Une petite collection que j'aime beaucoup et dont j'ai la chance d'avoir quelques exemplaires. Vous en avez déjà aperçu certains sur les photos, j'avais même évoqué la collection avec Delacroix mais comme mon article était très succinct, je suis en train de le compléter puisque depuis j'ai relu plus en profondeur !
Un mot rapide sur l'auteur. Eugène de Mirecourt est un journaliste et écrivain, né en 1812 et mort en 1880. Détracteur d'Alexandre Dumas, il écrit un livre sur les nombreuses collaborations utilisées par l'auteur pour écrire ses romans. Suite à cet ouvrage, on lui prête la vulgarisation du terme "nègre" pour ce que nous nommons aujourd'hui "prête-plume" ou "écrivain fantôme".
Parenthèse, je trouve l'expression "prête-plume" plus poétique et moins méprisante que les deux autres, bien sûr l'association de pensée avec mon ami Pierrot au clair de la lune est immédiate et ne doit pas être pour rien dans ce goût pour l'expression.
La galerie des Contemporains a été créée en 1854 et jusqu'en 1871 ce sont quelques 74 biographies de petits formats qui ont été publiées. vous pouvez lire sur la couverture de Rossini, qu'il y en a pour tous les goûts, hommes de lettres, publicistes etc. est-il écrit, mais nous avons aussi des artistes peintres, musiciens, comédiens, des scientifiques et même des critiques.
La structure est globalement la même, un portrait à l'eau-forte, souvent de Charles Carey, et un fac simile en fin d'ouvrage qui nous permet de voir l'écriture et la signature de la personne étudiée.
En parallèle de cette collection, Mirecourt créa un journal Les contemporains, dans lequel il s'en donnait à cœur joie de sa verve parfois assassine et qui lui valut un certain nombre de procès.
La ville entière était dans le délire, et, quand le compositeur se montrait quelque part, on lui rendait hommage comme à un roi.
Des bateliers le reconnaissent, un soir, sur la lagune et le saluent de hourras joyeux.
Aussitôt toutes les barques de se grouper autour de Rossini ; des milliers de voix entonnent ses plus beaux airs ; on le conduit avec des cris d’allégresse, de canal en canal. Au rivage, il trouve le chemin semé de fleurs, et la multitude l’accompagne jusqu’à son auberge sans discontinuer les chants et les bravos.
Jamais existence d’artiste ne fut plus glorieuse et plus triomphale.
Eugène de Mirecourt n'a pas la réputation d'être un biographe irréprochable mais ce livret sur Rossini comporte des anecdotes croustillantes à peine dissimulées sous des périphrases qui rendent pour nous aujourd'hui la lecture assez drôle.
Le compositeur n'est pas vraiment présenté sous son meilleur jour et semble assez grossier en plus d'être fat. Son talent n'en est pas moins largement souligné.
Le fils du musicien nomade trouvait tout simple qu'un roi le priât de manger une côtelette avec lui.
[...]
Quand on eu bien savouré la musique, on désira connaître l'homme. On invita Gioacchino partout ; les salons se le disputèrent ; mais hélas ! il y eut, de ce côté, déception complète.
Au lieu de l'artiste distingué qu'on s'attendait à voir, on ne trouva qu'une sorte de bateleur ultramontain, qui mystifiait et contrefaisait tout le monde, un intarissable conteur de sornettes, très infatué de sa personne, et dont les plaisanteries étaient marquées souvent au cachet de l'impertinence.
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Rossini : Duo des chats (version spéciale)
Barbara Hannigan dirige l'Orchestre philharmonique de Radio France dans la version proposée par Robert Lucas de Pearsall du Duo des Chats, de Rossini. Une fable, déclarent les Immortels de ...
Et puisque nous décrivons un homme un peu facétieux, ne nous privons pas d'écouter ce célèbre Duo des chats attribué à Rossini avant, pour terminer de nous plonger dans un court extrait de Le Cenerentola interprété par une jeune chanteuse que j'aime beaucoup, Marianne Crebassa.
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La Cenerentola by Gioachino Rossini (Marianne Crebassa)
La Cenerentola de Gioachino Rossini, du 23 novembre au 26 décembre 2018 au Palais Garnier. Plus d'informations : https://www.operadeparis.fr/saison-18-19/opera/la-cenerentola Avec : Marianne ...
Vous pouvez, si bon vous semble, aller frapper à la porte du palais, que le grand maestro habite aujourd'hui à Florence ; mais vous ne reconnaitrez pas l'auteur du Barbier de Séville dans ce bourgeois ventru, qui se chauffe au soleil, de l'autre côté des Alpes, hausse les épaules quand on lui parle de musique, plante ses choux et fait le commerce de turbot.
Quand je vous disais que le portrait n'était pas flatteur ! Mais il m'aura au moins permis de me pencher plus avant sur la biographie de Rossini pour apprendre qu'il a mis prématurément fin à sa carrière pour se consacrer à des compositions plus modestes et à quelques gourmandises, le tournedos par exemple ?
Plus sérieusement, Miremont évoque l'arrivée de Meyerbeer qui aurait incité Rossini à se retirer avant d'être doublé par la jeunesse !
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