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Les musardises de ParisiAnne

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Culture, littérature et découvertes. © Les musardises de ParisiAnne


Alphonse de Châteaubriant, Monsieur des Lourdines

Publié par Parisianne sur 18 Avril 2023, 09:00am

Catégories : #Lecture, #Goncourt

Alphonse de Châteaubriant, Monsieur des Lourdines

Revenons comme promis à Monsieur des Lourdines, Alfonse de Châteaubriant a regagné la bibliothèque et ses compères prix Goncourt, il est, de façon logique, entre Louis Pergaud et André Savignon, respectivement prix 1910 pour De Goupil à Margot ; histoires de bêtes et prix 1912, Les Filles de la pluie, scènes de la vie ouessantine. Quelque chose me dit que ces titres, qui sentent un peu le terroir ne sont pas pour lui déplaire, même si pour ma part, je ne les ai pas encore lus.

Il eût été bien difficile de le rejoindre quand, par-dessus les échaliers, il était passé d’un champ à l’autre, échardonnant ici, étaupinant là, coupant les vipères en deux. Mais un rien suffisait à arrêter son geste, à fixer son rêve : un coin de ciel dans une flaque, le remuement d’un buisson, la plainte rouillée d’une charrue. Il ne se lassait pas. Et cela durait jusqu’aux rentrées du soir ; jusqu’au soir il regardait, écoutait, l’air lui parlait, les nuages passaient au-dessus de sa tête ; il était seul, il était heureux.

Alphonse van Bredenbeck de Châteaubriant, de famille d'origine hollandaise est né en 1877 à Rennes et mort en 1951 en Autriche. Loin de revendiquer une quelconque parenté avec l'auteur des Mémoires d'outre-tombe, François René de Chateaubriand, il se dit "de bien meilleure noblesse". Il fait de son bocage vendéen sa principale source d'inspiration et reçoit le prix Goncourt en 1911. Un temps freiné par ce prix qui le fait connaître du grand public, il publie La Brière, couronné en 1923 du Grand Prix de l'Académie française, qui rencontrera un fort succès et sera le plus grand tirage de l'entre-deux-guerres, traduit dans plusieurs langues. Quelques autres titres suivront mais il faut bien reconnaître qu'aujourd'hui, l'auteur est pour beaucoup d'entre nous un illustre inconnu.

Séduit par l'Allemagne nazie, Alphonse de Châteaubriant fera les mauvais choix, condamné à mort par contumace à la Libération, il mourra dans un monastère en Autriche où il s'était exilé.

Alphonse de Châteaubriant, Monsieur des Lourdines

Une bouffée de grand air entre par une fenêtre brusquement ouverte sur la campagne, sur les forêts, sur la vie des paysans, sur le cœur d'un homme. Un tel livre nous distrait de façon bien profitable de tant de pauvres romans où nos pauvres gesticulations servent de prétexte à une pauvre intrigue. L'histoire est simple et pourrait paraître vieille : c'est l'aventure des familles provinciales attachées au sol par des racines séculaires et que les dissipations du fils mènent à la ruine. mais M. de Châteaubriant a su nous intéresser à la vie de ces êtres avec un art [...] et même, est-ce bien d'art qu'il s'agit ici ? Sans doute on peut dire aussi que tout cela semble moins l'effet d'une technique habile, que le bénéfice spontané d'un talent fait d'intelligence, de pitié et d'amour.

Antoine du Fresnois, Gil Blas, 10 novembre 1911

Si je vous cite ici Antoine du Fresnois dans son article de novembre 1911, c'est qu'il fait un résumé aussi simple qu'efficace de ce roman. Là où nous pourrions sourire c'est que pour nous aujourd'hui, l'histoire ne paraît pas vieille, elle est vieille !

Dans Les Bêtes à Goncourt de Roger Gouze, publié en 1973, l'auteur nous dit à son tour "cette histoire d'un musicien, traitée dans une langue à la fois belle et sûre, est l'œuvre d'un vrai sinon d'un grand écrivain".

Nous avons là aussi l'essentiel, une langue parfaite, poétique, délicate et bien sûr pour nous aujourd'hui, un tantinet désuète, ce qui a aussi son charme !

J'ai aimé suivre ce personnage attachant, cet aristocrate crotté qui n'hésite pas à échanger avec ses paysans, à leur donner le fruit de sa chasse, les champignons qui sont les seules proies que son chien est autorisé à chercher, ce mélomane sensible au chant de la nature qui cache à son épouse malade la ruine dans laquelle leur fils unique les a plongés et le contraint à vendre des terres, cet homme pour qui le plus beau spectacle n'est pas sur la scène de l'opéra mais au sommet d'une petite colline.

La découverte de ces auteurs oubliés est toujours un moment agréable, je suis sensible à la qualité de la langue et il m'arrive d'avoir du mal à revenir à un texte plus contemporain. 

Si ma collection de Goncourt est presque complète, il m'en reste 66 à lire... pauvres de vous ! vous n'avez pas fini d'en entendre parler de ces Goncourt !

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M
Bonjour Anne,<br /> J'avoue que je ne connais pas cet auteur contrairement à son homonyme...<br /> Bises.<br /> Bon après-midi,<br /> Mo
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L
Je trouve cette idée de rellire d'anciens Goncourt souvent oubliés très sympa...Merci
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V
je découvre cet auteur... je connaissais l'autre Châteaubriant, mais pas lui! j'aime ces histoires de terroir, c'est sympathique. gros bisous Anne. cathy
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