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Les musardises de ParisiAnne

Les musardises de ParisiAnne

Culture, littérature et découvertes. © Les musardises de ParisiAnne


Muriel Barbery, Thomas Helder

Publié par Parisianne sur 26 Septembre 2024, 12:05pm

Catégories : #Lecture

Au travers du rien, on discerne l'invisible.

Muriel Barbery, Thomas Helder

La rentrée littéraire cette année est source de nombreuses tentations, plusieurs auteurs dont j'aime suivre l'actualité sont à l'affiche, Muriel Barbery est de ceux-là.

Muriel Barbery n'est pas une inconnue, j'avais beaucoup aimé Une rose seule - nous devrions d'ailleurs en reparler prochainement - et la suite Une heure de ferveur. Ces deux romans se déroulaient au Japon dans le monde des collectionneurs d'art contemporain. Mais peut-être l'Élégance du hérisson, paru en 2006 est-il plus connu, il faudrait que je le relise.

Nous changeons ici radicalement d'univers pour nous trouver sous la neige de la campagne aveyronnaise, où les proches de Thomas Helder, écrivain néerlandais, sont réunis pour ses obsèques.

Après l'enterrement, les très proches se retrouvent dans la maison de famille pour évoquer le défunt et renouer des fils distendus, en particulier avec Margaux, architecte française renommée, amie très proche de Thomas qui avait disparu depuis des années et avec qui chacun a quelque chose à partager.

Au moment du tintement du carillon, j'ai entendu une pensée résonner en moi : la beauté t'endort de lenteur, elle étire les durées jusqu'à les rendre évanescentes puis elle balance un coup de gong dans l'air immobile et tu entends l'écho de la vérité.

C'est un roman singulier, d'une écriture complexe. Unité de temps, la soirée et une partie de la nuit, unité de lieu, la maison de famille, et pourtant, un foisonnement de lieux et de souvenirs nous font traverser les années, découvrir Amsterdam et ses canaux, la nature aveyronnaise et quelques autres lieux.

Les discours se mêlent aux pensées et aux songes, il arrive que l'on ne sache plus qui parle, qui pense puisque le style très elliptique n'est jamais au dialogue direct, surtout pas matérialisé comme tel ; chaque intervenant qui se rapproche de Margaux est souvent interrompu et laisse son récit en suspend au profit d'un autre qui, à son tour, nous laissera sur une phrase inachevée, une idée non aboutie, un aveu avorté.

[...] la beauté n'est pas un décor, c'est un art de la vie [...]

Malgré ce qui peut paraître complexe, la trame se met en place, les fils invisibles qui ont présidé au destin de chacun se dévoilent.

Le vent fait claquer les portes comme si l'esprit des lieux réveillait les souvenirs, les parfums d'enfance irritent la mémoire et tout se dit doucement, dans une forme de dialogue intérieur de celle qui a disparu si longtemps et que l'on découvre au fil des pages, jusqu'à comprendre pourquoi elle a fui, qui sont tous ceux qui l'entourent et l'aident en dévoilant leurs propres failles à accepter, à s'accepter.

Plus je vieillis, plus je comprends que j'écris des romans parce que devenir soi n'a aucune importance.
Ce que je veux c'est devenir l'autre.
Et ainsi me rapprocher de moi-même.

Comme dans les précédents romans, les lieux, les éléments atmosphériques jouent un rôle primordial, Muriel Barbery nous plonge dans cet univers cotonneux d'une soirée d'hiver et nous marchons sur la crête qui sépare les vivants et les morts.

Qui n'a pas vécu, après l'épreuve des obsèques, un temps de retrouvailles durant lequel les souvenirs ressurgissent entre rires et larmes. C'est exactement ce que j'ai ressenti en lisant ce texte.

Ne nous mentons pas, la lecture n'en est pas si aisée, et demande de l'attention. Mais n'ayez pas peur de plonger dans les méandres des pensées, des souvenirs, des regrets et des espoirs. Au bout de la nuit vient toujours la lumière, et celle qui arrive avec la chute est très belle.

 

J'ai une théorie sur les fantômes, Margaux : un bon fantôme est un fantôme, un fantôme mort, un fantôme dont tout le monde - lui-même, nous-mêmes - a accepté le trépas. Il ne nous hante plus, il ne nous terrifie plus mais il nous visite et, nous visitant, nous guide [...]

La référence à une nouvelle de James Joyce, Les morts, citée dans le texte, me donne bien entendu envie de la découvrir mais je vous invite à écouter Muriel Barbery parler elle-même de son roman, elle le fait mieux que personne.

Muriel Barbery, Thomas Helder
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R
Chère Anne, je tiens à te remercier du fond du cœur pour ton soutien inestimable et tes condoléances sincères durant cette période difficile, ton réconfort et ta présence m’ont apporté une grande consolation et m’ont aidé à traverser cette épreuve avec un peu plus de sérénité, ton amitié est un véritable trésor, et je suis profondément reconnaissant pour ta gentillesse et ta compassion, les mots ne peuvent exprimer à quel point ton soutien a été précieux pour moi, tu as su apporter de la lumière dans les moments les plus sombres, et pour cela, je te serai éternellement reconnaissant, merci d’avoir été là pour moi, de m’avoir écouté et de m’avoir offert ton soutien réconfortant, ton amour et ta bienveillance ont été une source de force et de réconfort inestimable, avec toute ma gratitude et mon affection, Régis.
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E
Bonsoir Anne. J'avais beaucoup aimé L'élégance du hérisson alors je lirai peut-être celui-ci. Bonne soirée et bises
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A
Trop de gris pour moi dans ce roman.
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C
merci de ta formidable présentation passionnante, mais je ne pense pas ce livre pour moi pour le moment, vu ce que tu nous écrit, mais un jour peut être<br /> j'avais à l'époque beaucoup aimé l'élégance du Hérisson<br /> belle journée<br /> bisous<br /> patricia
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M
Je l'ai déjà noté pour le lire car je n'ai lu jusqu'à présent que des chroniques positives mais bon j'attendrais de le trouve en médiathèque. Bises
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P
Il me tarde de savoir ce que tu en as pensé.<br /> Bises

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