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Les musardises de Parisianne

mots

Dessinez-moi Paris !

29 Janvier 2023, 18:26pm

Publié par Parisianne

© Anne Lurois-Delassise

© Anne Lurois-Delassise

Dessinez-moi Paris !

Une tour éphémère qui bravera le temps,
des rues interminables, des jardins enchantés,
Un fleuve à robe longue, pour les oiseaux des nuits.

Dessinez-moi Paris mais de grâce mon ami,
Mouillez votre pinceau aux couleurs d’arc en ciel,
Faites-moi la ville belle et la vie souriante.

Éclairez-moi Paris et dessinez nos jours !

© Anne Lurois-Delassise

© Anne Lurois-Delassise
© Anne Lurois-Delassise

© Anne Lurois-Delassise

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Lettre morte

6 Janvier 2023, 18:00pm

Publié par Parisianne

©Anne Lurois-Delassise

©Anne Lurois-Delassise

Le bonheur d’une lettre ne viendra plus déranger l’araignée besogneuse installée en bonne place, dans ce réduit un peu vieillot avec balcon sur rue.

Hélas, de lettres nous ne recevons plus !

Que sont devenues nos attentes, l’espoir d’une missive du bout du monde ou du bas de la rue, un mot doux griffonné, une carte de vœux pour un anniversaire, ou juste une pensée.

Qu’il était doux ce moment où l’on s’emparait de l’enveloppe, attentifs au cachet de la Poste qui disait la provenance, à une écriture à deviner ou savourer, à la beauté d’un timbre.

L’attente. N’était-ce pas le plus beau moment de la correspondance ? Compter les jours jusqu’à la réponse, espérer, préparer les choses à dire aux correspondants les plus réguliers pour ne rien oublier.

Et écrire… laisser le papier absorber la sève des mots, la plume chanter, l’esprit voyager pour un partage d’instants magiques.

Ecrire pour le geste de la main tendue.

Ecrire pour être écouté en silence.

Lire pour deviner une voix lointaine.

©Anne Lurois-Delassise

©Anne Lurois-Delassise

Il est beaucoup question de changements dans les services postaux aujourd'hui. Ce n'est pas surprenant, même le percepteur ne nous écrit plus !

Je suis une nostalgique de l'écriture manuscrite (même si je la pratique moi-même beaucoup moins et toujours avec le stylo de ma grand-mère), mais je suis aussi une nostalgique de la correspondance. Avez-vous beaucoup écrit ?

J'ai eu la chance d'avoir de nombreux correspondants dans mon adolescence, en Allemagne et aux Etats-Unis, pour la pratique des langues, et nous sommes toujours en contact. Même si notre adolescence est un lointain souvenir, les liens tissés avec les mots ne se sont jamais distendus ! L'époque de l'adolescence a également été une période riche de très nombreuses lettres avec mes copines, nous avions beau nous voir tous les jours, il y avait toujours à dire. Puis les mots doux échangés, mais ça c'est top secret !

Plus tard, des partages très riches avec des amies parties comme jeunes filles au pair, des amis partis en coopération pendant leur service militaire, un ami engagé, envoyé sur des zones de conflits à qui j'écrivais chaque semaine et qui me répondait quand il pouvait sur ce qu'il pouvait (j'ai des lettres sur des morceaux de carte d'état major, chut !).

J'ai presque tout gardé, c'est tellement plus agréable de mettre son nez dans ces vieux papiers que dans un répertoire d'ordinateur !

Et vous, quel est votre rapport à la correspondance ?

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Petit bavardage entre amis, du rire à l'âme

1 Décembre 2022, 10:00am

Publié par Parisianne

le hasard sait ce qu'il fait.

Les mots de TM

Petit bavardage entre amis, du rire à l'âme

Paris est très gris ce matin, un temps et une période assez difficiles pour les grands seniors fragiles que j'accompagne.

