Le Palais Galliera, musée de la mode accueille de très belles expositions, et si je ne suis pas une spécialiste du sujet, il m'arrive parfois de succomber à l'attrait de ces merveilles, surtout quand je souhaite entraîner une de Mes Vielles Dames dans une promenade curieuse, esthétique et pas difficile. Il est impossible d'imaginer où peut se glisser la difficulté de compréhension pour certaines mémoires voyageuses, mais la beauté des toilettes pour des dames nées avant-guerre, prend vite le pas sur la recherche de compréhension.
C'est donc avec l'exposition Azzedine Alaïa couturier collectionneur que nous avons démarré l'année, pour commencer en douceur et tenter de passer tant bien que mal entre la noirceur du temps, et celle de l'actualité. Je ne vous cache pas que la période est assez compliquée avec les grands seniors pour qui l'absence de lumière du jour est un fardeau bien lourd, il faut redoubler d'énergie positive pour apporter quelques couleurs et ce n'est pas toujours si simple !
La beauté, la poésie, les arts sont, dans ces moments-là, la meilleure des lumières.
Il n'est nullement question ici des créations d'Azzadine Alaïa lui-même mais bien de sa collection privée. En 1968, lorsque la maison Balenciaga ferme ses portes, Azzedine Alaïa récupère de nombreuses pièces et se passionne pour l'histoire de cette discipline qui est celle dans laquelle il excelle.
De la naissance de la haute couture, fin XIXe à la création de ses contemporains, je vous rappelle qu'Alaïa est décédé en 2017, le créateur réuni près de 20000 pièces de Worth à Jean-Paul Gautier, en passant par Paul Poiret, Jeanne Lanvin, Coco Chanel, Elsa Schiaparelli, Jean Patou, Christian Dior, Yves Saint-Laurent, pour n'en citer que quelques-uns. Il y avait dans l'ensemble beaucoup de maisons que je ne connaissais pas et que ma compagne du jour ne remettait pas non plus, je pense à Adrian, McCardell, Myrbor, Lenief, et d'autres dont je n'ai pas retenu les noms.
Pas d'accessoires, du moins présentés ici, uniquement des robes de jour ou du soir, manteaux ou capes, toutes sorties de cette incroyable collection jamais montrée de son vivant.
On ne peut bien sûr qu'admirer le travail, la coupe, le tomber des tissus tous plus magnifiques les uns que les autres, et tant de beauté fait du bien !
Je vous assure que Ma Petite Dame du jour partie avec des chaussures en plomb est ressortie toute légère et souriante. Peut-être du fond de sa mémoire absente, les pampilles et rubans de son enfance ont ils fait danser son cœur.
Certaines créations plus contemporaines peuvent être un peu surprenantes mais chaque fois nous avons évoqué les merveilleuses petites mains sans qui toutes ces merveilles ne pourraient voir le jour, et la visite a été un véritable bonheur !