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Les musardises de Parisianne

Alain EMERY, D'Ombre et d'argile

8 Juillet 2019, 15:58pm

Publié par Parisianne

Alain EMERY, D'Ombre et d'argile

Alain EMERY, je ne vous le présente plus, vous trouverez dans le sommaire des lectures, la liste de ses différents ouvrages.

Le livre dont je vais parler aujourd'hui est un peu à part dans l'oeuvre d'Alain, c'est le récit d'une vie, celle de Félicie, incarcérée pour infanticide le 10 septembre 1896 à la maison d'arrêt de Marennes.

Ce n'est un secret pour personne, la vie prend toujours un malin plaisir à déchiqueter les âmes simples : de Félicie, elle ne va faire qu'une bouchée.

Ce récit est né d'une rencontre avec les descendants de Félicie, qui ont fait un important travail de recherche, et confié leur histoire à l'auteur qui nous dit lui-même en introduction " je m'étais donné pour mission de lui rendre figure humaine...".

Soyons honnête, une femme condamnée pour infanticide n'inspire a priori pas la l'indulgence. Mais en suivant Alain dans son travail, appuyé sur le dossier d'assises, ce n'est plus une femme que l'on regarde, c'est une époque, je vous rappelle que nous sommes en 1896.

Quelle est la condition de la femme à l'époque ? Que représente une domestique dans la société ? Comment regarde t-on une fille mère de 22 ans ?

Félicie n'est pas une citadelle. Le fragile édifice qu'elle a bâti de ses propres mains, sans l'aide de personne, ne s'élève pas bien haut et repose sur la glaise.

Avec une forme de recul humaniste avant tout, Alain Emery retrace les chemins de Félicie, et faisant de nous lecteurs ses interlocuteurs privilégiés, il nous entraîne et nous incite à observer. Le crime est là, il n'est aucunement nié, mais les circonstances ne sont-elles pas atténuantes ? 

L'écriture d'Alain est comme toujours magnifiquement évocatrice, et l'on voit sous sa plume l'amoureux "coq faisan" qui se débine à tire-d'aile à la première occasion, le veuf "le nez sur les gibiers en sauce et les daubes" qui renvoie les misères du peuple aux bonnes œuvres, les religieuses qui promènent "les ombres griffues de leurs cornettes" aussi acérées que leurs bonnes âmes, et j'en passe.

Tous ces personnages se mettent en place, les uns près des autres pour tisser la toile d'un destin pris dans la tourmente.

Je n'ai qu'une chose à ajouter, lisez, sans préjugés !

 

J'envie ceux qui peuvent ne s'en tenir qu'aux faits.

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L
Une bonne idée de lecture, je le note sur mon carnet et merci pour Ravel
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Q
Merci à toi pour ce livre... que je note dans ceux à lire.<br /> Bisous et douce soirée.
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A
Merci infiniment, Anne...
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