et oui, c'est de là que vient cette expression !

Degas avec sa Petite Danseuse de 14 ans fera scandale en 1881, le réalisme de la sculpture a été conspué, mais n'est-ce pas la mise en avant de pratiques douteuses qui devrait scandaliser ? Sur le sujet je vous invite à lire La petite danseuse de 14 ans de Camille Laurens.

Degas, ami de Berthe Morisot, sera à son tour mis à l'honneur à la rentrée pour son rapport avec l'opéra justement, nous en reparlerons donc.

Musée d’Orsay, À l’heure de femmes 3 Berthe Morisot à l’honneur
Musée d’Orsay, À l’heure de femmes 3 Berthe Morisot à l’honneur
Musée d’Orsay, À l’heure de femmes 3 Berthe Morisot à l’honneur
Musée d’Orsay, À l’heure de femmes 3 Berthe Morisot à l’honneur
Musée d’Orsay, À l’heure de femmes 3 Berthe Morisot à l’honneur

Mais revenons à Berthe Morisot, c'est la première fois que le musée d'Orsay lui consacre une exposition, on voit quelques unes de ses œuvres dans le musée, d'autres au Musée Marmottan-Monet mais la dernière grande rétrospective a eu lieu à l'Orangerie en 1941... il était temps de réparer cette erreur. C'est chose faite et bien faite ! L'an dernier Mary Cassatt était mise à l'honneur au musée Jacquemart André, l'année d'avant Frida Khalo à l'Orangerie, les femmes peu à peu sont mises sur le devant de la scène.

ll n'est pas question pour moi de vous faire une biographie de Berthe Morisot, ni une analyse d’œuvres, juste vous donner l'envie d'en savoir plus et surtout d'aller voir l'exposition si vous le pouvez, ou d'en savourer quelques images ici-même pour ceux d'entre vous qui ne pourrez pas vous rendre au musée d'Orsay.

Musée d’Orsay, À l’heure de femmes 3 Berthe Morisot à l’honneur
Musée d’Orsay, À l’heure de femmes 3 Berthe Morisot à l’honneur
Musée d’Orsay, À l’heure de femmes 3 Berthe Morisot à l’honneur
Musée d’Orsay, À l’heure de femmes 3 Berthe Morisot à l’honneur
Musée d’Orsay, À l’heure de femmes 3 Berthe Morisot à l’honneur
Musée d’Orsay, À l’heure de femmes 3 Berthe Morisot à l’honneur
Musée d’Orsay, À l’heure de femmes 3 Berthe Morisot à l’honneur
Musée d’Orsay, À l’heure de femmes 3 Berthe Morisot à l’honneur
Musée d’Orsay, À l’heure de femmes 3 Berthe Morisot à l’honneur

Berthe Morisot est à n'en pas douter une femme de caractère. Formée au dessin et à la peinture, elle n'a qu'un souhait, être artiste peintre professionnelle. Elle a la chance de naître dans une famille qui accepte ses choix, et d'avoir un mari qui non seulement la laissera peindre, exposer et vendre son travail mais qui acceptera aussi qu'elle signe de son nom de jeune fille Berthe Morisot. Il faut dire que signer de son nom de dame aurait prêté à confusion, puisqu'elle est Madame Eugène Manet, Eugène étant le frère d'Edouard, le célèbre peintre et grand ami de Berthe. Vous suivez ?

 

Musée d’Orsay, À l’heure de femmes 3 Berthe Morisot à l’honneur
Musée d’Orsay, À l’heure de femmes 3 Berthe Morisot à l’honneur
Musée d’Orsay, À l’heure de femmes 3 Berthe Morisot à l’honneur
Musée d’Orsay, À l’heure de femmes 3 Berthe Morisot à l’honneur

Dès 1874, Berthe Morisot expose avec les impressionnistes (elle a déjà exposé au Salon officiel, avec sa soeur Edma), elle restera fidèle au groupe impressionniste et participera à toutes leurs exposition, sauf en 1879, année de la naissance de sa fille Julie Manet (vous savez la fille d'Eugène et nièce d'Edouard !).

Proche de Manet, nous l'avons dit, mais aussi de Degas, Renoir, Monet mais aussi Mallarmé, Berthe Morisot est au cœur de toute l'activité artistique de son époque.

