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Les musardises de Parisianne

theatre

Mensonges d'Etats

3 Décembre 2013, 17:24pm

Publié par Parisianne

Il était temps, cette pièce n'est aujourd'hui plus à l'affiche à Paris. J'espère qu'elle va tourner en province et que certains d'entre vous auront le plaisir de la voir et de nous en parler.

Au théâtre de la Madeleine, j'ignore si c'est un hasard ou une volonté mais les dernières pièces que nous y avons vu avaient toutes pour sujet la deuxième guerre mondiale : Collaboration en février dernier, avec Michel Aumont et Didier Sandre, Diplomatie en 2011, avec André Dussolier et Niels Arestrup. Cette fois encore, le thème était donc la guerre mais il s'agissait plus précisément de l'opération Fortitude, cet incroyable mensonge mis au point pour tromper Hitler en lui faisant croire que le débarquement du 6 juin n'était qu'une ruse pour l'éloigner du Pas-de-Calais ou aurait lieu un mois plus tard le vrai débarquement sous le commandement du général Patton.

Samuel Le Bihan, Marie-Josée Croze, Jean-Pierre Malo, Bernard Malaka, Aurélien Wiik, Pierre-Alain Leleu et Eric Prat, dans une mise en scène de Nicolas Briançon nous entraînent dans cette partie de roulette russe.

Une interprétation dynamique pour un sujet grave qui plus que l'opération en elle-même met en évidence la difficulté de monter une telle opération sans causer de dommages irréparables. A qui peut-on faire confiance ? jusqu'à quel point ? Et surtout, jusqu'où peut-on aller dans le sacrifice ?

Un rebondissement peut-être un brin mélo nous montre combien, pour libérer du joug allemand les pays occupés et mener l'Allemagne nazie à sa perte, il a fallu condamner de milliers de soldats ou de civils.

Un beau moment de théâtre pour une évocation d'une tragédie toujours très présente dans les esprits. Je vous invite d'ailleurs à lire cet article et à visualiser cette vidéo d'une initiative de deux artistes anglais Jamie Woldley et Andy Moss.

L'image de la colonne Morris a été prise sur le site du théâtre de la Madeleine.

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Gould Menuhin, Théâtre de l'Atelier

18 Mars 2013, 06:01am

Publié par Parisianne

Gould Menuhin, Théâtre de l'Atelier

Se rendre au théâtre est toujours une fête mais le charme de certains lieux rend le plaisir encore plus grand. C'est le cas du Théâtre de l'Atelier, niché au coeur de Montmartre, à deux pas du Sacré Coeur et de la place des Abbesses. Alors si, en plus, la représentation associe théâtre et musique la soirée ne peut qu'être belle.

Gould Menuhin, sur une idée d'Ami Flammer, mise en scène Charles Berling, Christiane Cohendy avec Ami Flammer, Charles Berling et Aurélie Nuzillard.

 

Vous connaissez tous l'acteur Charles Berling, certains connaissent sûrement le violoniste Ami Flammer, Premier Prix de violon au conservatoire national de Paris en 1969 dont le parcours musical fait rêver.

Dans cette pièce, Charles Berling et Ami Flammer dialoguent et jouent, jouent et dialoguent, se racontent et nous racontent la vie et la rencontre de ces deux immenses musiciens que furent le violoniste américain Yehudi MENUHIN (1916-1999) et le pianiste canadien Glenn GOULD (1932 - 1982).

Dans une mise en scène très originale, avec pour décor un studio d'enregistrement dont le fond nous montre des images d'archives, les deux artistes accompagnés de la jeune Aurélie Nuzillard (tantôt journaliste, tantôt épouse Menuhin) confrontent le talent et les différences fondamentales entre le violoniste homme de scène et le pianiste homme de studio.

Yehudi Menuhin, débute le violon alors qu'il est encore très jeune  et par un travail acharné devient vite un virtuose. Il n'a que 10 ans lorsqu'il vient donner un premier concert à Paris en tant que premier violon de l'Orchestre Lamoureux. L'année d'après, il interprête le triple concerto de Beethoven avec le New York Symphony Orchestra, sa carrière est lancée et tournée vers le public. Il voir l'art, et la musique en particulier, comme un moyen de rapprocher les hommes, ce qui lui vaudra de nombreuses critiques lorsqu'il jouera aussi bien pour les troupes américaines que pour des blessés allemands. 

