Elle détourne les yeux pour qu'il ne croise pas ses pensées
Carole Martinez fait partie de ces auteurs qui m'enchantent chaque fois. Ce dernier livre est aussi envoûtant que les précédents, à la différence qu'il rend l'auteure très présente.
Si Cœur cousu, La Terre qui penche ou Du Domaine des murmures font la part belle aux légendes, ou flirtent avec le fantastique, celui-ci est très ancré dans le présent mais le présent d'une auteure comme Carole Martinez ne peut qu'être fait de rêves et de légendes.
Pourquoi suis-je si affreusement spontanée ? Ça parle malgré moi. Le silence vient après, la pensée aussi. Et pourtant je sais bien que les paroles ne sont pas aussi volatiles qu’on l’imagine, que les mots dits, les mots reçus, se gravent en nous et que l’écriture sert à ça aussi, à les gratter, les poncer, les effacer.
Un roman entre conte et désillusions d'amour qui pose la question récurrente, l'amour éternel existe t-il ?
Comme toujours dans l'œuvre de Carole Martinez, ce sont les femmes qui occupent ici encore le premier plan, et comme toujours aussi, on se laisse emporter par la poésie sauvage de ses textes. N'hésitez pas !
Imaginer qu'elle est peut-être l'enfant d'un fantôme, comme toutes les aînées de sa lignée, la dégage de ce père qui l'a torturée. Elle aime cette idée un peu folle, le mot qui grippait son existence a éclaté, un mot n'est rien que des lettres accrochées les unes aux autres.