Si ses œuvres reflètent beaucoup un univers féminin, elles sont avant tout des scènes de la vie moderne dans l'intimité d'une famille bourgeoise, on y voit les lieux de villégiature, les jardins d'agrément mais aussi le travail domestique féminin et bien sûr, les enfants.

"fixer quelque chose de ce qui passe" voici la volonté de l'artiste. Cette volonté est sensible dans sa touche rapide et esquissée, elle utilise aussi beaucoup le non finito qui lui vaudra, en 1880, de la part d'un journaliste le surnom d'"Ange de l'inachevé".

Vous noterez sur les photos le jeu avec les espaces, dedans dehors, avec les portes, les fenêtres, mais aussi les différentes pièces, ou encore les miroirs.

Tout se passe comme si cette technique, complexe et vigoureuse, assurée et personnelle, spontanée et maîtrisée, mettait en scène une course contre le temps, l'esthétique de l'"oeuvre en devenir" inscrivant une temporalité dans le monde immobile du tableau. L'impression de rapidité est aussi une tentative chez Morisot de refléter et d'endiguer la fuite du temps.

Musée d'Orsay, revue de presse

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Musée d’Orsay à l’heure des femmes 2

15 Juillet 2019, 18:52pm

Publié par Parisianne

Musée d’Orsay à l’heure des femmes 2

Les arts décoratifs vont offrir aux femmes des structures de formation qui permettront à certaines d'avoir un métier lucratif.

On ne se rend pas bien compte sur la photo de cet incroyable travail de tapisserie de Blanche Ory-Robin (1892-1942)  célèbre pour son invention de broderies de ficelles.

Blanche Ory-Robin

Blanche Ory-Robin

Annie Swynnerton (1844-1933) est la première femme élue à la Royal Academy of Arts en 1923. Formée à l'Académie Julian à la fin des années 1870, elle a beaucoup combattu pour les droits des femmes, en tant que suffragette mais également en tant que militante pour l'admission des femmes à l'Académie des Beaux-Arts de Manchester.

Annie Swynnerton Mater Triumphalis 1892
Annie Swynnerton Mater Triumphalis 1892

Annie Swynnerton Mater Triumphalis 1892

Marie Bashkirtseff (1858-1884) d'origine ukrainienne étudie à Paris à l'Académie Julian et expose au Salon. 

Louise Breslau (1856-1927) d'origine allemande, elle commence ses études à Zurich avant de rejoindre l'Académie Julian à Paris en 1878, elle y rencontre Marie Bashkirtseff qui voit en elle la seule véritable rivale pour l'obtention de prix !

Marie Bashkirsteff - Louise Breslau
Marie Bashkirsteff - Louise Breslau

Marie Bashkirsteff - Louise Breslau

Je n'étonnerai personne en disant que les femmes sont exclues de l'Ecole des beaux-arts comme elles le sont de presque partout. […] ce qu'il nous faut, c'est la possibilité de travailler comme les hommes et de ne pas avoir à exécuter des tours de force pour en arriver à avoir ce que les hommes ont tout simplement.

Musée d'Orsay Marie Bashkirtseff

Marie Bashkirtseff
Marie Bashkirtseff

Marie Bashkirtseff

La sculpture n'est évidemment pas un art considéré comme féminin. Marie Bashkirtseff s'y est essayé mais celle qui est restée dans les mémoires et dont on parle de plus en plus aujourd'hui, et non plus seulement pour sa relation avec Rodin mais bel et bien pour son talent, c'est Camille Claudel.

Camille Claudel
Camille Claudel
Camille Claudel

Camille Claudel

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Musée d’Orsay à l’heure des femmes

12 Juillet 2019, 18:07pm

Publié par Parisianne

Musée d’Orsay à l’heure des femmes

En parallèle de l'exposition Berthe Morisot, dont nous parlerons plus tard, le musée d'Orsay invite les curieux à parcourir les salles du musées dans lesquelles sont mises en avant un certain nombre d’œuvres d'artistes femmes, le titre de ce parcours Femmes, art et pouvoir, titre emprunté à un recueil de textes de l'historienne Linda Nochlin. Je vous invite en suivant le lien à aller lire ce qu'en disent Laurence des Cars, présidente des musées d'Orsay et de l'Orangerie, et les responsables des collections ayant travaillé sur ce parcours très agréable.

