Nous y voilà, l'Exposition des arts décoratifs et industriels modernes ouvre ses portes au public, nous sommes le 29 avril 1925.
Et si nous y allions. Nous entrerons par la Porte d'Honneur, celle qui nous entraîne instantanément dans un déploiement de nouveautés. La révolution du goût serait-elle en route ? Les avis seront une fois encore partagés, mais qu'importe !
C'est parti, fermez les yeux (enfin un seul pour pouvoir me suivre) et laissez vous emporter...
Toute révolution commence avec sincérité.
Je me plais à imaginer une effervescence de costumes sombres, chapeaux mous et cols cravatés, canne à la main accompagnant les élégantes, petit chapeau cloche sur coupe courte, robe taille basse, chevilles dégagées, sautoir de perles, une ombrelle, peut-être, en cette belle journée de printemps, toutes les habitudes ne peuvent se perdre en même temps !
Ces dames qui se sont libérées depuis la première Guerre papillonnent en quête de cette modernité qui s'annonce. Nous sommes au cœur des Années Folles après la tragédie de 14, soyons légers, soyons festifs !
Et rêvons à notre tour ! Glissons-nous dans la foule et flânons les yeux grands ouverts ! J'ai enfoncé mon petit chapeau sur ma tête pour cacher mes cheveux trop longs, enfilé mes bottines et me voilà partie !
Mais par où commencer, il y a tant à voir ? Du Pont de la Concorde au Pont de l'Alma, de la Place des Invalides au Grand Palais, vingt et un pays rivalisent de modernisme et de luxe, le règlement est très strict - édité en 1902 lors de la première exposition d'art décoratif en Italie - on ne fait pas de l'ancien avec du neuf et l'inspiration artistique doit être visible.
On n’acceptera que les ouvrages originaux qui montreront une tendance bien marquée au renouvellement esthétique de la forme. Les imitations d’anciens styles et les productions industrielles dénuées d’inspiration artistique ne seront pas admises.
Le pavillon du Bon Marché [...] est bien disposé, bien éclairé, et le parti tiré des coupes obliques dans le carrelage et la verrerie offre un intérêt, diminué pourtant du fait qu'on le retrouve à tous les coins de l'Exposition.
La modernité est partout ! Dans ces pavillons aux silhouettes plus ou moins surprenantes, ceux de la section française mais également de la section étrangère où l'on remarque les pavillons autrichien, polonais ou tchécoslovaque mais aussi japonais, chinois, russe etc. Seule l'Allemagne est absente pour raisons économiques et politiques.
Pavillons section étrangère
Comment ne pas rêver ! Déambuler des heures entières au cœur de cette effervescence, croiser ces grands noms de l'architecture, Perret, Patout, Mallet-Stevens, Le Corbusier, Henri Sauvage et tous ceux que j'oublie et qu'aujourd'hui je cherche à deviner sur les bâtiments qui m'entourent.
La balade a été étourdissante, alors pourquoi ne pas dîner sur une péniche de Paul Poiret, Délices, Amours et Orgues, les trois amarrées au pied du Pont Alexandre, et se laisser porter par les jeux de lumières qui doucement offrent un nouveau regard sur les lieux.
La magie opère, la Tour Eiffel brille d'une robe publicitaire Citroën, quelle importance, la beauté domine et le rêve m'emporte !
Paris est une fête, vivons là jusqu'au bout de la nuit !
Ce premier jour à l'Exposition a été un voyage, il me tarde de revenir pour découvrir l'intérieur des pavillons, d'assister peut-être à quelques défilés chez Poiret, d'admirer les toilettes exposées dans l'Allée de la parure ou au Pavillon de l'élégance et de me glisser dans le pavillon du Collectionneur du groupe Rhulmann, mais aussi chez Lalique, Christofle, Baccarat... tous ces grands noms symboles de luxe, d'élégance, de savoir faire français.
Il y a encore matière à rêver !
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PARIS 1925 EXPOSITION INTERNATIONALE des Arts décoratifs et industriels. #parisretro #retroparis
Created by VideoShow:http://videoshowglobalserver.com/free Exposition Internationale des Arts décoratifs et industriels modernes qui se tient à Paris en 1925.
La révolution s'accomplit : elle s'accomplit spontanément, moins sous l'influence, qui fut bienfaisante, de certains agents extérieurs, que par expérience, par ce mystérieux travail de perpétuelle révision qui se poursuit à notre insu. Ce n'est pas un perfectionnement des formules anciennes qui s'est opéré, mais une rupture qui s'est consommée. A l'esthétique des courbes, l'art moderne tend à substituer celle des droites et des angles ; à l'ornementation, la masse nue ; à la stylisation naturiste, le style.
Ma promenade est fantaisiste et très incomplète, les puristes ne m'en voudront pas et peuvent ajouter des informations en commentaires. Il y a tant à dire encore sur le sujet, mais l'Exposition dure jusqu'en novembre, nous aurons le temps d'en reparler !
Je me suis appuyée aujourd'hui sur des numéros du magazine Art et Décoration de mai, juin et septembre 1925.
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