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Les musardises de ParisiAnne

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Culture, littérature et découvertes. © Les musardises de ParisiAnne


Cinquième carte imaginaire pour une cousine de province - Exposition des arts décoratifs Dimanche 21juin 1925

Publié par Parisianne sur 22 Juin 2025, 21:27pm

Catégories : #1925, #ART, #Art Déco, #Paris

Passerelle Victor Emmanuel III, architectes Guidetti

Passerelle Victor Emmanuel III, architectes Guidetti

Ma Juliette, tu auras à peine reçu ma dernière lettre sur le village français que voici une carte ! Mais c'est la passerelle Victor Emmanuel III  dont je t'ai parlé dans mon précédent courrier, n'est-elle pas étonnante ? Il me tarde de pouvoir t'y entraîner.

L'ambiance est festive et estivale ce week-end, il fait vraiment beau et chaud, tout nous apparaît sous un nouveau jour avec le soleil, et les couleurs qui s'invitent dans les toilettes des dames, nous promettent une belle récolte...

Parce que oui, voilà la réponse à ma devinette, Isabelle collectionne les boutons trouvés sur l'Exposition ! Dans la foule, il y a toujours un joli bouton pour prendre la clé des champs, nous nous amusons donc à les ramasser. Certains sont vraiment beaux, et cela nous amuse d'imaginer la toilette qui va avec.

Je te promets que si nous croisions une belle dame avec un bouton manquant à sa parure, nous nous empresserions de le lui rendre, mais cela ne s'est pas encore produit, alors la collection de mon amie s'étoffe de jour en jour ! Et j'examine toujours attentivement ses trouvailles pour m'assurer que ce n'est pas un bouton d'une toilette créée par Monsieur Poiret, cela serait du plus mauvais effet si les boutons étaient mal cousus. Mais l'idée d'Isabelle est belle, non ?

Cela lui fera un bien joli souvenir.

Enfin, c'est le jour le plus long aujourd'hui et nous avons savouré. Le dimanche soir est toujours un peu plus calme ! La musique s'est installée dans notre quotidien maintenant que nous n'avons plus besoin d'être enfermées, c'est parfois une vraie cacophonie mais tout est tellement joyeux ! Nous avons donc profité avec Isabelle de cette très belle soirée pour flâner un peu après notre travail, en attendant la tombée de la nuit et les illuminations qui sont toujours un enchantement. Sais-tu qu'il paraît qu'un spécialiste a réfléchi à la question des éclairages de l'Exposition la nuit et en a déduit qu'il y a l'équivalent de 300000 bougies ! Mon Dieu, n'ont-ils donc rien de mieux à faire que ce type de calculs ? Admirer les jeux de lumière et d'eau, se laisser bercer par la musique toujours plus douce en soirée, et flâner dans une ville inventée de toutes pièces par de nombreux artistes, voilà qui me convient mieux que de compter le nombre de bougies qu'il faudrait pour éclairer Paris et ses environs !

Je t'embrasse petite cousine,

Anne,

Paris, ce dimanche 21 juin,
à une heure tardive mais j'avais tellement envie
de t'inviter dans mon bonheur sans cesse renouvelé.

André Rigaud, Les Annales 21 juin 1925

André Rigaud, Les Annales 21 juin 1925

L'Esplanade a un petit air de fête populaire à part qu'on ne danse pas aux carrefours. La musique cependant, ne fait pas défaut. Du pavillon britannique partent les frémissement acides des cornemuses écossaises, mélodie dont toutes les notes sont attachées ensemble et qui coule sans arrêt, comme l'eau d'un robinet. De loin, cela évoque une noce berrichonne, glapissante du biniou des cornemuseux et vrombissante de la vieille des ménétriers.

André Rigaud, Les Annales 21 juin 1925

Dessin de Jacques Touchet, Les Annales 21 juin 1925

Dessin de Jacques Touchet, Les Annales 21 juin 1925

Un match s'est engagé entre un orchestre de cinq musiciens, et le mégaphone. Les musiciens, prévoyants ont amené tout ce qu'ils avaient de plus important comme cuivres : contrebasses et trombones, et ils soufflent à faire tourner un moulin. Le mégaphone attaque traîtreusement la marche du Tannhauser, -qui se défend bien, comme dit Jules Romain. La fanfare cuivrée s'en prend à La Marseillaise. Quel effroyable contrepoint.

André Rigaud, Les Annales 21 juin 1925

Cinquième carte imaginaire pour une cousine de province - Exposition des arts décoratifs Dimanche 21juin 1925
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C
Merci Anne, j'adore tes lettres imaginaires, j'ai l'impression d'être en ta compagnie à cette exposition des Arts Décoratifs. J'espère que la "moisson" de boutons continue à être aussi bonne ...?!!!<br /> Bel après-midi<br /> Cathy
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B
Ta plume est magique et anime le passé avec poésie et vie… Tu brodes avec le fil du temps la plus subtile des toiles et tu disperses sur le chemin des souvenirs d’antan des boutons de mémoire que nous suivons à chacune de tes cartes postales imaginaires. <br /> Merci Anne pour ces voyages pleins de douceur et de nostalgie. <br /> Bonne fin de semaine. Bisous
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L
Je n'aurais pas pensé aux boutons mais plus peut-être aux épingles à cheveux... Et encore !
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P
Sauf que mon amie Isabelle m’a offert ses boutons et que je n’ai encore jamais eu entre les mains d’épingle à cheveux :-)
L
Cet article me touche un peu plus que les autres. Vous y évoquez les boutons et voyez-vous, ma grand-mère, qui habitait tout près de Méru, dans l'Oise à l'époque où presque toutes les femmes des environs travaillaient avaient su montrer le chemin de la révolte contre leurs conditions indignes de leur travail. A cette époque, Méru était considérée comme le capitale mondiale du bouton de nacre et j'aime croire que les boutons dont vous parlez viennent de ce pays où les "petites mains" ont su montrer la voie vers la dignité au travail. Ceci dit, je me plais toujours à l'évocation de ces années qui sont, pour moi, des années que je considère comme essentielles pour comprendre notre monde d'aujourd'hui. Et qui me permettent de repenser à mes aïeux auprès de qui j'ai appris qu'ils avaient aussi été jeunes, avec de l'espoir et des rêves. Des jeunes gens qui voulaient du rêve, eux aussi. Mais, nous, nous savons la suite ...
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P
Méru et son musée de la nacre. J’y passe très souvent en regagnant mon jardin picard et chaque fois je me dis que je devrais y aller. J’aurai donc un autre regard quand je m’y arrêterai. Merci de ce souvenir de tous les combats menés par celles et ceux qui nous ont précédés.
Y
toujours sympa à lire et imaginer!
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