 

Rosa Bonheur Le Sombrage

Rosa Bonheur Le Sombrage

Le musée d'Orsay dont on sait que les collections couvrent la période 1848-1914 souffre, comme de nombreux musées, du manque de visibilité des femmes artistes, elles n'ont à cette époque pas grande liberté d'expression, ce n'est pas une nouveauté, et les collections ici représentées sont pour beaucoup des œuvres acquises par l'Etat. Cela voudrait-il dire que l'administration des Beaux Arts à la fin du XIXe ne s'intéresse pas aux femmes ? Quelle étrange idée !

Il ne faut pas faire une généralité cependant, regardez ce tableau de 1849 dit Labourage nivernais ou Le Sombrage de Rosa Bonheur, il est une commande officielle faite à l'artiste à l'issue du Salon de 1848. Le cartouche nous dit " Le tableau connaît un immense succès au Salon de 1849 et ne manque pas d'être rapproché des écrits d'une autre femme..." de qui parle t-on ? je vous laisse deviner, la réponse sera en fin de cet article.

J'ai trouvé intéressante cette idée de parcours qui nous incite donc à nous arrêter sur certaines œuvres, que je ne détaillerai pas, mais dont je vais vous montrer quelques images, en plusieurs fois, vous laissant le soin d'aller à Orsay pour ceux qui en ont la possibilité, ou de flâner sur le site du musée.

 

Marie Bracquemont, Tête de muse 1878

Marie Bracquemont, Tête de muse 1878

Berthe Morisot, palette d'aquarelle

Berthe Morisot, palette d'aquarelle

Si les "jeunes filles de bonne famille" suivent souvent une formation artistique, rares sont celles qui exercent leur art comme un métier. Elles sont la plupart du temps invitées à exercer leur talents dans des techniques dites mineures, aquarelle, dessin, pastel. Le pastel sera mis en avant plus tardivement, vers 1880, Edgar Degas l'utilisera souvent mais aussi bien sûr Berthe Morisot ou Marie Cassatt.

Berthe Morisot Portrait de Madame Rosalie Pillaut © RMN-Grand Palais (musée d'Orsay) / Gérard Blot

Berthe Morisot Portrait de Madame Rosalie Pillaut © RMN-Grand Palais (musée d'Orsay) / Gérard Blot

Regard d’homme sur femme de tête !

Ci-dessous, deux portraits peints par Edouard Vuillard, Jeanne Lanvin à sa table de travail, et sa fille, la Comtesse de Polignac, grande mécène qui réunit dans son salon Nadia Boulanger ou Louise de Vilmorin.

Edouard Vuillard, Jeanne Lanvin et sa fille La comtesse de Polignac
Edouard Vuillard, Jeanne Lanvin et sa fille La comtesse de Polignac

Edouard Vuillard, Jeanne Lanvin et sa fille La comtesse de Polignac

La réponse à la question concernant le tableau de Rosa Bonheur est George Sand bien sûr, voici ce que nous dit précisément le cartouche :

"Le tableau connaît un immense succès au Salon de 1849 et ne manque pas d'être rapproché des écrits d'une autre femme, George Sand, qui évoquait dans son roman La Mare au diable (1846), le labourage comme un sujet digne d'être peint".

Un jour viendra où le laboureur pourra être aussi un artiste, sinon pour exprimer, du moins pour sentir le beau

George Sand La Mare au diable

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Curiosité

5 Juillet 2019, 08:34am

Publié par Parisianne

Lucien Fontanarosa - Pichet en étain 1948 - Musée des Années 30 Boulogne Billancourt

Lucien Fontanarosa - Pichet en étain 1948 - Musée des Années 30 Boulogne Billancourt

Je vous parlais dernièrement de la Cité des Fleurs où ont vécu le peintre Lucien Fontanarosa (1912-1975) et son épouse, Annette Faive (1911-1988) avec leurs enfants musiciens. Une de mes amies a bien connu ce couple d'artistes, c'est par elle que j'ai appris à regarder leur travail, je connaissais ce nom par leur fils Patrice Fontanarosa, violoniste que je vous invite à écouter en fin de cet article.