Certains dans leurs absences sentent approcher les fêtes auxquelles ils ne participeront pas, d'autres redoutent l'entrée rapide dans la nuit, d'autres encore survolent les jours sans que nous ne sachions ce qu'il pensent et ce qu'ils ressentent et s’enferment dans le sommeil.

Dans tous les cas, et malgré la présence souvent très attentive des familles, nous ne savons pas ce qui se passe réellement dans les esprits vagabonds, nous ne pouvons pas savoir ce que nous ne vivons pas. On ne peut jamais imaginer tout à fait, n'est-ce pas ?

Et pour certains la solitude entourée est très profonde.

Petit bavardage entre amis, du rire à l'âme

J'étais vendredi Place des Vosges, à la Maison de Victor Hugo pour préparer l'exposition Louis Boulanger, peintre rêveur pour une de mes Vieilles Dames. Ayant prévu d'enchaîner avec  Ossip Zadkine, une vie d'atelier chez l'artiste, à deux pas du Jardin du Luxembourg, j'ai pris le temps de déjeuner chez Victor Hugo, c'est un endroit charmant, propice à la rêverie et la terrasse en été est très agréable.

A une table voisine, une dame déjeunait, seule également, nous nous sommes saluées mais je reconnais que j'étais un peu dans mes pensées et que je n'ai pas prêté beaucoup d'attention à ceux qui m'entouraient. C'était sans compter sur l'envie de bavarder de ma voisine, et je l'en remercie, elle m'a tirée de préoccupations que l'expo n'était pas parvenue à maintenir à distance.

Cette pauvre dame était très ennuyée, toute à sa gourmandise, je la cite, elle avait oublié de prendre la photo de son assiette dans ce joli cadre où sont principalement servies des quiches accompagnées de salade, vous voyez, rien d'extraordinaire. Seulement voilà, elle s'offrait son premier week-end à Paris, et voulait tenir un journal complet. Vous voyez où je veux en venir ?

Comme beaucoup, j'avais une quiche et une salade et je venais juste de m'attabler !

"Puisque nous mangeons la même chose, vous pourriez me prêter votre assiette pour ma photo ?"

J'ai trouvé cette requête drôle et attendrissante, et bien sûr je suis entrée dans la danse. Vous me direz, ce n'est pas très COVID tout ça ! Mais elle n'a rien touché, juste photographié. Et pendant que je déjeunais, elle m'a raconté l'entre lignes de son histoire.

Manifestement un peu plus âgée que moi, et probablement jeune retraitée, elle venait de se découvrir un talent pour le dessin, et était fermement décidée à parcourir les musées parisiens et tous leurs trésors pour former son œil et progresser dans son art. Elle se contente pour le moment de copier d'après photos. Mais franchement, j'ai été impressionnée par les photos qu'elle n'a, bien sûr, pas manqué de me montrer.

Ce qu'elle m'a expliqué a retenu mon attention. Elle m'a assuré n'avoir jamais dessiné auparavant mais suite à une bonne fortune, elle a mis à profit quelques liquidités pour suivre une thérapie et se libérer d'un passé très lourd et destructeur.

Le résultat de cette libération : elle a osé franchir le pas et se mettre au dessin. Depuis, elle remercie chaque jour qui se lève, chaque rencontre, chaque instant qui lui offre de vivre.

Et elle était si rayonnante de bonheur qu'elle a rallumé ma petite lumière intérieure un tantinet vacillante. J'ai été très touchée par cette tranche de vie livrée sans détours à l'inconnue que j'étais. 

Cette thérapie qui se poursuit par le dessin lui a manifestement évité la noyade, et je trouve ça merveilleux.

Ecrire c'est un peu comme nager pour éviter de se noyer.

Les mots de TM

Les citations qui ponctuent ce bavardage sont extraites d'un brouillon inachevé que j'avais lu la veille, et qui m'a grandement perturbée.

Un brouillon que je pensais être le récit d'une vie entièrement dédiée aux autres et qui s'avère être le témoignage bouleversant d'une personne diagnostiquée Alzheimer et qui reçoit cette nouvelle en, presque, toute conscience.

