1925,
l'année du centenaire de l'Exposition internationale des arts décoratifs et industriels modernes, nous aurons l'occasion d'en reparler, est aussi l'année du centenaire de la mort d'Erik Satie qui disait de lui-même "Je suis venu trop jeune, dans un monde trop vieux".
Il n'avait que 59 ans, et tout porte à croire qu'il aurait été curieux des modernités naissantes, lui déjà si proche des surréalistes qui auront leur première exposition quelques mois après sa mort.
La vie est trop grave pour qu'on la prenne au sérieux.
Encore Satie ! Oui, oui ! C'est assez logique dans la continuité de Bohèmes .
Je suis loin des 840 répétitions de Vexations, œuvre évoquée dans mon précédent billet sur Suzanne Valadon, mais le sujet Satie revient effectivement de façon récurrente sur ces pages, puisque il a déjà été question de précédentes lectures, Satie en quelques livres, et aussi de la bouleversante pièce Je m'appelle Erik Satie comme tout le monde, que nous avions eu le plaisir de voir à la Contrescarpe.
Mais rassurez-vous, je ne dis là encore pas mon dernier mot, je me suis replongée dans la lecture du roman de Jean-Paul Delfino, Les Pêcheurs d'étoiles, Erik Satie ressurgira donc forcément !
Ce « "K" à part. "K" de figure, "K" de conscience, "K" d'espèce et avant tout, "K" de force majeure » comme l'écrit avec facétie Patrick Roegiers dans ce roman qui m'aurait échappé si je n'avais pas lu la chronique de Vagabondage autour de soi.
Le silence était désormais la langue dans laquelle il se taisait.
Un livre qui s'annonce "roman", mais qui, très documenté, rend un vibrant hommage au compositeur dans toutes ses fantaisies, tous ses excès mais aussi toutes ses fragilités et sa grande solitude.
Parce que oui, c'est souvent ce qui ressort de ce que l'on peut lire concernant Satie, c'est un homme qui, bien qu'entouré d'amis sincères, a été très seul durant toute sa vie ou presque ; il écrit d'ailleurs « Je suis tout seul, comme un orphelin - ou un ver solitaire - sans amis pour me tenir société. »
Solitude et misère semblent avoir été ses plus fidèles compagnes.
Satie habitait en lui. Son logis était un cagibi, un obscur réduit, sans air et sans charme. Sans lavabo et sans piano. La musique se faisait dans sa tête. "C'est le secret de mon art", assurait-il.
Patrick Roegiers, dont c'est mon premier livre, va assez loin dans l'écriture pour nous rendre vivant Erik Satie. Jeux de mots, blagues potaches, le texte prête à sourire souvent et c'est une agréable lueur dans le récit de cette vie plutôt sombre.
Satie est un personnage attachant dans l'univers duquel on croise bon nombre de musiciens, bien sûr, à commencer par son rival et ami Debussy, mais aussi Milhaud, Honneger, Ravel Stravinsky. Mais la trouvaille de l'auteur est de rendre présents ceux que Satie a inspirés, en leur donnant la parole comme s'ils avaient pu échanger avec le compositeur. L'idée est non seulement bonne mais elle nous oblige à écouter, découvrir et rapprocher les oeuvres.
Et bien sûr, de nombreux artistes, peintres, écrivains, viennent se joindre à la parade pour notre plus grand bonheur.
C'est un livre d'une grande originalité mais surtout d'une grande richesse, alors si vous aimez la musique, et Satie en particulier mais pas que, les avant-gardes et une légèreté sérieuse, plongez-vous dans ce roman aussi fantasque que riche !
Son ombre le précédait dans la rue, il se retournait : rien, personne. Certains jours, il disparaissait à sa vue, et d'autres, il ne se voyait pas. Une fois, dans ne venelle pave de Montmartre, il était tombé par hasard sur son reflet. Le face-à face lui étant insupportable, il avait maugréé dans sa barbiche taillée en pointe tel un crayon :
"Je ne veux plus te voir !"
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Aldo Ciccolini & Gabriel Tacchino play Erik Satie's Trois Morceaux en forme de poire
Erik Satie 3 morceaux en forme de poire, avec une manière de commencement, une prolongation du meme et un en plus, suivi d'une redite, pour piano à quatre mains (Pear Shaped Pieces, 1903): 1.Mani...
Regardez cette reprise de Relâche, le ballet créé en 1924 par Picabia et Satie, spectacle qui incluait un petit film L'Entr'acte tourné la même année par René Clair dont vous pouvez voir ici quelques images, et Satie en ouverture avec son melon et son parapluie.
Un véritable scandale comme pour Parade (argument de Cocteau, décor de Picasso et musique de Satie, que du beau monde !) en son temps, qui en 1917 avait provoqué une réaction violente des spectateurs et critiques.
Bien sûr notre regard aujourd'hui est différent mais il n'est pas difficile d'imaginer la surprise des spectateurs devant ces scénettes absurdes et sans liens les unes avec les autres.
Mais comment réagir à la vidéo suivante, 4'33 de John Cage, une forme d'hommage à Satie que je vous invite à écouter avec la plus grande attention !
Vous avez tenu jusqu'ici : J'attends avec impatience vos réactions.
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John Cage: 4'33'' / Petrenko · Berliner Philharmoniker
Following measures taken by the Federal and regional authorities in Germany to contain the corona pandemic, the Philharmonie Berlin will be closed from 2 to 30 November 2020. In view of this, the ...
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Satie (Grand format - Broché 2025), de Patrick Roegiers | Grasset
Dans ce roman vif et plein de fantaisie, Patrick Roegiers s'attache à la personnalité, à la fois célèbre et méconnue, d'Erik Satie qui le passionne de
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