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Les musardises de Parisianne

James Holin, Carrément à l'Est, Mission en Balanklavie

15 Septembre 2019, 09:00am

Publié par Parisianne

James Holin, Carrément à l'Est, Mission en Balanklavie

C’est aux Editions AO – André Odemard que sortira prochainement le nouveau roman de James Holin que vous connaissez par ses précédents romans : Bleu, saignant ou à point ?, Sacré temps de chien, et Un zéro avant la virgule. Il est d'ailleurs déjà en précommande sur le site de l'éditeur, vous pouvez vous rendre ici

J’ai eu la chance, et le privilège, de le lire en avant-première, merci aux éditions AO – André Odemar.

Que c’est beau la Balanklavie, la nuit depuis son lit.

Les premiers romans de James étaient des polars rondement menés d’une plume acérée. Dans ce dernier roman, si l’écriture est toujours aussi vive, nous changeons de domaine pour entrer dans un récit – que je serai presque tentée de qualifier de road movie – qui nous emmène dans un pays dévasté par la guerre. Le narrateur et son camarade Roy traversent la Balanklavie, en proie à une guerre civile, envoyés par un organisme, l’YCQF, qui s’est fixé pour objectif de faire du pays, meurtri par des rivalités incessantes, un « Cosmo-World » où tout le monde serait beau et gentil !

Des canapés en cuir enfoncent leurs pieds chauds dans les yeux sanglants de tapis orientaux.

D’une écriture alerte portée par de nombreuses phrases nominales qui claquent aussi sûrement que les balles des snipers, James Holin nous entraîne avec son énergie habituelle et son humour cinglant, en semant au fil des pages des élans poétiques.

Sur le chemin du retour, à deux pas de l’aérodrome, entre la poire et le fromage, Pédronzino s’arrêtera quelques minutes dans un camp de réfugiés pour distribuer des biscuits secs.

Les caméras seront présentes. On fera des images puis… embarquement direct dans l’avion officiel : époussetage, désinfection, coupes de champagne, ricanements, bons mots et plaisanteries cyniques… Enfin, préparation, sous contrôle, des reportages pour le journal du soir. 

Le cynisme ne manque pas, nous faisant entendre des discours connus. Toute ressemblance… n’est pas nécessairement fortuite ! J’ai un regret, que le personnage d’Emir n’ait pas eu une plus grande présence, sa quête noble et tragique en fait un personnage à part à laquelle j’aurais aimé m’attacher davantage.

Un texte enlevé pour les amateurs de rythme, un humour cynique et savoureux, un zeste de poésie et un fond de réalité, voilà un roman qui ne laissera pas indifférent.

Le ciel est pâle sous sa pluie d’émeraude. Un éclair l’ouvre d’un coup de dent. Le rideau du théâtre se vide de son sang tandis qu’une avalanche de décibels nous emporte en roulant.

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Q
Je note... mais ma pal déborde.<br /> Ce sera pour plus tard.
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P
A choisir, je pense que tu devrais te pencher d'abord sur la Calanque de l'aviateur. Celui-ci ne te correspond pas, je crois. Je t'embrasse, j'espère que tu va bien.
M
Coucou dans la nuit,<br /> <br /> Ton excellent compte-rendu donne envie de lire ce livre. Certainement un roman qui ne laisse pas indifférent<br /> Merci<br /> Bises<br /> ;)
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P
Coucou sous la pluie ! Merci de ta visite et de ta lecture. Un livre à découvrir oui. Bonne lecture ! Bises
Y
très bon édito de présentation, bien d'accord sur l'appellation "road movie" car cette lecture peut faire penser à du vécu! <br /> j'ai lu et bien aimé.<br /> <br /> JJD
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P
Lu par dessus mon épaule, c’est ça la complicité père-fille !