Mais qui sommes-nous donc et que faisons-nous sur ces pages qui pourraient paraître sérieuses sans se prendre au sérieux :)
Et en plus une famille nombreuse ! Vous aurez sans doute reconnu un petit ustensile de table, que j'ai toujours affectionné mais dont je suis dernièrement devenue totalement addict... Je vous parle du porte-couteau !
En septembre, j'ai eu la chance de découvrir, grâce à Paris Art déco Society, les Ateliers Lardeur, situés dans le 6e arrondissement. Il s'agit de l'atelier d'un maître verrier des années 20, atelier niché au fond d'une cour et resté complètement dans son état d'origine, un endroit hors du temps et absolument magique. Il faudrait que je vous en parle plus sérieusement mais ce n'est pas le propos du jour (pardon Pascal si tu passes par là).
Je me suis inscrite pour suivre l'actualité culturelle du lieu et ai eu la chance d'aller au lancement du livre de François Motte, Recettes pour un porte-couteau, chez Hachette .
Il s'agit d'un livre qui réunit les recettes de Sonia Ezgulian, sur des tables magnifiquement dressées par François Motte, le tout sous l'oeil du photographe Thomas Dhellemmes. Tout ce que j'aime en fait !
Collection François Motte
Vous n'avez peut-être jamais fait attention mais, mes tables ont toujours un porte-couteau, sauf qu'en voyant la collection présentée par François Motte, j'ai eu un choc et une grande envie de découvrir ces petits objets et de m'intéresser à leur histoire.
J'ai commencé par interroger ma tante, en Angleterre, et il semble que là-bas, on ne les utilise pas. Alors si vous avez de la famille, des amis, à l'étranger, n'hésitez pas à les faire parler, je serais curieuse de savoir si on en trouve ailleurs que chez nous.
Dans Recettes pour un porte-couteau, j'ai appris qu'ils trouvaient leur origine dans la seconde moitié du XIXe siècle, en France, dans la petite bourgeoisie qui n'avait pas les moyens d'avoir des lingères à domicile pour changer les nappes à chaque repas. Il était donc utile pour protéger les nappes des taches de sauce ou de graisse.
Son cousin rond de serviette serait de la même origine, pour que chacun retrouve sa serviette au repas suivant, et n'avoir ainsi pas à changer le linge de table. C'est assez logique en fait.
D'ailleurs, on ne voit pas de porte-couteaux dans les restaurants, outre le fait qu'ils pourraient disparaître trop aisément, le linge est de toute façon changé à chaque repas.
Il faut aussi savoir que selon le guide des convenances, on enlève le porte-couteau avant le dessert ! Non, non, ne m'appelez pas Nadine ;)
Utilise t-on encore porte-couteau et rond de serviette aujourd'hui ?
Pour les ronds de serviettes, nous avons tous celui de notre baptême, gravé à notre prénom pour la plupart mais je les utilise assez peu.
Par contre, pour ce qui est des porte-couteaux... je suis partie en quête et à force de dire à Gilles : "Regarde, comme c'est joli ! Regarde, j'adore celui-ci, etc." il m'a emboité le pas pour en chercher dans les brocantes et quelques uns se sont même retrouvés sous le sapin !
Maintenant que j'ai terminé les Goncourt (il ne m'en manque plus que deux), il fallait bien une autre quête, non ? C'est d'ailleurs un peu moins encombrant que les livres et surtout beaucoup moins lourd !
Tout de même, il va aussi me falloir me mettre en cuisine, il faut bien que le quêteur soit récompensé de ses efforts. Une jolie table ne comble pas totalement les hommes de la famille :)