Pour en savoir plus sur Lucien Fontanarosa et les siens, n'hésitez pas à aller sur le site dédié en suivant le lien ici 

Je ne vous parlerai que de Lucien, artiste peintre, vous pouvez voir un de ses tableaux en ouverture de cet article, peut-être pas le plus représentatif de son travail c'est pour cela qu'il faut aller faire un tour sur le site ! Le Pichet d'étain est exposé au musée des Années 30 à Boulogne.

Lucien Fontanarosa a été Premier Grand Prix de Rome en 1936, il a reçu de nombreux autres prix, exposé dans de nombreuses galeries et reçu bien des honneurs. Mais ce n'est pas ce qui m'intéresse le plus, pour les détails vous avez le site.

Il faudra que je fasse quelques recherches complémentaires,  j'ai lu également que cet artiste avait illustré de nombreux ouvrages littéraires, comme Les Hauts de Hurlevent, Terre des Hommes et Germinal pour n'en citer que trois. Peut-être avez-vous sans le savoir dans votre bibliothèque quelques trésors de livres illustrés. Vous n'êtes pas sans savoir que nombreux sont les artistes à avoir illustré des livres. 

Alors peut-être que ce nom Lucien Fontanarosa, ne vous évoque rien, et pourtant, vous avez tous eu entre les mains certaines de ses oeuvres puisqu'il est le dessinateur des billets de banque à l'effigie de Berlioz (10F), Quentin de La Tour (50F), Delacroix (100F) et Pascal (500F) commandés par la Banque de France.

Alors, vous voyez que vous le connaissez bien ! Je ne vais pas entrer dans de trop nombreux détails mais voyez ci-dessous un petit descriptif de chacun de ces billets, merci Wikipédia !

Par Banque de France — Scan personnel, Domaine public, Wikipédia
Par Banque de France — Scan personnel, Domaine public, Wikipédia

Par Banque de France — Scan personnel, Domaine public, Wikipédia

Commençons par Berlioz, émis de 1974 à 1980, gravé par Jacques Jubert et Henri Renaud.

Au recto, à droite, est représenté le portrait d'Hector Berlioz d'après l’œuvre d'Émile Signol peinte en 1832, en train de diriger un orchestre dans la chapelle des Invalides, à Paris, à l'occasion de la première exécution de son Requiem.

Au verso, à gauche, le même portrait de Berlioz, représenté devant les bâtiments de la Villa Médicis à Rome. On voit en arrière-plan le Château Saint-Ange et la Basilique Saint-Pierre de Rome.

Le filigrane représente le profil de Berlioz.

 

Par Banque de France — Scan personnel, Domaine public, Wikipédia
Par Banque de France — Scan personnel, Domaine public, Wikipédia

Par Banque de France — Scan personnel, Domaine public, Wikipédia

Le billet Quentin de la Tour, d'une valeur de 50 francs a été créé le 15 juin 1976 par la Banque de France et émis le 4 avril 1977. La vignette a été dessinée par Bernard Taurelle, d'après une œuvre de Lucien Fontanarosa (décédé en 1975) lequel s'est inspiré d'un autoportrait de Maurice Quentin de La Tour, un pastel exposé au Musée Antoine-Lécuyer ; elle fut gravée par Henri Renaud et Jacques Combet.

Au recto : à droite le portrait de Quentin de La Tour avec en fond la façade principale du château de Versailles.

Au verso : à gauche, le même portrait du peintre avec en fond, la façade de l'hôtel-de-ville de Saint-Quentin, sa ville natale.

En filigrane apparaît la tête du peintre d'après un autre autoportrait.

Par Dwight Burdette — Travail personnel, Domaine public, Wikipédia
Par Dwight Burdette — Travail personnel, Domaine public, Wikipédia

Par Dwight Burdette — Travail personnel, Domaine public, Wikipédia

Au tour de Delacroix, pour ce billet de 100 francs, créé par la Banque de France le 24 mars 1978 et émis le 2 août 1979, si j'avais su j'en aurais demandé un pour mon anniversaire deux jours plus tard !