On cherche désespérément à préserver sa capacité de mémoire, peut-être vaudrait-il mieux se former à l'oubli comme chemin clef ?

Les mots de TM

Travailler avec de grands seniors, c'est être confronté, à un moment ou à un autre, aux troubles de la mémoire.

J'ai donc une certaine habitude dans ce domaine. Mais je n'avais jamais été en présence d'un tel témoignage.

Quand j'arrive, c'est en général que la maladie, quelle qu'elle soit, a déjà fait un bout de chemin et quelques dégâts, et que nous travaillons pour tenter de ralentir le processus par un maintien dans la vie sociale, et une stimulation intellectuelle par le biais de la culture.

Malgré le choc, je considère comme une chance d'avoir pu lire ce récit brillant, fait de liens avec les mythologies, la littérature et la vie.

J'ignore encore à l'heure où j'écris si nous en ferons quelque chose, et sous quelle forme.

Ce que je sais par contre, c'est que je mettrais toute mon énergie pour que la seule conscience qui reste aujourd'hui à certains, et qui est la conscience de l'instant, soit source de sérénité, même juste le temps de quelques heures.

Petit bavardage entre amis, du rire à l'âme

Vous me direz sans doute que ces deux histoires n'ont rien en commun. C'est un peu vrai.

J'y vois la simple nécessité de savoir cueillir chaque instant, et je sais gré à cette dame de son rayonnement. Mes pensées bien sûr sont pour ceux qui sont atteints de troubles de la mémoire mais aussi pour tous ceux qui les accompagnent dans leur quotidien, prêts à palier leurs absences sans être en mesure de savoir quel est le réel degré de leur souffrance intérieure.

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Lignes d’horizons

23 Octobre 2022, 09:00am

Publié par Parisianne

Une lecture un peu longue d'un texte écrit, il y plusieurs années, comme une bouteille jetée à la mer, un besoin de mettre des mots sur des moments très particuliers et à jamais gravés, de ces instants ou l'amour est douleur mais malgré tout toujours plus fort. Plus fort que la mort.

C'est l'évocation des livres de Claudie Gallay qui a fait ressurgir ce texte qui était enfoui dans la mémoire de mon ordinateur.

Ces lectures à voix haute partagées avec ma maman malade, jusqu'au bout de sa capacité de conscience, font partie de moi. Et neuf ans après, chaque livre que j'ouvre, je l'ouvre en me demandant si nous aurions pu le lire ensemble.

Lignes d’horizons

La décision ne fut pas facile à prendre, tu hésitas longuement avant d’accepter de t’engager sur cette route. Puis, peu à peu, l’idée s’installa et l’enthousiasme te gagna, rendant à ton regard éteint son énergie et sa lumière. Tu acceptais de me suivre, tu avais pris ton temps mais tu étais enfin prête pour le voyage. J’ouvrais un peu la voie, te précédais d’un souffle mais nous partions ensemble, prenions de concert les chemins de traverse qui s’offraient à nous.

Après quelques discussions animées, tu choisis Compostelle pour ouvrir ce nouveau chapitre ; un cheminement plus qu’un chemin, un parcours intérieur porté par une seule voix. Tu nous offris un autre regard et l’apprentissage d’une nouvelle façon de découvrir. Nous avancions lentement pour tout savourer, tout appréhender, mais la route se fit sans encombres, nous encourageant à poursuivre, à passer outre les difficultés et à franchir nos limites. Nous progressions sur les chemins, au rythme du froissement des feuilles sous nos pas incertains. Nos avancées commencèrent à la mesure de tes désirs et de tes forces, j’étais inquiète de trop de fatigue. « Tu veux faire une pause ? Tu ne préfères pas que nous repartions un peu plus tard ? », ces questions revenaient en leitmotiv sur mes lèvres. Ma sollicitude te faisait sourire et souvent, tu me prenais la main et m’invitais à poursuivre.

