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Les musardises de ParisiAnne

Les musardises de ParisiAnne

Culture, littérature et découvertes. © Les musardises de ParisiAnne


Merci Monsieur Pivot

Publié par Parisianne sur 14 Mai 2024, 09:00am

Catégories : #Culture, #Lecture

Merci Monsieur Pivot

Lire ce n'est pas se retirer du monde, c'est entrer dans le monde par d'autres portes.

Bernard Pivot

La disparition de Bernard Pivot a secoué la planète littéraire, il est tellement associé à nos découvertes en matière d'auteurs et de livres, il nous aura fait réfléchir dans des dictées que, pour ma part, j'avais en horreur, et conduit sur le chemin des mots.

J'aimais sa manière vive et son jeu avec ses lunettes !

J'ai toujours considéré les mots comme des êtres vivants. C'étaient à mes yeux d'enfants de minuscules et foisonnantes créatures qui sortaient de partout : du poste de radio, du journal, des livres, des lettres, de la bouche de ma mère, de celle de l'instituteur, du curé, de mes camarades, enfin de la mienne. Leur disponibilité, leur docilité me procuraient une confiance, parfois un aplomb qui n'étaient pas dans ma nature.

Bernard Pivot, Les mots de ma vie

Merci Monsieur Pivot

N'oublions pas que Bernard Pivot a présidé l'académie Goncourt de 2013 à 2019, voyant la consécration d'auteurs comme Pierre Lemaître, Lydia Salvayre, Mathias Enard, Leila Slimani, Eric Vuillard, Nicolas Mathieu et Jean-Paul Dubois. 

Mais c'était aussi un véritable amoureux des mots avec lesquels il n'aimait rien tant que jouer. J'ai très souvent glissé dans mon sac de travail ses ouvrages pour jouer, moi aussi, avec les Grands Seniors que j'accompagne. Je garde un très beau souvenir de partage avec mon cher Jean Périsson dont j'entends encore le rire grave à ma lecture de Au secours, les mots m'ont mangé ! que j'avais eu la chance de voir au Palais des congrès du Touquet où je m'étais rendue pour le salon du livre

Merci Monsieur Pivot

Rares sont les personnes émues par la disparition des mots. Ils sont pourtant plus proches de nous que n'importe quel coléoptère. Ils sont dans notre tête, sous nos yeux, sur notre langue, dans nos livres, dans notre mémoire. Dieu sait que les initiatives ne manquent pas, ni les bras ni l'argent, pour conserver le patrimoine, mais, alors que les mots en font autant partie que les pierres, les tissus, la porcelaine, l'or et l'argent, ils n'intéressent pas grand monde. L'écologie des mots est balbutiante.

Bernard Pivot, 100 mots à sauver

C'est donc très naturellement que j'ai glissé dans mon sac les 100 mots à sauver pour me rendre auprès de Maryse au lendemain de la mort de Bernard Pivot, et nous avons passé un moment délicieux à feuilleter l'ouvrage, lire les définitions et chercher quels mots nous pourrions avoir nous-même la tentation de sauver afin qu'ils ne disparaissent du dictionnaire.

De mot en mot, nous avons terminé sur la tablette pour chercher quelles seraient les prochaines victimes pour leur apporter notre plus sincère soutien en les prononçant sur tous les tons, et qu'importe si la mémoire vagabonde de ma complice du jour les aura oubliés à notre prochain rendez-vous, je les ai noté à la fin du livre de Bernard Pivot : babillement, baladinage, baliverner, boquillon, clubiste, crapoussin, ergoterie, pour ne citer que ceux qui ont ma préférence !

Et vous, quels mots sauveriez-vous ?

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D
Rebonsoir Parisianne, j'étais une inconditionnelle d'Apostrophe et plus tard de Bouillon de Culture. Je me rappelle avoir participé à une dictée de Pivot. Sinon, je ne sais pas ce qu'il en est des mots qui disparaissent mais il y a trop de nouveaux mots en "novlangue" qui me hérissent l'oreille. Bonne soirée.
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D
j'ai ressenti une vraie peine, Pivot m'a accompagné pendant une periode qui fut difficile pour moi, des études à poursuivre; un bébé à la maison et un mari absent <br /> Et j'avais mon moment à moi, le vendredi bébé mangeait tôt pour que je sois dispo et je m'installait devant apostrophe je crois n'en avoir manqué que très très peu<br /> J'ai adoré Agège et Raymond Devos, la bagarre mémorable de Simon Leys sur le maoisme, je l'ai lu depuis cette émission et c'est un écrivain que j'aime beaucoup<br /> Donc merci Monsieur Pivot et merci pour ta chronique
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A
Scribouillard, bien sûr. Un mot que je n'entend plus.
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P
Oh oui j'aime aussi beaucoup ce mot !
Y
Merci et bravo pour cet hommage appuyé.<br /> Des amis ont acheté la télé afin de pouvoir voir apostrophe, émission qu'on avait vanté.<br /> Quelques semaine après, l'émission s'est arrêtée.<br /> Bon, la télé, ils ne l'ont pas revendu. Ne voulaient pas qu'elle rentre dans leur foyer, et Bernard Pivot en a décidé autrement.<br /> Je me souviens de sa dictée à Strasbourg, conseil de l'Europe, un truc comme ça.<br /> Et dedans des mots comme la riesling, le Gewurztraminer, et autres cépages. Peut être aussi le baeckeofe. <br /> Sur mon billet, j'ai mis " Yves et lien ". J'espère que ça lui a convenu. > Yann
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P
Oui parfait, merci pour Yves ☺️
L
Une petite anecdote: sur FB, rubrique les chemins de Compostelle, nous parlions de sac à viande (petit drap en coton ou soie cousu dans lequel on s'enfile). Quelqu'un a dit: quel vilain mot, je préfère "night bag", ce à quoi j'ai rétorqué que je parle français en France et qu'à la rigueur sac de nuit serait plus correct. Pourquoi toujours aller chez les anglo saxons. par exemple maintenant on ne dit plus "occasion" mais "opportunité", tiré de l'anglais opportunity qui veut bien dire occasion mais l'opportunité en français réellement ça ne veut pas dire occasion, ça veut dire bien fondé, adéquation, pertinence. De l'art de détourner les mots et de supprimer un mot qui était très bien.
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P
C’est vrai que les anglicismes sont nombreux ! Sac à viande c’est vraiment très laid !

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