Comment ne pas rebondir sur le voyage en Corse proposé par Isabelle, et surtout sur l'auteur de cette Chasse au mouflon, Emile Bergerat.
Monsieur Bergerat est élu
Où Emile Bergerat a t-il donc été élu ? Mais à l'Académie Goncourt, voyons !
Emile Bergerat élu, au septième couvert, à la place de Paul Marguerite décédé en décembre 1918 est le gendre de Théophile Gautier, dont il a épousé la seconde fille, Estelle.
Rappelons que l'aînée, Judith, a été la première femme élue à cette même académie.
Emile Bergerat est élu au premier tour, par six voix, les trois autres ainsi réparties à Raoul Ponchon, Han Ryner et Romain Rolland. Le président de l'époque est Gustave Geffroy qui siège au huitième couvert.
Poète d'inspiration banvillesque et même parfois funambulesque [...] avait aussi fait oeuvre de romancier, d'auteur dramatique et de journaliste, mais sans jamais se soucier du "document humain" et sans témoigner beaucoup de sympathie aux Goncourt.
Le témoignage que je vous cite ici est extrait de Chronique de l'Académie Goncourt par Léon Deffoux 1929.
Ce manque de sympathie pour les Goncourt, il s'agit bien ici des frères Edmond et Jules, ainsi que le prix Calmann-Lévy décerné, en 1895, par l'Académie française pour l'ensemble de son oeuvre n'arrête cependant pas les membres du jury qui élisent donc sans hésiter cet auteur reconnu qui ne siégera cependant que peu de temps puisqu'il mourra en 1923 à l'âge de 78 ans.
Emile Bergerat ne s'inscrit pas dans la veine naturaliste de certains de ses illustres prédécesseurs, je pense bien sûr à Huysmans.
Voyez plutôt ce que nous dit Léon Deffoux :
Il était le survivant d'une époque qu'il a lui même désignée, dans ses Souvenirs d'un enfant de Paris, par un de ces néologismes dont il était grand amateur : le "boulevardisme". Il fut le type même des poètes brillants et légers que Goncourt prisait peu et l'un des derniers chroniqueurs selon la formule du Second Empire.
Comme Aurélien Scholl et tous les boulevardiers de cet âge, il avait assisté avec dégoût aux succès du réalisme qu'il tenait pour une sorte de morphinomanie.
Poésie, théâtre, romans, témoignages, Emile Bergerat a été un auteur prolifique.
Il sera remplacé en 1924 par Raoul Ponchon, écrivain et chroniqueur à qui l'on doit le célèbre " quand mon verre est vide / je le plains / quand mon verre est plein / je le vide" !
Je remercie Isabelle qui une fois encore, et il y en aura d'autre je lui fais confiance, m'a incitée à plus de curiosité à l'égard d'un nom qui me parlait sans m'être familier.