Ce premier périple à peine achevé, ton enthousiasme devint gourmandise et, le temps de reprendre souffle, tu m’incitas à nous conduire à Venise. Sans délai donc, nous prîmes le large au fil de l’eau, au fil des mots, mais aussi, souvent, au bord des silences ; ces silences rythmaient nos face à face, silences pleins d’interrogations ou d’espoirs. Silences des mots dits pour cacher les absences.

Combien de temps pourrions-nous tenir à distance cet inconnu contre lequel nous avions entamé notre course ? La fuite était vaine, la tentative salutaire. Nous avions beau capturer chaque instant, saisir l’essence du tout, nous abreuver de chaque découverte, nous savions les jours comptés. Nos échappées n’en étaient que plus fortes.

Tu ne renonçais pas, désirant nous entraîner encore et encore vers de nouveaux voyages. Tes envies devenaient insatiables, tu en demandais chaque jour davantage.

Je craignais ton épuisement ? Tu me répondais évasion, liberté, conquête.

Qu’espérais-tu conquérir ? Le temps ? Peu importait après tout, tu voulais voyager sans frontières, nous irions de l’avant. Chaque nouvelle destination était source de concertation, pourrions-nous tenir la distance ? Les chemins ne seraient-ils pas trop escarpés ?

Notre carnet de route s’écrivait au hasard. Nous aurions pu nous laisser guider par le vent, par les saisons, par la raison, que sais-je encore ? Rien de tout cela n’entrait en considération.

Un mot éveillait une envie, et nous voilà parties !

Après les sentiers espagnols, et les eaux de la lagune, la chaleur de l’effort et les parfums de secrets, je t’emmenai en Russie, vaste pays que tu connaissais pour y être allée plusieurs fois mais dont tu ne te lassais pas de découvrir les trésors. Nous avions toujours partagé ce goût de l’âme slave, cette fantaisie à l’excès propre à de nombreux artistes dont tu avais nourri mon enfance. La faculté d’avancer, tels des funambules, sur un fil tendu entre rires et larmes, de marcher visage offert à la griffure des jours, de respirer le froid qui fige l’air dans les corps et de se laisser arracher par un violon à la torpeur des jours sans nuits, composaient un programme dans lequel nous nous retrouvions sans peine. Et quand la pause était venue, nous faisions souvent durer le plaisir en musique, pour prolonger l’éphémère.

Certains jours plus douloureux, je t’observais sans mots, tu fermais les yeux, cherchant au plus profond la force de poursuivre le voyage. Plus ton horizon s’étrécissait, plus ton envie d’espace croissait.

Vint alors le tour du Japon, « autant poursuivre sur notre lancée » m’avais-tu dit d’un air mutin, tu voulais comprendre comment sur un espace si réduit on pouvait ne pas voir la mer et, delà, traverser jusqu’à cette Amérique qui avait fait naître tant d’espoirs déçus pour de jeunes Japonaises du siècle dernier. Tu t’interrogeais, tu voulais savoir et suivre leur chemin douloureux. Mais l’escapade fut brève, malgré ta volonté, tu commençais à t’user. Tu m’invitas donc à tourner rapidement cette page et à nous emmener au bout d’une autre terre, une terre familière, déjà foulée souvent, un retour à des chemins sur lesquels ton pied ne buterait pas, sur des plages sans fin caressées de nuages.

Nous avions, au cours de nos explorations, croisé tant de personnages tantôt fantasques, tantôt sérieux, toujours attachants, que tu semblas les convier là, tous, une dernière fois avant qu’ils ne s’effacent dans les embruns pour laisser place à notre seule complicité. Tu les invitas dans le silence de tes souvenirs, évoquant nos périples avec un plaisir non dissimulé. Tu aimais faire revivre des instants, pour les ancrer à nos mémoires sur des routes de papier.

Tu t’arrêtas un soir, inspirant fort pour te laisser pénétrer des parfums de mer, caressant du bout des doigts ces feuilles qui t’échappaient dans le tourbillon de l’automne. Novembre nous convoquait au coin du feu, le temps se figeait dans la brume. L’hiver viendrait bientôt faire de toi sa parure.

