Vous connaissiez les "Petits bavardages entre amis", découvrez les "Papitages de Parisianne".
D'abord, une explication sur ce mot étrange, né d'une faute de frappe, d'une amie qui se reconnaîtra, alors que nous échangions via une messagerie instantanée, et que j'ai saisi au bond tant j'ai trouvé ce mot joli. Bien sûr, vous aurez fait le lien avec "papotage" mais puisqu'il n'est entre nous question que d'écrits, et que dans un temps pas si lointain, nous écrivions sur papier (je vous rappelle que je suis née dans une imprimerie, donc le papier ça me parle), le lien entre "écrire" et "papiter" s'est fait sans hésiter.
Il faut ajouter à cela que si nous papitons, c'est que nous sommes loin, sinon, croyez-moi, nous irions prendre un café bavard quelque part !
J'avais initié ce type d'échange avec Alain Emery, et à l'époque je l'avais appelé Papotage.
Dorénavant, ce sera Papitage ! Et nous ouvrirons cette rubrique avec Patrick Henin Miris. Je vous ai parlé il y a peu de son dernier recueil d'aphorismes, Avalanches de silences aux Editions Cactus Inébranlable.
Ceux qui auront eu entre les mains le dernier recueil de Patrick, ou le précédent, En avant, marge ! auront forcément remarqué les dessins qui accompagnent les textes. Des dessins de l'auteur lui-même qui a plusieurs talents à son actif, et qui nous fait la gentillesse de nous en offrir quelques-uns pour nous présenter son travail.
Je vous invite à vous arrêter sur chaque image pour les observer attentivement.
Vous aurez deviné que je suis un peu curieuse, surtout lorsqu'il s'agit de création. Les dessins de Patrick m'ont donc interrogée et le format court de ses aphorismes aussi. Il n'en fallait pas moins pour le questionner à ma façon, c'est à dire de façon tout à fait informelle, avec une série de questions lancées en vrac : quelle technique pour les dessins, depuis quand, leur lien avec l'écriture, qui se nourrit de quoi, etc. Patrick qui est la patience incarnée s'est plié au jeu et m'a répondu.
Je vais vous livrer ses mots mais avant, je voulais préciser que concernant ses dessins, il les nomme "images à lire", et je trouve l'expression très belle, d'autant qu'il est effectivement possible de lire de nombreuses choses dans ses créations à l'encre de Chine sur papier.
J'aime l'instant du sourire d'un lecteur qui ouvre au hasard un de mes recueils, et trouve dans une ou quelques phrases matière à penser ou à imaginer.
"A vingt ans, considérant que mon désir d'écrire devait encore mûrir, je peignais et dessinais, exposant çà et là. Ensuite, quand ma première pièce a vu la scène, je me suis totalement consacré à l'écriture théâtrale et parfois scénaristique, abandonnant l'expression plastique.
C'est seulement récemment que découvrant la forme brève, j'ai repris le dessin, un peu comme un exercice de respiration, inspiration et expiration ou concentration et évacuation.
En effet, là où l'écrit mobilise l'espace intérieur, le dessin me permet de détendre toutes ces forces comprimées.
là où l'écrit mobilise l'espace intérieur, le dessin me permet de détendre toutes ces forces comprimées.
C'est suite à un déjà long chemin d'écriture que la forme brève m'est apparue. Ainsi, après un certain nombre de pièces de théâtre où j'ai acquis la réputation d'être un auteur immontable, la création de contes et de fables dits par notre troupe de conteurs "Les contes sur le tapis", j'ai rencontré presque par hasard l'univers large et riche que les aphorismes et ce que nous appelons les micro-fictions (courtes nouvelles d'au maximum 8 lignes)peuvent investir.
j'éprouve un réel plaisir à élaborer ces gouttes de pensée
De formation philosophique, me considérant plutôt comme un moraliste, j'éprouve un réel plaisir à élaborer ces gouttes de pensée.
J'aime l'instant du sourire d'un lecteur qui ouvre au hasard un de mes recueils, et trouve dans une ou quelques phrases matière à penser ou à imaginer.
Comme l'art est justement "ce qui fait penser", ces petites touches de couleurs ou ces particules d'huiles essentielles, prises ainsi à la volée s'avèrent souvent précieuses, pour susciter l'étonnement ou déplacer un angle de vue. D'autant que la forme brève se montre plus directement accessible à tous ceux qui ont perdu l'habitude des longues lectures. C'est un peu une façon de préserver la littérature et d'ouvrir ses perspectives à un plus grand nombre."
Trois recueils d'aphorismes ont déjà vu le jour :
Une pellicule sur la tête d'un pauvre type,
En avant, marge !
Avalanche de silences
Et pour les micro-fictions : Zadigacités, et un autre est en préparation pour 2023...
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