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Les musardises de Parisianne

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Chemains de vie

22 Août 2022, 09:00am

Publié par Parisianne

Chemains de vie

Il y a quelques semaines, alors que je présentais à une de mes vieilles dames les photos des dernières expositions visitées, elle s'est amusée à jouer à rendre vivantes mes photos avec ses mains. 

Je fais beaucoup de photos dans les expos, pour pouvoir les présenter aux personnes avec qui je travaille et qui n'ont pas toujours la mobilité pour s'y rendre. Et dans mes photos, je m'arrête souvent sur des détails. Les mains me fascinent particulièrement. 

Chemains de vie

Je présentais ce jour-là les expositions du Petit Palais, Giovanni Boldini (1842-1931) et Albert Edelfelt (1854-1905) à une dame à la mémoire vagabonde lorsque je me suis aperçue qu'elle s’évertuait à reproduire les positions des mains.

J'ai donc pris une sélection de mes photos et nous nous sommes amusées. C'était un moment à la fois très doux, très drôle et très émouvant.

Je vous livre ici notre échange à peine revisité.

Chemains de vie

« Chemain » de vie,

Jouer les élégantes que nous aurions pu être, fredonner, se donner des manières.
Et se taire. Regarder.
- J’ai de vieilles mains. C’est triste.
- Des mains de vie, des mains de douleurs et de joies. Des chemins de vie y sont inscrits. Des « chemains », un mot à créer, qu’en pensez-vous ?
- Vous avez raison. C’est la vie, ça frémit !

Voilà !

Chemains de vie

J'aime particulièrement ces petits moments qui bousculent mon planning pour m'offrir des instants de belles émotions. 

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Délicatesse

6 Août 2022, 09:00am

Publié par Parisianne

Délicatesse

Dans son apparente fragilité,
L’indésirable, de toute beauté
S’offre comme un pied de nez

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A l'ombre du vent de mer !

24 Juillet 2022, 16:37pm

Publié par Parisianne

A l'ombre du vent de mer !

A l’ombre d’une baraque de rien, laissons siffler le vent pour prendre le temps des retrouvailles.

Ecoutons les flots frapper et battre drisses et haubans, ils ne couvriront pas les chants joyeux des amis réunis.

Et quand l’heure du départ aura sonné, quatre fauteuils esseulés diront aux flâneurs de passage, les rires, les confidences et les heures bénies des instants partagés.

Il m'arrive aussi de tout faire toute seule ! La photo et les mots, donc si je ne précise pas, c'est que la photo est de moi et que l'ensemble est aussi sous copyright, bien sûr !

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C'est l'été !

22 Juillet 2022, 15:15pm

Publié par Parisianne

Chers amis qui passerez la tête par ici en voyant la porte s'ouvrir, je suis heureuse de vous retrouver ! 

C'est l'été !

Le dernier article date de presque un an... Impardonnable ! Mais c'est ainsi, les jours, les semaines les mois et les années passent, le rythme des publications est inégal mais le blog est toujours là.

Le manque de temps, de disponibilité d'esprit, d'envie aussi parfois m'ont fait délaisser ces pages, et vous délaisser aussi. J'espère que ces quelques mots vous trouveront en forme dans un contexte toujours anxiogène.

Pas de promesses de régularité mais l'envie de partager un peu, de renouer des dialogues interrompus me font rouvrir ces pages.

Quand l'été est là, le temps s'étire en douceur, savourons donc ensemble ces instants de paix relative. 

C'est l'été !

Si vous connaissiez le Temps aussi bien que moi, dit le Chapelier, vous sauriez qu'on ne le perd pas. Il se perd tout seul.

Lewis Caroll, Alice au pays des merveilles

Où mon temps s'est-il perdu cette année ?

Un peu partout ma foi, sur de grandes routes toutes tracées autant que sur des chemins de traverse, ces derniers étant parsemés de fleurs, ce sont bien sûr mes préférés !

Comment mon temps s'est-il perdu cette année ?

Il s'est égaré dans les musées en parcourant les nombreuses expos parisiennes pour les partager avec les seniors que j'accompagne ; il s'est oublié dans les nombreuses lectures qui font voyager mes silences ; il s'est caché entre les mots en se jouant des images dans un projet avec un ami dont je vous parlerai bientôt ;  enfin et surtout, il s'est réfugié auprès des miens pour partager de nombreux moments tantôt pleins de joies, de curiosités, de partages, tantôt plus inquiets quand un souffle s'arrête.