Je sus, à ce moment, que derrière tes paupières baissées tu dessinais à l’encre noire les lignes d’horizons nouveaux pour des échappées devenues impossibles, une traversée au long cours que tu entamais seule.

Ton regard ne voyait plus depuis trop longtemps déjà, et ce tour de notre monde, ces échappées par ma voix au fil de nos lectures n’étaient pas parvenues à freiner la marche inéluctable du mal qui te rongeait. La course était perdue, le voyage terminé.

Ton esprit rejoignit alors la nuit de tes yeux pour poser un silence final sur notre odyssée merveilleuse, laissant entre mes mains un livre inachevé, une part de ciel à jamais dans l’ombre.

****

 

 

Lectures évoquées :

Jean-Christophe Rufin, Immortelle randonnée

Claudie Gallay, Seule Venise

Metin Arditi, La confrérie des moines volants

Julie Otsuka, Certaines n’avaient jamais vu la mer

Claudie Gallay, Une part de ciel.

Et de nombreuses autres non citées que nous avons faites au cours des 7 mois de maladie pendant lesquelles nous espérions encore. Quand je ne pouvais être sur place, nous faisions la lecture par téléphone, Maman installée confortablement, le téléphone posé à côté, sur ampli. Jamais elle ne s'est assoupie, nous étions toutes deux portées par le partage.

Une part de ciel est resté inachevé en octobre. Il m'a fallu plusieurs semaines avant de pouvoir le terminer en silence.

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Chemains de vie

22 Août 2022, 09:00am

Publié par Parisianne

Chemains de vie

Il y a quelques semaines, alors que je présentais à une de mes vieilles dames les photos des dernières expositions visitées, elle s'est amusée à jouer à rendre vivantes mes photos avec ses mains. 

Je fais beaucoup de photos dans les expos, pour pouvoir les présenter aux personnes avec qui je travaille et qui n'ont pas toujours la mobilité pour s'y rendre. Et dans mes photos, je m'arrête souvent sur des détails. Les mains me fascinent particulièrement. 

Chemains de vie

Je présentais ce jour-là les expositions du Petit Palais, Giovanni Boldini (1842-1931) et Albert Edelfelt (1854-1905) à une dame à la mémoire vagabonde lorsque je me suis aperçue qu'elle s’évertuait à reproduire les positions des mains.

J'ai donc pris une sélection de mes photos et nous nous sommes amusées. C'était un moment à la fois très doux, très drôle et très émouvant.

Je vous livre ici notre échange à peine revisité.

Chemains de vie

« Chemain » de vie,

Jouer les élégantes que nous aurions pu être, fredonner, se donner des manières.
Et se taire. Regarder.
- J’ai de vieilles mains. C’est triste.
- Des mains de vie, des mains de douleurs et de joies. Des chemins de vie y sont inscrits. Des « chemains », un mot à créer, qu’en pensez-vous ?
- Vous avez raison. C’est la vie, ça frémit !

Voilà !

Chemains de vie

J'aime particulièrement ces petits moments qui bousculent mon planning pour m'offrir des instants de belles émotions. 

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Délicatesse

6 Août 2022, 09:00am

Publié par Parisianne

Délicatesse

Dans son apparente fragilité,
L’indésirable, de toute beauté
S’offre comme un pied de nez

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A l'ombre du vent de mer !

24 Juillet 2022, 16:37pm

Publié par Parisianne

A l'ombre du vent de mer !

A l’ombre d’une baraque de rien, laissons siffler le vent pour prendre le temps des retrouvailles.

Ecoutons les flots frapper et battre drisses et haubans, ils ne couvriront pas les chants joyeux des amis réunis.

Et quand l’heure du départ aura sonné, quatre fauteuils esseulés diront aux flâneurs de passage, les rires, les confidences et les heures bénies des instants partagés.

