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Les musardises de ParisiAnne

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Culture, littérature et découvertes. © Les musardises de ParisiAnne


Luc-Michel Fouassier, Cumulonimbus

Publié par Parisianne sur 22 Mai 2024, 11:39am

Catégories : #Lecture

Luc-Michel Fouassier, Cumulonimbus

Luc-Michel Fouassier n'est pas un inconnu, il est auteur de plusieurs recueils de nouvelles, c'est grâce à ce format court que nous nous sommes rencontrés, mais aussi du roman Les Pantoufles édité chez l'Arbre vengeur puis en Folio, vous aurez sûrement entendu parler de ce dernier qui a rencontré un joli succès.

Dans son dernier roman, Luc-Michel Fouassier change de ton, et très sincèrement, ce n'est pas le registre dans lequel je l'attendais. Mais l'art n'est-il pas de surprendre ses lecteurs ?

Luc-Michel Fouassier, Cumulonimbus

J'ai allumé mon appareil-photo et j'ai fait défiler les clichés que j'avais pris tout au long de l'après-midi. J'ai reconnu sans peine le taureau et le cheval. Ceux-ci étaient particulièrement réussis. La suite m'a semblé moins évidente. Quid de la tortue, de la plume, du lion et du Schtroumf [...] Je ne suis pas parvenue à les retrouver dans le flot de cumulus que j'avais immortalisés. Ils m'avaient pourtant paru si tangibles au moment où je les avais photographiés. J'ai hésité avant de les effacer [...] La pression de mon doigt était irréversible et définitive. J'ai commencé à supprimer toutes les photos ratées. Et j'ai pensé que ce serait bien pratique de pouvoir faire pareil avec les moments les plus pénibles de la vie, les jeter définitivement dans une corbeille.

Calypso, adolescente a disparu depuis presque trois mois. Sa mère, photographe, prend la route pour se plonger dans les nuages, elle a pour projet d'écrire un livre sur les paréidolies, ces figures que les poètes voient naître dans le ciel au gré des formes et des mouvements des stratus, cirrus et autres cumulus.

C'est ce que tu avais eu le courage de faire, finalement. Tirer un trait sur ton passé, balancer aux oubliettes l'année de souffrance que tu avais dû affronter. Peut-être même toutes les années passées et à venir. Je m'accrochais à la possibilité de ta fugue.

Une paréidolie au dessus de mon jardin

Une paréidolie au dessus de mon jardin

Un nuage plus sombre que les autres est apparu sur l'écran de mon appareil-photo. Je ne me souvenais plus d'avoir pris ce cliché. Je l'ai regardé attentivement, et j'ai eu du mal à y déceler la paréidolie.J'ai fini par distinguer yb visage aux joues creusées, à l'air menaçant. L'incarnation de la mort ?La figure avait la bouche ouverte. Que voulait-elle me signifier ?

Nous suivons ici une femme perdue qui cherche les réponses à ses questions dans les nuages, et ne peut s'empêcher, dans son inévitable culpabilité, d'y voir des signes.

Fugue, enlèvement, accident, aucune piste n'est écartée, donc toutes les craintes et tous les espoirs sont permis.

Luc-Michel Fouassier, Cumulonimbus

D'une écriture délicate et plaisante, l'auteur nous entraîne dans la quête de cette mère, seul personnage sans prénom du roman, comme si ses regrets, sa douleur l'effaçaient et lui volaient son identité. Elle n'est plus qu'une femme perdue autour de laquelle se dessinent des paysages, en Auvergne principalement, région chère à l'auteur, et quelques autres personnages qui tentent, avec pudeur et délicatesse, de la maintenir dans le réel.

Je me suis interrogée tout au long de la lecture sur la chute à donner à cette histoire. J'ai terminé ni satisfaite ni déçue par le choix de l'auteur.

Je me suis juste laissée porter par ce joli roman à la lecture facile et rapide, peut-être un tout petit peu trop prévisible mais qui offre un agréable moment de lecture, n'est-ce pas cela l'essentiel ?

J'ai aimé retrouver des références à la poésie, Baudelaire --son poème l'Etranger est mon préféré de tous-- et Rilke, mais aussi à un auteur trop tôt disparu que j'ai eu l'immense bonheur de rencontrer grâce à Luc-Michel, je veux parler d'Eric Holder que vous connaissez sûrement.

La page 4 de couverture de Cumulonimbus parle d'une "émouvante variation impressionniste sur le manque, la filiation et l'amour", j'aime bien cet emploi du terme impressionniste qui est tout à fait en résonance avec ce que j'ai ressenti en me laissant porter par les nuages si délicatement évoqués par l'auteur.

Il vous suffit de suivre le lien ci-dessous pour avoir toutes les infos sur le livre, et n'oubliez surtout pas de regarder poétiquement le ciel, il finira bien par s'éclaircir !

J'espère d'ailleurs que vous n'aurez pas subi de dégâts avec les nombreux orages qui s'invitent bien trop souvent dans notre quotidien ces derniers temps. Faites attention à vous.

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B
on me reproche souvent d'avoir la tête en l'air, un peu trop accrochée aux nuages !^^ Une lecture qui je pense pourrait me plaire :) Les messages les plus poétiques et intimistes ne se lisent il pas dans le ciel ? <br /> Prends soin de toi Anne , gros bisous
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A
Une jolie lecture comme un nuage qui passe ?
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M
Voilà un auteur que je n'ai jamais croisé dans les rayons de mes deux médiathèques ni dans la blogosphère mais j'aime le sujet de ce roman qui a l'air émouvant et poétique. Merci de nous en parler aussi joliment et d'avoir choisi des extraits pour nous mettre dans l'ambiance. Bises
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C
Merci Anne pour le partage.<br /> Je découvre.<br /> Belle journée, bisous<br /> Lili
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M
Bonjour Anne,<br /> Un livre qui ne manque pas d'humour si j'en juge par sa présentation...<br /> Je vais essayer de le trouver.<br /> Bises.<br /> Bon après-midi,<br /> Mo
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P
Les pantoufles, oui<br /> Cumulonimbus non, c’est plutôt lourd comme atmosphère.

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