La vignette a été dessinée par Lucien Fontanarosa et a été gravée par Henri RenaudJacques Jubert et Jacques Combet.

Les tons dominants sont le brun et l'orange.

Au recto : centrée, l'autoportrait d'Eugène Delacroix tenant au premier plan sa palette et ses pinceaux devant un détail du tableau La Liberté guidant le peuple.

Au verso : le même autoportrait Delacroix mais cette fois le peintre, une plume d'oie à la main, est en train d'écrire son fameux journal. En fond, les arbres de la place Furstenberg sur laquelle s'ouvrait l'atelier du peintre.

Le filigrane représente la tête de Delacroix de trois-quart.

Et pour terminer, le billet de 500 francs, créé le 4 janvier 1968 et émis le 7 janvier 1969, moi je n'étais pas née mais comme il est resté en circulation jusqu'en 1997 je me souviens en avoir vu ! 

Voici ce qu'en dit Wikipédia : Le dessin est de Lucien Fontanarosa donc, la gravure a été réalisée par Robert Armanelli et Claude Durrens. De dominante jaune et marron clair, nous voyons au recto Blaise Pascal avec en fond à gauche le clocher de l'église Saint-Jacques de la Boucherie (Tour Saint Jacques pour ceux qui la connaissent à Paris), et à droite la cathédrale de Clermont-Ferrand.

Au verso, Pascal toujours avec en fond le colombier et la chapelle de l'Abbaye de Port Royal. Il faudra que je vous y emmène un jour dans cette magnifique abbaye.

Le filigrane qui n'est pas visible sur cette photo représente le masque mortuaire de Pascal.

 

Par Banque de France —Domaine public, Wikipedia
Par Banque de France —Domaine public, Wikipedia

Par Banque de France —Domaine public, Wikipedia

Terminons en musique puisque vous savez que si les parents étaient peintres, leurs trois enfants sont musiciens, Patrice Fontanarosa étant le plus célèbre, j'ignore si son frère et sa soeur jouent encore.

Je ne sais pas vous mais moi j'adore quand une recherche sur un sujet me mène à faire des découvertes inattendues ! L'art prend toutes les routes, même les plus improbables ! 

Anne

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Musée Marmottan-Monet, Collections privées, un voyage des impressionnistes aux fauves

3 Décembre 2018, 20:25pm

Publié par Parisianne

Toulouse Lautrec

Toulouse Lautrec

Musée Marmottan-Monet, Collections privées, un voyage des impressionnistes aux fauves
Musée Marmottan-Monet, Collections privées, un voyage des impressionnistes aux fauves
Musée Marmottan-Monet, Collections privées, un voyage des impressionnistes aux fauves

C'est au musée Marmottan que ce tient, jusqu'au 10 février, cette magnifique exposition que je vous invite grandement à voir si ce n'est pas déjà fait.

Une soixantaine d’œuvres, peintures, sculptures, dessins, conservées en mains privées et pour beaucoup jamais exposées à Paris, font de cette exposition un des incontournables de l'automne parisien.

Caillebotte
Caillebotte

Caillebotte

Monet, Renoir, Caillebotte, Pissarro mais également Seurat, Signac ou encore Van Gogh puis Gauguin, Emile Bernard, les nabis, Bonnard, Vuillard, puis  Matisse et enfin les fauves avec derain, Vlaminck ou van Dongen pour n'en citer que quelques uns, et Picasso pour terminer font de ce parcours un condensé d'histoire de l'art de cette période foisonnante qui part des impressionnistes pour nous conduire à la modernité.

Monet
Monet
Monet

Monet

Une belle exposition à voir absolument !

Musée Marmottan-Monet, Collections privées, un voyage des impressionnistes aux fauves
Musée Marmottan-Monet, Collections privées, un voyage des impressionnistes aux fauves
Musée Marmottan-Monet, Collections privées, un voyage des impressionnistes aux fauves
Musée Marmottan-Monet, Collections privées, un voyage des impressionnistes aux fauves
Musée Marmottan-Monet, Collections privées, un voyage des impressionnistes aux fauves
Musée Marmottan-Monet, Collections privées, un voyage des impressionnistes aux fauves

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Patrick de Kermel, La Librairie de la place aux Herbes

28 Octobre 2018, 15:25pm

Publié par Parisianne

Patrick de Kermel, La Librairie de la place aux Herbes

Dis-moi ce que tu lis, je te dirai qui tu es.

