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Les musardises de Parisianne

Inconnu à cette adresse, le livre

21 Janvier 2013, 14:05pm

Publié par Parisianne

Inconnu à cette adresse, le livre

 

Avec cette nouvelle écrite sous forme épistolaire en 1938, Kressmann Taylor, une américaine, se décrivant elle-même "femme au foyer" et non comme écrivain, va rencontrer un vif succès. 

Une nouvelle épistolaire, c'est assez rare, le genre ne paraît pas s'y prêter réellement. Et pourtant, nous avons ici tout ce qui fait la force d'une excellente nouvelle, jusqu'à la chute habilement amenée par l'auteur.

Il s'agit ici de la correspondance entre Martin Schulse, allemand de retour à Munich, et son ami, presque frère et associé Max Eisenstein, juif allemand, qui tient leur galerie à San Francisco.

18 lettres échangées entre le 12 novembre 1932 et le 3 mars 1934.

18 lettres pour nous faire revivre la montée du fanatisme en Allemagne, la prise de pouvoir d'Hitler sur le pays et sur les hommes.

18 lettres pour nous faire vivre la déchirure.

 

Inconnu à cette adresse, une oeuvre forte qui porte à réfléchir. Un livre que je vous conseille grandement.

Quelques citations,

12 novembre 1932, Max à Martin

"C'est une Allemagne démocratique que tu retrouves, une terre de culture où une magnifique liberté politique est en train de s'instaurer. Il y fera bon vivre."

21 janvier 1933, Max à Martin

"Qui est cet Adolphe Hitler qui semble en voie d'accéder au pouvoir en Allemagne ? Ce que je lis sur son compte m'inquiète beaucoup."

25 mars 1933, Martin à Max

"Franchement Max, je crois qu'à nombre d'égards Hitler est bon pour l'Allemagne, mais je n'en suis pas sûr. [...] L'homme électrise les foules ; il possède une force que seul peut avoir un grand orateur doublé d'un fanatique. Mais je m'interroge : est-il complètement sain d'esprit ?"

18 mai 1933, Max à Martin

"Je suis bouleversé par l'afflux de reportages sur ta patrie qui nous parviennent. [...] Je sais que ton esprit libéral et ton coeur chaleureux ne pourraient tolérer la brutalité, et que tu me diras la vérité."

9 juillet 1933, Martin à Max

"En ce qui concerne les mesures sévères qui t'affligent tellement, je dois dire que, au début, elles ne me plaisaient pas non plus ; mais j'en suis arrivé à admettre leur  douloureuse nécessité."

Ainsi, de lettre en lettre, de mois en mois, les liens très forts qui unissaient les deux amis se déchirent jusqu'à un point de non retour...

 

Nous reviendrons plus tard sur la pièce qui se donne aujourd'hui encore au théatre Antoine.

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