Xavier-Marie Garcette, La Vierge noire et le voyou
Il y a 60 ans aujourd'hui, le 30 janvier 1963, disparaissait Francis Poulenc, né en 1899.
Hasard du calendrier, enfin pour moi puisque le livre sort ce lundi en librairie, je termine ce jour La Vierge noire et le voyou, Une brève histoire de Francis Poulenc, de Xavier-Marie Garcette
J'avais très brièvement évoqué Poulenc dans ma chronique du Groupe de Six de Pierre Brevignon, un livre passionnant, mais je vous l'accorde un peu ardu.
Comme tout le monde, je connais Poulenc par le Dialogue des Carmélites, Les Mariés de la Tour Eiffel, Babar ou encore quelques poèmes d'Eluard, Apollinaire, Desnos, ou Radiguet mis en musique, mais ce n'est pas connaître, je l'ai vite compris en lisant cet ouvrage. J'avais un léger a priori, je crois. sa musique ne me semble pas toujours très accessible et trop aux portes de la modernité parfois.
C'est donc avec curiosité que je me suis plongée dans la biographie romancée de Xavier-Marie Garcette, que je dois d'abord remercier pour notre sympathique entretien grâce à Média Livres. J'étais désolée de jouer les mauvaises élèves, je n'avais pas eu le temps de lire le livre, et je ne suis pas la plus habile aux entretiens impromptus, ni aux entretiens tout court, d'ailleurs, il faut bien le reconnaître !
Certains critiques semblent ne pas admettre que Poulenc, qui depuis 1936 compose des œuvres religieuses admirables, et vient ainsi renouveler de façon marquante le répertoire de la musique chorale, ait pu se laisser aller à composer cette musique pourtant charmante mais qui sent un peu le voyou justement, avec quelques clins d'œil à des thèmes populaires ou jazzy dans le troisième mouvement.
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Poulenc : Concerto pour piano (Maroussia Gentet / Mikko Franck)
Maroussia Gentet joue avec l'Orchestre philharmonique de radio France dirigé par Mikko Franck le Concerto pour piano et orchestre en do dièse mineur de Francis Poulenc. Extrait du concert donné ...
Peut-être aurez-vous pris le temps d'écouter, au moins partiellement, ce Concerto pour piano mal jugé à sa présentation en 1950, et qui vaudra au critique Claude Rostand, cette petite phrase mainte fois reprise.
Il y a deux personnes chez Poulenc : il y a, si j'ose dire, du moine et du voyou.
Avec beaucoup d'habileté, Xavier-Marie Garcette nous offre de suivre Francis Poulenc en nous présentant ses deux facettes d'ange et de démon, et c'est passionnant.
Dans un style agréable, l'auteur nous conduit de Paris au Quercy en passant par la Touraine, il nous ouvre les portes des salons, des salles de concert et fait revivre une époque riche d'autant de drames que de créations. C'est agréable, curieux, enlevé et surtout bien sûr, musical !
Comment lire un tel livre sans se plonger dans l'écoute. Lors de notre rencontre, j'ai demandé à l'auteur si une pièce en particulier avait guidé sa main, mais non, c'est l'œuvre tout entier qui est au cœur de ce récit, l'œuvre d'un homme traversé par ses passions et ses doutes, ses élans de l'âme et du cœur. Un homme qui vit difficilement son homosexualité qui lui semble parfois en totale contradiction avec sa foi née d'une rencontre avec la Vierge Noire de Rocamadour, mais un homme qui vit dans l'effervescence artistique, intellectuelle et engagée de son temps.
J'ai été très sensible au découpage du livre par référence aux différentes créations de Poulenc, à commencer par Les Biches (impossible de ne pas penser à la toile de Marie Laurencin), en 1924, jusqu'au Dialogue des Carmélites, d'après le texte de Bernanos, en 1957.
Poulenc déteste les tendances qui commencent à poindre : atonalité, dodécaphonisme, musique sérielle, rien de tout cela ne trouvera jamais grâce à ses yeux. Il est et demeurera jusqu'à la fin de sa vie un mélodiste.
Vous l'aurez compris, un livre qui m'a totalement séduite, brisant mes préjugés en me forçant à écouter plus attentivement et surtout à découvrir vraiment le travail de Francis Poulenc.
J'aime particulièrement ce type d'ouvrage qui convie l'histoire de l'art à la table des lettres, avec La Vierge noire et le voyou, Une brève histoire de Francis Poulenc sous la plume de Xavier-Marie Garcette, j'ai eu un festin de reine !
Suivre Francis Poulenc et croiser Georges Auric, Max Jacob, Cocteau, Eluard, Ginette Neveu et tant d'autres, c'est traverser une époque foisonnante et c'est un réel bonheur.
Alors, je n'ai qu'un mot à dire, foncez chez votre libraire, même si la musique de Poulenc ne vous parle spontanément pas, je suis certaine que vous vous laisserez entraîner.
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Francis Poulenc - Stabat Mater - 1. Stabat Mater dolorosa
Francis Jean Marcel Poulenc (Parigi, 7 gennaio 1899 -- Parigi, 30 gennaio 1963) FP 148 -- 'Stabat Mater' (1951) per soprano, coro misto e orchestra 1. Stabat Mater dolorosa da 'Poulenc - Stabat ...
Je ne résiste pas à la tentation de vous partager ce montage dédié à Jean Périsson qui me manque tant.
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Montage Jean Périsson Dialogues des Carmélites
Orchestre Philharmonique de Strasbourg dir Jean Périsson FR3 réalisation Jean Kerchbron