L'art est dans la rue au Musée d'Orsay
Commissaires de l'exposition : Sylvie Aubenas, Elise Dubreuil, Clémence Raynaud
La véritable architecture, aujourd’hui, celle qui pousse de la vie ambiante et palpitante, c’est l’affiche, le pullulement de couleurs sous lequel disparaît le monument de pierre.
Voilà une exposition intéressante qui nous plonge dans la vie parisienne de la seconde moitié du XIXe siècle.
Dès la Révolution, la propagande imprimée s'affichait sur les murs, mais au milieu du XIXe apparaissent les affiches illustrées et en couleurs incarnant la vie moderne.
Vous avez bien sûr en tête les affiches de Toulouse Lautrec puis de Mucha, de nombreux autres grands noms de la peinture vont s'adonner à cet art durant ce qu'il convient d'appeler La Belle Epoque.
Tout comme la société, la rue s'est transformée.
Très vite perçue soit comme une pollution visuelle, soit au contraire comme un bien-fait de la vie moderne, l'affiche métamorphose la ville et le paysage urbain. Elle symbolise la liberté d'expression et la liberté de commerce mais représente pour certains une atteinte au patrimoine et aux monuments historiques.
Le "Défense d'afficher "
loi du 29 juillet1881
tend à montrer qu'il doit y avoir rapidement des abus !
Nous vivons dans le monde de l'image, notre regard est donc forcément différent mais je me plais à imaginer l'apparition de couleurs dans un Paris un peu sombre.
Le droit d'afficher nous vient de François 1er qui en 1539 fait afficher les ordonnances royales, la Révolution française apporte son lot de textes et pamphlets placardés sur les murs puis dans les années 1830 apparaissent les affiches illustrées.
Les libraires procédaient à des affichages pour donner envie de lire les nouveautés. Voit-on aujourd'hui, ailleurs que dans le métro, de belles affiches vantant le dernier livre d'un auteur en vogue ? Peut-être devrait-on penser à créer de belle affiches pour inciter tous les lecteurs à se rendre en librairie ! Autour de chez nous dans l'Oise elles ferment à tour de bras.
Le développement de la lithographie permet à la fin des années 1860 des impressions couleurs de grand format.
Magasins, salles de spectacles, journaux s'emparent de ce merveilleux support publicitaire.
Concernant les magasins, nous ne pouvons pas ne pas citer l'essor des "cathédrales du commerce moderne" comme les appelle Zola dans le Bonheur des dames, la publicité, donc les affiches, font partie de la démarche commerciale et se doivent d'être toujours plus tentantes.
Un Lautrec ou un Chéret à domicile, c'est ça qui éclaire, mille dieux !
ça fout dans la turne un trafalgar de couleur et de rigolade.
Je vous le disais, de grands noms parmi les affichistes, Steinlen, bien connu pour son chat noir (et ses illustrations du Prix Goncourt 1904), mais aussi Toulouse-Lautrec, Chéret, Mucha, Cappiello au graphisme épuré, Bonnard, Vuillard, Maurice Denis ou encore Ibels.
[l'affiche] est le tableau mobile, éphémère, que réclamait une époque éprise de vulgarisation et avide de changement
Dans une période marquée par les préoccupations sociales, l'affiche devient vite un outil de propagande, certaines sont particulièrement violentes, l'attention des visiteurs est d'ailleurs attirée sur le fait que certaines peuvent paraître à nos yeux choquantes par leur message ouvertement antisémite, antimaçonnique, raciste ou encore anticlérical.
Il est évident qu'il faut toujours garder à l'esprit l'époque à laquelle le message a été émis.
Coup de coeur pour cette affiche pour le journal La Fronde, fondé par la journaliste Marguerite Durant le 9 décembre 1897. Un journal exclusivement créé et dirigé par des femmes, à l'époque cela mérite d'être souligné !
Cette affiche très symbolique réunit des femmes de toutes les classes sociales regardant vers l'avenir.
C'est sur cette image que je terminerai, non sans vous inviter à aller voir cette belle exposition si vous passer à Paris.
Mais pour répondre à ma première question, sachez que c'est en 1890 que les affiches commencent à intéresser les collectionneurs et que l'on commence à parler "d'affichomanie", certaines qui ne seront jamais placardées sont réservées aux affichomaniaques !
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À travers un ensemble exceptionnel de près de 230 œuvres, " L'art est dans la rue " interroge l'essor spectaculaire de l'affiche illustrée à Paris, dans la seconde moitié du XIXe siècle ...
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