Ainsi va la vie. 

C'est l'été !

Alice : Combien de temps dure une éternité ?
Le Lapin : Parfois juste une seconde.

Lewis Caroll, Alice au pays des merveilles

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Soyons sérieux...

19 Septembre 2020, 18:46pm

Publié par Parisianne

Une fois n'est pas coutume, je voulais vous parler d'un sujet qui m'inquiète. 

Je ne vous donnerai pas une énième théorie sur le virus qui nous (pré)occupe depuis quelques mois, si vous manquez d'avis sur la question, allumez la télé ou foncez sur les réseaux sociaux, vous y trouverez de très nombreux et éminents spécialistes, je leur laisse volontiers la place.

Ce qui m'inquiète est d'un autre ordre, plus esthétique, vous qui passez ici ne pouvez pas ignorer que je suis assez attentive à la beauté, que je vais même jusqu'à la considérer comme le meilleur remède à tous les maux, surtout ceux d'aujourd'hui.

A moins de vivre sur une île déserte (ce qui ne serait pas pour me déplaire, je l'avoue), personne ne peut avoir échappé au dernier ornement à la mode (j'avais écrit "fashion" mais par respect pour notre belle langue, je reviens à "mode").

Je veux parler du masque bien sûr. Ceux qui vivent dans les grandes villes en ont fait leur parure quotidienne, ceux qui ont la chance de demeurer dans des lieux moins fréquentés le laissent accroché à leurs clés pour ne pas l'oublier en sortant faire leurs courses, mais personne ne peut s'en passer.

Il n'est pas permis de dire que ça nous empêche de respirer, les soignants en portent depuis toujours et ils respirent encore - j'en profite pour leur dire tout mon respect dans la tourmente actuelle. Il est préférable de ne pas dire trop fort que vous jugez ce masque indispensable, ou totalement inutile, de toute façon, personne n'est jamais d'accord.

Donc, on en parle du matin au soir, entre deux, dix, cent, etc. nouveaux contaminés, et quelques morts, paix à leur âme ; on déplore l'absence de sourires, même si nous avons appris à lire dans les regards, ce qui n'est finalement pas une mauvaise chose, non ? Il faut le mettre convenablement, l'enlever convenablement, ne jamais le toucher... que celui qui n'a jamais remis son masque en place parce qu'il a de la buée plein les lunettes me jette la première pierre... 

Bref, ces masques nous occupent beaucoup. Mais il est un sujet dont on ne parle pas, un sujet grave qu'aucun média n'a abordé (et pourtant ils en disent des choses), un drame que seuls les sourires féminins peuvent comprendre, pardon messieurs.

Soyons sérieux...

Je veux parler bien sûr de la lipstick dépression... voilà qu'un anglicisme me reprend mais vous reconnaîtrez que ça percute plus que la dépression du rouge à lèvres...

Que sont nos rouge à lèvres devenus depuis que les masques ont pris possession de nos sourires ? Oubliés au fond de notre sac à main dans lequel ils auront coulé pendant les fortes chaleurs de l'été ? Enfermé dans le placard de la salle de bain ou négligemment posé sur la coiffeuse de la chambre entre deux colliers et trois paires de boucles d'oreilles ? Imaginez leur état d'anxiété. Déjà qu'avec les composants toxiques qui les composent ils étaient certainement un peu inquiets, ils doivent fondre de désespoir.

Alors mesdames, sortez chez vous vos rouge à lèvres et souriez des yeux à l'extérieur !

Soyons sérieux...

Mais c'est un masque pour les yeux ?

Bien sûr ! Non qu'il faille fermer les yeux sur une situation sérieuse mais pour garder le sourire !

Faites attention à vous avec bon sens, sûrement la chose la plus utile aujourd'hui !

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Petit bavardage entre amis...

18 Septembre 2020, 16:27pm

Publié par Parisianne

Petit bavardage entre amis...

Marcel Proust, A la recherche du temps perdu

Du côté de chez Swann

Pourquoi soudain cette lecture ? Je serais bien en peine de l'expliquer. Je venais de terminer une de mes nombreuses lectures de l'été, Anatomie d'un chœur de Marie Nimier, et j'hésitais entre plusieurs livres un peu anciens, nombreux dans ma bibliothèque quand Proust s'est imposé en rentrant d'un adieu à la maman d'amis partie brutalement. Un départ qui me laisse le goût amer d'un rendez-vous manqué puisque nous devions nous retrouver, le contexte et quelques autres circonstances ont mis un grain de sable de trop dans la coupe du temps. Je ne garderai qu'une voix pleine de chaleur et des souvenirs de jeunesse bien ancrés au cœur.