Ami Flammer nous présente le virtuose et fait parler ses souvenirs et son coeur autant que son violon, il se met parfois dans la peau de Menuhin mais est le plus souvent un narrateur convaincant et passionné.

Glenn Gould a également commencé très tôt la musique, il est réputé pour ses interprétations très personnelles et son attitude excentrique. Dans les années 50, il participe à des concerts pour finalement abandonner totalement la scène en 1964 afin de se consacrer presque exclusivement à des enregistrements en studio, partant du principe qu'on ne savoure jamais si bien la musique que seul chez soi pour ne pas se laisser perturber par la mise en scène. 

Si Charles Berling, contrairement à Ami Flammer, n'interprête pas réellement la musique au piano, il n'en est pas moins totalement en phase avec le personnage de Gould dont il imite parfaitement les mimiques et la gestuelle de cet artiste original.

Au début un peu déconcertés par cette alternance entre le dialogue entre Charles Berling et Ami Flammer et la mise en scène d'instants de la vie des musiciens, on se laisse vite prendre au jeu et cette partition à quatre voix se joue devant nous pour notre plus grand plaisir.

 

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Collaboration,

25 Février 2013, 08:07am

Publié par Parisianne

C'est au théâtre de la Madeleine que je vous invite aujourd'hui, un théâtre comme on les aime avec ses velours, ses boiseries et son grand rideau rouge ; un théâtre avec balcon et orchestre, où il fait bon se glisser pour s'évader l'instant d'une représentation. "S'évader" n'est peut-être pas le terme le plus adapté pour le thème de la pièce à l'affiche en ce moment, si je l'emploie c'est uniquement pour signifier l'arrêt du temps que procure une représentation théâtrale en particulier lorsque la pièce et les acteurs qui la font vivre nous procurent un moment d'émotion et de plaisir intense.

Collaboration. Un texte de Ronald Harwood, traduit en français par Dominique Hollier, dans une mise en scène de Georges Werler nous montre la rencontre de deux hommes célèbres pour une collaboration artistique, deux hommes dont la vie sera bouleversée par leur collaboration dans un contexte politique où tout les oppose !

Richard Strauss, interprêté par Michel AUMONT,
Stefan Zweig par Didier SANDRE.
Pauline Strauss, Christiane Cohendy ; Lotte, Stéphanie Pasquet.
Hans Hinkel, Eric Verdin ; Le Directeur de l'opéra, Armand Eloi
L'huissier, Patrick Payet

*****

1931, Richard Strauss et son épouse Pauline vivent à Garmish, en Allemagne. Le poète Hugo von Hoffmansthal, avec lequel Strauss travaillait, est décédé, le musicien traverse une crise artistique et ne parvient pas à composer l'opéra qui l'étouffe. Sur les conseils de Pauline, il demande au célèbre écrivain Stefan Zweig de lui écrire un livret. C'est ainsi que les deux grands hommes au faîte de leur gloire se rencontrent. Ils ont l'un pour l'autre une très grande admiration et très vite leur implication dans leur travail se transforme en véritable amitié.

Strauss, indifférent à la politique se pense intouchable malgré les menaces croissantes du régime nazi. Zweig au contraire a senti très vite le danger et semble beaucoup plus lucide que son ami. Malgré ce contexte, leur collaboration aboutit à l'écriture d'un opéra bouffe inspiré de Ben Jonson, La Femme silencieuse, qui rencontrera un vif succès lors de la première à Dresdes en 1935, en l'absence de l'écrivain. Le nom de Zweig supprimé des affiches, Strauss obtient qu'il soit remis ce qui déplaît fortement au régime. L'oeuvre ne connaîtra que trois représentations, elle présente un inconvénient majeur, le livret a été écrit par un juif " désagréablement doué " aurait dit Himmler.