Il m'arrive aussi de tout faire toute seule ! La photo et les mots, donc si je ne précise pas, c'est que la photo est de moi et que l'ensemble est aussi sous copyright, bien sûr !

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C'est l'été !

22 Juillet 2022, 15:15pm

Publié par Parisianne

Chers amis qui passerez la tête par ici en voyant la porte s'ouvrir, je suis heureuse de vous retrouver ! 

C'est l'été !

Le dernier article date de presque un an... Impardonnable ! Mais c'est ainsi, les jours, les semaines les mois et les années passent, le rythme des publications est inégal mais le blog est toujours là.

Le manque de temps, de disponibilité d'esprit, d'envie aussi parfois m'ont fait délaisser ces pages, et vous délaisser aussi. J'espère que ces quelques mots vous trouveront en forme dans un contexte toujours anxiogène.

Pas de promesses de régularité mais l'envie de partager un peu, de renouer des dialogues interrompus me font rouvrir ces pages.

Quand l'été est là, le temps s'étire en douceur, savourons donc ensemble ces instants de paix relative. 

C'est l'été !

Si vous connaissiez le Temps aussi bien que moi, dit le Chapelier, vous sauriez qu'on ne le perd pas. Il se perd tout seul.

Lewis Caroll, Alice au pays des merveilles

Où mon temps s'est-il perdu cette année ?

Un peu partout ma foi, sur de grandes routes toutes tracées autant que sur des chemins de traverse, ces derniers étant parsemés de fleurs, ce sont bien sûr mes préférés !

Comment mon temps s'est-il perdu cette année ?

Il s'est égaré dans les musées en parcourant les nombreuses expos parisiennes pour les partager avec les seniors que j'accompagne ; il s'est oublié dans les nombreuses lectures qui font voyager mes silences ; il s'est caché entre les mots en se jouant des images dans un projet avec un ami dont je vous parlerai bientôt ;  enfin et surtout, il s'est réfugié auprès des miens pour partager de nombreux moments tantôt pleins de joies, de curiosités, de partages, tantôt plus inquiets quand un souffle s'arrête.

Ainsi va la vie. 

C'est l'été !

Alice : Combien de temps dure une éternité ?
Le Lapin : Parfois juste une seconde.

Lewis Caroll, Alice au pays des merveilles

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Soyons sérieux...

19 Septembre 2020, 18:46pm

Publié par Parisianne

Une fois n'est pas coutume, je voulais vous parler d'un sujet qui m'inquiète. 

Je ne vous donnerai pas une énième théorie sur le virus qui nous (pré)occupe depuis quelques mois, si vous manquez d'avis sur la question, allumez la télé ou foncez sur les réseaux sociaux, vous y trouverez de très nombreux et éminents spécialistes, je leur laisse volontiers la place.

Ce qui m'inquiète est d'un autre ordre, plus esthétique, vous qui passez ici ne pouvez pas ignorer que je suis assez attentive à la beauté, que je vais même jusqu'à la considérer comme le meilleur remède à tous les maux, surtout ceux d'aujourd'hui.

A moins de vivre sur une île déserte (ce qui ne serait pas pour me déplaire, je l'avoue), personne ne peut avoir échappé au dernier ornement à la mode (j'avais écrit "fashion" mais par respect pour notre belle langue, je reviens à "mode").

Je veux parler du masque bien sûr. Ceux qui vivent dans les grandes villes en ont fait leur parure quotidienne, ceux qui ont la chance de demeurer dans des lieux moins fréquentés le laissent accroché à leurs clés pour ne pas l'oublier en sortant faire leurs courses, mais personne ne peut s'en passer.

Il n'est pas permis de dire que ça nous empêche de respirer, les soignants en portent depuis toujours et ils respirent encore - j'en profite pour leur dire tout mon respect dans la tourmente actuelle. Il est préférable de ne pas dire trop fort que vous jugez ce masque indispensable, ou totalement inutile, de toute façon, personne n'est jamais d'accord.