Peut-être le titre, A la Recherche du temps perdu, a t-il joué son rôle ? Je ne saurais dire. Toujours est-il qu'il m'était impossible de résister à l'appel de Proust ! 

Ne trouvez-vous pas ce titre incroyable dans notre époque où l'on se demande s'il existe encore un instant perdu ? N'avez-vous pas le sentiment parfois d'aller si vite que ce sont plusieurs vies que vous vivez en une journée ? Les sollicitations sont telles. Que garderons-nous de ces journées accélérées ? Quelles seront nos madeleines glissées sur un réseau social entre une tablette et un smartphone, un fast-food et un drive ? Nos enfants reverront-ils surgir la table familiale et l'écran géant de la télé dans le parfum d'un hamburger ?

Je plaisante... à peine...

Mais revenons à ce cher Marcel.

Je ne vais pas vous raconter ni même vous commenter La Recherche, d'autres l'ont fait avant moi et bien mieux. Ce sont des citations soulignées au fil de ma lecture que je partagerai avec vous, ses mots à lui sont tellement plus parlants.

Peut-être au fil de ces citations, retrouverez vous la saveur de votre madeleine !

Petit bavardage entre amis...

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Dis, dessine-moi un voyage !

19 Juillet 2020, 16:49pm

Publié par Parisianne

Dis, dessine-moi un voyage !

Quand je s’rai grand, je traverserai les océans
Je partirai sur un bateau à voiles multicolores,
Et à l’autre bout de la terre,
J’irai taquiner le soleil et murmurer aux étoiles,
Faire parler les arbres et danser les oiseaux.
Quand je s’rai grand, je traverserai les océans.

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Quand Paris prend la pause...

15 Mai 2020, 15:04pm

Publié par Parisianne

Quand Paris prend la pause...

La ville est belle mais absente à elle-même,

Les rues ne raisonnent plus du quotidien tapageur,

Les jardins restent fermés sur leurs belles endormies

Offertes aux plaisirs des oiseaux, des écureuils peut-être !

Y a t-il à Paris, comme à Londres, des renards

Qui chercheraient, en vain, un ami à apprivoiser ?

La ville est belle mais absente à elle-même.

Les bistrots restent clos,

Les boîtes des bouquinistes fermées,

Et les marcheurs masqués.

La Joconde ne peut même pas se rendre au Déjeuner sur l'herbe,

Le Fifre joindre sa mélodie à l'Apothéose d'Henri IV,

Les petits rats n'iront pas danser sous la nuit étoilée.

La ville est belle mais absente à elle-même.

Silence...

 

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Paris Âmes

17 Juillet 2019, 21:00pm

Publié par Parisianne

Paris Âmes

Et la lune de son œil étonné, observe la jeunesse dans les rues se glisser ;

Et le grand fleuve d’argent serpente langoureusement, saluant tour à tour haute dame, grands palais, et jusqu’aux tours meurtries à la flèche consumée de la fière cathédrale.

La nuit s’installera,
La ville ne dormira
Mais la lune veillera.

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L'indiscret

3 Juillet 2019, 08:33am

Publié par Parisianne

Récréation ! Rien de tel que de fouiner un peu dans ses archives pour retrouver une petite fantaisie un peu ancienne mais finalement toujours d'actualité tant il est aisé aujourd'hui d'être indiscret ! 

L'indiscret

L’indiscret

- Allo ? Oui, c’est moi. T’es où là ? J’peux te parler ? Je monte dans le bus, mais j’en ai une bonne à te raconter, t’as deux minutes ? Je ne pourrais pas aller à la gym ce soir, je vais rentrer un peu plus tard que prévu, je vais prendre un verre avec Marc.

- …

- Tu te souviens de Marc ? Mais, Marc quoi, mon Marc, celui de mes rêves. Mon Prince Charmant, tu te souviens maintenant ? Oui, c’est ça, celui dont je t’ai rebattu les oreilles pendant des mois. Oui, j’avais 18 ans, j’étais folle de lui. Oui, il était plus vieux… 12 ans je crois. Il était trop beau, trop grand, trop tout. Tu te souviens ? Allo ? Oui, je l’ai revu. Par hasard. Je ne l’avais pas reconnu.  Oui ! Non ! La fin du mythe ! Allo ? Allo ! Maudit réseau.