Ce livre est une pépite en chocolat, à savourer comme il se doit sans pour autant avoir le sentiment de posséder un véritable trésor.

Catherine, il est pour toi,

J'ai souvent remarqué que dans une conversation, lorsque nous découvrons avec un ou une amie que nous avons aimé un même livre, il y a d'un seul coup une intensité nouvelle dans l'échange. Comme si nous avions vécu ensemble une expédition à l'autre bout du monde.

Gilles qui m'a offert ce livre a été attiré par sa couverture colorée comme un bouquet de printemps et par le titre bien sûr ; le sous-titre et la préface d'Erick Orsenna auront fini de le convaincre. Je n'avais pas entendu parler de cet ouvrage, ni de son auteur, Eric de Kermel, journaliste et éditeur de magazines de nature, c'est donc la curiosité qui m'a incitée à l'ouvrir. Il faut dire que le sujet est alléchant, Nathalie, professeur de littérature au lycée Montaigne, et son mari Nathan, architecte, décident de quitter Paris pour Uzès. En attente d'un poste, Nathalie découvre que la librairie de la Place aux Herbes est à vendre. Sans hésiter, elle décide d'être la nouvelle libraire, avec l'aval de son époux.

Nathalie aime les livres, tous les livres, elle aime la tranche des livres, le papier et les mots. Toutes les qualités requises pour une libraire me direz-vous ! Mais Nathalie aime aussi les gens...

Voilà donc les protagonistes de ce roman, Nathalie, les livres et les clients de la librairie. Et c'est parti pour une série de portraits, tout y passe, l'adolescente en rupture silencieuse avec ses parents, le voyageur immobile, le militaire expatrié, le vieil homme fâché avec son fils, la future maman inquiète, et j'en passe. Dit comme ça, cela peut paraître un tantinet ironique, et c'est un peu le cas c'est vrai, beaucoup de bons sentiments, pas mal de clichés et un style parfois maladroit, notamment dans les dialogues qui sonnent un peu faux mais au-delà de ces critiques qui n'en sont pas vraiment, la lecture de cet ouvrage est une véritable brassée de bonne humeur et de sourires. Et par dessus tout, c'est une liste de livres à lire ou à relire, mais une liste à faire pâlir le père Noël parce que forcément dans le lot il y a des découvertes à faire.

Pour chacun de ses clients, Nathalie sait choisir le livre qui l'aidera à avancer, à surmonter une épreuve ou à tourner la page - sans mauvais jeu de mots-, elle est la parfaite psychologue, la parfaite amie, la parfaite libraire donc. Un peu trop parfaite pour, à mon goût, être attachante mais ses conseils sont gourmands et je ne me priverai pas de les suivre pour lire des univers non encore explorés comme Abdennour Bidar, Sorj Chalandon ou Anne Brunswic entre autres mais aussi faire découvrir, parce qu'en lisant j'ai eu envie d'offrir Keri Hulme ou Robert van Gulik à un amoureux de la Nouvelle Zélande et un curieux de la Chine.

Et pour donner raison à Mauriac dont la citation fait le sous-titre du livre, 

Dis-moi ce que tu lis, je te dirai qui tu es,

il est vrai, mais je te reconnaîtrai mieux si tu me dis ce que tu relis.

relire donc, Hugo, Ruffin, Baudelaire, Pagnol, Giono ou Rabhi, Shakespeare ou Zweig, dans le désordre volontairement bien sûr.

C'est un bon exercice que de chercher la couleur dominante d'un livre, son odeur, son bruit... 

N'en doutez pas, celui-ci a la couleur du soleil, joyeux et chaud, le parfum du plaisir, sucré comme les berlingots de l'enfance, et le son du crépitement du feu dans la cheminée pour la mauvaise saison qui arrive, alors foncez !

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Tokyo Paris, voyage pour les yeux à l'Orangerie

21 Juillet 2017, 09:41am

Publié par Parisianne

Tokyo Paris, voyage pour les yeux à l'Orangerie
Tokyo Paris, voyage pour les yeux à l'Orangerie

Chose promise...