Richard Strauss, nommé Président de la Chambre de Musique du Reich, refuse cependant de renoncer à travailler avec son ami qui ne se remet pas de l'autodafé de son oeuvre. Une lettre du musicien interceptée par la Gestapo lui vaut des menaces pour sa belle-fille, juive, et ses petits enfants. Il se trouve malgré lui contraint à une collaboration avec le régime qui lui demande un hymne pour les jeux olympiques de 1936 à Berlin.

La tension est à son comble pour les juifs, Stefan Zweig finit par quitter l'Autriche puis l'Europe. Son errance le conduira finalement au Brésil où il se donnera la mort avec sa seconde épouse, Lotte, le 22 février 1942.

Richard Strauss quant à lui, passera devant un tribunal de dénazification ; sans avoir pourtant jamais fait allégeance au régime d'Hitler, il est accusé d'avoir participé activement à la création artistique de son pays.

****

Si la montée du nazisme et les prémices de la persécution des juifs sont présents dans cette oeuvre, ce sont avant tout la création artistique et la collaboration entre artistes qui sont ici présentés. Le texte joue habilement sur ce mot aux multiples sens, "collaboration", le prenant dans toutes ces acceptions, des plus nobles aux plus viles.

Porté par de grands acteurs, le texte vit pour nous et nous interroge. Qui collabore finalement ? Strauss qui sans soutenir le régime n'en accepte pas moins de créer pour lui ou Zweig qui se donne la mort pour échapper à la réalité ?

Michel Aumont en Richard Strauss d'abord sûr de lui et conscient de sa renommée, tout en étant impressionné par l'écrivain qu'il n'ose pas contacter, porte avec le talent qu'on lui sait ce rôle fait d'enthousiasmes et de colères, de volontés et de renoncements, jusqu'à la chute. Michel Aumont ne campe pas seulement un personnage mais une personnalité.

Un final émouvant met face aux spectateurs, comme devant un tribunal, l'homme vieilli, brisé par le temps et l'époque,  mais encore capable de colère à l'encontre de  son ami qui en se donnant la mort a ajouté un nom de plus aux victimes du régime.
A ses côtés, comme à chaque instant, son épouse Pauline, le tient et le soutient. Christiane Cohendy apporte dynamisme et enthousiasme à ce personnage de maîtresse femme assumant jusqu'au bout ses opinions. 

Aux côtés de Richard Strauss/Michel Aumont, Stefan Zweig/Didier Sandre paraît plus sensible, plus torturé ; bien que mondialement connu et reconnu, il doute en permanence et travaille sans cesse.

Didier Sandre nous offre un Zweig tout en finesse et subtilité, en silences et en intériorité et cela très naturellement. A ses côtés, la jeune Lotte (Stéphanie Pasquet) le suit comme son ombre, jusqu'au renoncement final.

La musique bien sûr est présente tout au long de la pièce, entre chaque tableau. La musique de Strauss en alternance avec la musique des mots et des émotions. Et c'est finalement l'art qui est au centre de tout, la création artistique qui fait écrire à Richard Strauss sous-entendant qu'il n'y a ni religion ni race, qu'il n'existe que deux catégories de gens : ceux qui ont du talent, et ceux qui n'en ont pas. "Mozart composait-il en aryen ?  ".

Et la pièce dont l'atmosphère s'est alourdie au fil des années parcourues dans chacune des séquences s'achève sur un questionnement :  Que doit faire un artiste ? Créer à tout prix ou se dérober ?

 

 

 

 

 

©BernardRichebe
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Merci à Xavier pour ces très belles photos de Bernard Richebe

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Ita L. née Golfeld

21 Février 2013, 23:04pm

Publié par Parisianne

Ita L. née Golfeld

Au théâtre du Petit Saint-Martin, à deux pas de la porte du même nom, dans une petite rue loin de l'agitation se niche un théâtre grand comme un mouchoir de poche, un de ces théâtres qui permet au spectateur de se sentir proche des acteurs. Et pour cette magnifique interprétation d'Hélène Vincent, se sentir proche est non seulement important mais nécessaire pour pénétrer la tragédie de la vie mise en scène.

