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Les musardises de Parisianne

Revenons à Romain Gary

2 Avril 2020, 16:34pm

Publié par Parisianne

Il croyait vraiment que les gens avaient encore assez de générosité, par les temps que nous vivons, pour s'occuper non seulement d'eux mêmes, mais encore des éléphants.

Revenons à Romain Gary

Je vous disais hier que Romain Gary présentait un double intérêt pour une collectionneuse de Goncourt puisqu'il est le seul à avoir obtenu deux fois le fameux prix alors qu'aucun auteur n'a le droit de postuler deux fois.
 

[...] bientôt, il ne restera pas de place dans le monde moderne pour un tel besoin d'espace, pour une telle maladresse royale.
[...] il faut respecter l'éléphant d'Afrique. [...] il faut entourer la nature de toute la protection dont elle a besoin.

1956, Pierre Assouline nous dit dans Du côté de chez Drouant, que le prix va au premier tour au roman Les Racines du ciel, "premier roman  destiné à alerter sur le désastre écologique qui menace la planète" ajoute Monsieur Assouline.

Aujourd'hui ce livre est très apprécié, ça n'a pas toujours été le cas. Romain Gary a été violemment décrié. C'est assez fréquent finalement dans l'histoire du Goncourt !

Si vous lisez ou relisez Les Racines du ciel aujourd'hui, vous y trouverez un écho à l'actualité.

Gary visionnaire ? Je vous rappelle que le livre est de 1956...

Vous savez aussi bien que moi ce que l'Afrique perdra lorsqu'elle perdra les éléphants. Et nous sommes sur la voie. Nom de nom Schölscher, comment pouvons-nous parler de progrès, alors que nous détruisons encore autour de nous les plus belles et les plus nobles manifestations de la vie ? Nos artistes, nos architectes, nos savants, nos penseurs suent sang et eau pour rendre la vie plus belle, et en même temps nous nous enfonçons dans nos dernières forêts, la main sur la détente d'une arme automatique. [...] il faut lutter contre cette dégradation de la dernière authenticité de la terre et de l'idée que l'homme se fait des lieux où il vit

Revenons à Romain Gary

Monsieur Hamil dit que l'humanité n'est qu'une virgule dans le grand Livre de la vie et quand un vieil homme dit une connerie pareille, je ne vois pas ce que je peux y ajouter.

1975, le prix Goncourt est décerné à un auteur que tout le monde cherche à démasquer sans y parvenir. La Vie devant soi, d'Emil Ajar "l'emporte au huitième tour du scrutin contre Decoin et Modiano" qui obtiendront le prix respectivement en 1977 et 1978.

Petite parenthèse, il est assez fréquent de voir un auteur finaliste malheureux une année, récompensé quelques années plus tard. Il n'y a pas de hasard.

Romain Gary caché derrière ce pseudonyme n'a jamais trahi son secret. L'homme de paille Emil Ajar - Paul Pavlovitch - petit cousin de l'auteur, révélera la vérité lors d'une émission Apostrophe de Bernard Pivot en 1981. Romain Gary s'est donné la mort en 1980, donc aucune révélation de son vivant.

Ajar-Gary a bien essayé de refuser le Prix, mais un Goncourt ne se refuse pas, pourquoi ? parce que ce n'est pas un écrivain qui est récompensé mais bien un livre, comme nous le rappelle Pierre Assouline. Le prix aujourd'hui est un chèque de 10 euros, je crois, ce sont les retombées sur les ventes qui font la fortune de l'auteur. 

Certains parlent de mystification, de tricherie, de... laissons-les parler, après tout, les prix sont faits pour ne pas plaire à tout le monde, non ? 

Regardez plutôt l'archive Ina de Paul Pavlovitch, je le trouve émouvant. J'ai bien envie de lire d'ailleurs Pseudo et Vie et mort d'Emil Ajar, de Romain Gary, mais aussi L'Homme que l'on croyait, de Paul Pavlovitch. 

Vous pouvez également écouter les émissions très intéressantes de Pierre Assouline :

-  pour 1956, Les Racines du ciel, ce sera à la 30e minute si vous ne voulez pas tout écouter;

- pour 1975, La Vie devant soi, ce sera à la 45e minute et vous pourrez entendre que jury de prix n'est pas toujours de tout repos !

 

 

[...] le temps est encore plus vieux que tout et il marche lentement.

Revenons à Romain Gary

Encore une parenthèse, savez-vous qui a refusé le prix Goncourt, avant Emil Ajar ? allez, question juste pour le plaisir, nous y reviendrons ultérieurement.

Livres cités

Pierre Assouline, Du Côté de chez Drouant, cent dix ans de vie littéraire chez les Goncourt que vous pouvez écouter sur France Culture, je vous mets les liens, même si, pour ma part, je préfère nettement lire Pierre Assouline.

Romain Gary, Les Racines du ciel,
La Vie devant soi,
Pseudo,
Vie et mort d'Emil Ajar

Paul Pavlovitch, L'Homme que l'on croyait

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Q
Julien Gracq... <br /> Il y en a eu un autre depuis, plus récemment.<br /> Merci pour cette page, Anne.<br /> Bisous et douce journée. Prends bien soin de toi.
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