l'Hôtel Salé, le plus grand, le plus extraordinaire, pour ne pas dire extravagant des grands hôtels parisiens du XVIIe siècle.
Aujourd'hui, une échappée dans le Marais, au musée Picasso dans ce magnifique hôtel particulier qu'est l'Hôtel Salé où je vous ai déjà emmenés l'an dernier. Pour ceux qui auraient oublié c'est ici. Vous noterez que la photo de l'Hôtel n'est pas la même !
Je ne suis pas spécialiste de Picasso et pas toujours sensible à son travail mais les lieux sont superbes et ne me laissent jamais indifférente. N'oubliez pas de regarder également le mobilier et les lustres, ils sont l'œuvre de Diego Giacometti, c'est le cas de la chaise sur la photo ci-dessous.
Ce qui va nous occuper aujourd'hui, c'est la très belle exposition que se tient au premier étage de l'Hôtel Salé jusqu'au 31 décembre 2022, cette exposition qui nous montre le goût de l'artiste pour le thème de l'enfance. Et c'est très touchant.
Certains pourront objecter que Picasso a eu une vie personnelle certainement très perturbante pour ses enfants, j'en conviens, je n'ai d'ailleurs aucune sympathie pour l'homme. Mais en voyant les oeuvres exposées, nombreuses provenant de collections particulières, j'ai découvert la tendresse d'un père pour sa première fille (un fils Paulo était né 14 ans auparavant).
A voir cette photo, on pourrait se dire que le père et sa fille regardent vers l'avenir. Or en cette années 1955, alors qu'ils travaillent ensemble sur le film de Henri-Georges Clouzot, Le Mystère Picasso, ils ignorent encore qu'ils ne partageront plus que quelques années de complicité. Picasso n'accepte pas le mariage de sa fille chérie en 1960, et elle part pour ne jamais revenir. Un film très intéressant présenté en début de parcours nous explique que Maya a appris la mort de son père en écoutant les actualités avec ses enfants.
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Séquence d'introduction du film "Le mystère Picasso" d'Henri-Georges Clouzot
En 1955, Henri-Georges Clouzot propose à Pablo Picasso un projet de film dont il sera le sujet unique. Ainsi naît "Le mystère Picasso". Tourné pendant l'été 1955 aux studios de la Victorine ...
Prenez quelques instants pour regarder cette courte présentation du film de Clouzot, et notez au passage la musique de Georges Auric du groupe des Six et Claude Renoir, fils de Pierre Renoir le peintre, pour la photo.
Avant d'aborder le sujet Maya, il faut bien sûr parler de sa mère, Marie-Thérèse Walter qui n'a que 17 ans quand Picasso fait sa rencontre en 1927. Il a 45 ans et est marié à Olga, il n'est donc pas envisageable de s'afficher avec cette très jeune fille qui restera cachée, mais évoquée dans l'œuvre du maître, vous pouvez dans les images ci-dessus voir deux portraits de Marie-Thérèse et ses initiales glissées dans la Guitare à la main blanche (1927).
Maya naît en 1935. Elle est la première fille de Picasso qui a déjà un fils, et aura ensuite Paloma et Claude.
Comment ne pas être sensible à la beauté des dessins ci-dessous qui dénotent une tendre attention portée au bébé et à sa jeune maman.
Les nombreux dessins que l'on peut admirer au long du parcours nous permettent de voir grandir Maya. Ce qui est frappant et qui a tout de suite interpellé "ma vieille dame" du mercredi, c'est l'absence de sourire sur le visage de la petite fille. Picasso demandait à Maya de ne pas sourire. Et pourtant, dans les nombreuses photos présentées dans l'exposition, on voir que c'est une enfant lumineuse, extrêmement souriante.
Comment expliquer cette volonté de son père de la représenter le visage fermé ?
Quatorze portraits peints ! Maya est celle qui a été la plus représentée par son illustre papa !
Voyez la série qui suit, Maya au bateau, Maya à la poupée, Maya au tablier à carreaux, etc.
Et, petite parenthèse, imaginez une jeune maman, américaine, faisant la visite avec son bébé dans les bras. Nous nous sommes arrêtées pour observer la manière dont cette toute petite fille était attirée par les couleurs des tableaux. C'était juste incroyable de voir l'attention et l'excitation d'un si jeune enfant ! J’ai échangé quelques mots avec la maman touchée de notre attention. Comme quoi, il n'y a pas d'âge pour réagir à l'œuvre de Picasso !
Des dessins, des peintures mais aussi des souvenirs. Souvenirs d'enfance prêtés par Maya pour enrichir cette exposition, des personnages de papier faits par son père pour distraire la petite fille pendant la guerre, une poupée de fortune, des assemblages étonnants, tout un monde de l'imaginaire porté par un père fasciné et fascinant !
Je vous épargne les photos de la dernière partie de l'exposition qui nous montrent les "reliques" : vieux manteaux, vieilles chaussures mais aussi ongles et cheveux de l'artiste qui, très superstitieux, les envoyait à Marie-Thérèse et Maya pour qu'elles les conservent pieusement... qu'elles se soient exécutées de son vivant, admettons. Que les ongles du maître soient aujourd'hui encore dans une petite boîte exposée en musée me dépasse un peu. Je n'ai d'ailleurs pas été voir de près, c'est le genre de chose qui m'indispose !
La visite est terminée, il temps d'emprunter le magnifique escalier dans l'autre sens !
Maya Ruiz-Picasso, Fille de Pablo, au Musée Picasso - 5, rue de Thorigny Paris
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