Ita L. née Golfeld a 67 ans. Elle vit seule à Paris, rue du Petit Musc depuis la mort de son mari et le départ de ses enfants. Nous sommes le 12 décembre 1942, trois policiers viennent frapper à sa porte. Elle hésite à ouvrir mais se décide finalement ; peut-être viennent-ils lui donner des nouvelles de Jacques, son fils aîné emmené à Drancy.

Ce ne sont pas des nouvelles de Jacques qu'apportent les policiers mais une convocation à se rendre au commissariat. L'un d'eux, le plus jeune, français en civil, lui demande de préparer sa valise, en cas de besoin. Il lui laisse 1 heure, en lui conseillant fermement de bien mettre à profit cette heure là .

C'est ainsi qu'Ita se retrouve face à son destin et à sa vie, dont elle remonte le cours, depuis sa jeunesse heureuse dans le quartier juif d'Odessa brutalement  interrompue par les persécutions de 1905 et les crimes perpétrés par les " cent-noirs ", ces russes ne reculant devant aucune violence qui contraignent Ita et sa famille à fuir, pour se terminer à Paris, en 1942, dans son petit appartement

Au moment du départ d'Odessa, Ita est enceinte de son premier fils, Salomon son mari décide donc d'arrêter leur fuite en France, au pays des Droits de l'homme. C'est là qu'ils vont construire leur vie, simplement. En 1914, Salomon s'engagera dans la Légion étrangère pour servir ce pays lui ayant offert la paix. Gazé dans les tranchées, il mourra quelques années plus tard, laissant son épouse et ses trois enfants. Malgré la douleur et la pauvreté, la famille vit sereinement. 

Et Ita/Hélène Vincent nous raconte, ses joies, ses peines, ses inquiétudes pour l'avenir. Elle passe du rire aux larmes, nous entraînant dans ses émotions, dans ses interrogations. Pourquoi le crémier sous prétexte de son Etoile jaune refuse-t-il soudain de la servir ? Pourquoi ses voisins, avec qui ils ont été amis, lui demandent-ils de cesser tout rapport ? Pourquoi insistent-ils tant pour qu'elle leur laisse les clés de son appartement maintenant qu'elle est seule et qu'elle pourrait avoir à partir ? 

De grands bonheurs, en grandes déconvenues, de belles joies, en véritables terreurs Hélène Vincent, dans un décor dépouillé, nous fait vivre avec une magnifique sincérité la vie de cette femme et son cheminement pendant l'heure qui lui est laissée pour choisir son destin. Une heure intense comme peut l'être un tel choix : fuir ou rester.

Une heure pour mettre en scène tous les sentiments humains ; une heure pour faire vivre une femme confrontée à toutes les joies et à toutes les peines. Une heure pour une interprétation magistrale d'une grande sensibilité par la bouleversante Hélène Vincent

*****

Eric Zanettacci, auteur de la pièce inspirée d'une histoire vraie a su donner à son texte toute la sincérité qu'il mérite. Pas de grandes phrases, pas de grands mots. Ita est simple, elle s'exprime simplement. Ita est sincère, elle vit sincèrement et nous entraîne dans son émotion.

Une émotion qui nous étreint longtemps après les derniers mots et le triomphe fait à cette grande actrice ; une émotion qui s'est prolongée pour moi quelques instants supplémentaires lorsque je me suis trouvée par hasard à la sortie du théâtre au moment où l'artiste elle-même allait sortir et qu'un couple de personnes pas très jeunes s'est approché. Le monsieur a oté son chapeau, pour dire d'une voix très émue  :

"Madame, c'est toute notre vie, toute notre histoire que vous avez racontée là "

Et les larmes cette fois encore n'étaient pas feintes.

Merci à Xavier pour ces très belles photos de Bernard Richebe.

Quand je vous dis qu'Hélène Vincent est magnifique, jugez plutôt par vous-même !