S'il est une expo à voir à Paris en ce moment, si vous avez déjà fait 21 rue la Boétie qui se termine le 23 juillet, Jardins au Grand Palais (24 juillet) et Rodin l'expo du centenaire (31 juillet), bien sûr, c'est celle qui se tient à l'Orangerie jusqu'au 21 août, ça vous laisse un peu de temps. 

Tokyo Paris réunit les chefs-d'oeuvre de la collection du Bridgestone Museum of Art, il s'agit de la collection de la Fondation Ishibashi. Quel rapport entre les pneus et l'art me direz-vous ? Un homme ! Shôjirô Ishibashi (1889-1976) qui alors qu'il s'apprête à reprendre l'atelier de confection paternel se tourne vers le caoutchouc et se lance dans la fabrication de pneus. Au moment de l'ouverture du Japon au monde, l'entreprenant entrepreneur occidentalise son nom de famille ishi "pierre", bashi "pont" devient Bridgestone, l'entreprise prospère et son heureux fondateur s'intéresse à l'art occidental, particulièrement à l'impressionnisme. Nous sommes plus habitués à parler du phénomène inverse, observez les nombreuses références au Japon dans les oeuvres de la même époque !

De nombreuses oeuvres d'artistes japonais contemporains d'Ishibashi rejoignent ses collections et nous sont présentés ici, on constate aisément le style occidental dans les oeuvres de Hanjitô Sakamoto et Takeji Fujishima. Je n'ai pas de photo, beaucoup trop de monde dans la première salle, il vous aller voir sur place :)
 

Tokyo Paris, voyage pour les yeux à l'Orangerie
Tokyo Paris, voyage pour les yeux à l'Orangerie
Tokyo Paris, voyage pour les yeux à l'Orangerie
Tokyo Paris, voyage pour les yeux à l'Orangerie
Tokyo Paris, voyage pour les yeux à l'Orangerie

La suite de l'exposition nous offre un parcours dans l'histoire de l'art, de nombreux impressionnistes, Monet, Renoir, Caillebotte, Degas, mais bien d'autres aussi plus ou moins proches du mouvement viendront enrichir les collections au fil des années et des générations puisque les héritiers d'hishibashi poursuivent leurs achats d'oeuvres. On peut donc voir le seul autoportrait en pied de Manet mais aussi un Cerf courant dans la neige de Courbet ou La Traite des vaches à Gréville de Millet ainsi que des toiles de Sisley et Pissarro.

Le postimpressionnisme est également représenté par de magnifiques Cézanne, dont un autoportrait et une Montagne Saint-Victoire, mais également Gauguin, Van Gogh et Gustave Moreau.

On entre ensuite dans la modernité avec Signac, Dufy, Rousseau, Soutine, Modigliani, Picasso puis Matisse, Mondrian, Klee, et je n'ai pas parlé des sculptures ! On peut voir des oeuvres de Rodin, Bourdelle, Zadkine mais aussi un Baiser de Brancusi. Bref, presque tous sont là dans un parcours chronologique qui nous conduit ensuite à l'abstraction avec quelques artistes japonais et bien sûr Pollock, Soulage et d'autres que j'oublie.

Un parcours riche et un plaisir immense. 

J'ai pour ma part découvert avec émotion un Toulouse-Lautrec  Au cirque dans les coulisses, traité en grisaille, simplement superbe.

Alors n'hésitez pas, profitez des vacances avant que tous ces chefs-d'oeuvre ne rentrent au Japon pour n'en pas ressortir de si tôt, où que vous soyez, Paris reste moins loin !

Tokyo Paris, voyage pour les yeux à l'Orangerie
Tokyo Paris, voyage pour les yeux à l'Orangerie
Tokyo Paris, voyage pour les yeux à l'Orangerie
Tokyo Paris, voyage pour les yeux à l'Orangerie
Tokyo Paris, voyage pour les yeux à l'Orangerie
Tokyo Paris, voyage pour les yeux à l'Orangerie

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21, rue La Boétie

10 Avril 2017, 08:45am

Publié par Parisianne

Matisse, La leçon de piano

Matisse, La leçon de piano

Ce n'est pas dans un salon que nous sommes conviés au Musée Maillol mais dans une galerie d'Art, plus précisément dans la Galerie de Paul Rosenberg (1881-1959), ce collectionneur averti et habile marchand. 

