Pluie, vent, tempête même, pour certains, hier était une journée mouillée et tellement grise que la moindre lueur, aussi brève soit-elle, était une fête.
Hier, j’étais auprès de Georges, oui, vous avez bien lu, je poursuis autant que possible avec Georges.
Et pour Georgesf hier, la journée était sombre, encore un peu plus sombre que celle d’avant et pourtant un peu plus claire que la prochaine. C’est ainsi, il faut si résoudre.
Pourtant, au milieu de tant de noirceur, tant de souffrance, parfois un trait de couleur vient se poser comme un baume.
Et un regard vide s’illumine d’un sourire en voyant surgir l’arc-en-ciel.
Alors, hier encore, bousculée par un vent mauvais et une pluie violente, j’ai endossé ma cape arc-en-ciel, sorti mon sourire de soleil et poussé ma voix claire.
Ainsi, accompagnée de poésie, j’ai oeuvré pour chasser autant que possible les nuages.
Et la paix est venue.
Les yeux fermés, le souffle calme, Georges m’a écoutée lui lire des poèmes.
C’est à Prévert que j’ai souhaité confier ces instants si particuliers. Le Cancre a fait des merveilles, Les escargots se sont empressés d’ôter leur crêpe autour des cornes pour se vêtir de printemps, nous avons compté sur la Page d’écriture avant de nous échapper avec l’oiseau lyre.
Et surtout, dans le plus total apaisement, un sourire au coin des lèvres, nous avons fait et refait le Portrait d’un oiseau, avec beaucoup d’application. Nous avons dessiné, attendu, en prenant tout notre temps pour savourer ce calme avant l’inexorable retour de la tempête.
Malgré le rendez-vous pris pour la semaine prochaine, c’était peut-être notre dernier voyage en poésie. Il y a bien eu quelques coups de tonnerre mais aussi de courtes éclaircies.
C’est, à n’en pas douter, ces brefs instants que je conserverai.
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