Vous savez que passer les portes cochères à Paris est un de mes grands bonheurs mais il est de plus en plus fréquent de se heurter à un code qui empêche les rêveurs d'approcher des trésors de la capitale (c'est aussi valable ailleurs, bien sûr). Alors, quand l'occasion m'est offerte d'entrer dans des lieux insolites, je n'hésite pas.
Grâce à Paris Art Déco Society, association à laquelle nous adhérons, j'ai pu dernièrement découvrir un de ces lieux que j'affectionne, un atelier d'artisans artistes, un lieu riche de la mémoire d'hommes d'un autre temps, un temps sans intelligence artificielle mais où le travail et l'intelligence du geste dominaient.
Il suffit de pousser une porte du VIe arrondissement, rue du Cherche-Midi, entre Montparnasse et Saint-Germain des Prés, pour pénétrer dans un atelier de verriers, l'Atelier Lardeur, fondé par Raphaël Lardeur (1890-1967), peintre et maître verrier, très actif dans les années 20 et 30.
Les vitraux de Raphaël Lardeur prennent leur source dans les scènes bibliques ou de la vie quotidienne et s'enrichissent de ses nombreux livres et documents.
L'atelier, au fond de sa cour, est resté authentique. Gérard Lardeur, fils de Raphaël, y a travaillé également, lui-même créateur de vitraux aux expressions abstraites, ses fils s'orienteront vers la sculpture et la photographie.
Aujourd'hui, c'est Anne Lardeur, petite-fille de Raphaël qui fait vivre les lieux en y organisant des événements. Je vous ai parlé de ma rencontre avec François Motte et ses porte-couteaux, c'était là !
Je vous laisse vous plonger dans les photos pour admirer les lieux. Je n'ai pas de photos de vitraux Lardeur en situation, mais je ne désespère pas d'en croiser un jour !
Tout ici respire l'authenticité. Un peu d'imagination suffit pour entendre la vie de l'atelier.