©BernardRichebe
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Un écrin pour une Diva

2 Février 2013, 17:44pm

Publié par Parisianne

Un écrin pour une Diva

Il serait injuste de ne pas débuter ce propos par un mot pour ce théâtre au charme incontestable, seul rescapé du Boulevard du Crime, dirigé par Monsieur Jean Bouquin. A deux pas de la bruyante Place de la République, ce théâtre est le fruit de la passion d'un homme qui accueille depuis 1976 nombre d'artistes et toutes formes d'expression (théâtre, chanson française, jazz ou encore comiques) et ne manque pas, il  me semble, de souhaiter un "bon spectacle" à chacun des heureux qui se faufileront dans le couloir pour rejoindre la salle aux plafonds peints par Daumier.

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La véritable histoire de Maria Callas,
Théâtre Déjazet

41 boulevard du Temple, 75003 Paris

 

Le rideau se lève sur un décor sobre : une estrade au fond de la scène longe une "baie vitrée", une chaise, parfois une coiffeuse tantôt classique tantôt clinquante, un plateau tournant tenant lieu tour à tour de lit, de scène, de pont d'un bateau. 

Devant la fenêtre ouverte sur New York, une jeune fille nous tourne le dos. Sa mère entre furieuse et l'invective pour qu'elle cesse de "penser", ce à quoi l'adolescente répond "je ne pense pas, je rêve". Elle rêve d'être légère, elle qui souffre de son surpoids. Sa mère, exubérante, exigeante la sort de sa rêverie en l'incitant à manger et à chanter, "une cantatrice doit être grosse" lui assène-t-elle.

Le rapport entre Maria et sa mère est immédiatement présenté comme conflictuel. Andréa Ferréol campe avec le talent qu'on lui connaît cette mère en tout points excessive qui a cependant décelé, très tôt semble-t-il, le talent de sa 2e fille. La jeune Lola Dewaere qui interprête Maria jeune n'a rien à envier à son aînée tant sa présence est lumineuse.

Maria grosse et très myope souffre, dit-elle, de n'avoir pas été aimée de sa mère traumatisée par la perte de son petit garçon à l'âge de trois ans, né avant Maria. Elle pousse cependant sa fille en lui faisant prendre des cours de piano et de chant avec les plus grands professeurs, prête à tous les sacrifices pour en faire une grande cantatrice.

 

La vie de Maria Callas s'égrenne alors devant nous en 12 séquences entrecoupées d'instants de voix durant lesquels, portée par des extraits des plus célèbres interprétations de la Diva, une jeune danseuse joue avec grâce la régisseuse de plateau, faisant tourner les décors.

Au-delà de ce rôle "technique", cette danseuse vêtue d'une ample tunique blanche paraît parfois symboliser l'âme tantôt enjouée, tantôt tourmentée de la cantatrice. Elle acueillera dans le tableau final le dernier souffle de la Diva alors que symboliquement, derrière le corps d'Onasis, Meneghini, Jacqueline Kennedy et la mère de Callas dérouleront le fil de sa vie.

 

La rencontre avec l'industriel Battista Meneghini viendra donner un tour nouveau à la vie de Maria Callas, il l'épouse en 1949 et délaisse ses affaires pour s'occuper pleinement de la carrière de son épouse. Il consent beaucoup pour elle, l'aidant dans sa volonté de perdre du poids, elle perdra plus de 30 kilos pour devenir la femme mince et si élégante que nous connaissons. Mais malgré sa passion pour l'opéra, Meneghini, interprêté par Raymond Acquaviva (également metteur en scène de la pièce) n'en reste pas moins un industriel et nous est présenté comme tel : il a fait un "investissement" et attend "un retour sur investissement" ! Il en oubliera de lui faire l'enfant dont elle rêve tant. 

 

En 1959, Maria, 36 ans, est au faîte de sa carrière lorsqu'elle rencontre Aristote Onassis, l'amour de sa vie, pour qui elle semble prête à tout quitter. Pierre Santini campe avec brio un Onasis peu sympathique plus attiré par la célébrité de Maria que par son art. Le mariage de celui-ci avec Jackie Kennedy, la rivale jouée par une Cécile Pallas froide, distante et calculatrice à souhait, contribuera à briser Maria. Cette dernière n'en restera pas moins proche de son amant pour l'accompagner jusqu'à sa mort. Maria elle-même mourra deux ans plus tard à l'âge de 54 ans, suicidée ?