Sourire devant.

Elle leva enfin les yeux qu’elle avait jusque là tournés vers la rue et vers elle-même pour apercevoir, assis face à elle, un genre de golden boy goguenard.

Se sentit rougir. S’excusa.

- J’adore le bus, on en apprend beaucoup sur la société d’aujourd’hui. Vous n’imaginez pas le nombre de péronnelles qui racontent leur vie à leurs copines pendant le trajet ! Je vous l’accorde, ça ne se dit pas mais, il y a aussi un certain nombre de péron-mâles ! Péron-femelles, raccourci en péronnelle, péron-mâles. Tiens c’est pas mal ça… Vous ne trouvez pas ?

- …

- Où en étais-je ? Ah, oui. Dans le métro c’est moins drôle, trop bruyant. Mais je suis déçu que vous ayez été interrompue, je reste sur ma faim…

Sonnerie… Rougeur violente.

Sourire moqueur.

- Mais je vous en prie, reprenez votre conversation. Ne vous gênez pas pour moi !

- Oui ? (tout doucement). Ecoute, je ne peux pas te parler là, je te rappelle. Parce que. Non. Plus tard. Non, rien de grave j’t’assure. Bises

Clap. Sourire vengeur.

- Fâcheux ! J’aurais aimé connaître la chute. Je ne sais pas pourquoi mais je ne parviens pas à imaginer de happy end. Votre ton surement.

- …

- OK, péronnelle ce n’était pas adapté. En général, elles sont stupides et bavardes et m’accablent de multiples noms d’oiseaux. Des muettes comme vous, au regard assassin, c’est plutôt rare.

Soupir agacé. Regard tourné vers la rue.

- Mais revenons-en à notre sujet. Des retrouvailles qui pourraient paraître très romantiques mais racontées sur un ton railleur, donc ce n’est pas une romance ! Retrouver son premier amour, cela peut être très excitant. Il me reste trois arrêts pour trouver.

Soupir désolé.

Sourire charmeur.

- J’en déduis que nous descendons au même endroit. C’est une chance, la circulation n’est pas excellente aujourd’hui. Alors, si la rencontre ne suscite pas l’émoi, c’est que l’homme est marié ? Qu’il a changé peut-être ? Grossi ? Oui, les hommes prennent du ventre quand ils sont installés, c’est fréquent. A cela on ajoute une calvitie naissante et … fin d’un mythe ! Rire moqueur.

Sourire amusé.

- Je progresse. Je parviens à vous faire sourire. Deux arrêts et je vous fais parler ?

- …

 - Je débarque de ma province, et je n’arrive pas à me faire à l’indifférence générale. Les gens se croisent sans se voir ici. Ils se parlent même sans se voir. Demandez votre chemin deux fois à la même personne et vous verrez qu’elle ne se souviendra même pas vous avoir renseigné quelques minutes auparavant. Par contre, vous sentirez son agacement d’avoir été arrêtée deux fois.

Regard surpris.

- Vous avez essayé ? d’arrêter la même personne deux fois ?

Ricanement.

- Non, mais je suis parvenu à vous faire parler… et nous sommes arrivés. J’aurais dû parier !

- Je ne prends jamais de pari, je perds à chaque fois. Au revoir.

Il s’inclina pour la laisser passer. Elle remonta le boulevard d’un pas assuré. Il n’osait accélérer le pas craignant qu’elle imagine qu’il la suivait. Il la vit s’engouffrer dans le café qui faisait l’angle.

Dans le café.

- Oh oh ! Sophie ! Je suis là !

- Salut ! Tu vas bien depuis ce matin !

- Oui, et toi, tu as l’air… je ne saurais dire, agacée ou amusée ?

- Un peu les deux je crois, j’ai été abordée par un drôle de … scrogneugneu, version jeune ! Baratineur mais finalement sympathique !

- Assieds-toi ! Oh attends, le voilà !

Sortant pour interpeller quelqu’un.

- Sophie, je te présente Tom, mon beau-frère.

Se tournant vers les deux hommes, elle resta interdite et se sentit rougir violemment.

- Salut ! Marc m’avait dit qu’il avait retrouvé par hasard une charmante vieille connaissance… Je suis enchanté. Depuis que je suis parisien je ne rencontre que des péronnelles accrochées à leur téléphone…

****

©Anne Lurois-Delassise 07/2019

 

 

 

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