A partir du livre éponyme d'Anne Sinclair en hommage à son grand-père Paul Rosenberg, l'exposition 21, rue La Boétie s'est construite non seulement comme une exposition d'art moderne mais aussi comme un témoignage mêlant petite et grande histoire, art de faire et art de promouvoir.

Non seulement nous découvrons des toiles magnifiques de Picasso, Braque, Léger, Marie Laurencin ou encore Matisse mais en plus, le parcours très bien construit nous apprend les "ficelles" d'un métier ! 

Fils d'un marchand de grains devenu antiquaire et marchand d'art, Paul et Léonce Rosenberg suivront une direction identique par des chemins séparés. Les deux frères prennent dans un premier temps la direction de la galerie de leur père Alexandre avant que Léonce ne se décide, en 1906, à ouvrir sa propre galerie, L'Effort moderne, dans laquelle il accueille de nombreux cubistes. Paul ouvrira à son tour sa galerie, 21 rue La Boétie, ce sont les impressionnistes qui auront d'abord grâce à ses yeux. 

La Grande Guerre le trouve aux côtés du général Niox pour lequel il organise, aux Invalides, des expositions au bénéfice des troupes, ayant lui-même été réformé pour raisons de santé.

Dès 1918, il invite Picasso à rejoindre sa galerie, ce sera le début d'une longue collaboration professionnelle mais également d'une profonde amitié.  Le goût de Paul pour les artistes du XIXe permettra aux modernes de s'inscrire dans une sorte de filiation.

"(Picasso) voit la possibilité de s'évader du cubisme dont Paul n'était pas si friand, et sait qu'exposé à la galerie Rosenberg, il ne sera pas catalogué uniquement comme peintre d'avant-garde mais côtoiera les maîtres célèbres du siècle tout juste achevé. Paul, en 1918, représentait encore beaucoup le XIXe, et c'était pour Picasso l'occasion de s'inscrire dans la lignée des grands classiques des siècles précédents." écrit Anne Sinclair dans son livre.

Paul est un marchand habile, il prend ses artistes sous contrat, leur assurant un certain confort et s'offrant un droit de première vue, ce qui signifie qu'il est le premier à voir les nouveautés des peintres, qu'il choisit ce qui l'intéresse et les laisse libre de proposer à d'autres ce qu'il n'a pas retenu.

Ainsi, dès 1913, Marie Laurencin se lie à lui par contrat, George Braque en 1920, Fernand Léger en 1924 et Matisse en 1936.

Paul Rosenberg met tout en oeuvre pour promouvoir ses artistes, expositions, publicités, catalogues, tous les moyens sont bons. Il n'hésite bien sûr pas à se tourner également vers les Etats-Unis. 

La Seconde Guerre Mondiale viendra bien sûr interrompre tragiquement ce bel équilibre. De confession juive, la famille Rosenberg se trouve contrainte à l'exil et les oeuvres de Paul qu'il n'a pas eu le temps de faire partir sont spoliées par le régime nazi. Il n'aura de cesse après guerre de se battre pour récupérer son bien et offrira, en remerciement de leur aide, un certain nombre de toiles à des musées français, notamment au Centre Pompidou.

Le parcours de l'exposition explique très bien non seulement les pratiques du marchand que j'ai évoquées plus haut, mais aussi cette période troublée, la propagande nazi contre l'art dit dégénéré, les spoliations et les restitutions.

Je vous épargne plus de détails, mais vous l'aurez compris, je vous conseille vivement cette exposition mais également la lecture du livre d'Anne Sinclair, et si vous ne pouvez vous rendre au musée Maillol, le hors-série de Connaissance des arts (entre autres) vous offrira une bonne vision de l'ensemble.

 

 

 

 

21, rue La Boétie
21, rue La Boétie
21, rue La Boétie
21, rue La Boétie

"Toujours l'obsession de  montrer que l'art est une continuité et que les oeuvres qu'il expose et qui font hurler les bourgeois s'inscrivent dans la continuité de l'histoire de l'art de son pays."

Anne Sinclair 21 rue La Boétie

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