Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Les musardises de Parisianne

Promenade en ville, toujours à la Nouvelle Athènes, Paris 9e

5 Septembre 2019, 22:24pm

Publié par Parisianne

Promenade en ville, toujours à la Nouvelle Athènes, Paris 9e

Pas de digression cette fois, nous entrons directement dans la rue Cardinal Mercier. Suivez-moi, et surtout ouvrez grands vos yeux et tendez l'oreille, dans ces endroits magiques la ville se fait discrète, elle laisse la place aux oiseaux, aux murmures de l'histoire. J'ai eu la chance de voir arriver un groupe d'ados qui sortaient probablement de leur première journée de lycée et se retrouvaient là, devant la fontaine pour se raconter leur journée. C'était joyeux, vivant, et drôle ! Je n'ai pas pris de photos de ces jeunes gens.

Promenade en ville, toujours à la Nouvelle Athènes, Paris 9e

En fait de rue, c'est une impasse percée en 1879 à l'emplacement de l'hôtel du baron Saillard, futur prison dite de Clichy, c'était la prison pour dettes, je n'ai pas trouvé grand chose sur cette prison, juste quelques lignes extraites de Paris ou le Livre des Cent-et-Un édité chez Ladvocat en 15 volumes de 1831 à 1834.

Avant de lire cette courte citation (j'ai recopié l'orthographe originale) dont je suis bien incapable de vous citer l'auteur, sachez juste ceci. Ce livre des Cent-et-Un a été écrit par cent un auteurs pour sauver le libraire Ladvocat de la faillite. Les hommes de lettres de l'époque donnent deux textes pour dresser un tableau de Paris. On compte parmi les auteurs de jeunes débutants en quête de reconnaissance (Sue, Dumas) aux côtés desquels quelques uns plus connus... Hugo, Chateaubriand ou Lamartine viennent ajouter leurs chroniques. L'ensemble forme un panorama parisien aussi diversifié que ses auteurs sont différents. 

Je ferme la parenthèse, mais reconnaissez qu'elle s'imposait !

Promenade en ville, toujours à la Nouvelle Athènes, Paris 9e

Aujourd'hui, cette prison s'est posée dans la CHaussée-d'Antin, région de luxe, de prodigalité et d'agiotage ; elle n'est séparée que par un mur du jardin Tivoli, séjour de joiees coûteuses et de plaisirs qui mènent gaiment à la ruine. Il semble au premier aspect que là était la véritable situation de la prison pour dettes.

Paris ou le Livre des Cent-et-Un

Donc, un hôtel particulier, une prison et aujourd'hui une impasse ! La prison a été démolie. Plusieurs immeubles de la rue sont l'oeuvre de l'architecte Jacques Drevet (1832-1900). C'est lui qui fait bâtir en 1884 à la demande de l'actrice Anna Judic, cet hôtel particulier qui a retenu mon attention.

Hôtel Judic
Hôtel Judic
Hôtel Judic
Hôtel Judic
Hôtel Judic

Hôtel Judic

Avant de faire quelques recherches, j'ai pensé que cet hôtel était anciennement un théâtre. L'architecte a sollicité le concours du sculpteur Jacques Trugard (1848-1904), ils ont ensemble dessiné les éléments en fer forgé réalisés par l'atelier Moreau frères. Les vitraux sont de Charles Champigneulle (1853-1905), maître-verrier connu pour avoir réalisé notamment les vitraux de l'église Notre-Dame de Sablé-sur-Sarthe (1895) ou l'église Saint-Jacques de Compiègne.

La base Mérimée nous indique que l'hôtel a été classé Monument historique en 1992.

 

Hôtel Judic
Hôtel Judic

Hôtel Judic

Un mot tout de même sur celle à qui l'on doit ce bel hôtel. Anna Judic (1849-1911) est une actrice et chanteuse, principalement d'opérettes. Elle connaît ses premiers succès aux Bouffes-Parisiens dans le Roi Carotte de Jacques Offenbach et Victorien Sardou. Elle voyage en Russie, en Amérique latine. 

Son succès dans Mam'zelle Nitouche, musique d'Hervé, livret de Henri Meilhac et Albert Millaud, assure sa fortune et lui permet de faire consctruire l'hôtel Judic. Un revers de fortune la conduira a vendre ses meubles puis son hôtel.

Elle est représentée dans une estampe de Toulouse-Lautrec et aurait servi de modèle à Zola pour le personnage de Rose Mignon dans Nana.

Je ne sais pas vous mais moi, j'ignorais jusqu'au nom de cette actrice. Pour en savoir plus, je vous invite à aller voir le site "Du temps des cerises aux feuilles mortes", vous pourrez ainsi mettre un visage sur ce nom.

Commenter cet article
Q
Merci pour cette belle promenade et tous les renseignements que tu nous donnes. Je ne la connaissais pas non plus.<br /> Bisous et douce journée.
Répondre
L
Aller à Paris me change de ma montagne. J'aime Paris pour visiter mais je n'aime pas y vivre. On n'entend pas assez les petits oiseaux. J'ai vécu 30 ans en région parisienne et j'ai fait mes études à Paris. Mais tout ça a changé. Je suis allée voir la tronche de cette dame... Bien costaud la dame mais elle a laissé un bel héritage visuel. L'argent parfois permet à tout le monde d'en profiter un peu.
Répondre
E
Chouette promenade, merci Anne. Comme c'est beau, Paris !<br /> J'aime la devise d'Anna Judic, "Tout peut se dire, seulement... il y a la manière..."<br /> Une bise pour toi et pour Paris.
Répondre