A Naha, un homme vivait seul avec sa chienne. Tous les jours, il allait travailler laissant la chienne chez lui. Un jour, à son retour, tout était prêt. Le repas chaud, la maison en ordre. Et ainsi plusieurs jours jusqu'à ce qu'il se décide à se cacher pour comprendre qui prenait ainsi soin de lui. Il découvrit alors que dès son départ, sa chienne ôtait sa peau de bête pour se transformer en femme.
L'homme fit disparaître la peau, réduisant l'animal à son seul état de femme.
Lors d'une dispute au sein du couple, l'homme trancha la femme en deux. Une moitié sombra dans la rivière, il découpa l'autre en morceaux... qui devinrent les enfants de Naha.
Caroline Lamarche fait de cette légende mexicaine le fil conducteur de son roman pour parler des femmes à travers le récit d'une jeune belge élevée par "deux mamans", sa mère biologique et Lucia, l'employée de maison espagnole qui, avec sa fille Maria de 8 ans plus âgées, s'est attachée à la famille, .
La jeune femme traverse sa vie de façon passive jusqu'au décès de Lucia. Elle refuse de se rendre aux funérailles en Espagne, trop occupée de sa relation avec Gilles, son compagnon épisodique.
Cinq ans après, Maria, la fille de Lucia, partie vivre au Mexique suggère à celle qu'elle considère comme sa petite soeur de la rejoindre afin qu'elles fassent ensemble le deuil de Lucia.
Débutte ainsi une sorte de voyage initiatique en pays triki, une quête pour comprendre la légende de Naha, tenter de savoir quelle fatalité repose sur les femmes.
Réflexions sur la vie, la mort, la société et le rôle des femmes, un très beau livre à découvrir.
"Les morts nous forcent, que nous le voulions ou non, à les laisser pousser en nous comme des graines."
"Dans nos vies connectées jusque dans les contrées les plus lointaines, un écran vide ressemble à un refuge de survie dont personne n'aurait remplacé les provisions manquantes."
"Les balayeurs ont repris leur tâche, ou l'entreprennent enfin, ils promènent leurs balais dans le caniveau, indolents, séparés. Plus rien n'existe que le geste de chacun, aussi solitaire que le mien. J'écris. Je cherche la phrase capable de contenir ce que je sais de l'amour, comme une coquille contient son fruit, la note parfaite sur la portée de l'existence."