Donc, on en parle du matin au soir, entre deux, dix, cent, etc. nouveaux contaminés, et quelques morts, paix à leur âme ; on déplore l'absence de sourires, même si nous avons appris à lire dans les regards, ce qui n'est finalement pas une mauvaise chose, non ? Il faut le mettre convenablement, l'enlever convenablement, ne jamais le toucher... que celui qui n'a jamais remis son masque en place parce qu'il a de la buée plein les lunettes me jette la première pierre... 

Bref, ces masques nous occupent beaucoup. Mais il est un sujet dont on ne parle pas, un sujet grave qu'aucun média n'a abordé (et pourtant ils en disent des choses), un drame que seuls les sourires féminins peuvent comprendre, pardon messieurs.

Soyons sérieux...

Je veux parler bien sûr de la lipstick dépression... voilà qu'un anglicisme me reprend mais vous reconnaîtrez que ça percute plus que la dépression du rouge à lèvres...

Que sont nos rouge à lèvres devenus depuis que les masques ont pris possession de nos sourires ? Oubliés au fond de notre sac à main dans lequel ils auront coulé pendant les fortes chaleurs de l'été ? Enfermé dans le placard de la salle de bain ou négligemment posé sur la coiffeuse de la chambre entre deux colliers et trois paires de boucles d'oreilles ? Imaginez leur état d'anxiété. Déjà qu'avec les composants toxiques qui les composent ils étaient certainement un peu inquiets, ils doivent fondre de désespoir.

Alors mesdames, sortez chez vous vos rouge à lèvres et souriez des yeux à l'extérieur !

Soyons sérieux...

Mais c'est un masque pour les yeux ?

Bien sûr ! Non qu'il faille fermer les yeux sur une situation sérieuse mais pour garder le sourire !

Faites attention à vous avec bon sens, sûrement la chose la plus utile aujourd'hui !

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Petit bavardage entre amis...

18 Septembre 2020, 16:27pm

Publié par Parisianne

Petit bavardage entre amis...

Marcel Proust, A la recherche du temps perdu

Du côté de chez Swann

Pourquoi soudain cette lecture ? Je serais bien en peine de l'expliquer. Je venais de terminer une de mes nombreuses lectures de l'été, Anatomie d'un chœur de Marie Nimier, et j'hésitais entre plusieurs livres un peu anciens, nombreux dans ma bibliothèque quand Proust s'est imposé en rentrant d'un adieu à la maman d'amis partie brutalement. Un départ qui me laisse le goût amer d'un rendez-vous manqué puisque nous devions nous retrouver, le contexte et quelques autres circonstances ont mis un grain de sable de trop dans la coupe du temps. Je ne garderai qu'une voix pleine de chaleur et des souvenirs de jeunesse bien ancrés au cœur.

Peut-être le titre, A la Recherche du temps perdu, a t-il joué son rôle ? Je ne saurais dire. Toujours est-il qu'il m'était impossible de résister à l'appel de Proust ! 

Ne trouvez-vous pas ce titre incroyable dans notre époque où l'on se demande s'il existe encore un instant perdu ? N'avez-vous pas le sentiment parfois d'aller si vite que ce sont plusieurs vies que vous vivez en une journée ? Les sollicitations sont telles. Que garderons-nous de ces journées accélérées ? Quelles seront nos madeleines glissées sur un réseau social entre une tablette et un smartphone, un fast-food et un drive ? Nos enfants reverront-ils surgir la table familiale et l'écran géant de la télé dans le parfum d'un hamburger ?

Je plaisante... à peine...

Mais revenons à ce cher Marcel.

Je ne vais pas vous raconter ni même vous commenter La Recherche, d'autres l'ont fait avant moi et bien mieux. Ce sont des citations soulignées au fil de ma lecture que je partagerai avec vous, ses mots à lui sont tellement plus parlants.

Peut-être au fil de ces citations, retrouverez vous la saveur de votre madeleine !

Petit bavardage entre amis...

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