Maintenant que vous connaissez tout (ou presque) de la vie de Maria Callas, penchons-nous sur ce rôle interprêté par deux jeunes comédiennes. Je vous ai parlé plus haut de Lola Dewaere, elle joue une Maria jeune pleine de volonté pour échapper à sa mère et atteindre le sommet de son art. Mais contrairement à ce que l'on pourrait penser, la jeune Maria ne disparaît pas de la mise en scène avec l'arrivée de Maria adulte, incarnée par  la magnifique Sophie Carrier. Le parti pris du metteur en scène a été de faire de la jeune Maria la conscience de l'adulte. Elles sont donc toujours ensemble sur scène, l'une dictant à l'autre la conduite à tenir ou lui remémorant les instants pénibles de son enfance, par exemple. Une conscience pas toujours bonne conseillère mais qui permet pour nous spectateur de nous délecter de la présence de ces deux talentueuses jeunes femmes. Lola Dewaere est très convaincante quant à Sophie Carrier, elle est tout simplement l'incarnation d'une de ces héroïnes d'opéra  nées sous la voix de "la Callas", dont on sait que les histoires d'amour se terminent souvent tragiquement !

*****

Pour conclure, je me dois de remercier chaleureusement Xavier de l'agence  attitude sans qui je n'aurais certainement pas eu l'idée d'aller voir cette pièce.

 

N'hésitez pas, le texte incisif de Jean-Yves Rogale donne toute son ampleur à la tragédie de cette Véritable histoire de Maria Callas.

 

 

 

 

Plafond peint par Daumier

Plafond peint par Daumier

L'Ave Maria de Schubert

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Inconnu à cette adresse, la pièce

23 Janvier 2013, 09:01am

Publié par Parisianne

Il y a peu, je vous parlais cette très belle nouvelle, Inconnu à cette adresse, dont je vous conseille vivement la lecture.

Aujourd'hui c'est également une pièce de théatre toujours à l'affiche du Théâtre Antoine car jouée en alternance par plusieurs duos d'acteurs.

 

J'ai eu la chance de voir Thierry Frémont et Nicolas Vaude dans une interprétation très sobre.

Sur la scène, deux bureaux à chaque extrémité et chacun des protagonistes prenant tour à tour la parole. Les échanges amicaux prennent peu à peu le pas sur les interrogations puis sur les prises de position.

La tension monte, plus palpable à chaque instant jusqu'à la chute.

Une belle prestation de ces deux acteurs qui rendent toute la noblesse de ce texte.

Une pièce à voir sans hésiter.

Inconnu à cette adresse, la pièce

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Le Journal d'Anne Franck

15 Janvier 2013, 19:53pm

Publié par Parisianne

Au théathe Rive Gauche, dans une adaptation d'Eric-Emmanuel Schmitt, Francis HUSTER, Gaïa WEISS, Roxane DURÁN, Odile COHEN, Katia MIRAN, Charlotte KADY, Yann BABILEE KEOGH, Bertrand USCLAT, Yann GOVEN donnent vie au célèbre Journal d'Anne Franck.

Une mise en scène intéressante confronte le père d'Anne (Francis Huster) avec son passé au moment où il découvre le journal de sa fille (Roxanne Duran).

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Tout l'esprit du journal, toutes ces petites choses qu'Anne a écrites dans ces pages pour faire partager son quotidien et son regard d'adolescente, tout cela s'anime sous nos yeux pour nous montrer les splendeurs et les limites de l'âme humaine.

Une très belle interprétation de l'ensemble des comédiens avec un coup de coeur particulier pour la lumineuse Roxane Duran et Charlotte Kady excellente.

Bien sûr, il y a plus drôle comme thème mais ce qui fait la force du Journal d'Anne Franck c'est certainement cette légèreté et cette insouciance de la jeune fille qui poursuit son chemin avec ses interrogations, son impertinence parfois. 

N'hésitez pas, allez-y !

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