Je vaguais par les rues, l’âme au noir du jour tombant, regard tourné vers les vestiges d’un Paris disparu.
La douceur de l’été, par les fenêtres ouvertes, offrait des pantomimes enfantines - feux follets sautillants, jeux d’avant coucher - au soleil déclinant sur les ors des façades de la ville apaisée.
Je les vis là, sur un banc, auréolés de la couronne bleue d’une glycine dans laquelle les butineuses, en nombre, s’activaient avant la nuit sans que leur bourdonnement ne vienne troubler le silence rose des amoureux.
Ce silence si plein des âmes tendues l'une vers l'autre, ce silence blanc, silence de la page à écrire, vierge des non-dits, épargné par les mots creux, riche des partages à venir, de l'avenir à construire dans le flamboiement des jours.
Et la trille des martinets zébrant le ciel dans un incessant ballet, offrait, dans l’air du soir, un silence vert forêt à la cité écrasée de chaleur.
Anne Lurois-Delassise
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